Kevin Coyne.

BIOPGRAPHIE.

 

KEVIN COYNE/Derby (Angleterre – Royaume-Uni)

 

Kevin coyne intro

 

Né le 27 janvier 1944 à Derby (Angleterre),décédé le 2 décembre 2004 à Nuremberg (Allemagne).

Actif entre 1968 et 2004.

Labels:Dandelion,Elektra,Virgin,Ruf,Cherry Red,Black First.

Genre:rock,rock alternatif,blues-rock,art rock,pop-rock,new wave.

Site officiel:kevincoyne.de

 

L'anti-star.

Kevin Coyne n'en a jamais rien eu à faire du succès, alors il ne prenait pas de gants quand il avait des choses à dire sur le milieu du disque.

En se montrant cash et sans concessions avec le monde du showbiz, qui un label, qui un producteur qu'on lui avait mis dans les pattes pour l'emmerder comme il se plaisait à le répéter, le natif de Derby n'a pas été le meilleur communicant pour booster sa carrière. Mais le cherchait-il vraiment ?

Depuis qu'il a mis les pieds dans un studio d'enregistrement, il n'a jamais apprécié qu'on interfère dans son travail. Il déteste les chansons trop bien léchées et privilégie l'authenticité, l'honnêteté, afin de coller au plus près au jeu des musiciens. Alors les trucs trop bien ficelés et un peu cucul ou approchant la perfection voulue par les labels, si vous savez comme il s'en tape...

L'artiste n'a pas l'ambition de la notoriété et l'attirance du fric qui va avec. Anti star viscéral (il détestait les Beatles), il cherche principalement à captiver son public, simplement, avec ses atouts, sa voix sensible, son interprétation soutenue et son lyrisme franc et douloureux, ciselé sur mesure pour les laissés-pour-compte de l'existence, les parias, les rejetés de la société, les malades, les schizophrènes, les sans-abris et les opprimés.

Kevin coyne 4Kevin Coyne, l'anti-star.

Kevin coyne 6Un punk avant l'heure...

Kevin coyne 1...qui expérimente et crée à son rythme.

Kevin coyne 7Des débuts tonitruants...

Kevin coyne marjory razorbladeSublime Marjory Razorblade.

Kevin coyne cudworth clagueCudworth, Clague et Coyne.

Expérimenter et créer à son rythme.

Il n'a cure des noms ronflants, aussi repousse-t-il l'offre de Nick Mason, qui voulait le produire ; à ce titre, Kevin n'en est pas à son coup d'essai et, à la mort de Jim Morrison, quand Jac Holzman, boss d'Elektra Records, le sollicite pour prendre la suite à la tête des Doors, il lui fait comprendre que ce n'est pas dans son genre que d'aller se trémousser sur scène devant des minettes en furie.

Si cette position intraitable envers son milieu professionnel ne lui ouvre pas les portes du succès, elle lui permet de se protéger, de se rendre la vie moins contraignante mais, surtout, de pouvoir faire ce que bon lui semble, notamment créer, expérimenter à son rythme. Son style musical peu conformiste est le reflet de tous ces éléments.

Des débuts tonitruants.

Maintenant qu'il est décédé (en 2004) et que les rééditions invitent à se pencher sur le parcours de Coyne, force est de constater qu'il a bien fait, au regard de la richesse, de la densité (une quarantaine d'albums) et de l'audace de son catalogue, de s'en tenir à ce positionnement marginal.

L'anglais a, en effet, signé des œuvres admirables comme en attestent les albums de ses débuts, Case History (1971), Marjory Razorblade (1973), Dynamite Daze (1978), Bursting Bubbles (1980), Sanity Stomp (1980) ou Romance-Romance (1990), voire le live In Living Black And White (1976).

L'intrigant et loyal Kevin Coyne était un auteur-compositeur-interprète hors pair. Il est regrettable que les historiens du rock aient alors regardé ailleurs, mais bon, il le voulait bien...

Du thérapeute en milieu psychiatrique...

Né le 27 janvier 1944 à Derby, au sud-ouest de Nottingham, le jeune Kevin, après une scolarité consacrée à étudier les arts (de 1957 à 1965), notamment la peinture et le graphisme, se passionne pour la musique quand il découvre Bill Haley et son légendaire Rock Around The Clock.

Sa rencontre, en 1964, avec Nick Cudworth, étudiant de trois ans son cadet, permet aux deux hommes de mettre à profit les heures du déjeuner pour jouer ensemble. Le premier est pianiste (il joue aussi de la guitare), Kevin guitariste et harmoniciste.

