Ronnie Hawkins.

BIOGRAPHIE.

 

 

RONNIE HAWKINS/Huntsville (Arkansas - USA)

 

Ronnie hawkins 2

 

Né Ronald Cornett Hawkins, le 10 janvier 1935 à Huntsville (Arkansas).

Actif depuis 1956,tournée finale en 2013.

Labels:Roulette,CBS,Cotillion,Monument,Atlantic,Polydor,Pye,United Artists,Epic.

Genre:rock,rockabilly,R&B,country,bluegrass.

Site officiel:ronniehawkins.com

 

Le Père du rock and roll canadien.

En débutant dans les années 50, Ronnie Hawkins est un des plus anciens musiciens de cette époque, encore plus ou moins en activité aujourd'hui. Plutôt moins que plus, en vérité depuis sa dernière tournée de 2013.

Ses rares apparitions consistent désormais à honorer son implication dans la musique. Son ancienneté en fait un intarissable témoin du rock et de la vie, plus généralement.

Hormis la musique qu'il pratique depuis près de 6 décennies, pour laquelle il est une star reconnue, doublée d'un formateur avisé (ses Hawks sont le marchepied vers le Band), l'arkansan coiffe également les casquettes d'acteur de cinéma (Renaldo & Clara, Summer Job, Heaven's Gate, Hello Mary Lou : Prom Night II, Snake Eater) et d'animateur TV (série musicale Honky Tonk en 1981/1982).

Il n'est donc pas avare d'anecdotes sur le milieu de l'industrie discographique, qui a alimenté l'essentiel de sa vie professionnelle, et sur ses innombrables écarts personnels que le généreux et truculent conteur qu'il est prend un malin plaisir à relater à chacune de ses sorties. Avec l'avancée dans l'âge (il aura 87 ans le 10 janvier 2022), ses sorties se raréfient au même rythme que ses problèmes de santé s'accumulent.

Celui que ses pairs élèvent au rang de Père du rock 'n' roll canadien a officiellement fait ses adieux il y a 8 ans et tiré, derrière lui, le rideau sur une carrière riche et influente pour des générations d'artistes, canadiens notamment.

Ronnie hawkins mr dynamoRonnie Hawkins, alias Mr Dynamo.

Ronnie hawkins intRonnie est le père du rock canadien.

Ronnie hawkins the hawksSes Hawks...

Ronnie hawkins the band...donnent le jour au légendaire Band.

Ronnie hawkins the hawk 71The Hawk, album de 1971.

Ronnie hawkins last waltzThe Last Waltz (1978).

Revenu de nulle part.

Alors que les médecins lui diagnostiquent, en 2003, un cancer du pancréas en phase terminale, il est légitime de s'interroger par quelle opération du Saint Esprit, Mr Dynamo, à qui la médecine ne donne alors que trois mois à vivre, est encore de ce monde aujourd'hui.

Comme il se plaît à le raconter, s'il doit mourir, ce sera les bottes au pied. A l'ancienne. Comme ses héros.

Si l'annonce de sa mort est déjà actée par la science, alors il décide de faire en sorte de finir avec les honneurs, de faire la teuf comme jamais. Une dernière pour la route...

Alcools en tous genre, dope sans modération... les réjouissances appelées de ses dernières volontés auraient mis à terre le sulfureux Keith Richards ou couché avant l'heure la star à paillettes Elton John. Pas Ronnie, que ses supposées ultimes débauches - on ne sait par quel miracle – redynamisent comme jamais.

De cancer, il n'en est plus question selon les scanners enchaînés à la suite et cette dernière décennie notamment. De condamné à mort, encore moins.

Cette vieille canaille préfère en rire et voir en cette résurrection uniquement un clin d’œil du destin. A moins qu'en habile conteur qu'il est, ce ne soit une des nombreuses anecdotes dont il a le secret et dont on peine toujours à savoir si c'est du lard ou du cochon...

