Redbone.

BIOGRAPHIE.

 

REDBONE/Los Angeles (Californie/USA)

 

Redbone 3

 

Actif depuis 1969.

Labels:Epic Records,Novalene Music.

Genre:blue-eyed soul,country-rock,funk rock,rock, R&B,cajun,cajun-funk,latin-soul.

Site officiel:redbone.be

 

Redbone, les originaux du rock des 70's.

Les anciens se souviendront de leur titre le plus populaire, The Witch Queen Of New Orleans, sorti en 1971 et qui a trusté les hits-parades internationaux en faisant N° 2 au Royaume-Uni, 6 en Norvège, 7 en Irlande et chez les bataves, 13 en Allemagne, 18 chez nous et 21 chez l'Oncle Sam.

Ces contemporains n'auront pas oublié non plus We Were All Wounded At Wounded Knee, N°1 en Europe en 1973, voire Maggie, leur premier tube en 1971 ou Come And Get Your Love (1974), que l'on retrouve en bonne place sur toute bonne compilation les concernant. Les images de ces amérindiens débarquant pour la première fois dans le rock, affublés de leur tenue traditionnelle, sont restées vivement ancrées dans les mémoires.

Né du côté de L.A.

Redbone, c'est son nom, était, avec son cocktail de cajun, de funk, de rock et de jazz, mélangé à des influences harmoniques indiennes, un groupe vraiment très original du rock des 70's. S'il a disparu des écrans radars dans la deuxième partie de la décennie, il n'en est pas moins, ô surprise, toujours actif à l'heure actuelle. Hélas, sans Lolly Vegas ni Tony Bellamy, depuis disparus.

Redbone est né du côté de Los Angeles et en 1968. A Coalinga, cité qui, 15 ans après la naissance du groupe a eu le triste privilège d'être lourdement touchée par le tremblement de terre ayant laminé la Californie en 1983. C'est sur cette terre sismique que les frères Vegas, nés Vasquez, des amérindiens, donnent le jour à cette unité tribale si spécifique.

Redbone les vegas brothersLes Vegas Brothers, avant Redbone...

Redbone 2...né à la fin des 60's.

Redbone haunted houseThe Haunted House, leur fief.

Redbone witch queenLeur plus gros hit en Europe.

Redbone lpUn premier Lp éponyme convaincant.

Redbone sceneUn groupe de scène tonique.

Redbone pat vegas 2Pat Vegas toujours aux affaires.

Pat et Lolly.

Lolly, alias Candido, guitariste, est l'aîné (de plus de 6 ans) des deux, l'autre étant Patrick Morales, dit Pat (né en 1946) : il joue de la basse et chante. Lolly est le premier de la fratrie à aller tenter sa chance sur l'échiquier angelin à la fin des 50's tandis que Pat, grâce à ses talents de chanteur, le rejoint après avoir enlevé un radio-crochet sponsorisé par Coca Cola et décroché l'opportunité d'enregistrer et de gagner un peu d'argent.

Grâce à cette maigre aide financière, les frères commencent à se produire sur West Hollywood et Sunset Strip Boulevard, et notamment dans des night-clubs comme Gazzarri's, un des endroits les plus populaires de l'endroit où le gratin des formations locales se produit régulièrement : les Doors, Buffalo Springfield, Sonny & Cher, Huey Lewis.

Au cours de cette expérience initiale, les Vegas se retrouvent à jouer qui de la guitare, qui de la basse, pour des artistes de renom comme Tina Turner, James Brown, Little Richard ou Sonny & Cher.

Sur les recommandations de musiciens de la place, dont Jimi Hendrix, l'idée germe de fonder un combo entièrement amérindien. Hendrix, ayant des origines indiennes, est alors prêt à s'engager avec les frères Vegas. Il doit à son statut de guitariste de Little Richard (1964/65) de ne pas avoir finalement souscrit à ce projet.

