Moby Grape.

BIOGRAPHIE.

 

MOBY GRAPE/San Francisco (Californie)

 

Moby grape

Skip Spence, Jerry Miller, Peter Lewis, Don Stevenson, Bob Mosley.

 

Années actives:1965/1971,piges occasionnelles depuis

Label:Columbia Records.

Genre:rock,folk-rock,country-rock,rock psychédélique.

 

Partie prenante dans le San Francisco Sound.

Moby Grape est le genre de groupes qui plaisait bien à la critique rock des années 60/70. Originaire de San Francisco, une scène légendaire aussi hétéroclite qu’exigeante, Moby Grape pointe le bout de son nez en 1966, contribue au Summer Of Love et prend sa part pour ce qui est façonner le si caractéristique San Francisco Sound.

Collectif à considérer comme l’égal des Grateful Dead, Jefferson Airplane, Big Brother & The Holding Company, It’s A Beautiful Day, Quicksilver Messenger Service ou autres Santana, Moby Grape est une formation de référence de l’endroit et de l’époque.

Moby grape 1

Moby grape 3

Déjà Matthew Katz...

Réunie fin 1966 par la volonté du controversé Matthew Katz, gestionnaire écarté alors de Jefferson Airplane et manager de It’s A Beautiful Day, la formation san franciscaine intègre, autour de son âme, le guitariste Skip Spence, ancien batteur de l’Airplane que Katz pousse à fonder un nouveau groupe, Jerry Miller, un guitariste exceptionnel, Don Stevenson, batteur, Peter Lewis, guitariste rythmique et Bob Mosley, bassiste.

La particularité avantageuse de Moby Grape est d’avoir pu compter sur un collectif impliqué à 100% autant dans l’écriture qu’au niveau du chant, des harmonies vocales et d’avoir pratiqué une succulente fusion de pop, rock, blues, country, jazz et de  psychédélisme.

Capitaine de pédalo.

Son point faible a été de faire confiance au renard qu'est Katz, pas partageur pour deux sous, intéressé par son seul porte-monnaie, ainsi que d’avoir fait des choix pas toujours en adéquation avec les demandes du moment, de s’être égaré assez souvent, de s’être déchiré plus que de raison, d’avoir fait de très grossières erreurs d’appréciation sur ses orientations artistiques et dans le même temps, accordons le lui, d'avoir joué de malchance.

Il manquait à Moby Grape un capitaine pour gérer l’affaire mais pas un gugusse qui ne soit en fait qu’un capitaine de pédalo…

A l’instar de Buffalo Springfield, Moby Grape reprend à son compte l’idée de mettre en avant les trois guitares. Avec Spence, Lewis et Miller, les californiens déroulent une musique brodée autour d’une combinaison  puissante de guitares, sa marque de fabrique.

A l’inverse de ce qui se pratique alors dans le rock et sur la scène psyché de Frisco d’alors, Moby Grape, aussi à l’aise sur scène qu’en studio, ne se perd pas dans de longues et interminables improvisations, dans des soli m’as-tu-vu.

Un chef d'oeuvre pour commencer.

Comme en atteste le premier LP qu’il signe chez Columbia, l’éponyme Moby Grape du 6 juin 1967, la grande majorité des titres ne dépasse pas les deux minutes. A deux, voire trois exceptions près. Cet album frais frappe un grand coup dans le landerneau américain. Devenu disque essentiel du rock, ce chef d’œuvre psychédélique est plébiscité par la critique. Dix de ses treize titres de cet opus sorti en plein Summer Of Love ont une vie en single. Moby Grape prend place parmi les trois meilleures formations américaines de cette juteuse et féconde année 67. Il est alors le jeune groupe dont toute maison de disques rêve pour débuter une collaboration.

Groupe vedette du moment, il prend part au festival pop de Monterey, mais ne figure pas sur le film de Pennebaker qui documente l’événement. La faute à un Matthew Katz qui commence à faire des siennes, conscient du pognon qu’il y à faire et qui a cherché en l’occurrence à capitaliser sur le nom et les droits liés à Moby Grape. Katz aurait demandé un million de dollars pour filmer Moby Grape. Au lieu de ça, le groupe programmé le samedi soir avant Otis Redding, est déplacé au vendredi en fin de soirée dans un créneau peu porteur. La relation avec Katz se détériore dans le mouvement. Après l’Airplane, bis repetita, l’homme plombe l’ambiance au sein d’un Moby Grape qui se retrouve avec, sur le dos, des problèmes juridiques, des problèmes relationnels et de dope.