Quoi qu'il en soit, désormais, la musique, la scène, c'est du passé pour celui qui attend sagement que la Grande faucheuse vienne le prendre. Pas sûr qu'elle l'attrape, il est encore vaillant...

Les Hawks, c'est lui.

Pionnier de la musique rock canadienne, le Faucon (The Hawk) vient au monde à Huntsville et, dès l'âge de 9 ans, grandit à Fayetteville, en Arkansas.

Enfant d'un barbier un tantinet redneck sur les bords (Jasper Hawkins) et d'une enseignante grenouille de bénitier (Flora Cornett), il suit une scolarité sans réelle motivation, à encéphalogramme désespérément plat, qui n'a d'autre visée que de faire plaisir à sa mère seulement.

Son intérêt est ailleurs. Dans la musique qui s'élève de la taverne voisine et du café au coin de la rue que son père, gros buveur, fréquente régulièrement et où se produisent les premiers jazzmen blacks du Dixieland.

A l'église afro-américaine locale, il s'arrange toujours pour aller écouter les chorales de gospel.

Après avoir, malgré tout, obtenu son diplôme d'études secondaires (1952), Ronnie forme un groupe, première des nombreuses incarnations des Hawks. Sur l'insistance de sa mère, il prend la direction de l'Université de l'Arkansas, où il est censé se consacrer à des études de physiothérapeute (1956/1957).

Il n'y met aucune volonté et les arrête même, préférant se lancer dans ce qui constitue sa priorité, la musique. Ronnie s'engage alors dans l'armée (1956) et prend la tête (il chante) d'un quatuor de musiciens noirs, qu'il nomme les Blackhawks. Cette expérience, même furtive, décuple l'envie au rock and roller qu'il est, de jouer du blues et du R&B.

A la fin de sa période militaire, les studios Sun, voyant en Hawkins une des trois plus grandes bêtes de scène du moment avec le King et Jerry Lee Lewis, lui offrent l'opportunité de prendre la direction du groupe-maison, mais l'affaire, pourtant rémunératrice (100 dollars semaines) ne se fait finalement pas.

Du lourd.

En 1957, Hawkins rebondit sur une nouvelle mouture constituée de musiciens faisant office de groupe de soutien pour l'arkansan : Jimmy Ray Paulman, meilleur guitariste rythmique de l'histoire du rock and roll (d'après Hawkins), son frère George Paulman, bassiste, Will Jones, pianiste, et un certain Levon Helm, légendaire batteur du Band.

Pendant six mois, le groupe joue dans les honky tonks du sud de l'Arkansas sous le nom des Hawks, avant de prendre la direction du Canada (1958) où Hawkins va construire véritablement sa carrière.

Dans le milieu, tout se sait. Notamment que Ronnie Hawkins et ses musiciens sont un spectacle à ne manquer sous aucun prétexte, tant ce qu'ils servent c'est du lourd.

Chez Roulette, à New York, Morris Levy n'est pas insensible à ce qui se dit sur cette formation. Il la signe au printemps 1959 et l'abrite jusqu'à la fin de l'année 1963.

Le groupe le plus en vue du rock and roll.

Il y rencontre un certain succès (Mary Lou et Forty Days), ce qui lui vaut de faire des apparitions sur les TV américaines dans les émissions musicales cultes, The Dirk Clark Show et American Banstand.

Le meilleur de la production discographique de cette période est compilée dans The Roulette Years, double CD de 57 titres, paru chez Sequel Records en 1994.

En 1961, Hawkins s'installe à Toronto ; trois ans plus tard, il est résident permanent au Canada, tout en conservant sa citoyenneté américaine et déménage en Ontario (Toronto, puis Mississauga et Peterborough).

Pendant 4 ans, Ronnie & The Hawks sont le groupe le plus en vue du rock and roll. Les Hawks changent cependant souvent de format à cette époque. La faute à Ronnie, très exigeant et toujours en quête de mieux.