De cette période sous les Vegas Brothers, la fratrie enregistre quelques singles mais surtout, en 1966, Pat & Lolly Vegas At The Haunted House/Mercury (une douzaine de titres), la maison hantée en question étant un club d'Hollywood (The Haunted House). L'album est produit par Leon Russell. Rien que ça !

Redbone ? Métis dans le langage cajun.

Finalement, deux autres améridiens les rejoignent : Tony (Anthony) Bellamy, guitariste, qui a préalablement joué avec le chanteur texan Dobie Gray et Peter And The Wolves, ainsi que Peter Last (de son vrai nom DePoe), batteur cheyenne de descendance française.

Ce dernier sera remplacé par Arturo Perez quand, en 1972, DePoe a la douleur de perdre son père. Comme suggéré par le guitariste de Seattle, Redbone est créé. Son nom réfère au langage cajun, signifiant « métis ».

C'est Epic Records qui réussit à les accrocher en 1969. Un premier LP ne tarde pas à tomber dans les bacs. Eponyme, Redbone est double (simple pour le marché européen) et publié un an plus tard.

Le plaisir au bout de l'écoute.

Décontracté et audacieux au regard de son format, s'il ne contient pas de titres majeurs, il permet néanmoins au groupe des frères Vegas de frapper un grand coup en distillant une musique agréable, bâtie sur un large éventail d'influences rock, funk, blues, cajun et de racines amérindiennes.

Le plaisir est au bout de l'écoute. Redbone y fait preuve d'une belle originalité (il est quasiment le seul dans son genre) et fait montre d'une très bonne technique individuelle et collective.

Deuxième opus, Potlatch (Epic), au nom faisant référence à une cérémonie rituelle des indiens d'Amérique du Nord, sort en octobre 1970. Sur celui-ci figurent deux titres emblématiques du groupe, emblématiques à des degrés divers s'entend : Maggie et Alcatraz.

Maggie est le premier succès de Redbone et un premier hit, ça marque. Ce titre chanté par les deux frères Vegas et placé 45ème dans les charts US, existe en deux versions, une longue et une courte, la formation cherchant visiblement à se caler dans des formats plus propices aux passages radios.

Le joyau Alcatraz et la défense des indiens.

Alcatraz compte parmi les plus belles pièces du catalogue des amérindiens. Ce titre poignant référant à la marche des American Native (les amérindiens) sur l'île d'Alcatraz et à son occupation en 1969, traduit une des premières tentatives de Redbone de traiter des sujets d'actualités et politiques.

Il y en aura d'autres, à l'image de We Were All Wounded At Wounded Knee (1973), écrite en hommage au massacre de Wounded Knee (Dakota du Sud) qui a vu, le 29 décembre 1890, une opération militaire exterminer entre 150 et 300 amérindiens de la tribu Lakota Miniconjou.

Par ce titre très polémique, Redbone marque également son soutien à l'occupation de Wounded Knee, en février 1973 (pour le 80ème anniversaire de l'événement), par les militants de l'American Indian Movement dont le siège dure 71 jours. Deux morts (dont Franck Clearwater) sont à déplorer.

Redbone ne rate pas l'occasion de défendre son peuple, mais doit faire avec la résistance d'Epic Records qui ne souhaite pas l'enregistrer.

Seuls 500 exemplaires sont pressés, que Pat Vegas distribue à toutes les radios d'Europe auprès desquelles il va connaître un formidable succès (N°1). Aux Etats-Unis, c'est silence radio.

Trop politisés pour l'Oncle Sam.

Ce positionnement politique va changer l'histoire du groupe qui aura du mal à percer chez l'Oncle Sam, empêchés qu'ils sont par le gouvernement et censurés par la presse américaine.

L'Europe, plus réceptive aux messages envoyés par Redbone que l'Amérique, lui ouvre alors ses bras.

Sur le Vieux Continent, le 3ème LP du groupe se nomme The Witch Queen Of New Orleans (fin 1971 chez Epic). Aux Etats-Unis, il sort sous l'identité de Message From A Drum.