Moby grape stevenson

" Le souvenir le plus cocasse que j'ai de Moby Grape, c'est quand nous étions à Malibu avec le groupe. Nous vivions alors dans une maison de plage. Tout ça me fait sourire aujourd'hui." (Don Stevenson)

Le cas Skippy.

Et puis, il y a ce deuxième LP que tout le monde attend impatiemment pour confirmer l’opus éponyme. Wow/Grape Jam, deux-en-un sorti en 1968, s’avère un ton en dessous de son devancier. Dans le même temps, Ski Spence, déjà fragilisé par des troubles psychiques, met le museau dans le LSD avant de passer aux drogues dures. Il pète un câble en saccageant à coup de hache une chambre d’hôtel et le studio. Visiblement, c’est à Stevenson et Miller qu’il voulait refaire le portrait et le portier de l’établissement, dit-on, a eu la peur de sa vie… Drôle d’ambiance. Le périple de Spence se finit en internement. Jamais il ne s’en remettra vraiment.

Si Wow n’est en rien discutable en termes de qualité, Grape Jam qui lui est affilié, casse le mythe. Moby Grape tombe dans les travers reprochés aux autres et desquels il s’est toujours démarqué : les jams avec des zikos de l’extérieur venus pour ça. Moby Grape n’y brille pas, n’y gagne rien, d’autant que le son est pourrave. Incontestablement, cette sorte de  bonus accolée à Wow dessert ce dernier.

La dépendance de Skip Spence à la dope ne s’améliore pas. Celui-ci, détecté schizo et parano depuis, a un rôle de plus en plus erratique au sein de Moby Grape duquel il s’échappe un instant pour donner le jour à Oar, son magnifique et attachant album solo (1969). Derrière Oar, cet être charismatique et âme du groupe ne retrouvera plus jamais son chemin. Les copains le regretteront.

Parano contagieuse.

En 1969, sort l’éponyme Moby Grape’69, mieux que ce que l’on en dit, même si Moby Grape souffre du manque d’implication de Skippy et de son retrait définitif du groupe. Formaté pour les fans de Poco ou d’Eagles, ce troisième volet du catalogue est ponctué par le départ de Mosley après sa publication. Mosley souffre de maux similaires à Spence.

Pour des raisons contractuelles, Katz, qui possède les droits pour le groupe, organise la sortie de Truly Fine Citizen (69), fait dans la précipitation, dans un esprit mercantile. Malgré cela, le line-up réuni autour de Lewis, Miller, Stevenson et du nouveau bassiste Bob Moore, s’en sort plutôt pas mal pour ce qui est le dernier LP pour Columbia. Moby Grape s’accorde alors un répit en 1970.

Retrouvailles, mais pas d'issue.

20 Granite Creek (1971) se fait pour Reprise et, ô surprise, tout le line-up d’origine de Moby Grape pointe à l’appel. Disque de retrouvailles, il a plus valeur historique qu’artistique pour une formation sur le reculoir et sans véritable avenir. Après avoir disparu corps et âme, Moby Grape, sans Stevenson et Mosley, est réactivé le temps de quelques concerts dans la région de Santa Cruz dont un qui donne le jour au live que Katz, toujours propriétaire du catalogue, a empêché de sortir. D’où le fait, pour niquer le véreux Katz, que le nom du groupe ne figure pas sur sa pochette. Ce qui eut été dommage, car ce disque a de la qualité.

Les choses commencent seulement à rentrer dans l'ordre.

Katz a longtemps été l’empêcheur de tourner en rond, mais toute bonne chose ayant une fin, il s’est vu au fil du temps déposséder de ses droits. Les barrières juridiques ont progressivement été levées en faveur de Moby Grape. Ainsi on a vu avec plaisir la discographie des californiens s’enrichir d’un superbe The Place And The Time (Sundazed/2009), collection de raretés, d’inédits, de live et de versions alternatives du Moby Grape de la grande époque des Spence, Mosley, Stevenson, Lewis et Miller. Son seul tort, finalement, aura été de faire confiance à un drôle de zozo (RAZOR©).

DISCOGRAPHIE 60'S/70'S.

