Sixto Rodriguez

BIOGRAPHIE.

 

SIXTO RODRIGUEZ/Detroit (Michigan-U.S.A.)

 

Sixto rodriguez 1

 

Né Sixto Diaz Rodriguez, le 10 juillet 1942 à Detroit.

Actif entre 1967 et 1973,1979 à 1981, depuis 1998.

Labels:Sussex Records,Light In The Attic.

Genre:rock,folk,folk-rock,folk psychédélique.

Site officiel:sugarman.com

 

Un véritable conte de fées...

La vie réserve parfois des événements inattendus. Elle peut même être terriblement injuste avec certains. Jugez plutôt... En 2013, la planète a les yeux rivés sur Searching For Sugar Man, un documentaire réalisé par le cinéaste suédois d'origine algérienne, Malik Bendjelloul.

Celui-ci révèle alors au monde l'extraordinaire mirage Sixto Rodriguez, un musicien ricain, auteur de quelques singles et de deux albums dans les 70's et laissé pour compte depuis, sauf en Afrique du Sud (et à un degré moindre en Australie, en Nouvelle-Zélande et au Zimbabwe) où l'artiste et le LP Cold Fact, à la même époque, jouissent d'une popularité monstre auprès des jeunes afrikaners. Lors d'un voyage au pays de l'Apartheid, Bendjelloul a vent de l'histoire de ce baroudeur qui, depuis, serait décédé sur scène...

Sixto rodriguez nowSixto Rodriguez : un mirage musical...

Sixto rodriguez sugar man 2...révélé par l'histoire de Sugar Man...

Sixto rodriguez bendjelloul...signé Malik Bendjelloul.

Sixto rodriguez cold factCold Fact, son premier LP sorti en 1970...

Sixto rodriguez coming from realityAprès Coming From Reality (71), le vide...

Sixto rodriguez 2La vie après Sugar Man.

Revenu de nulle part.

Début 1991, le président sud-africain Frederick De Klerk ayant mis fin au régime de l'Apartheid, Bendjelloul, qui ignore tout du musicien de Detroit, se met en quête de réunir les moyens financiers nécessaires au montage d'un projet de reportage sur la légende Rodriguez et ce, d'autant que deux fans du Cap, Stephen « Sugar » Sergerman et Craig Batholomew Strydom parviennent à remonter sa piste et affirment que ce dernier est toujours vivant (1997) et réside à Detroit.

En relatant ce conte de fées, le suédois, non seulement touche le gros lot en se voyant récompensé d'un oscar, comme Ingmar Bergman (1983/Fanny et Alexandre), mais il déclenche, à la suite de son reportage, une véritable Sixtomania auprès des gens.

Si le fantôme de Sixto Rodriguez, dont le nom est sur toutes les lèvres, est alors ressuscité, le long-métrage de Bendjelloul reste son unique fait d'armes, le réalisateur, miné par une grave dépression, disparaissant moins d'un an après la cérémonie d'Hollywood.

Il avait 36 ans, la moitié de l'âge de celui dont il a parallèlement relancé la carrière. Ses deux LP des seventies, passés totalement inaperçus, sont réédités et Sixto Rodriguez se produit un peu partout depuis 2013.

Sustenté au vivier miséreux de Detroit.

Sixto Diaz Rodriguez, auteur-compositeur-interprète d'origine mexicaine est donc né à Detroit, dans le Michigan. Sixième enfant d'une fratrie nombreuse, Sixto a passé son enfance dans les bidonvilles de la cité automobile, enfance marquée très tôt par la mort de sa mère (à l'âge de 3 ans).

La musique, il s'y frotte très jeune, poussé par son père, féru de blues, et à 16 ans, après avoir tourné le dos à l'école, il s'y consacre complètement. Il joue surtout dans les bars et clubs mal fâmés de sa ville natale, en s'appuyant sur un répertoire emprunté aux Beatles, à Dylan, aux Stones ou à Cohen, ou arpente, guitare en bandoulière, les rues des ghettos de Detroit, vivier abîmé par les conflits ethniques et sociaux, le racisme et la drogue, dans lequel il puise la matière pour nourrir des chansons où colère et désespoir cohabitent.