La référence à Marie Laveau.

The Witch Queen Of New Orleans est le titre-phare des amérindiens. Il figure sur le troisième LP. Le single duquel il tire son appellation européenne pointe au deuxième rang des charts britanniques, au 21ème du Billboard. La chanson, construite autour d'influences neo-orléanaises, de R & B et de swamp pop, est écrite par les frères Vegas en l'honneur d'une certaine Marie Laveau, prêtresse vaudou louisianaise, surnommée la Reine des Sorcières de la Nouvelle-Orléans.

Redbone pat vegas

« Jimi Hendrix nous a encouragés à monter un groupe. Quand nous jouions, les gens devenaient fous. Alors Jimi nous a poussés à créer une formation essentiellement amérindienne. Il voulait même en faire partie, du fait de ses origines indiennes, mais il jouait alors avec Little Richard pour lequel il tenait la guitare. Le projet est tombé à l'eau. Il a continué de son côté, nous du nôtre, en jouant dans tous les clubs de la région et Jimi est devenu un de nos plus grands supporters. Il venait nous voir souvent. Les Beach Boys aussi. Mais un jour, je me suis lassé de voir que Redbone n'était considéré que comme un groupe de club. Nous nous sommes alors retirés pour écrire. » (Pat Vegas)

Surprise, Already Here (1972/Epic), quatrième album, intègre des cuivres et tire sur une fusion jazz-rock dans son final (Already Here/Brujo). Bien que n'étant pas le meilleur disque de Redbone, il n'en est pas moins digne d'intérêt, recèlant encore de biens belles chansons à l'image de Poison Ivy (Jerry Leiber et Mike Stoller) dont Redbone livre une excellente version ici, de Power (Prelude To A Means), de Where Is Your Heart, de Good Enough For Jesus influencé par la country et du morceau titre façon Jeff Beck.

Un beau catalogue discographique.

Cinquième levée du catalogue, Wovoka (novembre 1973/Epic) voit Butch Rillera s'installer à la batterie. Il est l'album le plus connu du groupe, porté par un lot de chansons plus pop aux rythmes puisés dans les racines indiennes de Redbone. Et pour cause, on retrouve en son sein des titres majeurs de Redbone comme Come And Get Your Love (5ème au Billboard en avril 74, resté 18 semaines dans le top 40, 24 semaines dans le même classement) et le controversé We Were All Wounded At Wounded Knee (version européenne seulement).

Le sixième LP, Beaded Dreams Through Turquoise Eyes (octobre 1974/Epic) est beaucoup plus commercial que les précédents mais ne parvient pas à toucher le public au coeur que ce Wovoka a été en mesure de faire. Certaines chansons ont du potentiel mais sont restées sans effet telles que Suzi Girl, Cookin' With Redbone. Cycles (RCA), en 1977, ne change rien à la donne.

Redbone reste englué et le départ de Bellamy scelle sa fin. Un live enregistré cette même année, est publié en 1994 (Redbone Live), rappelant la grosse potentialité d'un combo que la politique a tué. Lolly Vegas et Tony Bellamy ayant quitté ce monde, il appartient désormais au seul Pat Vegas de continuer à faire briller le nom (RAZOR©).

DISCOGRAPHIE 70'S.

LP Studio 1 - 1970

 

Redbone lp

 

REDBONE

REDBONE – 1970  4/5

 

Publié en 1970.

Produit par Lolly Vegas,Pete Welding.

Durée:73:23.

Label:Epic.

Genre:rock,funk/soul,world music.

 

Original !

 

Derrière Redbone, les frères Vegas. Pat et Lolly Vegas, des amérindiens avec du sang mexicain coulant dans les veines. Originaire de Californie, la fratrie Vegas évolue d’abord dans le milieu du jazz des 60’s où elle se fait les dents dans des formations du crû, avant de se faire un nom sous l’étendard Redbone (1969) dans les années 70.