LP Studio 1 - 1967

 

Moby grape moby grape

 

MOBY GRAPE

MOBY GRAPE – 1967  5/5

 

Publié le 6 juin 1967.

Produit par David Rubinson.

Durée:30:47.

Label:Columbia Records.

Genre:rock psychédélique.

 

Pour un coup d'essai, un coup de maître.

 

San Francisco ? 1967 ? Le Psychedelic Sound ? Le terme est propre à la scène californienne et plus particulièrement à San Francisco où il trouve son origine. Et bien Moby Grape, peut-être le moins connu de tousles groupes de ce théâtre musical, est associé pour l’éternité à ce mouvement artistique de grande ampleur et qui a influé sur le rock.

Skip Spence, qui a battu pour l’Airplane, première mouture, touche-à-tout instrumental, délaisse les fûts pour la guitare tandis que Peter Lewis assure la guitare rythmique, Jerry Miller la lead guitare, Mosley  (Bob de son prénom) tient la basse et que la batterie est l’affaire de Don Stevenson. On a donc 3 lascars aux guitares et cinq membres qui, en parallèle, assurent les parties vocales.

La scène de Frisco en pince alors pour ces 5 gosses dont on prédit un avenir des plus brillants. Moins la presse qui, au départ, a descendu en flèche ce groupe aux conneries de jeunesse répétées et aux problèmes avec la justice américaine et dont un manager véreux a continué de précipiter leur perte.

Heureusement qu’il reste leur merveilleuse musique psychédélique pour assurer leur défense et se mettre les critiques dans la poche. A l’inverse de bon nombre de groupe de cette mouvance hippie, Moby Grape ne se fourvoie pas dans d’interminables impros parfois soûlantes, mais pose plutôt sa musique faite d’un succulent mélange de ballades (rock, pop, blues, country, folk), de folk-rock psychédélique pouvant atteindre un niveau exceptionnel.

C’est surtout le cas de cet album éponyme de 1967, Moby Grape (en écoute intégrale ici), qui est un pur joyau, peu représentatif d’une production discographique dans l’ensemble assez inégale.

Ecoutez donc le folk mélancolo-lysergique Sitting By The Window (Peter Lewis). Tendez l’oreille sur l’énergique Lazy Me (Mosley). L’ensemble de cet album, varié, qui ne ressemble à aucun autre, est placé sous le sceau de l’exceptionnel.

Album à frissons, du rock de début Hey Grandma au titre final Indifference, vous allez passer un moment extraordinaire. Mister Blues, Fall On You (écoutez ces harmonies de voix), le sublime Omaha, Come In The Morning, Changes… et j’en passe et des meilleures. Et cette guitare qui vous obsède en arrière-plan ? Et ces trois guitaristes efficaces qui se boostent mutuellement ? Et ces harmonies vocales que n’auraient pas reniées les spécialistes en la matière (Byrds, CSNY) ? On est en droit de se demander pourquoi un groupe et un album aussi performants, aussi frais et vivifiants aujourd’hui qu’hier, n’ont pas eu le retour escompté.

En effet, mais matraqué par sa maison de disques CBS qui publie, pour des raisons de marketing mercantile, 5 singles de l’album, et sous la férule d’un manager véreux (qui fit inconsidérément monter les enchères), le groupe sera considéré (à tort) comme un produit imposé par l’industrie discographique, chose que ne lui pardonnera pas la scène hippie.

L’histoire se souvient du Dead, de l’Airplane, de Love, des Doors, mais moins de Moby Grape, un tourbillon venu balayer la scène psychédélique américaine, mis à la retraite dès le milieu des années 70. Le meilleur moyen de lui rendre l’hommage mérité est de faire sien cet album qui scelle son triomphe absolu. Attention, c’est contagieux ! (RAZOR©)

 

1. Hey Grandma.

2. Mister Blues.

3. Fall on You.

4. 8:05.

5. Come in the Morning.

6. Omaha.

7. Naked, If I Want To.

8. Someday.

9. Ain't No Use.

10. Sitting by the Window.

11. Changes.

12. Lazy Me.

13. Indifference.

 

Peter Lewis:guitare rythmique,chant.

Bob Mosley:basse,chant.

Jerry Miller:lead guitare,chant.

Skip Spence:guitare rythmique,chant.

Don Stevenson:batterie,chant.

LP Studio 2 - 1968

 

Moby wow

Wow/1968

 

Moby grape jam

 

Grape Jam /1968.

