Peter Frampton.

BIOGRAPHIE.

PETER FRAMPTON/Bromley (Kent – Angleterre)

 

Frampton intro

 

Né le 22 avril 1950 à Beckenham (Kent – UK).

Actif depuis 1966.

Labels:A&M Records,Virgin,Atlantic,33rd Street.

Genre:rock,pop-rock,hard rock,arena rock,blues-rock,soft rock.

Site officiel:frampton.com

 

Le rock lui dit merci.

Peter Frampton, 69 ans depuis le printemps dernier (avril 2019), vient de lâcher une véritable bombe en annonçant faire sa tournée d'adieu cette année. Effectif depuis le 18 juin, date à laquelle il a mis sa décision en conformité avec les actes, le Peter Frampton Finale – The Farewell Tour (52 dates) mettra, le 12 octobre prochain, un terme à une carrière commencée en 1966.

Le guitariste révèle par la même occasion être atteint d'une maladie musculaire dégénérative et ne pas être sûr, au train où vont les choses, de pouvoir continuer à jouer de la guitare encore longtemps.

L'affection étant évolutive, on lui prédit qu'après les pieds, les jambes, les bras, ses doigts peuvent, à terme, être victime du même mal. Seuls ses proches et ses musiciens étaient au courant.

Il n'est plus loin le jour où il ne pourra plus jouer de la guitare, alors il précipite ses adieux et sort, par la même occasion, un double album, All The Blues, qu'il fait coïncider avec le début de la tournée (juin 2019) et travaille ardemment sur un projet de LP prévu pour la fin de l'année.

Trop perfectionniste et talentueux pour pouvoir se satisfaire de prestations approximatives ou en deçà de ce qu'il a montré en 50 ans de musique, Peter Frampton, la mort dans l'âme et avoir pesé le pour et le contre de sa décision, préfère anticiper la fin de sa carrière que de tricher avec lui-même ou manquer de respect à son public.

A l'heure du bilan, il peut se retirer tranquille et se montrer fier de ses états de service professionnels. Auteur du mémorable Frampton Comes Alive ! (janvier 1976), considéré comme un des plus grands LP live de tous les temps (multi-platine), l'un des plus vendus aussi (plus de 17 millions), Peter Frampton a pointé en tête du Billboard 200 durant trois semaines.

Cet album lui a valu d'être convié à la Maison Blanche par le Président Gerald Ford et de devenir une star internationale. Rajoutez à cela l'appartenance à un groupe majeur du rock britannique, Humble Pie, dont il est le co-fondateur et une carrière solo remarquée... Oui, Frampton peut désormais goûter à une paisible retraite. Il a suffisamment donné au rock.

Frampton farewell tour 2019Malade, Frampton entame sa tournée d'adieu.

Frampton jones amis 1987Le pote de David Jones (Bowie)...

Frampton trubeats...passé par les Trubeats...

Frampton the herd...par The Herd...

Frampton humble pie 2...et Humble Pie...

Frampton 1...avant de se lancer en solo.

Frampton wind of change 1st lp soloWind Of Change, son premier LP.

Frampton comes aliveComes Alive, son graal.

Frampton 2019Peter a suffisamment donné au rock.

Un pote nommé David Jones...

Peter Kenneth Frampton voit le jour le 22 avril 1950 à Beckenham dans le Kent. Il a tout juste 8 ans quand il se passionne pour la musique, en découvrant un ukulélé dans le grenier de sa grand-mère. Cet intérêt l'amène à suivre des cours et à apprendre le piano dans un premier temps, le banjo et la guitare sur laquelle il va se fixer, dans un second.

Les Shadows et son légendaire guitariste Hank Marvin, Eddie Cochran, Buddy Holly, Jimi Hendrix, les Beatles, les Ventures ainsi que Django Reinhardt, de par son paternel, sont ses premières influences.

Il a 10 ans quand, écolier à la Bromley Technical School, il joue dans son premier groupe, The Little Ravens. Dans le même cadre scolaire, un autre groupe fait parler de lui, George & The Dragons, emmené par un certain David Jones, alias David Bowie, de trois ans son aîné. Amis, les jeunes hommes passent leur temps libre à répéter des airs de Buddy Holly.

Un an plus tard, Frampton pointe au sein des Trubeats. A peu près au même âge, il enregistre son premier 45 tours avec Denny Mitchell & The Soundsations, puis rejoint The Preachers (produit et géré par Bill Wyman des Stones), un des groupes majeurs de la scène beat and rhythm 'n' blues britannique.

Des Herd à Humble Pie.

En 1966, alors qu'il vient de quitter l'école, Peter devient le chanteur-guitariste de The Herd, groupe de mods du sud londonien, dont fait également partie Andy Bown (futur Status Quo).