Redbone a beaucoup tourné en Europe dans la première partie des années 70. Je me souviens les avoir vudans le cadre d’un festival en plein air, en Allemagne ou en Hollande, n’avoir pas été insensible à leur musique, sorte de cocktail de rock, de funk, de jazz, de cajun, de latino et de notes tribales, encore moins à leurs tenues amérindiennes colorées.

Auteur de sept LP entre 1970 et 1977, Redbone a démarré pied au plancher en signant deux excellents disques : Redbone (en écoute intégrale ici) et Potlatch en 1970 chez Epic. Après, plus rien, Message From A Drum (1971) reste potable, la suite est à zapper pour des raisons de rapprochement avec le disco.

Le line-up d’origine et de référence de Redbone, nom suggéré par une plaisanterie cajun, retiendra les noms des frères Vegas (Vasquez, en fait), de Peter DePoe et Robert Anthony Avila, dit Tony T.Bone Bellamy, mort un Noël 2009, quelques mois seulement avant Lolly Vegas (4 mars 2010).

Les tempes grises se souviendront principalement de Maggie, The Witch Queen Of New-Orleans, Come And Get Your Love qui ont eu un long temps d’antenne. Peut-être moins de We Were All Wounded At Wounded Knee, qui a fait parler de lui, mais surtout pour sa politisation et son interdiction d’ondes et de presse aux Etats-Unis.

Groupe original, Redbone vaut essentiellement par ses deux premiers LP. L’éponyme Redbone (1970) est un double sur le marché américain, un simple agencé différemment sur le Vieux Continent. Peu de groupes peuvent alors s’autoriser un démarrage aussi ambitieux.

A l’écoute de ce disque plus de quarante ans après, j’ai les mêmes agréables sensations qui me parcourent. L’ambiance est décontractée, il s’en dégage une belle énergie même si elle n’est pas constante, les racines indiennes se devinent. Le chant est bien traité par le noyau directeur, les Vasquez ; la guitare est efficace, la rythmique solide, le son unique. Le plaisir de jouer est palpable, la volonté de ne pas trop en faire, réelle.

Que l’on soit d’accord, pour alimenter en cartouches, un double, il faut de la matière. Elle fait parfois défaut ici et certains titres font un peu tâche. Pas de quoi gâcher la fête cependant, Crazy Cajun Cakewalk Band, Prehistoric Rhythm, Niki Hokey, Rebecca, Chance To See, Dance Calinda, les instrumentaux Jambone, Suite Mode et Things Go Better se chargent de rectifier la mire. Alors ? Prends ou prends pas ? Comme on dit chez nous: indien vaut mieux que deux tu l’auras. Donc Prends. (PLO54)

 

Face 1 (Sortie USA).

1. Crazy Cajun Cakewalk Band.

2. Prehistoric Rhythm.

3. Niki Hokey.

4. Promise I Won't Let It Show.

5. Minor Seven Heaven.

 

Face 2.

6. Night Come Down.

7. Tennessee Girl.

8. Rebecca.

9. Jambone (Instrumental).

 

Face 3.

10. Little Girl.

11. Chance To See.

12. Red And Blue.

13. Suite Mode (Instrumental).

 

Face 4.

14. (I Can't) Handle It.

15. I'm A Man (Instrumental).

16. Dance Calinda.

17. Things Go Better ... (Instrumental).

 

Face 1 (sortie européenne)

1. Prehistoric Rhythm.

2. Crazy Cajun Cakewalk Band.

3. Niki Hokey.

4. Minor Seven Heaven.

5. Things Go Better ... (Instrumental).

 

Face 2.

6. Night Come Down.

7.Tennessee Girl.

8. Jambone (Instrumental).

9. Rebecca.

10. Dance Calinda.

11. Red And Blue.

 

Lolly Vegas:guitare,chant.

Tony Bellamy:guitare rythmique,chant.

Pat Vegas:basse,chant.

Pete DePoe:batterie,percussions.

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