 

MOBY GRAPE

WOW/GRAPE JAM – 1968  4/5

 

Publié le 3 avril 1968.

Produit par David Rubinson.

Durée Wow:38:23.

Durée Grape Jam:37:31.

Label:Columbia,Sundazed.

Genre:rock.

 

Quand Grape Jam pénalise Wow.

 

L’album éponyme Moby Grape de 1967, que je vous ai présenté comme un petit bijou et pour lequel je persiste et signe dans mon jugement, par lequel la formation américaine est entrée comme un ouragan sur la scène psychédélique californienne, a bien marché.

Suit ce Wow/Grape Jam de 1968. Certains crient à la cata par rapport à son devancier, jugeant. Un peu trop hâtivement, vraisemblablement. A moins que ce ne soit pour régler des comptes. Ce nouvel album n’arrive pas à la cheville de son illustre devancier, on est bien d’accord là-dessus, mais de là à le descendre en flèche, pas d’accord.

Arriver dans la foulée d’un disque hors norme est en soi déjà suffisamment pénalisant, pas la peine d’en remettre une couche. D’autant que gratifier ce qui devait être le deuxième LP de Moby Grape, Wow (en écoute intégrale ici) d’une sorte de bonus (Grape Jam/1968) pour en faire un deux-en-un n’est pas la meilleure idée que Columbia ait eue. A moins que Katz, l’Ysengrin du management, n’ait poussé au cul afin de favoriser cette publication zarbi pour l’époque, je n’en sais rien.

Grape Jam, c’était cadeau, en gros. Les deux LP dotées de pochettes propres ont donc été réunis en un seul produit. Columbia, rappelons-le, était déjà derrière la mise sur le marché sous format single de 10 des titres de son chef d’œuvre précédent. Certainement eu égard à des morceaux minutés pour faciliter leur passage en radio et faire du fric en retour. Du Katz dans le texte ? Cela ne me surprendrait pas.

On ne peut pas cracher sur Wow, pénalisé d’être libéré sous cette forme qui ne l’avantage pas. Ce disque s’avère surprenant et délicieux, même s’il est loin d’égaler l’opus Moby Grape. Le son est différent, plus lourd mais l’inspiration demeure et certaines chansons finement ciselées valent leur pesant de buvards.

Murder In My Heart For The Judge du batteur Don Stevenson, est un folk-rock époustouflant. Bitter In The Wind, signée de la main et chantée par Bob Mosley, est un merveilleux acoustique. Can’t Be So Bad, un zarbi et intéressant Motorcycle Irene de Skippy le déjanté, un sensible He, une nouvelle version de Naked If I Want To qui figure à l’origine, sur l’album de 1967, le cousu-main Rose Colored Eyes appartiennent également au top gratiné de Wow.

Je suis moins dithyrambique pour Grape Jam (en écoute intégrale ici), pour des raisons de qualité sonore, et pour les défauts inhérents aux jams, une spécialité du moment que Moby Grape a laissée à d’autres et dont on était bien content qu’il n’aille pas se fourvoyer là-dedans. Les improvisations qui étirent trop les morceaux et leur font perdre leur charme et leur intérêt, fussent-ils beaux comme Black Currant Jam ou Never, ne sont pas leur tasse de thé. Cela ne signifie en rien que la prestation est mauvaise.

L’intérêt de cet album enregistré à New York début 1968, réside aussi dans les présences d’Al Kooper, claviériste et de Mike Bloomfield au piano et à la guitare Marmalade. C’est une curiosité, mais elle ne justifie pas les éloges démesurés. J’ai trop de sympathie pour Wow pour m’attarder trop longtemps sur Grape Jam. C’est aussi simple que cela. Pris séparément, Wow se situe dans les 4/5. Enlevez un demi-point pour Grape Jam.

L’ensemble mérite écoute malgré tout. On n’en sortira pas plus avancé, mais au moins on se sera encore fait plaisir. C’est bien là la priorité (RAZOR©).

 

Wow (1968).

1. The Place And The Time.

2. Murder In My Heart For The Judge.

3. Bitter Wind.

4. Can't Be So Bad.

5. He.

6. Motorcycle Irene.

7. Three-Four.

8. Funky Tunk.

9. Rose Colored Eyes.

10. Miller's Blues.

11. Naked If I Want To.

 

Grape Jam (1968).