La même année, Coyne quitte l'école à la fin de sa formation artistique pour s'engager dans une voie professionnelle qui va influer sur sa vie professionnelle, voire sur sa vie tout court.

De 1965 à 1968, il travaille comme thérapeute social et infirmier en milieu psychiatrique, puis comme conseiller en toxicomanie. Parallèlement à son emploi médical, il enseigne l'art et la musique à ses malades dans un établissement de soins du nord de l'Angleterre.

...à John Peel.

Kevin met à profit son temps libre en revenant régulièrement sur Londres pour enregistrer des morceaux avec Dave Clague du Bonzo Dog Doo Dah Band. Certains d'entre eux sont déjà fortement imprégnés par son quotidien auprès des patients.

Le duo Coyne-Clague attire l'attention de John Peel qui les signe sur le label Dandelion (1969), après que Blue Horizon soit passé très près de les arracher. Les bases de ce qui va devenir Siren sont jetées d'autant que Nick Cudworth n'est jamais très loin.

Groupe de british blues, Kevin l'intègre comme chanteur, Clague comme bassiste et Nick Cudworth comme pianiste. Pour le reste, le line-up est très fluctuant, guitaristes et batteurs se succédant jusqu'en 1971.

Avant de mettre un terme à cette expérience, Siren publie deux très bons albums de blues et de boogie : l'éponyme Siren (1969) et Strange Locomotion (1971). Coyne saisit alors l'opportunité de rebondir en solo, après avoir repoussé l'offre d'Elektra pour pouvoir au remplacement de Jim Morrison.

De sublimes années 70.

Case History, son premier album publié encore chez Dandelion (1971) est une pure merveille. Émouvant, sincère, humain, désespéré, le disque renvoie à la période psychiatrique et sociale précédente de son auteur, visiblement marqué par son expérience.

L'intimiste Case History émeut à un tel point que, alors que Dandelion fait faillite (1972), Virgin Records récemment lancé (juin 1973) propose un contrat d'enregistrement à Coyne.

Sensibilisé comme beaucoup par l'artiste, le label conclut un accord avec l'anglais (il est le deuxième artiste à être signé par Branson) et lui permet de réaliser un second double LP, mélange de folk-rock, de blues et de country, aussi mémorable que son devancier : Marjory Razorblade (octobre 1973).

Ce deuxième volume studio, complètement à contre-courant de la production discographique globale de l'époque, demeure la pièce- maîtresse de son prolifique catalogue, à l'heure actuelle.

Kevin coyne portrait

« Depuis la première fois que j'ai mis les pieds dans un studio, j'ai toujours veillé à avoir la meilleur approche possible de ce que je ressentais et de la manière dont le groupe jouait et sonnait. Mais il y avait toujours un producteur pour t'emmerder. Les gros labels t'imposent toujours des gars supposés être parfaits. Le problème, c'est qu'ils ne comprenaient rien de rien. » (Kevin Coyne)

Kevin Coyne, à la suite de Marjory Razorblade, signe, entre 1973 et 1980, une dizaine d'albums pour Virgin (de Blame It On The Night à Sanity Stomp). Ceux-ci, bien que toujours très intéressants, ne parviennent pas à égaler le niveau de ses deux œuvres initiales.

Il faut attendre 1978 et Dynamite Daze pour retrouver de l'intérêt à l'univers baroque de cet artiste inclassable, sa discographie intercalée étant assez inégale.

Adulé en Allemagne.

Bursting Bubbles, plus accessible, et l'étrange Sanity Stomp (il est fragile dans sa tête), qui amorcent sa carrière du début des années 80, ont encore du grain à moudre.

Cette nouvelle décennie le voit craquer nerveusement et rencontrer des problèmes avec l'alcool. Il quitte l'Angleterre, en 1985, pour aller se réfugier en Allemagne (à Nuremberg), où il compte de nombreux fans. Il trouve en l'écriture et la peinture de quoi accélérer sa guérison et s'éloigner de ses vieux démons.

Kevin Coyne ne délaisse pas pour autant la musique et continue à enregistrer et à tourner. Rien de bien mémorable n'est publié durant cette période difficile. Romance-Romance (1990) redonne bien quelques couleurs à une carrière dont la crédibilité se situe essentiellement dans sa première partie.

Un trésor national.