Les Herd jouent régulièrement au Marquée Club (Londres) et publient deux singles à succès. From The Underworld et Paradise Lost changent alors le statut de Frampton, plutôt beau gosse et surtout talentueux frontman. Coqueluche des jeunes anglaises, ce dernier fait la couverture des magazines et est élu Face Of The Year 1968.

Malgré ce premier succès, Frampton quitte The Herd pour former un nouveau groupe constitué en 1968 autour de lui et de Steve Marriott (ex Small Faces). Le tandem réunit également l’ancien bassiste de Spooky Tooth, Greg Ridley, et le jeune batteur de 17 ans, Jerry Shirley, un fidèle de la formation. S’appuyant sur un blues-rock tonique qui fera surtout le bonheur des américains, Humble Pie est avant tout un groupe de scène.

Le mid tempo rock Natural Born Boogie (ou Bugie) est son premier gros coup, publié en 1969 sous forme de single, soutenu férocement par Andrew Oldham, ancien manager des Stones jusqu’en 1967 et, parallèlement, directeur du label indépendant Immediate Records (1965/70) pour lequel le titre sort.

Cet unique succès britannique se classe à une inespérée mais néanmoins magnifique quatrième place dans les classements britanniques de la fin de l'année 1969.

La collaboration avec Immediate est reconduite pour la réalisation des deux premiers albums d’Humble Pie, As Safe As Yesterday Is et Town And Country, tous deux de 1969.

La maison de disques d’Oldham tombant en faillite au début des années 70, l’aventure musicale des anglais se poursuit du côté d’A&M, étiquette américaine qui convertit le groupe à plus de lourdeur encore. Son nouveau manager, Dee Anthony, en fait un élément majeur du hard rock, dès l’éponyme Humble Pie (1970).

Cette orientation ne convient pas du tout au fin technicien et au romantique qu’est Peter Frampton, lequel décide de s'en aller après Rock On (mars 1971), sa dernière apparition en studio sous la bannière Humble Pie et, dans le même temps, son premier vrai grand succès aux USA, la cible dorénavant.

Avant d’être relayé par David Clempson (Bakerloo, Colosseum), Frampton est encore de la partie sur le live anthologique du groupe. Les prestations hard et blues live des britishs ne passent pas inaperçues, à l’instar de la plus fameuse d’entre elles, celle au Fillmore et entérinée sous le culte double live Performance Rockin’ The Fillmore (1971).

22 ans et à son compte.

Sa séparation avec Humble Pie intervient à l'automne 1971 alors qu'il est de plus en plus accaparé par des sessions pour d'autres artistes. Ainsi, on le retrouve sur le fabuleux All Things Must Pass de George Harrison, sur Son Of Schmilsson (Harry Nilsson), sur Whistle Rhymes de John Entwistle.

Il apparaît même sur l'album Insolitudes de Johnny Hallyday, avec lequel il a précédemment collaboré en 1969 en compagnie de Steve Marriott et Ronnie Lane (LP Rivière...ouvre ton lit).

A 22 ans, il fait le choix de travailler pour son compte. Il ouvre son compteur personnel avec Wind Of Change, sorti en mai 1972, constitué avec des chansons que Peter a gardées sous le coude et dont Humble Pie ne veut pas à l'époque.

Le disque, d'obédience acoustique avec quelques écarts hard rock (It's A Plain Shame, All I Want To Be et Jumpin' Jack Flash), est réalisé pour le label A & M Records, le même que celui d'Humble Pie, et réunit des musiciens de renom tels que Ringo Starr, Billy Preston, Mike Jones et Mike Kellie de Spooky Tooth ainsi qu'Andy Bown que Frampton a côtoyé dans Herd.

En laissant toute latitude à l'ingénieur Chris Kimsey, l'ingénieur de Rock On (Humble Pie), Peter Frampton peut se réjouir de voir son excellent jeu de guitare et sa propension à faire de la bonne mélodie être mis en exergue ici.

Pour son deuxième album, l'artiste axe son travail sur un projet de groupe. Il se sert de la tournée américaine de la fin de l'année 72 pour réunir autour de lui le Frampton's Camel.

Y contribuent le claviériste Mick Gallagher ancien de la maison Animals), le bassiste Rick Willis (The Sundowners, Jocker's Wild, Cochise et futur Foreigner) et le batteur américain John Siomos (Carly Simon, Todd Rundgren).

Confiance et maturité.

Le Frampton's Camel profite de se produire sur le sol de l'Oncle Sam pour, dès décembre 72, pousser la porte des studios new yorkais Electric Lady et entamer son deuxième opus, l'éponyme Frampton's Camel.

