REO Speedwagon.

BIOGRAPHIE.

 

REO SPEEDWAGON/Champaign (Illinois – USA)

 

Reo speedwagon intro

 

Actif depuis 1967.

Labels:Epic,Speedwagon,Sony/Legacy.

Genre:rock,pop-rock,hard rock,rock arena,rock progressif.

Site officiel:reospeedwagon.com

 

14 ans de disette.

La carrière d'un groupe ou d'un artiste est un véritable parcours du combattant. Sa réussite ou son échec tient finalement à peu de choses...

Souvenons-nous de Randy Bachman de Guess Who qui, après avoir remplacé une corde cassée sur scène, invente le riff qui donnera American Woman (N°1) ou de Kerry Livgren qui, sous le regard de sa femme tombée sous le charme de ce qu'elle entend, déroule quelques arpèges pour chauffer ses doigts et donne le jour au canevas menant à Dust In The Wind (N°6), lequel lance définitivement Kansas. On pourrait en citer d'autres, le rock recelant de ces anecdotes...

REO Speedwagon connaît pratiquement la même trajectoire pour accéder, en 1981, au top du Billboard 100 et à la parcelle de gloire qui va avec et après laquelle il court depuis 1967 !

Il aura fallu que la femme de Kevin Cronin le trompe avant leur mariage pour que ce dernier, au lieu de la quitter, cherche à la retenir en signant une chanson dans laquelle, non content de lui pardonner son infidélité, il lui renouvelle sa flamme pour l'éternité.

Reo speedwagon alan gratzerAlan Gratzer...

Reo speedwagon neal doughty...et Neal Doughty...

Reo speedwagon 72...fondateurs de REO Speedwagon (1972)...

Reo speedwagon 2020...et toujours actif en 2020.

Reo speed wagon keep on loving youUn Hit qui change tout.

Reo speedwagon gary richraths diedGary Richraths, mort en 2015.

Véritable hymne à la fidélité, la romantique ballade Keep On Loving You n'empêche pas la séparation du couple (ils se sont remariés dix ans après la sortie du disque) ; la chanson, après que le groupe ait stagné 14 ans dans un hard rock que d'aucuns considèrent comme plan-plan, sans risque ni imagination, est déterminante dans le basculement de la carrière de REO dans une direction plus radio-friendly, plus pop bubblegum, dans laquelle le groupe va décupler sa popularité et tirer la bourre aux Toto, Styx et autre Journey.

REO Speedwagon, qui a vendu plus de 40 millions de disques à ce jour (dont 10 millions pour le seul Hi Infidelity) et fait 13 top 40, est toujours actif et aussi populaire aujourd'hui.

La scène grisante de Champaign.

Le feuilleton REO Speedwagon prend racine dans l'Illinois, à Champaign et à la fin de l'année 66, une scène particulièrement dense, active et grisante, placée à deux heures de Chicago et qui a révélé, durant les années 60 et 70, une palanquée de formations de talent, comme The Regiment, Fat Water, Head East, The One-Eyed Jacks, Duke Tumatoe And The All-Star Frogs, Starcastle, The Ginger, Feather Train, Seeds Of Doubt, The Finchley Boys, The Guild, The Ship, The Rave, Terry Cook And The Majestics...

Le claviériste Neal Doughty est l'initiateur de cette entreprise démarrée sur les bancs de l'Université de l'Illinois d'Urbana-Champaign avec le batteur Alan Gratzer.

Ce dernier, dans le cadre universitaire, est à la tête d'un groupe qui, le week-end venu, se produit sur Champaign et qu'intègre, contre l'avis des autres membres, Doughty.

La formation explose en vol et se reconstitue autour des deux musiciens. Joe Matt, chanteur et guitariste, ainsi que Mike Blair, bassiste et choriste, en sont également.

Des va et viens incessants.

Ils répètent tout l'été un lot de chansons, dont Light My Fire des Doors, et attaquent la rentrée 1967 autour d'un collectif rôdé et prêt à faire le grand saut : REO Speedwagon.

Le nom retenu fait référence à un camion innovant du début du 20ème siècle, le Speed Wagon, précédé des initiales de son concepteur et fabricant, Ransom Eli Olds. C'est Doughty qui fait le choix de ce patronyme inscrit sur le tableau noir du cours auquel il assiste.

Début 1968, après avoir obtenu son diplôme, Joe Matt passe la main et laisse la place libre au chant à Terry Luttrell, passé par le groupe local Terry Cook and The Majestics (milieu des 60's).