Gomba, Interior...Interior, Gomba...

En juillet 1966, Rodriguez, influencé par le folk des Donovan et Richie Havens, signe un contrat d'exclusivité (auteur-compositeur) avec Gomba Music qui semble-t-il, porte sur une durée de 5 ans.

Ce partenariat est abordé l'année du Summer Of Love par un single du nom de I'll Slip Away (face B : You'd Like To Admit It), affecté à Rod Riguez. Celui-ci sort chez Impact Records ou Gomba Records, c'est pareil.

Mais Rodriguez attire aussi l'attention de Dennis Coffey et Mike Theodore, producteurs locaux, lesquels, en 1969, le poussent vers Clarence Avant, producteur réputé, manager de stars, fondateur de maisons de disques (Interior Music, Avant-Garde) et grosse influence dans le milieu.

Avant est alors patron de Sussex Records et approche Rodriguez et son label pour récupérer ce contrat afin de pouvoir procéder à l'enregistrement d'un LP de Rodriguez, le fameux Cold Fact.

N'ayant pas pu s'accorder, Clarence Avant fomente alors un stratagème dans lequel Sixto Rodriguez est supposé écrire des chansons pour la maison d'édition du tout-puissant Avant (Interior Music), lesquelles seraient créditées à des compositeurs virtuels (le frère de Sixto notamment, Jesus Rodriguez).

Avec le succès de l'oscarisé Searching For Sugarman, cette ambiguité est depuis source d'une bataille judiciaire entre Gomba Music (Harry Balk) et Interior Music Corp. (Clarence Avant), lesquelles se disputent âprement les droits du chanteur américain.

Aucun écho pour Cold Fact...

Cold Fact, enregistré en août et septembre 1969 et produit par Theodore et Coffey, est publié en mars 1970.

En 12 titres folk-rock/folk-pop, teintés d'un soupçon de psychédélisme, Rodriguez signe un album captivant qui ne trouve aucun écho à sa publication. Il est même un bide total et ne reste connu que de quelques rares auditeurs. 

Rodriguez tombe vite dans l'oubli aux Etats-Unis mais sensibilise pour autant un public sud-africain (Gallo Records/1971), australien et neo-zélandais, sans que son auteur n'en soit un seul instant avisé.

Sixto rodriguez stephen sugar segerman

«  En 2012, nous étions, Malik, Rodriguez et moi, au festival de Sundance pour la première projection du documentaire. A la fin de la séance, les gens hurlaient, et quand Sixto est apparu, c’est comme s’ils avaient vu Dieu. Les Américains ont adoré parce qu’ils étaient passés à côté d’un grand musicien. Or ce type vivait toujours chez eux, dans une banlieue pourrie de Detroit. Ils ne le savaient pas. » (Stephen Segerman)

5 ans plus tard, après la découverte d'un stock d'invendus dans un entrepôt new-yorkais, le lot ressuscité est écoulé sur le marché australien où il se vend comme des petits pains. Le disque pointe même au 23ème rang des classements nationaux et y reste 55 semaines.

Direction l'Angleterre pour enregistrer le N° 2, Coming From Reality (Sussex/1971). Celui-ci est la copie conforme du premier album de ce troubadour des ghettos : folk-rock/pop-rock/rock, format quasi identique (10 titres), échec cuisant dans les bacs américains et réussite en Af-Sud (il est publié sous After The Fact/1976) et en Australie. Voilà à quoi se résume la discographie 60/70 de cet Hibernatus du folk-rock, sortie dans l'indifférence la plus totale. Deux albums très recommandables pourtant.

...avant un engouement vite tempéré.