Dans ce cadre, Frampton fait également appel à Frank Carillo, déjà présent sur Wind Of Change. Ce dernier assure certaines parties acoustiques et les chœurs.

Classé 110 au Billboard, Frampton's Camel (mai 73/A&M Records) est un LP qui sent la confiance et la maturité. Malgré cela, il ne rencontre pas le succès auquel il est alors destiné, au regard des magnifiques chansons qui l'alimentent à l'instar de I Got My Eyes On You, All Night Long, Lines On My Face, de la reprise de Stevie Wonder I Believe, Just The Time Of Year et Do You Feel Like We Do.

Ce dernier titre, l'un des 3 hits du double Frampton Comes Alive à venir (janvier 1976), deviendra l'un des temps forts des performances live de Frampton (plus de 20 minutes sur scène) et un incontournable des radios FM. Il figure ici dans une version studio plus courte.

A cette époque, Mick Gallagher quitte le groupe, ce qui contraint Frampton, pour les besoins de son 3ème opus, de jouer les multi-instrumentistes et d'assurer notamment la majeure partie des claviers de Somethin's Happening (mars 1974), exception faite de deux titres où il est relayé par Nicky Hopkins (Sail Away et Waterfall).

A ce stade de sa carrière solo, Peter Frampton n'a pas encore vraiment décollé, ses deux albums précédents s'étant avérés des échecs commerciaux. Somethin's Happening ne déroge pas à ce constat malgré sa qualité globale.

Frampton Comes Alive pour décoller.

L'artiste a cependant le soutien de son label qui ne lui met pas la pression et se montre même patient avec lui, sûr que son protégé ne va pas tarder à exploser.

Frampton (mars 1975) permet à son auteur de toucher les premiers dividendes de son travail. Évoluant toujours en trio depuis le départ de Gallagher, le groupe enregistre ce qui est la 4ème levée du catalogue, entre le studio mobile de Ronnie Lane et les studios Olympic de Londres.

Frampton portrait

« On pensait faire un simple album, le cinquième pour A&M. Frampton avait pas mal marché, c'était celui qui s'était le mieux vendu, mais on ne voulait pas dépenser trop d'argent pour un live. Donc, on avait mixé de quoi remplir un album quand Jerry Moss est venu l'écouter. On le lui a joué intégralement et à la fin il s'est écrié : « Mais où est le reste ? » Alors on a mixé la quasi totalité de ce qu'on avait, et comme il y avait deux morceaux qu'on n'aimait pas, on a repris la route. C'est ainsi que Show Me The Way et Baby, I Love Your Way proviennent de concerts différents. ». (Peter Frampton)

La publication de ce disque précède de quelques mois la tournée américaine au cours de laquelle est enregistré le double LP live, Frampton Comes Alive. Il connaît une meilleure réception de la part du public et se classe au 32ème rang du Billboard 200.

Show Me The Way et Baby I Love Your Way s'inscrivent dans le lot de ce disque aux styles variés et qui donne un avant goût de la carrière à venir de Frampton. Ces deux titres, encore en retrait ici, exploseront dans la version live de Frampton Comes Alive au début de l'année 1976.

N°1 du Billboard, des millions d'albums vendus...

Frampton Comes Alive ! (janvier/février 76), nous y voilà. On tient là le succès le plus retentissant de toute la production discographique du natif du Kent, un succès que rien ne laissait présager, compte tenu des moyens modestes qui ont contribué à sa réalisation.

En trois mois (du 6 janvier au 10 avril 1976), l'album passe de la 191ème place du Billboard à la première (N° 6 au Royaume-Uni). Écoulé à plus de 11 millions d'exemplaires dans le monde (dont 8 pour les seuls États-Unis), il tiendra ce leadership 17 semaines de rang.

Enregistré entre le Marin County Civic Center de San Rafael (16 juin 75), le Winterland de San Francisco (17 juin) où, pour la première fois, il apparaît en tête d'affiche, le Long Island Arena de Commack (24 août) et le campus Suny Plattsburgh à Plattsburgh (22 novembre), l'album est initialement prévu pour sortir dans un format classique.

Il devient double quand l'un des boss du label A & M Records, Jerry Moss, au regard de la qualité de ce qu'il entend, exige de mixer le reste des bandes. Dans ce lot, Show Me The Way et Baby I Love Your Way, que Frampton a écarté au motif de ne pas les aimer, sont intégrés à Frampton Comes Alive, bien qu'étant issus de concerts différents.

Le vocoder, sa marque de fabrique.

Publiés en single, ils font respectivement 6 et 12 dans les charts tandis que Do You Feel Like We Do, par lequel Frampton sort de sa manche une étonnante voice-box, sorte de vocoder qui fait chanter la guitare, pointe au dixième rang du même classement.