12.  Never.

13. Boysenberry Jam.

14. Black Currant Jam.

15. Marmalade.

 

Peter Lewis:guitare rythmique,chant.

Bob Mosley:basse,chant.

Jerry Miller:lead guitare,chant.

Skip Spence:guitare rythmique,chant.

Don Stevenson:batterie,chant.

LP Studio 3 - 1969

 

Moby grape 69

 

MOBY GRAPE

MOBY GRAPE’ 69 – 1969  4/5

 

Publié le 30 janvier 1969.

Produit par David Rubinson.

Durée:29:17.

Label:Columbia.

Genre:rock.

 

Fans de Poco, à vos platines.

 

Les californiens, issus de la mouvance hip de Haight-Ashbury, dont il a été question d’en faire les Beatles américains, sortent leur troisième album Moby Grape’69, comme son nom l’indique en 1969.

L’album précédent (Wow/Grape Jam), en son temps, n’a pas marqué les esprits et Moby Grape essaie de se refaire la cerise avec ce deuxième éponyme, mais de 1969 celui-là.

Skip Spence, son turbulent et perturbé, mais ô combien génial membre, est parti pour des desseins musicaux en solitaire sortant son génial OAR, non sans avoir contribué, une dernière fois, au nouveau projet artistique du groupe.

Ainsi, le titre de clôture, Seeing, écrit durant les sessions Wow, est en quelque sorte un cadeau d’adieu du groupe à son Skippy le déjanté. Le groupe dans son ensemble espère alors secrètement que Spence revienne, ce qu’il ne fait pas, plombe l’ambiance, touche la troupe qui ne le verra revenir en son sein que pour Live Grape qui clôture son parcours des 70’s.

Animés d’une grande volonté et d’une énergie débordante malgré la situation, les talentueux Jerry Miller, Bob Mosley, Peter Lewis et Don Stevenson remettent le nez dans les partitions plein gaz. Il découle de ce Moby Grape’69 un disque sincère, méconnu, vraisemblablement en raison de son échec commercial, et qui permet de passer un excellent moment.

Ce groupe savait s’y prendre pour faire de la très bonne musique et cet album le démontre encore. Les passages obligés pour ce plaisir à atteindre s’articulent autour des charmants Ooh Mama Ooh et Hoochie, le magique It’s A Beautiful Day Today, le tourbillon Trucking Man, les brillants Ain’t That A Shame et If You Can’t Learn From My Mistakes, ce dernier révélant tout le talent de songwriter de Peter Lewis, Going Nowhere et l’envoûtant Seeing.

D’ambiance country-rock, l’album, concis, est en avance sur son époque et décontenance dans le même temps  les fans de la fin des années 60, la country n’ayant pas encore été totalement admise par les rockeux.

Ce type de désintérêt pour le country rock a, rappelons-le, affecté les meilleurs comme Poco, Byrds ou Eagles. Depuis, la critique a revu sa copie et tout le monde y trouve son compte.

Même s’il n’a pas le niveau du Moby Grape de 1967, il a autant sa place que ses prédécesseurs dans ce que le groupe a fait de mieux jusqu’ici. Il y a des moments où il ne faut pas chercher à savoir pourquoi la mariée est belle, on la prend dans ses bras et on l’étreint. En l’occurrence, on pose son séant dans un fauteuil et on se contente d’écouter. Fans de Poco, c’est pour vous (RAZOR©).

 

1. Ooh Mama Ooh.

2. Ain't That a Shame.

3. I Am Not Willing.

4. It's a Beautiful Day Today.

5. Hoochie.

6. Trucking Man.

7. If You Can't Learn from My Mistakes.

8. Captain Nemo.

9. What's to Choose.

10. Going Nowhere.

11. Seeing.

 

Peter Lewis:guitare rythmique,chant.

Bob Mosley:basse,chant.

Jerry Miller:lead guitare,chant.

Don Stevenson:batterie,chant.

Skip Spence:chant sur 11.

LP Studio 4 - 1969

 

Moby grape truly fine citizen

 

MOBY GRAPE

TRULY FINE CITIZEN – 1969  3,5/5

 

Publié le 30 juillet 1969.

Produit par Bob Johnston.

Durée:29:54.

Label:Columbia.

Genre:rock.

 

Une direction à 3 têtes.