Ronnie hawkins portrait

« Quand les Hawks ont commencé à ne plus accepter mes règles au sein du groupe, ils avaient la tête ailleurs. Ils avaient des offres pour jouer partout et avec les meilleurs artistes du moment et voulaient vivre à fond leur jeunesse. Ou je changeais les règles ou ils partaient. Je suis resté ferme, Robertson, Helm, Manuel, Hudson et Danko ont quitté les Hawks. Dylan les a récupérés. Le Band s'est constitué là-dessus. » (Ronnie Hawkins)

Dylan rafle la mise.

Jusqu'à trouver la formule idéale quand les canadiens Robbie Robertson, Rick Danko, Garth Hudson et Richard Manuel sont recrutés.

Cette incarnation est ce qui se fait de mieux musicalement et collectivement, mais les jeunes protégés de Ronnie ont d'autres aspirations, celles de leur âge, et pensent plutôt à profiter de ce que la réussite leur offre comme contrepartie : la belle vie et les excès qui vont avec.

Sous la tutelle de l'autoritaire Ronnie, les Hawks, en conflit interne permanent au regard des sacrifices exigés par le boss, volent en éclat (1963) et Bob Dylan, dans sa phase de transition du folk au rock, rafle la mise en invitant ceux-ci (Levon Helm y compris) à devenir son groupe de soutien.

Le Band est né ; pour Ronnie, il restera un peu son bébé et les Helm, Robertson, Danko, Manuel et Hudson ses boys.

Un mentor dans le milieu.

Après avoir fondé son propre label, Hawk Records (1964), convaincu les Disciples de prendre la suite des Hawks démissionnaires (jusqu'en 1965), enregistré du matériel folk pour Yorkville Records (1966), Ronnie passe le reste des 60's à reconstruire un groupe.

De 1969 à 1970, la plupart des membres des New Ascots (ex-Crowbar) constitue le groupe de soutien de Mr Dynamo, Ronnie Hawkins & Many Others.

John Till, guitariste, passe aussi par la filière Hawkins, avant de rejoindre le Full Tilt Boogie Band (1969), monté pour le compte de Janis Joplin. Comme David Clayton Thomas (Blood Sweat & Tears) ou Pat Travers pour lesquels il est un mentor.

Après être passé chez Atlantic en 1969, Hawkins soutien avec force le projet de croisade pour la Paix initié par John Lennon et Yoko Ono (Faites l 'amour, pas la guerre) et, en bon émissaire qu'il est, relaie aux quatre coins de la planète le message délivré par le Beatles et sa muse.

Rangé des voitures.

Il consacre le début des 70's à alimenter sa discographie personnelle de plusieurs LP comme The Hawk (1971), Rock & Roll Resurrection (1972), The Giant Of Rock & Roll (1974), The Hawk In Winter (1976). Les opus de cette époque sont certainement les meilleurs de son catalogue.

Au milieu de la décennie, il est retenu par Bob Dylan pour jouer le rôle de ce dernier sur grand écran. Renaldo & Clara (1975) lui ouvre les portes du cinéma. Il y revient auprès de ses anciens poulains du Band, pour leur concert d'adieu, dans The Last Waltz (1978).

En 1984, il est récompensé d'un Juno (prix de l'industrie du disque canadienne) pour sa performance de chanteur dans l'album country Making It Again, avant d'enfiler à nouveau son costume d'acteur.

Les décennies suivantes, Rompin' Ronnie poursuit inlassablement sa carrière mais n'alimente sa discographie que deux maigres pièces : Let It Rock (1995), enregistré au Massey Hall de Toronto, à l'occasion de son 60ème anniversaire, avec certains musiciens qui se sont succédé dans les Hawks (dont Rick Danko, Garth Hudson et Levon Helm), Still Cruisin' (2002), étant son 27ème et dernier opus.

Bien que remis de son cancer du pancréas, l'arkansan, vieillissant et en proie à d'autres problèmes sanitaires, est aujourd'hui rangé des voitures.