A la suite de cette réussite sans précédent, l'original et talentueux Peter Frampton est plébiscité artiste de l'année 76 par les lecteurs du magazine Rolling Stone. Il franchit bien évidemment une étape qui l'installe désormais au rang de star internationale.

Fin 1976, Peter Frampton revient dans les studios new yorkais nés de l'initiative d'Hendrix dans lesquels il a précédemment enregistré Frampton's Camel.

Il prépare I'm In You (1977), avec comme artistes invités Mick Jagger, Stevie Wonder, Ringo Starr, Richie Hayward ou Mike Finnigan ; l'album capitalise sur le succès du disque précédent.

Confiant, Frampton joue sur du velours et sort un très bon disque, plein de charme et encore une fois bien accueilli par le public (2ème au Billboard), même s'il ne renouvelle pas les scores de Comes Alive. La chanson titre, sortie en single, prend, quant à elle, une seconde place dans les charts pop américains.

L'année 1978 voit Frampton, alias Billy Shears, apparaître dans la version cinématographique de Sgt Pepper's Lonely Hearts Club Band. Quelques semaines plus tard, alors qu'il est aux Bahamas, il est victime d'un grave accident de la route duquel il ressort avec une commotion cérébrale et de multiples fractures et lésions (juin 1978). Dans la foulée, il rompt avec sa petite amie du moment.

Un Grammy avant la retraite.

Le temps de se refaire une santé, il entre à nouveau en studio pour signer Where I Should Be (30 mai 1979), opus moyen par lequel l'artiste semble être surtout victime de son statut de star et en fait peut-être un peu trop. Le disque fait quand même 14 au Billboard 200 et se couvre d'or, signe qu'il conserve de nombreux supporters. Pourtant...

Frampton, bien que continuant à sortir régulièrement des albums durant les 80's (Breaking All The Rules/1981, The Art Of Control/1982, Premonition/1986 et When All The Pieces Fit/1989), rentre dans le rang progressivement.

La new wave réclamant autre chose, Frampton, comme de nombreux artistes des 60's et 70's, est taxé de has been. Il s'éloigne des charts mais refuse de se laisser dévorer.

Toujours ambitieux et motivé, il se contente surtout de faire le job mais sans courir après le succès. Après un discret Frampton (1994), il ose même un Comes Alive II (1995) pour tenter de redorer son blason. Rien n'y fait, même s'il persiste à se fixer des défis.

Now, en 2003, Instant Live/ Peter's Select Tracks From The 2004 Summer Tour (Novembre 2004) ne changent rien à la situation. Il faut attendre 2006 et la publication de l'instrumental Fingerprints pour retrouver un grand Frampton.

Soutenu par un groupe de stars constitué de membres des Stones, de Pearl Jam et de Soundgarden, et fort de la présence de son idole Hank Marvin (The Shadows), il effectue un retour qui ne passe pas inaperçu ponctué d'un Grammy pour le meilleur album pop instrumental de l'année. Avec un tel bilan, Frampton peut se retirer sans avoir à devoir se justifier (RAZOR©).

DISCOGRAPHIE HUMBLE PIE 60'S/70'S.

LP Studio 1 - 1969

 

Humble pie as safe as yesterday is

 

HUMBLE PIE

AS SAFE AS YESTERDAY IS – 1969  3,5/5

 

Publié en août 1969.

Produit par Andy Johns.

Durée:55:45.

Label:Immediate Records.

Genre:Blues rock,folk rock,hard rock.

 

Du potentiel mais…

 

Peter Frampton (ex-The Herd) et Steve Marriott (ex-Small Faces qui a bossé avec notre Jojo national) sous la même bannière, celle d’Humble Pie, le fait ne passe pas inaperçu, en 1969, lorsque le groupe est créé.

Il se fait aussi avec les ados Greg Ridley, hérité de Spooky Tooth (basse) et Jerry Shirley, batteur. Promis à être élevé au rang de « super groupe » du fait de cette prestigieuse association, Humble Pie connaît un succès immédiat en concert et la critique l’encense avant même d’avoir sorti un premier disque.

Ce LP initial est As Safe As Yesterday Is, paru en août 1969 (16ème dans le classement british), mélange de heavy blues, de rock, de folk. Album bancal, inégal, mais, attention, pas forcément désagréable, il sonne un peu comme les Small Faces avec lesquels ils ont des atomes crochus de par l’appartenance de Marriott à cette illustre expérience, toutes proportions gardées, car Humble Pie en est encore très éloigné.

