Norman Greenbaum.

DISCOGRAPHIE.

 

 

NORMAN GREENBAUM/Malden (Massachusetts – USA)

 

Norman greenbaum petaluma diltz

 

Né Norman Joel Greenbaum, le 20 novembre 1942 à Malden (Massachusetts).

Actif depuis 1969.

Label:Reprise Records.

Genre:rock,rock psychédélique,folk,folk-rock,country,country-blues.

 

Spirit in The Sky, sa rente viagère.

Mélange de rock et de gospel autour d'un riff de guitare carnassier, Spirit in The Sky a tout changé pour Norman Greenbaum. Le succès de ce titre qui vient de fêter ses 50 ans en 2020 a radicalement transformé sa vie. Il n'a, ainsi, pas besoin de travailler et se contente notamment de gérer son site internet.

Bien qu'il ait vendu ses droits d'interprète de la chanson, cette dernière lui a assuré (et lui assure toujours) une rente viagère assez confortable, chacun de ses passages au cinéma ou chacune de ses destinations dans la publicité lui permettant d'encaisser des royalties à hauteur de 10.000 dollars.

Utilisée comme soutien musical dans des films (60) renommés comme Remember The Titans, The Longest Yard, Miami Blues, Contact, Ocean 11, Superstar, Apollo 13, Wayne's World 2, dans plus d'une vingtaine de publicités (HBO, Enron, American Express, Total, Nike...), d'une douzaine d'émissions de TV (Beverly Hills 90210, Rock And Roll Jeopardy, The Drew Carey Show...), elle rencontre un succès énorme à l'international.

En Europe, elle fait N°1 en Allemagne, en Irlande, en Grande Bretagne. Idem au Canada et en Australie ,tandis que, dans les États-Unis de Richard Nixon, elle pointe à la 3ème place du Billboard.

Norman greenbaumTenu en haute estime par ses pairs.

Norman greenbaum 3Du folk au rock...

Norman greenbaum 6...et à Spirit In The Sky (1969).

Norman greenbaum 7Un artiste jamais vraiment parti...

Norman greenbaum petalumaPetaluma (1972) : le Greenbaum des champs.

Jamais vraiment parti.

L'artiste aux faux airs de Pierre Vassilliu n'a jamais réellement décroché du business, mais sa carrière après l'époustouflant Spirit In The Sky (album comme single), n'a plus été touchée par la grâce comme au début des 70's, malgré des albums qui méritent une attention particulière.

En s'effaçant du faisceau des projecteurs, un doute s'est installé qui a fait de Norman Greenbaum un retraité avant l'heure, vivant au fin fond de l'Amérique au milieu de ses chèvres, retiré du milieu du disque et se satisfaisant de ce qui est considéré comme beaucoup comme un one-shot.

Si le rapport au contexte rural est avéré, Norman Greenbaum n'ayant fait que suivre sa femme dans son trip, en ce qui le concerne, il n'a jamais tourné le dos à la musique.

Magnifique Petaluma.

Dans la foulée de Spirit in The Sky, l'artiste passe du rock au folk, tout en continuant à signer de belles chansons acoustiques mélodiques, comme celles réunies dans le magnifique album pastoral Petaluma (Reprise 1972).

Le troisième pan de son catalogue est nommé d'après la ville de la Baie de San Francisco où le natif du Massachusetts a installé sa ferme laitière en y engloutissant les royalties dégagées par les ventes exceptionnelles (deux millions d'exemplaires) de Spirit In The Sky.

Signe du crédit que l'on accorde alors à l'artiste, Ry Cooder vient déposer sur le travail de Greenbaum, sa délicate touche personnelle à la mandoline, la slide guitare et la guitare acoustique bottleneck.

La fine fleur hippie de la place californienne s'invite également, comme Henry Diltz (le photographe de Laurel Canyon), Mark Naftalin (Paul Butterfield Blues Band), John Richmond (considéré comme le meilleur joueur de jug du moment), Richard Olsen (The Charlatans), Russell DaShiell, remarquable guitariste de session de la Baie (AB Shhy, Harvey Mandel), Norman Mayell (Sopwith Camel), Cyrus Faryar (Modern Folk Quartet), le multi-instrumentiste Bill Douglas...

Bercé par le folk, converti au jug band.