 

Bob Mosley, parti dans les Marines et Skip Spence, plus là pour raison de santé, le bateau Moby Grape, passé en quatuor et avec Bob Moore à la basse, est désormais gouverné par une direction tricéphale : Peter Lewis, Jerry Miller et Don Stevenson. C’est pour des raisons contractuelles avec Columbia, que sort ce Truly Fine Citizen de 1969, qui n’aurait jamais dû être car en plein conflit avec le véreux Matthew Katz, leur manager.

Certains titres (ceux de Stevenson et Miller) sont versés au crédit du Road Manager, Tom Dell’ Ara qui se cache derrière des initiales mystérieuses, pour éviter que Katz, propriétaire du nom Moby Grape, ne jouisse de redevances que le groupe estimait  indues. Bob Moore, célèbre musicien de session de Nashville, fait la pige à la basse, pour faire oublier Mosley.

Ce quatrième LP est fait en trois jours, produit par le célèbre Bob Johnston de Columbia, connu pour son travail pour Dylan ou Johnny Cash, entre autres. Fait dans la précipitation, dicté par des contraintes juridiques et commerciales, en plein conflit d’intérêt, l’album aurait pu être une cata totale. Et bien, non, et au final, il surprend par son agréable coolitude, sa simplicité et son efficacité même si la cohérence et la variété lui font parfois défaut.

Il fleure bon un bon rock psychédélique teinté de country. Moby Grape avait déjà tâté de la country dans l’album Moby Grape’ 69. Truly Fine Citizen contient de très bons morceaux comme Looper, un de leurs anciens titres, Changes Circles Spinning, Truly Fine Citizen, Now I Know High et Tongue-Tied (de Jerry Miller et Skip Spence). Encore un album méconnu et pas coté à sa juste valeur, c’est le moins que l’on puisse dire (RAZOR©).

 

1. Changes, Circles Spinning.

2. Looper.

3. Truly Fine Citizen.

4. Beautiful Is Beautiful.

5. Love Song.

6. Right Before My Eyes.

7. Open Up Your Heart.

8. Now I Know High.

9. Treat Me Bad.

10. Tongue-Tied.

11. Love Song, Part Two.

 

Peter Lewis:guitare rythmique,chant.

Jerry Miller:lead guitare,chant.

Don Stevenson:batterie,guitare,chant.

Bob Moore:basse.

LP Studio 5 - 1971

 

Moby grape 20 granite creek

 

MOBY GRAPE

20 GRANITE CREEK – 1971  3,5/5

 

Publié en 1971.

Produit par David Rubinson,Moby Grape Productions.

Durée:32 :41.

Label:Reprise.

Genre:rock.

 

Moby Grape à nouveau au grand complet.

 

Moby Grape s’est accordé un temps mort depuis l’ultime album sous tutelle Columbia, Truly Fine Citizen. En 1970, il aborde ce cinquième opus, 20 Granite Creek, sorti un an plus tard (1971), avec un Skip Spence qui a réintégré la maison et un Bob Mosley, revenu de son trip Marin’s.

L’équipe est à nouveau au grand complet pour ce qui doit être un album de retrouvailles chez Reprise Records dont ce sera l’unique pour cette maison. Par ailleurs, cerise sur le gâteau, David Rubinson, leur fidèle producteur, assure, et la production, et le rôle de manager. Tout le monde aurait de quoi être content, Moby Grape effectue son come-back. La vie est belle, non ?

Seulement voilà, dans le même temps, la rumeur enfle comme quoi les concerts de retrouvailles de Moby Grape ne sont pas des plus bandants, qu’on est loin de ce que l’on a connu…

L’album est malheureusement le reflet réaliste des ressentis du moment. Manque de magie. Skip Spence est là, mais sans l’être et les très bons titres de ce disque se comptent sur les doigts d’une seule main (I’m The Kind Of Man That Baby You Can Trust, Horse Out In The Rain) et Roadhouse Blues). J’ai dit les très bons titres ! Pour le reste, ça n’est pas mauvais mauvais (le groupe se lâche avec bonheur sur Gypsy Wedding, Wild Oats Man, Goin Down To Texas, Apocalypse et About Time), mais c’est loin du must qu’est leur référence de 1967 vers laquelle on se tourne souvent pour comparer. Aucun LP de Moby Grape d’ailleurs ne renouvèlera ce coup gagnant.