Le premier album de cette unité emmenée par un excellent trio chevronné (Marriott, Frampton et Ridley) démontre néanmoins le réel et solide potentiel d’une formation qui a travaillé dans le dur sans pondre quelque chose de véritablement exceptionnel, et surtout sans prendre de risques. Il ressort de l’écoute de cet album comme un goût d’inachevé. Le Humble Pie de Safe As Yesterday Is prépare le mastodonte envisagé à terme mais encore à venir. Dans cette optique, Immediate, le label d’ Oldham peut se frotter les mains car du potentiel, les anglais n’en manquent pas. Loin s’en faut. Reste à caler certaines choses. Pour l’heure, le rendu ne permet pas de savourer comme il se doit, mais ça ne saurait tarder.

Leur blues rock lourd est encore aventureux, brouillon, arrogant, mais gaffe, plus pour longtemps. Un peu de confiance, d’audace, d’agressivité et, avec le talent dont il fait montre, le Pie va tout casser. Désormais, il faut compter avec ces gamins à l’esprit plus ricain qu’anglais. Ce qu’ils sont encore en cette fin des années 60 (RAZOR©).

 

1. Desperation.

2. Stick Shift.

3. Buttermilk Boy.

4. Growing Closer.

5. As Safe as Yesterday Is.

6. Bang!

7. Alabama '69.

8. I'll Go Alone.

9. A Nifty Little Number Like You.

10. What You Will.

 

Steve Marriott:chant,guitare acoustique,harmonica,orgue,tablas.

Peter Frampton:chant,guitare,piano,orgue.

Greg Ridley:basse,choeurs,percussions,batterie,piano,clavecin.

Jerry Shirley:batterie,percussions,tablas,clavecin,piano.

Lyn Dobson:flûte,sitar.

 

LP Studio 2 - 1969

 

Humble pie town and country

 

HUMBLE PIE

TOWN AND COUNTRY – 1969  4/5

 

Publié en novembre 1969.

Produit par Andy Johns.

Durée:37:51.

Label:Immediate.

Genre:folk-rock,blues-rock.

 

Acoustique, atypique, attrayant et à avoir.

 

Novembre 1969 voit la publication du deuxième opus d’Humble Pie, Town And Country, encore et toujours produit par Andy Johns. Les adeptes de boogie-rock en seront pour leur frais, l’heure n’est pas au genre qui a fait la notoriété du groupe de Frampton, Marriott, Ridley et Shirley. L’intermède est acoustique et occupe le terrain entre le précédent As Safe As Yesterday Is, sorti quatre mois plus tôt, et le Beardsley LP (éponyme) publié en juillet 70 pour A & M Records, Immediate ayant entre temps mis la clé sous la porte, et qui remet les décibels à l’honneur.

Le quatuor prend ses distances avec l’album pop-rock, blues-rock précédent et nous propose, dans Town And Country, du country-rock, du folk et du blues de la meilleure veine.

Quasiment acoustique de A à Z et collégial dans son écriture, il entretient  une ambiance douce et agréable, mais il est vrai qu’il est complètement atypique dans le catalogue du Pie. Avec Marriott et Frampton en meneurs et une section rythmique qui pulse comme jamais, Town And Country, Town pour le blues et country pour le folk-rock et la country, déroule un tapis rouge à Every Mother’s Song, au country The Sad Bag Of Shaky Jake, au classique de Buddy Holly, Heartbeat.

Si la matière acoustique alors en magasin et qui aurait pu déjà alimenter le disque précédent, préfigure ce que qu’il adviendra du Frampton d’après Humble Pie, c’est bel et bien la dernière fois que le groupe, anglais de souche, mais yankee dans l’esprit, fera preuve d’autant de douceur. Intéressante facette du Pie (RAZOR©).

 

1. Take Me Back.

2. The Sad Bag of Shaky Jake.

3. The Light of Love.

4. Cold Lady.

5. Down Home Again.

6. Olie Olie.

7. Every Mother's Son.

8. Heartbeat.

9. Only You Can See.

10. Silver Tongue.

11. Home and Away.

 

Steve Marriott:chant,guitare acoustique,guitare électrique,percussions,sitar,piano.

Peter Frampton:chant,guitare acoustique et électrique.

Greg Ridley:basse,chant.

Jerry Shirley:batterie,percussions,maracas,tablas.

 

LP Studio 3 - 1970

 

Humble pie lp

 

HUMBLE PIE

HUMBLE PIE – 1970  5/5

 

Publié en juillet 1970.

Produit par Glyn Johns.

Durée:42:37.

Label:A & M.

Genre:hard rock,blues-rock.

 

L’option Marriott.

