Rare Earth.

BIOGRAPHIE.

 

 

RARE EARTH/Detroit (Michigan – USA)

 

Rare earth intro 2

 

Démarrage sous The Sunliners (1960/68).

Actif de 1960 à aujourd'hui.

Labels:Verve,Rare Earth,Prodigal.

Genre:soul psychédélique,rock psychédélique, rock.

Site officiel:rareeath.com


Get Ready, star des dance-floors.

C'est par l'entremise des Temptations, l'un des groupes les plus populaires de la musique noire américaine et un des premiers à avoir rejoint la grosse écurie de Detroit qu'est la Motown, redoutable machine à hits soul et funk des 60's, qu'est né Get Ready, ce titre de Smokey Robinson, un des nombreux et talentueux songwriters-maison.

Rare earth the sunlinersParti des Sunliners, Rare Bird devient...

Rare earth intro... le groupe blanc le plus funky de la Motown...

Rare earth get ready single...après la sortie du phénomène Get Ready.

Rare earth in concert 71L'exceptionnel In Concert de 1971.

Rare earth jeff bridgesBridges (dr.), seul rescapé de Rare Earth aujourd'hui.

Rare earth nowRare Earth aujourd'hui.

Si la version d'origine se satisfait, en 1966, d'une 29ème place dans le Hot 100 (et d'une première dans les classements R&B), sa reprise, passée entre les mains de Rare Earth, est portée, dans sa version écourtée (2:46) dans le top 5 du Billboard par le groupe de Detroit, 4 ans plus tard (mars 1970).

Produit Motown à l’époque des faits, Rare Earth a pour habitude de finir ses concerts par ce titre funky et de jammer, chacun des acteurs y allant de son petit numéro personnel. Pour prolonger le plaisir, Get Ready est indéfiniment étiré, jusqu'à culminer souvent au-delà des 20 minutes.

Décision est alors prise par le label d'enregistrer une version live qui, si les plus anciens s'en souviennent, monopolise à elle-seule la face B de l'album nommé d'après la chanson (12ème du Billboard).

Ce format alors exceptionnel pour le rock trouvera un écho favorable dans les discothèques de France et de Navarre.

8 ans de Sunliners...

La chanson en question plaira au public blanc mais ralliera à elle celui noir, plus difficile à convaincre en matière de soul, fut-elle psychédélique. Grâce à cet énorme succès (plus d'un million d'exemplaires à sa sortie, N° 1 dans plusieurs pays d'Europe), Rare Earth se retrouve affublé du surnom de groupe blanc le plus funky de la Motown.

L'histoire de Rare Earth s'appuie sur celle des Sunliners, à l'origine un très bon groupe local de rock garage formé à Detroit au début des 60's, mais qui, faute d'un répertoire suffisamment fourni, a traversé les ¾ de la décennie en sillonnant la scène périphérique de la cité automobile sans faire vraiment de bruit au-delà, si ce n'est au Canada limitrophe.

Passés préalablement par The Glo-Worms, puis The Rebels, The Five Beaus, les Sunliners choisissent le nom de la voiture de Gil Bridges, une Ford Sunliner 1956, pour amorcer leur carrière. Le nom sonne plutôt bien dans le contexte de l'époque.

Le line-up d'origine des Sunliners gravite autour de Fred Saxon, John Parrish, Ralph et Russ Terrana, Peter Rivera et Gil Bridges (Rod Richards et Kenny James s'invitent comme guitariste et claviériste en 1966), ces deux derniers étant, au moment où Rare Earth est constitué en 1968, les deux seuls rescapés de l'aventure Sunliners. Toujours actif aujourd'hui grâce à l'ultime membre de sa formation d'origine, Rare Earth est désormais entre les mains du seul Bridges.

Alors qu'ils sont au bout d'un cycle, les Sunliners profitent de la mutation radicale dans la musique pour décider d'une nouvelle orientation.