A l'été 68, c'est au tour de Mike Blair de quitter le groupe. Il est remplacé par Gregg Philbin, tandis que la formation ouvre la porte, la même année, à un saxophoniste, Joe McCabe, et à un trompettiste, Marty Sheppard.

Bob Crownover récupère alors la guitare jusqu’à ce que Bill Fiorio (1969) ne le supplée à son tour. Vient ensuite le tour de Steve Corfina (1969/70).

Le mandat de Luttrell est de courte durée, il s'achève après le premier album de REO Speedwagon, publié en octobre 1971, quand ce dernier rencontre des problèmes relationnels avec le guitariste Gary Richrath.

Quand il quitte REO Speedwagon (1972), c'est Kevin Cronin qui saute dans la brèche, le temps de prendre part au deuxième LP. Il prend la poudre d'escampette pendant les sessions de l'album suivant, Mike Murphy s'invite alors jusqu'à ce que Cronin ne réapparaisse en 1976.

Un an plus tard, Philbin s'efface, Bruce Hall entre. Ce dernier mouvement scelle enfin la stabilité d'un groupe devenu très populaire dans le Midwest et qui tape dans l’œil du label Epic.

Un catalogue mitigé.

En 1971, ce sont Gratzer, Doughty, le talentueux guitariste qu'est Richrath, Luttrell et Philbin qui pointent à l'appel du premier album.

Celui-ci est placé sous la direction du producteur du Connecticut Paul Leka (The Left Banke) et du manager Irwing Azoff (Eagles, Steely Dan). Leka met son studio d'enregistrement personnel à disposition pour capturer sur bandes les premières chansons du groupe et consignées dans le convaincant LP éponyme d'obédience rock, publié en octobre 1971. On est alors bien loin des ballades sirupeuses et nunuches de l'AOR de la décennie suivante.

Luttrell démissionnaire, il appartient à Kevin Cronin d'enfiler le costume de chanteur. Il le revêt le temps d'un album et demi puisqu'il prend part à la réalisation de REO/TWO (décembre 1972/Epic), encore très rock et bon, avant de laisser en plan ses camarades, au motif de désaccords en interne, au cours des sessions du 3ème volet, le dénommé Ridin' The Storm Out, sorti un an après (décembre 1973). Michael Bryan Murphy finit le travail d'un album qui se révèle au final comme médiocre et très décevant.

Reo speedwagon neal daughty portrait

« Tout le long de la décennie précédant le succès de Keep On Loving You, tout le groupe se tournait vers Gary Richrath, considéré alors comme le directeur musical de REO Speedwagon. Quand la ballade en question a cartonné, ce que nous n'imaginions pas, tout le monde a commencé à regarder vers Kevin Cronin pour fixer la direction artistique à suivre, y compris le label. Gary a certainement senti que son heure était passée. Je pense que c'est la raison pour laquelle il a quitté le groupe. Il s'épanouissait moins au fil des 80's et cela l'a poussé à faire autre chose. » (Neal Doughty)

Il est reconduit sur Lost In A Dream (Epic/1974) qui fait Top 100 du Billboard 75, malgré une carence criarde en chansons de qualité, un manque d'audace et d'imagination de ses acteurs.

Son suivant, This Time We Mean It (juillet 75/Epic) implique le même line-up et fait mieux dans les chiffres en se positionnant au 74ème rang des classements d'albums américains, sans pour autant relever le niveau, ni l'intérêt porté à ce groupe.

Cronin revient dans le jeu.

Bien que Murphy ne soit pour rien dans cette phase improductive 73/75, il n'est plus de l'effectif qui vaque à REO (Epic/juin76), sixième pan du catalogue studio.

Cronin revient dans le jeu, mais son retour ne change pas vraiment le cours des événements. REO Speedwagon est englué dans une pop hard barbante dont il ne parvient pas à s'échapper, suscitant la désagréable impression de n'être qu'une formation de hard rock du dimanche.

Le live You Get What You Play For, envoyé comme bouée de sauvetage en janvier 77 pour empêcher un naufrage annoncé, a enfin l'effet escompté.

REO Speedwagon est bien meilleur sur scène, les titres enregistrés préalablement en studio donnant ici leur pleine mesure. Epic a eu le nez creux de lui renouveler sa confiance, puisque le live fait disque de platine. You Get What You Play For et son suivant sont aussi leurs derniers vrais disques de rock classique.

Bruce Hall remplace alors Gregg Philbin à la basse, tandis que le groupe y va de son 7ème opus studio, You Can Tune A Piano,But You Can't Tuna Fish (1978/Epic), co-produit par Cronin et Richrath.