Dès lors, il ne force plus l'admiration du rare noyau de fidèles qu'il compte en Europe et les soutiens appuyés de stars comme Johnny Rotten, Sting ou Andy Summers n'y changent rien.

Bien que diagnostiqué avec une fibrose pulmonaire en 2004, Kevin Coyne se rapproche de son fils Robert avec lequel il signe Room Full Of Fools (2000) et Carnaval (2002).

Désormais en paix avec son passé troublé, il s'éteint le 2 décembre 2004, non sans avoir enregistré un dernier LP (Donut City/2004) et défendu en tournée. Son ultime.

Le public anglais a-t-il alors conscience qu'il a vient de perdre un véritable trésor national, une sorte de punk avant l'heure ? (RAZOR©2022)

MON CHOIX DISCOGRAPHIQUE.

LP Studio 2 - 1973

 

Kevin coyne marjory razorblade

 

KEVIN COYNE

MARJORY RAZORBLADE – 1973  5/5

 

Publié en septembre 1973.

Produit par Steve Verroca.

Durée:73:05.

Label:Virgin.

Genre:folk,blues.

 

Viral...

 

Deuxième LP à apparaître au compte studio de Kevin Coyne, le double album Marjory Razorblade a toutes mes faveurs mais Dieu sait qu'il est ardu de faire un choix dans la discographie croustillante et fertile de l'artiste tant sa production des années 70 recèle de magnifiques pièces.

En dépit d'une cinquantaine de LP à son actif et de la qualité globale de ce catalogue, son auteur n'a jamais véritablement eu le retour sur investissement en termes de popularité.

Malgré le soutien de Virgin, label majeur s'il en est, Kevin Coyne, antistar par excellence décédée en 2004 d'une fibrose pulmonaire, l'héritage artistique qu'il a laissé est resté désespérément prisé des seuls admirateurs de la première heure.

Et c'est bien dommage. J'invite les nouvelles générations à découvrir cet artiste passé sous le radar et à fouiller son répertoire tant il y a de belles pépites à dénicher.

Le présent Marjory Razorblade en est une. Publié en septembre 1973 sur l'étiquette nouvellement créée par Richard Branson, ce double disque de 20 titres est l’œuvre maîtresse du natif de Derby, la plus connue de ceux qui s'intéressent à la musique de cette époque, celle qui force l'adoration du faible nucléus de supporters que l'artiste compte sur le Vieux Continent.

Il est fréquent que ceux qui découvrent l’œuvre de Coyne aient généralement du mal à aller au bout, qui plus est quand, comme c'est le cas ici, son introduction se fait par un surprenant titre a capella (la chanson titre).

Ajoutez à la difficulté de faire copain-copain spontanément avec l'artiste, un timbre de voix nasillard, délicat, à l'écart de la pureté des standards de l'époque, un personnage intrigant, un interprète dans le plus simple appareil, extrême et toujours sur le fil, un auteur-compositeur-poète à la plume déchirée, infusée dans la folie qu'il a côtoyée lors de sa précédente expérience d'infirmier en milieu psychiatrique.

Pas simple de pénétrer le monde musical folk-blues aux arrangements un peu spéciaux de Coyne, que ce dernier agite comme une thérapie, mais une fois qu'on y parvient, on y revient.

Construit autour de sa gratte sèche, Kevin Coyne dépose ici un legs discographique qui deviendra vite attachant et viral pour peu qu'on en ait apprivoisé les contours sinueux précédemment énoncés.

Je préconise à l'auditeur toujours prompt à être surpris, un arrêt de rigueur sur ce sublime Marjory Razorblade (RAZOR©2022).

 

1. Marjory Razorblade.

2. Marlene.

3. Talking To No One.

4. Eastbourne Ladies.

5. Old Soldier.

6. I Want My Crown.

7. Nasty.

8. Lonesome Valley.

9. House On The Hill.

10. Cheat Me.

11. Jackie And Edna.

12. Everybody Says.

13. Mummy.

14. Heaven In My View.

15. Karate King.

16. Dog Latin.

17. This Is Spain.

18. Chairman's Ball.

19. Good Boy.

20. Chicken Wing.

 

Kevin Coyne:chant,guitare.

Gordon Smith:guitare,mandoline.

David Clague:guitare,guitare acoustique.

Jean Roussel:piano,claviers.

Tom Cousins:basse,tuba.

Chili Charles:batterie,congas.

Steve Verroca:caisse acoustique,piano.

Malcolm Healey:synthétiseur.

Ed DeGenaro:guitare.

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