Detroit étant le fief de la Motown, le label de Gordy, jusque là consacré aux artistes afro-américains, décide de s'ouvrir aux blancs et accepte de les enregistrer pour les tester.

Disque d'or.

Le single initial qui en émane n'est pas concluant (Generation Light Up The Sky), pas plus que le premier album enregistré dans les studios Verve et publié sous ce label (Dreams/Answers en 1968), n'est une réussite ; les Sunliners, devenus Rare Earth pour rester dans le ton du changement en train de s'opérer, signent toutefois pour la Motown qui ne se renie pas pour le coup.

Son projet de sortir de la soul et de créer un sous label destiné au rock psychédélique et underground reste d'actualité... ce sera Rare Earth Records.

Get Ready, dans sa version rognée, figure sur ce premier LP déjà très punchy, comme en attestent 6-3-4-5, Searchin' et Sidewalk Cafe. John Parrish (basse, trombone), Pete Rivera (batterie), Rod Richards (guitare), Kenny James (orgue,piano) et Gil Bridges (saxophone) en sont les acteurs.

Motivé par la bonne réception de Get Ready auprès du public, l'album du même nom est publié, structuré comme suit : en première face, 5 titres (l'original Magic Key, les reprises Tobacco Road, Feelin' Alright, In Bed et Train To Nowhere) ; de l'autre côté, la version de Get Ready étirée à plus de 21 minutes. Le LP (septembre 1969) connaît la même trajectoire que le single et devient même disque d'or.

Ma l'exception.

En juin 1970, Ecology sort sous le label Rare Earth, la tant attendue division rock blanc sous tutelle de la Motown. Le disque est en quelque sorte une suite de Get Ready, à ceci près qu'il offre moins d'intérêt malgré quelques titres accrocheurs comme Long Time Leavin', Born To Wander, de (I Know) I'm Losing You des Temptations, qui a une une vie de single (top 10), Satisfaction Guaranteed, Nice Place To Visit ou la revisite d'Eleanor Rigby des Scarabées. Le line-up de Get Ready est reconduit, Ed Guzman en plus au conga.

L'année suivante, One World (juin 1971) se révèle une déception.

Seul I Just Want To Celebrate sauve les meubles (N° 7 du Billboard). Côté groupe, c'est la débandade. Ray Monette à la guitare et Mark Olson aux claviers remplacent respectivement les absents sur One World, Rod Richards et Kenny James.

On retrouve Bridges, Monette, Olson, Parrish (ou Persh), Rivera et Guzman sur le superbe double disque live Rare Earth In Concert (décembre 1971/Rare Earth Records).

A l'appel de l'insignifiant Willie Remembers (Rare Earth/octobre 1972), le groupe se délite un peu plus. Rivera et Parrish le quittent, Pete Hoorelbeke et Mike Urso entrent à leur tour. Ces mouvements de musiciens seront une constante à l'avenir.

Plus abouti et bien meilleur que One World, Ma (avril 73/Motown) redore le blason d'un Rare Earth qui swingue et groove comme à ses plus belles heures. Visiblement le déménagement de son tuteur discographique de Detroit à Los Angeles ne l'affecte pas trop.

Rare earth peter rivera portrait

« La Motown avait dans son écurie des artistes noirs comme Marvin Gaye, Stevie Wonder, Smokey Robinson… Ils nous ont très bien accueillis et traités. Nous nous sommes amusés avec eux. La Motown Record Corporation était parfois un peu rigide dans sa mentalité et certains pensaient que nous envahissions leur territoire. Nous n'étions qu'un groupe de rock et le label n'avait pas vraiment d'artistes rock à l'époque. Le R & B était de mise. Nous avons simplement eu la chance d'obtenir un contrat à l'époque. » (Peter Rivera)

Une cinquantaine de mouvements entre 1975 et 2004.