Norman Greenbaum est tenu en haute estime par ses pairs et ses fans, et 5 décennies plus tard, quand la crise sanitaire le lui autorise, l'artiste, octogénaire en 2022, aime prendre part à des réunions d'artistes des 60's/70's et ainsi gratifier son auditoire d'un Spirit In The Sky, élargi aujourd'hui au-delà des 20 minutes, afin de faire durer le plaisir...

Norman Joel Greenbaum est un enfant du Massachusetts. Né à Malden au sein d'une famille juive traditionnelle, il suit une scolarité dans une école hébraïque.

Sa jeunesse est bercée par le folk, en vogue à la fin des 50's/début des 60's, mais il n'est pas insensible aussi au country-blues venant du sud, au jug band et à la musique en général.

De la scène de Boston à la Californie.

Il lui voue un intérêt précoce assez marqué, bien que ses premières aspirations portent sur le métier de DJ avant que l'écriture ne devienne sa priorité, relayée aussitôt par un désir de devenir musicien.

Au lycée, il intègre ses premiers groupes tandis qu'il suit des études musicales en milieu universitaire (Boston), pendant deux ans.

Étudiant le jour, il se produit dans les clubs de Boston comme le Cafe Yana avant de déménager sur la Californie (Los Angeles/1965), vers laquelle convergent, des projets et des espoirs plein la tête, tous les musiciens en herbe.

Norman y tisse très vite des liens avec les artistes de la place.

L'étrange Dr. West's Medecine Show and Junk Band.

Dans la cité des Anges, Greenbaum réunit autour de lui une formation psychédélique (Jack Carrington, Evan Engher et Bonnie Zee Wallach) pour le moins étrange, irrévérencieuse, absurde et loufoque et qui pratique une musique de jug band différente de la majorité des groupes pratiquant alors le genre.

D'obédience psyché, le combo en question, Dr. West's Medecine Show and Junk Band utilise utilise des instruments archaïques comme la cruche (Jug), les Washboards, les Washtub Bass, les kazoos ou divers objets métalliques (cylindres, pots, capot ou aile automobile) frappés par des baguettes ; qui plus est, il apparaît le visage grimé de peintures en public.

Bien que très spécial, Dr. West's signe chez Go Go (1966), un label angelin, et sort en 1967 un single au titre farfelu, The Egglant That Ate Chicago, chanson sur une invasion d'extraterrestres ; celle-ci rencontre un succès moindre (N°52 du Billboard 100) mais n'en génère pas moins l'enregistrement d'un album portant le même nom (octobre 1967).

Complètement décalé et ouvert à tous les freaks du coin, ce défouloir pour défoncés angelins n'a aucun succès dans les bacs. La suite (quelques singles sans importance) est erratique et précipite l'arrêt du groupe début 1968.

Se retrouvant seul, Norman tourne le dos à ces divagations musicales pour se consacrer alors à sa carrière personnelle. Il passe du folk au rock, de l'acoustique à l'électrique.

Norman greenbaum 10 sharon santillo© Sharon Santillo

" Spirit in the Sky" est sorti à la toute fin des années 1960 et au début de l'année suivante, le single a décollé et a atteint le numéro 1 à Cleveland, Chicago et d'autres marchés. C'était incroyable parce que ça ne ressemblait en rien aux autres chansons du Top 10 à l'époque. Au début, l'équipe de Reprise ne pensait pas que ça passerait, car c'était tellement différent et un peu long à près de quatre minutes. C'est incroyable qu'il ait perduré en popularité pendant tout ce temps. Mon producteur Erik Jacobsen a fait un excellent travail pour obtenir les bons sons de guitare et il a rassemblé beaucoup de bons musiciens pour ce disque. » (Norman Greenbaum)

Du rock aux cuisines.

En se rapprochant d'Erik Jacobsen, producteur à succès de Lovin Spoonful et de Tim Hardin, Norman Greenbaum donne une impulsion au métier qu'il a choisi.

Leur partenariat se traduit par un engagement auprès de Warner Brothers et la publication de trois albums mais, surtout, par le succès du hit planétaire évoqué en préambule et écrit en un ¼ d'heure (paroles).

L'artiste tarde toutefois à trouver le meilleur compromis et tâtonne dans diverses directions (jug band, acoustique et blues) avant de faire le choix d'une version plus longue (4 minutes), plus dure et agressive qui, publiée en single (Reprise/1969), a l'avenir que l'on sait.