 

The Beardsley LP (en écoute intégrale ici), c’est ainsi que l’on qualifie l’album éponyme d’Humble Pie, troisième à apparaître au catalogue studio durant l’été 1970. Il est ainsi nommé en référence à sa couverture illustrée par Aubrey Beardsley, dessinateur britannique du dix-neuvième siècle, associé à l’Art Nouveau et  qui fit du dessin érotique son terrain d’expression.

Humble Pie a privilégié cette présentation visuelle pour ouvrir son compteur discographique pour A & M Records, Immediate, le label des deux albums précédents ayant bu le bouillon. Le Pie a fait de cette collaboration avec A & M une histoire de gros sous, Island et Elektra, qui convoitaient la bande à Marriott n’ayant pu s’aligner sur le premier nommé. C’est dire l’estime en laquelle les anglais sont alors tenus et la volonté de l’étiquette américaine de se les accaparer afin de les promouvoir sur une terre où ils jouissent d’une popularité monstre. A ce stade de sa carrière et dans l’élan du dépôt d’activité d’Immediate, Humble Pie n’était pourtant pas loin de replier les gaules. Dire que la nouvelle offre, tombée du ciel, et certainement la plus rémunératrice du rock de ce temps là, relance le Pie est un euphémisme. Un demi million de dollars sur 3 ans, ça ne se trouve pas sous le sabot d’un cheval.

La stratégie d’A & M, c’est de braquer les projecteurs sur Marriott et de faire du Pie les rock stars de demain. Marriott et sa voix rauque. Avec un tel atout, il faut du costaud, du lourd, du blues-rock. Dee opte pour les décibels. Marriott, Shirley et Ridley pensent de même.

Il n’est que Frampton à traîner des pieds, mais ce dernier voit surtout en ce plan artistique son rôle réduit à peau de chagrin, d’autant que les rôles sont précisément répartis en interne et que Marriott, leader charismatique, y occupe la plus grande place et notamment celle de leader incontesté. Plus que l’orientation lourde décidée, c’est la sensation de voir son implication dans l’écriture dorénavant plus restreinte qui gêne Frampton aux entournures. Un an plus tard, ce dernier ne pointe plus dans l’effectif d’Humble Pie.

Humble Pie, le LP, est un des meilleurs du groupe et leur préféré. Magnifiquement produit (Glyn Johns), il met en place le son qui va fixer le Pie à venir. Album transitoire, puissant, saisissant, sombre, contrasté dans son style, il dégage des titres de qualité, d’une belle intensité comme le mémorable blues d’entrée, Live With Me, qui traduit une voix d’une grande émotion (Marriott), comme les électriques One Eyed Trouser Snake Rumba, I’m Ready (reprise de Willie Dixon), le killer Red Hot Mama Red Hot et son riff lourdingue, comme l’acoustique final Sucking On The Sweet Vine, Only A Roach, ou encore le Frampton de service Earth And Water Song. A votre place, je mets la main sur ce disque qui échappe encore aux excès qui vont s’installer alors au sein du groupe : drogue, alcool, fric, arrogance. Et en plus, il est très bon, ce que beaucoup ne savent pas ! (RAZOR©)

 

1. Live With Me.

2. Only a Roach.

3. One Eyed Trouser Snake Rumba.

4. Earth and Water Song.

5. I'm Ready.

6. Theme from Skint (See You Later Liquidator).

7. Red Light Mama, Red Hot!

8. Sucking on the Sweet Vine.

 

Steve Marriott:guitare,claviers,chant.

Greg Ridley:basse,guitare,chant.

Jerry Shirley:batterie,guitare,chant.

Peter Frampton:guitare,claviers,chant.

John Wilson:batterie sur 2.

B.J. Cole:steel guitare.

 

LP Studio 4 - 1971

 

Humble pie rock on

 

HUMBLE PIE

ROCK ON – 1971  4/5

 

Publié en mars 1971.

Produit par Glyn Johns,Humble Pie.

Durée:38:43.

Label:A & M.

Genre:hard rock,blues-rock.

 

Plénitude artistique.

 

A ce stade de son parcours, le bilan discographique prêté à Humble Pie est plutôt élogieux, ses trois LP précédents étant bons, voire excellents pour le dernier en date, l’éponyme publié en juillet 1970. En mars de l’année suivantes, Rock On est publié qui vient conforter tout le bien qui s’attache à ce groupe, que dis-je, ce super groupe, eu égard à son socle constitué par trois vétérans aguerris du rock, Frampton, Marriott et Ridley et complété par un jeunot aux fûts qui ne donne pas sa part aux chiens, j’ai nommé Jerry Shirley.