Après plus d'un demi-siècle d'activité musicale, cet indéfectible dénicheur de talents mérite bien, au regard de son long dévouement dans l'industrie de la musique canadienne, de souffler aujourd'hui (RAZOR©2021).

MON CHOIX DISCOGRAPHIQUE.

LP Studio 10 - 1971

 

Ronnie hawkins the hawk 71

 

RONNIE HAWKINS

THE HAWK – 1971  5/5

 

Publié en 1971.

Produit par Tom Dowd.

Durée:31:54.

Label:Cotillion.

Genre:R&B,rock & roll,country-rock,southern rock,rock.

 

Du plaisir !

 

On connaît plus Ronnie Hawkins pour le rôle de mentor qu'il a joué auprès de nombreux musiciens de rock et notamment le Band qui ont été ses Hawks avant d'être débauchés par Bob Dylan, que pour sa propre musique, articulée autour du rockabilly, du rock & roll et du R&B essentiellement.

Celui qui est considéré comme le Père du rock canadien et que John Lennon surnommait Sir Ronnie, a enregistré beaucoup d'albums entre 1959 et 2002 mais c'est ceux de la période Cotillion Records (filiale d'Atlantic) qui retiennent le plus mon attention, à savoir Ronnie Hawkins (1970) et The Hawk, son suivant de 1971 lesquels se situent dans le même esprit.

J'ai toutefois une préférence pour le second, réalisé avec la même équipe que sur le disque précédent. Tom Dowd en est le producteur et on retrouve Duane Allman à la guitare et aux dobros.

Les titres que ce dernier interprète sur Ronnie Hawkins figurent dans le coffret Skydog : Duane Allman Anthology consacré au guitariste et leader d'Allman Brothers.

The Hawk est un album brillant enregistré aux studios South Criteria d'Atlantic à Miami avec en soutien, les Dixie Flyers, groupe de session canadien estampillé bluegrass et emmené par les guitaristes Jim Dickinson et Charlie Freeman, ce dernier étant un ancien de la maison Jerry Lee Lewis.

Donald Duck Dunn (bassiste), Mike Utley (organiste) et Sammy Creason complètent les musiciens de studio en question tandis que la section cuivres des Memphis Horns est également de la partie.

Tout ce joli monde est bourré de talents et donne le meilleur de lui-même. Ronnie Hawkins, au chant, est leur égal en termes de compétence mais ne brille pas plus que les autres, se contentant, fidèle à ses habitudes, de faire le job sans en rajouter en posant sur la musique une voix d'une belle sensibilité.

Des reprises triées sur le volet (Tim Hardin, Roy Orbison, Charlie Rich, Paul Simon, Willie Dixon...) et qui, passées à la moulinette par ses musiciens exceptionnels et d'une grande sobriété, prennent une dimension supplémentaire, un ou deux originaux du Hawk (Patricia et Odessa) pour justifier le titre de l'album, voilà de quoi il retourne ici.

L'écoute défile sans que l'on voit le temps passer. On fait généralement ce constat pour les grands disques... c'en est un ! (RAZOR©2021)
 

1. Don't Tell Me Your Troubles.

2. Sick And Tired.

3. Lonely Weekends.

4. Drinkin' Wine Spo-Dee-O-Dee.

5. Red Rooster.

6. Ooby Dooby.

7. The Lady Came From Baltimore.

8. Leaves That Are Green.

9. Patricia.

10. Odessa.

11. Treasure Of Love.

12. Black Sheep Boy.
 

The Dixie Flyers:backing Band.

Ronald Duck Dunn:basse.

Sammy Creason:batterie.

Charlie Freeman:guitare électrique,guitare acoustique.

Duane Allman:guitare,dobro.

Mike Utley:orgue.

Jim Dickinson:Piano,guitare acoustique.

Ronnie Hawkins:chant.

The Memphis Horns:cuivres.

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