Ram Jam.

BIOGRAPHIE

RAM JAM/New York (USA)

 

Ram jam intro

 

Actif de 1977 à mars 1979.

Labels:Epic Records, Rock Candy.

Genre:hard rock,rock,boogie rock.

 

Un petit tour et puis s'en va.

C'est ainsi que l'on pourrait qualifier le parcours de Ram Jam qui, formé en 1977, est déjà séparé à peine deux ans plus tard.

Dans l'intervalle, si le groupe new-yorkais n'a pas véritablement marqué son époque, il n'en a pas moins laissé en héritage au rock un titre dont le moins que l'on puisse dire est qu'il a connu du succès à sa sortie, écoulé qu'il est à plus d'un million d'exemplaires.

Il se classe, en effet, 18ème dans le classement de singles américains, top 10 au Royaume-Uni et en Australie, et il est toujours très ancré dans la mémoire collective, près de 45 ans plus tard.

Black Betty, un chant afro-américain.

Black Betty et son entame fougueuse (Whoa, Black Betty/Bam-ba-lam - Whoa, Black Betty/Bam-ba-lam - Black Betty Had A Child/Bam-ba-lam - The Damn Thing Gone Wild/Bam-ba-lam) est, pour ainsi dire, le seul fait d'armes de ces musiciens auxquels on prête alors un gros potentiel et une suite heureuse. En vain.

Si Black Betty est durablement accolé au nom de Ram Jam depuis 1977, l'air a cappella qui l'a inspiré, est passé entre plusieurs mains avant d'être orchestré et de passer à la postérité dans un habillage résolument hard rock.

Chant de travail afro-américain du début du 20ème siècle, Iron Head Baker, prisonnier au pénitencier de Sugar Lane (Texas) en fait le premier enregistrement en 1966, avant que Lead Belly ne s'approprie à son tour cette complainte, 6 ans plus tard.

Le titre aurait pu alors tomber dans les oubliettes mais Odetta, 25 ans après, le fait sien (1964), avant qu'un trio blues de Minneapolis, Koerner Ray & Glover n'en fasse une bonne adaptation la même année.

Ram jam black bettyUn tube construit sur...

Ram jam james iron head baker black betty 1933...le chant d'un prisonnier (Iron Head Baker)...

Ram jam 1 aveneir a la foghatRam Jam, un avenir à la Foghat.

Ram jam bartlettBill Bartlett.

Ram jam album 77Ram Jam l'album de 1977.

Ram jam katz kazenetzLe coup gagnant de Super K.

En 1968, Manfred Mann en livre une version mi jazz, mi R&B, très personnelle, tandis que 8 ans plus tard, Starstruck en fait une reprise électrifiée plutôt réussie et dont il modifie quelque peu les paroles, mais qui ne restera pas dans les annales (1976).

Des Lemon Pipers à Ram Jam.

Qu'à cela ne tienne, dès l'année suivante, on prend les mêmes (ou le même) et on remet l'ouvrage sur le métier.

Refoulés par la porte, Starstruck et son guitariste Bill Bartlett (un ancien des Lemon Pipers) reviennent cette fois par la fenêtre, mais sous l'identité désormais de Ram Jam. Et là, la chanson exhumée du cœur des work songs, musclée comme jamais, s'offre une consécration mondiale.

Mais qui est donc Ram Jam, ce groupe qui, malgré des paroles controversées jugées racistes par les organisations américaines de défense des droits civiques, a réussi le fameux coup d'éclat de la porter sur les fonts baptismaux en lui imprimant un beat martelé, des riffs de guitare acérés et en en accélérant le tempo ?

Ram Jam peut remercier Starstruck, groupe de l'Ohio, formé à Cincinnati (1963), dont les seuls dénominateurs communs sont Black Betty et son guitariste-chanteur Bill Bartlett, natif de Dayton.

Celui-ci vit au rythme des déplacements de son père engagé dans l'US Air Force. L'Angleterre, Boston pour des études en chimie, Miami, puis Oxford où la musique l'appelle et change radicalement sa vie quand, après avoir joué au sein de Tony And The Bandits, il co-fonde les Lemon Pipers, groupe de pop-rock psychédélique (Green Tambourine), dont il devient le songwriter attitré.

Des Lemon Pipers à StarStruck, il n'y a qu'un pas. Bartlett trouve en cette formation les conditions pour faire la musique qu'il aime, d'autant que ses partenaires ont déjà déroulé du câble.

Il en devient membre en 1972, mais c'est vers le milieu de la décennie que Starstuck, après d'incessants changements de personnel, fait sien Black Betty, après avoir été séduit par la version de Koerner Ray & Glover.

Il en fait une adaptation plus rock et sent bien qu'il tient là un titre efficace. Il fait aussitôt presser, sur son propre label (Truckstar), un millier d'exemplaires du morceau en question dont la face B s'intitule I Should Have Known.

Si Black Betty est une belle vitrine régionale pour Starstruck, la formation de l'Ohio souffre d'une aura nationale malgré le fait d'ouvrir pour les cadors du moment comme Fleetwood Mac ou Eagles. Faute d'un engagement conséquent, elle doit se résoudre à passer la main en 1975.