Deuxième volet de l’aventure américaine sous A & M, Rock On marque un durcissement de sa musique, qui de blues-rock lourd tend à dériver vers un hard rock vitaminé dans lequel Frampton peine à trouver sa place. Il va pourtant profiter de ce dernier rendez-vous en studio avec le Pie pour apporter, en bon professionnel et en bon pote de Marriott qu’il est, sa quote-part à cette quatrième levée vinylique des anglais.

Après Rock On, il considère ses intérêts comme étant ailleurs, dans des desseins personnels où il s’épanouira. Il figure encore sur le mythique Performance : Rockin’ The Fillmore de fin 71, avant de prendre la tangente et de laisser le champ libre, non sans regrets, à ses camarades. Il fait le job jusqu’au bout et sa contribution à l’écriture, seul, en collaboration avec Marriott ou collectivement, donne le jour à des compositions très remarquées comme Shine On, Sour Grain, Stone Cold Fever, The Light ou Strange Days.

Rock On de mars 1971 est donc le dernier disque du Pie dans sa configuration initiale et c’est regrettable dans la mesure où il atteint ici sa plénitude artistique, installant cet album dans le haut du panier discographique du team Marriott. A ce niveau de la carrière, un constat s’impose : Humble Pie aurait dû aller plus haut encore.

Rock On réunit une collection de titres époustouflants (ceux cités précédemment et A Song For Jenny, 79th And Sunset, Big George ainsi qu’une reprise probante de Rolling Stone (Muddy Waters) et fédère autour de lui, une constellation de jolis solistes comme le bluesman compatriote Alexis Korner, le regretté saxophoniste Bobby Keyes (mort fin 2014), B.J. Cole. De quoi lui accorder une attention particulière, ainsi qu’au Blackberry, ce trio vocal black qui va faire un peu bout de chemin avec le Pie. Prochaine étape, le Fillmore, avec Rock On dans la soute, pour ce qui est une des plus belles prestations live du rock (RAZOR©).

 

1. Shine On.

2. Sour Grain.

3. 79th and Sunset.

4. Stone Cold Fever.

5. Rollin' Stone.

6. A Song for Jenny.

7. The Light.

8. Big George.

9. Strange Days.

10. Red Neck Jump.

 

Steve Marriott:guitare,claviers,harmonica,chant.

Peter Frampton:guitare,claviers,chant.

Greg Ridley:basse,guitare,chant.

Jerry Shirley:batterie,claviers.

Alexis Korner:chant.

Bobby Keyes:saxophone.

B.J. Cole:pedal steel guitare.

P.P. Arnold,Claudia Lennear,Doris Troy:choeurs.

 

LP Live 1 - 1971

 

Humble pie rockin the fillmore

 

HUMBLE PIE

PERFORMANCE – ROCKIN THE FILLMORE – 1971  5/5

 

Publié en novembre 1971.

Produit par Humble Pie.

Durée:72:39.

Label:A&M.

Genre:hard rock,blues-rock.

 

Folie furieuse.

Connu et apprécié de ses pairs comme du public à la ville, j’entends par là en studio, c’est sur scène toutefois qu’Humble Pie est supposé livrer ses meilleures prestations. Il est connu pour être un groupe de live et tient à le démontrer après quatre albums studios de la meilleure trempe.

Performance : Rockin The Fillmore (en écoute intégrale ici), ce qui est considéré aujourd’hui comme l’aboutissement de son parcours professionnel au regard de l’impact commercial qu’il a suscité à son époque et de ce qui suit ce disque, est là pour le rappeler.

Double album pour ce qui fut le vinyle, fort de seulement sept titres, dont deux morceaux s’accaparant à eux seuls une face entière de l’acétate (face 2 du premier pour I Walk On Gilded Splinters et face 1 du deuxième pour Rollin’ Stone), ce dernier est enregistré lors d’un concert  en mars 71 dans l’illustre fief new-yorkais de Bill Graham (Fillmore East) et avec Peter  Frampton, avant qu’il ne quitte le groupe pour une carrière personnelle plus huppée.

Dans ce contexte prestigieux et toujours prompt à s’enflammer, Humble Pie, à qui on ne la fait plus en matière de scène, joue sa carte à donf, improvise, étire les titres, prolonge le plaisir, ressort quelques bons classiques et envoie la sauce. Il en résulte un live figurant parmi les meilleurs de son temps.

Les guitares survoltées de Marriott et de Frampton s’opposent avec bonheur, la rythmique est bien en place, efficace, soutenue et se transcende pour l’occasion, la voix de Marriott est dans une forme exceptionnelle, furieuse, puissante. Il n’en faut pas plus pour rendre gagnantes les reprises de Dr John, I Walk On Guilded Splinters (24 minutes, c’est parfois un peu exagéré), de Ray Charles, I Don’t Need No Doctor, de Muddy Waters, Rolling Stone (16 minutes), de Willie Dixon, I’m Readyde Ida Cox, Four Day Creep, le seul original présent étant Stone Cold Fever figurant sur le Rock On sorti peu avant le concert.