Aussi pétillant que son prédécesseur, Back To Earth (Motown), sorti en 1975, montre encore de très belles dispositions malgré les changements de personnel (Paul Warren, Gabriel Katona, Reggie McBride, Barry Frost). Jerry La Croix, chanteur remplaçant Peter Hoorelbeke, se révèle ici très convaincant alors que le groupe évolue de plus en plus aux confins du disco.

Rare Earth part alors sur la route défendre ce qui est son 8ème LP mais sans Warren et Frost. Chet McCracken reprend le poste (batteur) laissé vacant par Frosty pour assurer la fin de la tournée 75 avant d'aller rejoindre les Doobie Brothers et avant d'entrer en studio pour les besoins de Midnight Lady (1976/Tamla Motown).

Dernier opus avec La Croix (chant) et Mc Bride (basse), le groupe commence progressivement à s'enliser, victime de ses trop nombreux mouvements (plus de 50 entre 1975 et 2004) en interne et de ses ennuis judiciaires parallèles nés d'un litige avec Hoorelbeke, à la tête d'un Rare Earth bis. La Motown ne les retient pas.

Les travaux qui suivent jusqu'à la fin de la décennie (Rarearth/1977, Band Together/1978 et Grand Slam/1979, tous deux pour Prodigal Records) deviennent, dès lors, moins intéressants.

Tight And Hot en 1982, Different World, dix ans plus tard (1993), et A Brand New World en 2008, complètent la discographie d'un groupe que Gil Bridges tient encore en main aujourd'hui et ce, depuis les Sunliners.

Groupe de jam dans l'âme, jamais Rare Earth n'aura véritablement bu le bouillon en 5 décennies, signe que cette mécanique, malgré les bouleversements, n'était pas si mal huilée que ça (RAZOR©2020).

DISCOGRAPHIE 70'S.

LP Live 1 - 1971

 

Rare earth in concert 71

 

RARE EARTH

IN CONCERT – 1971  5/5

 

Publié en décembre 1971.

Enregistré entre la Jacksonville,Miami (Floride), Ithaca (New York) et les studios de la Motown.

Durée:73:43.

Label :Rare Earth.

Genre:rock,rock psychédélique,soul,R&B.

 

S'il ne devait en rester qu'un...

 

Si Ma, sorti deux ans plus tard, est pour moi le meilleur album studio de Rare Earth, le double album In Concert (1971) est le meilleur disque jamais réalisé par le groupe de Detroit.

Bien que n'étant pas complètement live, du fait qu'il se conclut sur un titre enregistré en studio (Nice To Be With You), on peut le ranger dans cette catégorie dont il est une des meilleures représentations du genre et de l'époque. Assurément, il est très mésestimé du public.

Tissé autour de ce que le groupe sait alors faire de mieux, un mélange de soul, de rock, de blues et de psychédélisme, il présente un Rare Earth dans une forme éblouissante et qui donne aux titres jusque là confinés aux albums studio précédents (excepté Thoughts qui n'apparaît sur aucun autre LP de la discographie), à savoir Get Ready et Ecology notamment, une touche de qualité supplémentaire.

Ici, tout fonctionne au niveau vocal, instrumental, sonore. L'album est joyeux à l'image de son titre-phare étiré ici au delà des 23 minutes (peut-être la version officielle la plus longue), mais aussi de (I Know) I'm Losing You, de What'd I Say, de Hey Big Brother, I Just Want To Celebrate. Inutile de tergiverser, In Concert est incontournable (RAZOR©).

 

1. I Just Want To Celebrate.

2. Hey,Big Brother.

3. Born To Wander.

4. Get Ready.

5. What'd I Say.

6. Thoughts.

7. (I Know) I'm Losing You.

8. Nice To Be With You.

 

Gil Bridges:flûte,instruments à vent,percussion,choeurs.

Ray Monette:guitares,choeurs.

Mark Olson:claviers,choeurs.

John Persh:basse,choeurs.

Peter Rivera:batterie,chant,percussion.

Ed Guzman:conga,percussion.

1 vote. Moyenne 5.00 sur 5.