Double platine, écoulé à plus de 2 millions d'exemplaires aux États-Unis, le disque entre dans le top 40 du Billboard avec un pic à 29. Le résultat s'avère payant si l'on en juge par les succès de Roll With The Changes (N°58) et de Time For Me To Fly (N°56). On peut considérer cet opus comme leur meilleur travail.

Une décennie de succès.

La transition vers ce que l'on peut qualifier de bubblegum-rock se fait dans la foulée, après un dernier LP, pour le compte des 70's, à concerner un public rock, Nine Lives (Juillet 79/Epic).

La véritable ascension de REO Speedwagon se situe dans les années 80 quand l'album Hi Infidelity (1981), écoulé à plus de 10 millions d'exemplaires, tombe dans les bacs et quand Keep On Loving You inonde les radios FM américaines.

Le succès ne fuira jamais plus le groupe de Champaign jusqu'à ce que Richrath ne le quitte, en 1989, pour monter son groupe. Son départ est lourd de conséquences.

Il est précédé dans sa décision par Alan Gratzer, membre fondateur, laissant à son pote de la première heure, Neal Doughty, la charge de pérenniser l'affaire.

Avec Kevin Cronin, Bruce Hall, Dave Amato et Bryan Hill, ce dernier s'y emploie du mieux possible en s'appuyant sur le répertoire et le style qui fit leur succès. Et ça fonctionne toujours (RAZOR©2020).

DISCOGRAPHIE 70'S.

LP Studio 7 - 1978

 

Reo speedwagon you can tune a piano but you can t tuna fish

 

REO SPEEDWAGON

YOU CAN TUNE A PIANO BUT YOU CAN'T TUNA FISH – 1978  3,5/5

 

Publié en mars 1978.

Produit par Kevin Cronin,Gary Richrath,Paul Grupp et John Boylan.

Durée:33:47.

Label:Epic.

Genre:rock,hard rock.

 

Dernier étape avant la starisation.

 

Septième LP de la discographie studio, You Can Tune A Piano, But You Can't Tuna Fish sort en 1978 pour le compte d'Epic Records, label avec lequel REO Speedwagon a traversé les 70's sans véritablement touché les bénéfices de ses travaux.

Ce sera avec le même partenaire et dans la décennie suivante que le groupe de Champaign (Illinois) connaîtra une réussite qui ne le fuira plus jusqu'au début des 90's, quand le guitariste Richrath, considéré comme le directeur musical jusque là, s'en va, pas du tout en phase avec l'orientation bubblegum vers laquelle la formation va tendre dès Hi Infidelity (1980).

L'auto-produit (Cronin et Richrath) You Can Tune A Piano But You Can't Tuna Fish est le dernier album dans lequel REO Speedwagon montre, pour peu qu'il s'en donne les moyens, qu'il est capable de jouer du vrai et bon rock (on peut parler de hard rock ici), porté par une écriture un peu plus solide (Roll With the Changes, Blazin 'Your Own Trail Again, Time for Me to Fly, Sing to Me) qu'à l'accoutumée et par des guitares un peu plus lourdes que ce qui nous a été donné d'entendre jusque là.

Non seulement, il est encore un disque rock classique mais il réussit pour la première fois depuis l'ouverture du catalogue à faire un Top 30 (N°29). Pour une fois, ça accroche.

Signe de sa bonne réception dans le public, il se pare d'un statut de double disque de platine et génère deux titres majeurs de REO Speedwagon, Time For Me To Fly et Roll With The Changes, respectivement 56 et 58 du Billboard. Les gars de l'Illinois courent après ça depuis leur création en 1967.

Pour le disque, le bassiste Gregg Philbin n'est plus dans l'effectif, remplacé par Bruce Hall. Cronin, Richrath, Gratzer et Doughty en sont les autres acteurs. Cet album est la dernière étape avant que REO Speedwagon ne bascule dans ce que l'on qualifie de bubblegum-rock et dans lequel il va faire exploser sa popularité (RAZOR©).

 

1. Roll With Changes.

2. Time For Me To Fly.

3. Runnin' Blind.

4. Blazin' Your Own Trail Again.

5. Sing To Me.

6. Lucky For You.

7. Do You Know Where Your Woman Is Tonight.

8. The Unidentified Flying Tuna Trot.

9. Say You Love Me Or Say Goodnight.

 

Kevin Cronin:chant,choeurs,guitare rythmique,piano.

Gary Richrath:guitares.

Neal Doughty:piano,orgue,synthétiseur.

Bruce Hall:basse.

Allan Gratzer:batteur.

Lon Price:saxophone sur 9.

Angelle Trosclair,Denise McCall,Denny Henson,Tom Kelly:choeurs.

1 vote. Moyenne 5.00 sur 5.