Le Café du Commerce rapporte l’anecdote selon laquelle, au moment du mixage, les prises d’enregistrement concernant le  public avaient été purement et simplement oubliées par leurs auteurs. Je ne vous dis pas le tollé dans le studio ! Ce disque est autant un killer qu’une base de toute discothèque de fous furieux (RAZOR©).

 

1. Four Day Creep.

2. I'm Ready.

3. Stone Cold Fever.

4. I Walk on Gilded Splinters.

5. Rollin' Stone.

6. Hallelujah I Love Her So.

7. I Don't Need No Doctor.

 

Steve Marriott:guitare,chant,claviers,harmonica.

Peter Frampton:guitare,chant.

Greg Ridley:basse,chant.

Jerry Shirley:batterie.

DISCOGRAPHIE SOLO 70'S.

LP 5 du catalogue - Live - 1976

 

Frampton comes alive

 

PETER FRAMPTON

FRAMPTON COMES ALIVE ! - 1976  5/5

 

Publié le 6 janvier 1976.

Enregistré en 1975 entre San Rafael,San Francisco,Commack et Plattsburgh.

Produit par Peter Frampton,Roland Young.

Duré:78:06.

Label:A&M Records.

Genre:rock,hard rock.

 

Le Graal de Frampton.

 

Comme son nom l'indique Comes Alive est un disque live. Un double LP même enregistré au cours de 4 concerts de la tournée américaine destinée à promouvoir l'album studio fraîchement sorti, le dénommé Frampton (1975).

La plus grande partie de la matière ici collectée est extraite du concert du 14 juin 1975 au Winterland de San Francisco (7 titres), ville où il se produit pour la première fois, le Marin County Civic Center de San Rafael (13 juin 75 et 3 titres), la Long Island Arena de Commack (24 août 75 et 2 titres) ainsi que le State University Of New College de Plattsburgh (22 novembre 75 et 1 titre) se partageant le reste de Comes Alive, publié début janvier 1976 sur le label A&M Records.

Peu avant que Frampton ne se lance dans cette tournée, il procède au remplacement du fidèle bassiste-clavériste Andy Bown, parti pour Status Quo, par Stanley Sheldon et Bob Mayo, John Siomos conservant son poste à la batterie.

Durant la durée de ce tour américain, le quatuor se montre très bien huilé malgré le peu de temps qu'il a pu consacrer aux répétitions. A San Francisco notamment, il évolue au sommet de son art.

Plein d'énergie et de fraîcheur, le groupe dévoile un jeu très intense et de haute volée. Il n'est qu'à entendre les réactions d'un public, littéralement scotché par la prestation du soir. Le résultat est un des plus grands live de rock des 70's.

Ce disque aurait du être simple, mais le hasard, avec le passage inopiné de Jerry Moss du label A&M dans le studio Electric Lady, en a décidé autrement. Moss, à son écoute, est également scotché et exige que l'on ne se contente pas de ce qu'il a entendu. Il en faut plus.

Toutes les bandes n'ayant pas été exploitées, il insiste pour qu'elles le soient aussi. Pour assurer de quoi faire un double LP, deux titres sont ultérieurement rajoutés Show Me The Way et Baby I Love Your Way, respectivement enregistrés durant les concerts de Commack et de Plattsburgh.

L'album atteint la 51ème place du Billboard dès sa deuxième semaine de présence, puis fait 22ème, 6ème, 4ème, 2ème et enfin 1er. Avec trois gros hits en son sein, Baby I Love Your Way, Show Me The Way et Do You Feel Like We Do, Frampton fait carton plein. De quoi rassurer le boss du label qui jusque là avait déjà déboursé un million de dollars pour son protégé...(RAZOR©)

 

Face 1.

1. Something's Happening.

2. Doobie Wah.

3. Show Me The Way.

4. I's A Plain Shame.

 

Face 2.

5. All I Want to (Be Is By Your Side).

6. Wind Of Change.

7. Baby I Love Your Way.

8. I Wanna Go To The Sun.

 

Face 3.

9. Penny For Your Thoughts.

10. (I'll Give You) Money.

11. Shine On.

12. Jumpin' Jack Flash.

 

Face 4.

13. Lines On My Face.

14. Do You Feel Like We Do.

 

Peter Frampton:chant,guitares acoustique et électrique,talkbox.

Bob Mayo:guitare rythmique,piano,piano électrique,orgue,chœurs.

Stanley Sheldon:basse,chœurs.

John Siomos:batterie.

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