Ram jam bill bartlett portrait

« La version de Black Betty par Koerner Ray & Glover était très bonne, mais elle méritait plus et mieux. Avec Starstucks, nous avons travaillé sur une nouvelle adaptation plus musclée et le titre finalisé est devenu le préféré des fans qui l'exigeaient à chaque apparition sur scène. Passée entre les mains de Ram Jam, elle a réellement décollé et s'est vendu comme des petits pains. » (Bill Bartlett)

Le coup gagnant de Super K.

Au printemps 1976, le guitariste est alors sollicité par Kazenetz et Katz (Super K Productions), duo qui a fait le succès de The Music Explosion, 1910 Fruitgum Company, The Ohio Express et des Lemon Pipers.

Ces derniers lui proposent de rejoindre un groupe hard rock new-yorkais auquel ils croient beaucoup. Bartlett accepte et débarque au milieu de ses nouveaux partenaires avec un disque sous le bras, Black Betty.

Howey Arthur Blauvelt (basse), Pete Charles (batterie), Myke Scavone (chant) et William Bartlett (guitare) constituent, en 1976, le premier Ram Jam que Jimmy Santoro (seconde guitare) rejoint l'année d'après.

Une discographie accrocheuse.

Ce line-up est l'auteur d'un LP éponyme publié en 1977 chez Epic et 34ème dans les classements du Billboard (N°7 au Royaume-Uni). Bien évidemment, celui-ci, assez hard rock, est tiré par le succès de Black Betty mais recèle un lot de chansons auquel les rockeurs durs peuvent ne pas rester insensibles (Keep Your Hands On The Wheel, Overloaded).

Du bon blues-rock (404, Too Bad On Your Birthday), du rock plus pépère (Let It All Out), du plus heavy (Right On The Money), de l'instrumental (High Steppin'), du boogie (Hey Boogie Woman) en constituent la très bonne matière.

Encore accrocheur, Portrait Of A Young Artist As A Young Ram (1978/Epic) confirme tout le potentiel d'un groupe qui aurait pu avoir un avenir à la Foghat. Ce qu'il développe dans son deuxième album (un rock plus dur) a encore beaucoup de qualité et de décence, mais ne touche pas sa cible.

Au lieu de cela, Ram Jam rentre dans le rang avant de disparaître corps et âme en mars 1979. Une compilation, The Very Best Of Ram Jam (1990), donne l'occasion au groupe de refaire parler de lui.

Malgré une vaine tentative de reformation en 1994, le projet reste lettre morte, la formation ne sera plus jamais réactivée.

Au lieu de cela, Ram Jam a droit à la publication d'une nouvelle collection (Golden Classics/1996), l'année de la disparition de Blauvelt d'une crise cardiaque. Pete Charles nous a également quittés depuis (2002).

Si Bill Bartlett est toujours actif, il est depuis passé de la guitare au piano et compose toujours, tandis que Santoro et Scavone ont depuis, et jusqu'à ce jour, poursuivi leur carrière (RAZOR©2021).

DISCOGRAPHIE 70'S.

LP Studio 2 - 1978

 

Ram jam portrait of the artist as a young ram jam 1978

 

RAM JAM

PORTRAIT OF THE ARTIST AS A YOUNG RAM – 1978  4/5

 

Publié en 1978.

Produit par Jerry Kasenetz et Jeffry Katz.

Durée:40:21.

Label:Epic.

Genre:hard rock.

 

Voilà un disque qu'il est bon.

 

Ils auraient pu être beaucoup plus populaires encore. A minima, ils auraient dû avoir un avenir à la Foghat ou à la Judas Priest et faire une carrière plus qu'honorable. Hélas, les planètes n'étaient pas alignées

Au lieu de ça, Ram Jam n'est aujourd'hui passé à la postérité que pour le seul Black Betty, présent sur l'album éponyme précédent et fait valoir une discographie famélique. C'est mince, au regard de son gros potentiel et des promesses que son tube a engendrées.

Portrait Of The Artist As A Young Ram (1978) est le deuxième et dernier volume studio du catalogue. Dans la foulée du LP éponyme auquel il succède, il confirme que la bande à Bill Bartlett est l'interprète d'un bon hard rock bien lourd (avec des riffs de malade et des soli de fous-furieux), parfois à la limite du métal, accrocheur, destructeur, incisif et à haute intensité sonore.

Si l'écoute est digne d'intérêt la majeure partie de son cheminement, elle ne révèle pas pour autant de grandes surprises, ni de titres révolutionnaires. Le lot étant cohérent, la collection ici proposée s'écoute avec plaisir.

Autant dire que ça dépote, à l'image des fougueux Hurricane Poison, Gone Wild, Saturday Night ou de Runaway Runaway. Dans ce contexte rugissant, le plus subtile Turnpike en arrive à faire énormément de bien... Très intéressant.

Fans de Van Halen ou de Motley Crue et de leur filière, voilà un disque qu'il est bon... Attention toutefois à vos tympans, ça peut saigner parfois (RAZOR©2021).

 

1. Gone Wild.

2. Pretty Poison.

3. The Kid Next Door.

4. Turnpike.

5. Wanna Find Love.

6. Just Like Me.

7. Hurricane Ride.

8. Saturday Night.

9. Runaway Runaway.

10. Please, Please, Please (Please Me).

 

Myke Scavone:chant,percussion.

Jimmy Santoro:lead guitare.

Bill Bartlett:guitare rythmique.

Howie Blauvelt:basse.

Peter Charles:batterie.

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