Derrière un tel triomphe, il est difficile de récidiver, aussi le musicien, malgré de bons LP dans sa besace, est progressivement délaissé par le label. Reprise met un terme à la collaboration dans le courant des 70's, amenant Norman a rebondir dans une voie radicalement différente.

Comme il faut bien vivre et manger pour vivre, celui-ci, dès le début des années 80, se reconvertit dans la cuisine et la restauration. Après avoir gravi les échelons, il accède aux fonctions de chef de cuisine et met sa carrière musicale en stand-by.

La seconde vie de Spirit In The Sky.

Peu après le milieu des 80's, le milieu du cinéma le sollicite pour intégrer son titre-phare dans la bande originale de Maid To Order (Ally Sheedy/1987). Ce premier pas dans le cinéma en appelle d'autres et donne le départ à une période financièrement bénie pour l'homme alors en proie à des problèmes d'argent.

Dès lors, tout s'enchaîne, Spirit In The Sky, repris plus d'une quarantaine de fois (dont Peter Frampton et Nina Hagen), se voit offrir une seconde vie. Outre Hollywood et le petit écran, la publicité et la télévision s'accaparent à leur tour le titre et stabilisent un peu plus la vie de son auteur.

Retiré aujourd'hui à Santa Rosa, à une heure de San Francisco, ce dernier est toujours partant pour remonter sur scène et refaire du Spirit In The Sky, une chanson plébiscitée par les jeunes américains et parmi les plus demandées pour accompagner les funérailles...(RAZOR©2022)

MON CHOIX DISCOGRAPHIQUE.

LP Studio 3 - 1972

 

Norman greenbaum petaluma

 

NORMAN GREENBAUM

PETALUMA – 1972  4,5/5

 

Publié en 1972.

Produit par Erik Jacobsen.

Durée:25:13

Label:Reprise Records.

Genre:folk-rock,country,folk.

 

Le Greenbaum des champs.

 

Petaluma, qui réfère à la ferme laitière que ses royalties (Spirit In The Sky a été un énorme succès international) lui ont permis d'acquérir, est court.

A 25 minutes et des poussières, son écoute passe vite et ce, d'autant qu'il est très bon.

Petaluma ne séduira en rien ceux qui pensaient bien retrouver en ce disque une ambiance boogie-rock et gospel à la Spirit In The Sky, généralement le seul titre que l'on connaît du natif du Massachusetts.

Au travers de Petaluma, dernier album de sa discographie solo des 60's/70's, on découvre avec surprise et plaisir que Norman Greenbaum s'exprime avec aisance dans un registre plus pastoral.

Il fait du thème de sa condition de vie de fermier un élément dominant de cet opus terreux d'une grande beauté. Un pied (toujours) dans le milieu, un autre (accessoirement) dans la boue, il développe une matière folk, folk-rock, country-blues de haute tenue à laquelle la présence de musiciens huppés de la place californienne et plus particulièrement celle de Ry Cooder à la guitare slide (et la mandoline) apporte une plus-value.

Autour de son jeu acoustique compétent et de son chant, sans prétention mais qui transpire la sincérité, l'authenticité, se tisse une ambiance très agréable que l'on aurait aimé voir se prolonger au-delà des 25 minutes et des brouettes.

Le visuel de la pochette, plus vraie que nature, dévoilant son auteur en salopette dans un enclos fermier boueux, une poule entre les mains, appuie un peu plus l'ambiance délicieusement péquenaude de Petaluma.

Bien qu'il n'ait pas connu le succès, Petaluma est certainement ce que Norman Greenbaum a fait de mieux. Je vous invite à chausser vos bottes et à le rejoindre dans cette récréation roots, saprément sympatoche et détendue (RAZOR©2022).

 

1. Grade A Barn.

2. 5 Pennies.

3. Dairy Queen.

4. Campin.

5. Petaluma.

6. Country Lad.

7. The Day the Well Went Dry.

8. New Dead Shrimp Blues.

9. Crazy Over You.

10. Japanese Silky.

 

Norman Greenbaum:guitare,guitare rythmique,piano,ukulele,chant.

Fritz Richmond:basse (washtub).

Ry Cooder:mandoline,slide guitare.

Rich Olsen:clarinette.

Mark Naftalin:accordéon.

Russell Dashiell:guitare,basse électrique.

Bill Douglas:basse.

John Casey:dobro.

Cyrus Faryar:ukulele.

Kenny Burt:banjo.

Henry Diltz:cloches.

Rita Abrams:choeurs.

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