Vous voilà donc prévenus, même si l’ambiance est cool, bon enfant, les titres courts. Au moment où l’on se fixe dans cette atmosphère lancinante, décontractée d’un blues-rock cossard, un instrumental chinois (vraisemblablement d’un allumé dans le groupe - suivez mon regard…) nous rappelle que Moby Grape, ça peut être aussi ça : des grosses conneries de collégien ou des dérapages sous acid. On peut être déçu à la première écoute, mais à force, j’y trouve du charme, de la nouveauté. La prestation n’est pas si pitos que ça. A défaut de partager mon avis et d’aimer, on le verra comme une vraie pièce de collection, ce qui est déjà bien à ce niveau de leur carrière (RAZOR©).

 

1. Gypsy Wedding.

2. I'm The Kind Of Man That Baby You Can Trust.

3. About Time.

4. Goin' Down To Texas.

5. Road To The Sun.

6. Apocalypse.

7. Chinese Song.

8. Roundhouse Blues.

9. Ode To The Man At The End Of The Bar.

10. Wild Oats Moan.

11. Horse Out In The Rain.

 

Bob Mosley:basse électrique,chant.

Jerry Miller:guitare électrique,chant.

Peter Lewis:guitare électrique,chant.

Don Stevenson:batterie.

Skip Spence:guitare électrique,chant.

Gordon Stevens:viola,dobro,mandoline.

David Rubinson:piano électrique,congas.

Andy Narell:tambours acier.

Jeffrey Cohen:basse.

LP Live 1 - 1978

 

Moby grape live grape

 

MOBY GRAPE

LIVE GRAPE – 1978  3,5/5

 

Publié en 1978.

Enregistré entre 1977 et 1978 en Californie.

Produit par John Chesleigh.

Durée:48:44.

Label:Escape Records.

Genre:rock,west coast rock.

 

Dernier tour de piste.

 

Formé en 1966, par Matthew Katz  et Skip Spence, respectivement ex-manager et ex-premier batteur de l’Airplane, par le sublime guitariste qu’est Jerry Miller, Don Stevenson, Peter Lewis et Bob Mosley, Moby Grape est indissociable du San Francisco Sound et de Haight-Asbury, la scène musicale alors en vogue. Il en est l’un des trois fleurons avec Grateful Dead et  Jefferson Airplane. 

Disparu en 1971 après que des problèmes internes et juridiques aient miné le groupe, Moby Grape renaît de ses cendres à l’initiative principalement de Jerry Miller, Peter Lewis, assistés occasionnellement par Bob Mosley et Skip Spence  et assurent quels concerts dans les environs de Santa Cruz comme c’est le cas dans ce live de 1978, dit Live Grape (en écoute intégrale ici).

Cette renaissance n’a rien d’une lubie, le projet est sérieux et  une série de chansons inédites sont travaillées pour l’occasion. Matthew Katz-Ysengrin, propriétaire du nom Moby Grape, surgit alors de sa tanière pour empêcher son exploitation.

C’est la raison pour laquelle le nom de Moby Grape n’apparaît pas sur une pochette dont l’identification se limite au seul titre Live Grape. Enregistré sur la base de prestations californiennes de 1977 et du début 1978, sorti sur le petit label californien Escape, Live 1978 se fait sans Bob Mosley et Don Stevenson. Peu importe, l’album est très plaisant et sympa, même si la restitution de ce LP des retrouvailles  n’a que peu de commune mesure avec le Moby Grape psychédélique du Summer Of Love.  En juillet 1978, Moby Grape tire le rideau. C’en est fini de cette formation mythique de San Francisco (RAZOR©)

 

1. That Lost Horizon.

2. Here I Sit.

3. Honky Tonk.

4. Cuttin' In.

5. Must Be Goin' Now Dear.

6. Your Rider.

7. Up In The Air.

8. Set Me Down Easy.

9. Love You So Much.

10. You Got Everything I Need.

 

Peter Lewis:guitare,chant.

Jerry Miller:guitare,chant.

Skip Spence:guitare,batterie,chant.

Cornelius Bumpus:claviers,saxophone.

John Oxendine:batterie.

Chris Powell:basse.

Daniel Spencer:batterie.

LP Annexe - 2009

 

Moby grape theplaceandthetime

 

MOBY GRAPE

THE PLACE AND THE TIME (2009)  4/5

 

Publié le 7 avril 2009.

Enregistré entre 1967 et 1968.

Produit par David Rubinson.

Durée:1:16:33.

Label :Sundazed.

Genre:rock,country-rock,rock psychédélique,garage.

 

C’est l’endroit et le moment, effectivement.

 

Matthew Katz et le génial Skip Spence, vu comme le Syd Barrett amerloque, ont été les initiateurs de Moby Grape. Le premier nommé en a été le maître d’œuvre et de façon précoce, le finaud gestionnaire. Le second l’esprit d’une formation culte qui tenait largement la dragée haute aux cadors san franciscains de la fin des années 60.

Habile manipulateur qui s’est rapidement organisé pour devenir l’unique dépositaire des droits de cette communauté psychédélico-musicale, après avoir déjà mis le bordel au sein de Jefferson Airplane, Katz a, bien avant que le rideau ne se referme sur Moby Grape, été l’empêcheur de tourner en rond dès lors qu’un projet de sortie ou de réhabilitation des œuvres du catalogue était annoncé.

De procès en procès, plus personne n’osait espérer voir, un jour, le nom de Moby Grape revenir sur le devant de la scène. Et c’eut été dommage, pour ces gars talentueux que des événements contrariants n’ont pas ménagés durant leur carrière artistique, aidés en cela par des décisions pas toujours judicieusement prises.

Les dernières barrières juridiques levées, Moby Grape nous réapparaît dans toute sa splendeur. C’est Sundazed qui a obtenu ce privilège de leur renaissance : The Place And The Time (en écoute intégrale ici) publié par Sundazed en 2009 est une extraordinaire collection de raretés, d’inédits, de démos, de versions alternatives et de live.

Et dire que cet enfoiré de Katz a failli nous priver de ce plaisir tardif  unique fusionné autour du rock, du blues, de la soul, de la country et du psychédélisme…

Jerry Miller (lead guitare et chant), Peter Lewis (guitare rythmique et chant), Bob Mosley (basse et chant), Don Stevenson (batterie et chant), Skip Spence (guitare rythmique et chant) s’y montrent convaincants et sous des angles nouveaux qui ravivent tous les excellents souvenirs laissés par les californiens.

Fans de tous poils, ce rock montre de la solidité, de la puissance comme on lui a connu alors. Amis néophytes, djeunes et curieux, ça déchire grave. Malgré les tempêtes qu’il a dû juguler, les tuiles qui lui sont tombées sur le coin du museau, feu Moby Grape n’est pas complètement mort grâce à  The Place And The Time. C’est effectivement, comme le dit son titre, l’endroit et le moment d’en découdre (RAZOR©).

 

1. Indifference-Columbia Records audition recording (1967).

2. Looper-Columbia Records audition recording (1967).

3. Stop-Demo recording (1967).

4. Rounder-Instrumental outtake recording from the Moby Grape sessions (1967).

5. Sweet Ride-Unedited version, recorded for the motion picture The Sweet Ride (1967).

6. Loosely Remembered-Demo recording (1967).

7. The Place and the Time-Alternate version from the Wow album sessions (1967).

8. Bitter Wind-Demo recording (1967).

9. Seeing-Alternate version from the Wow album sessions (1968).

10. What's to Choose-Alternate version from the Wow album sessions (1968).

11. Miller's Blues-Alternate version from the Wow album sessions (1968).

12. Soul Stew-Outtake recording from the Moby Grape '69 album sessions (1968).

13. If You Can't Learn From My Mistakes-Demo recording (1968).

14. You Can Do Anything-Demo recording (1967).

15. Skip's Song-Demo recording (1967).

16. It's a Beautiful Day Today-Demo recording (1968).

17. What's to Choose-Demo recording (1967).

18. Hoochie-Demo recording (1968).

19. Big-Demo recording (1968).

20. Rounder-Live recording (1968).

21. Miller's Blues-Live recording (1968).

22. Changes-Live recording (1968).

23. Looper-Demo recording (1967).

24. Soul Stew-Instrumental outtake recording from the Moby Grape '69 album sessions (1968).

25. Cockatoo Blues-Demo recording (1968) Bonus track available only on double LP.

 

Peter Lewis:guitare rythmique,chant.  

Bob Mosley:basse,chant.

Jerry Miller:guitare,chant.

Skip Spence:guitare rythmique,chant.

Don Stevenson:batterie,chant.

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