Et après ? Plus rien ! Notre Sixto parcourt l'Europe malgré l'insuccès de ses travaux jusqu'à ce que Sussex, en proie à des difficultés financières (il cesse son activité en 75), ne rompe le contrat alors que l'artiste est en phase de préparation d'un 3ème opus (1972). Rodriguez met alors un terme à sa carrière de musicien et exerce une flopée de petits boulots pour survivre. Il obtient parallèlement un master en philo (1981).

Ressuscité par le documentaire de Bendjelloul, Sixto Rodriguez aurait pu relancer de façon inespérée une belle carrière, hélas trop tôt interrompue ; au lieu de ça, son histoire semble se répéter.

Fragilisé et souvent alcoolisé, ses prestations sont régulièrement décriées par la presse et les fans. Sixto Rodriguez, mirage musical, meurt professionnellement une deuxième fois. Problème : il n'est plus personne pour le faire revivre cette fois-ci...(RAZOR©).

DISCOGRAPHIE 70'S.

LP Studio 1 - 1970

 

Sixto rodriguez cold fact

 

SIXTO RODRIGUEZ

COLD FACT – 1970  5/5

 

Publié en mars 1970.

Produit par Mike Theodore,Dennis Coffey.

Durée:32:23.

Label:Sussex,Blue Goose,A&M,Light In The Attic.

Genre:rock,blues,blues-rock,soul.

 

L'étrange destin de Mr Rodriguez.

 

Le film-documentaire du suédois Malik Bendjelloul sorti en décembre 2012, Searching For Sugar Man, a fait plus pour Sixto Rodriguez que n’importe quelle autre opération.

Jugez plutôt : cet artiste de 71 balais, ancien ouvrier automobile, parti pour finir sa putain d’existence dans l’anonymat le plus profond, fait un come-back retentissant, avec tambours et trompettes. Il fait le buzz, comme on dit au vingt-et-unième siècle, loin d’être celui des Lumières si l’on en réfère au nombre de cons au m2 qu’il recense (message perso).

Cette reconnaissance tardive n’émeut pas le moins du monde ce fils d’immigrés mexicains, né à Detroit, trop averti qu’il est par les coups de pute que la vie a semés sur sa route et celle des siens, trop méfiant à l’égard de cette popularité soudaine qui lui tombe sur le râble, sur laquelle il ne crache pas, mais avec laquelle ce miraculé garde ses distances, en vieux et soldat désabusé qu’il est.

Considéré avec indifférence hier et dans son pays, il est devenu, en l’espace de quelques semaines et à grand renfort de communication, un véritable héros, acclamé jusqu’à Manhattan, des lieux où il n’était alors pas en odeur de sainteté. Ce n’est pas au vieux singe qu’on apprend à faire des grimaces…

Searching For Sugar Man, le motif de sa resurrection et de sa gloire nouvelle, retrace l’extraordinaire itinéraire de Rodriguez, deux albums à son compteur (Cold Fact et Coming From Reality), mais passés totalement entre les mailles du filet, au point qu’il repart bosser dans le bâtiment, militant au côté des ouvriers et des pauvres avant de se présenter aux municipales, puis d’obtenir une maîtrise en philo.

Le chicano disparaît ensuite complètement de la circulation aux Etats-Unis, suite à ses insuccès à répétition (quelques centaines de pièces écoulées seulement). On l’apprend ressuscité cinq ans après et avec l’album Cold Fact (en écoute intégrale ici), dans une AfSud minée par l’Apartheid et qui lui voue un culte phénoménal (il y aurait vendu 500.000 disques, en passant sous le label australien Blue Goose). Idem pour l’Australie et la Nouvelle-Zélande.

La rumeur l’avait pourtant laissé pour mort par suicide, sur scène œuf corse (off course en anglais), histoire de rajouter à la dramaturgie ambiante. Deux fans suédois de Cape Town se mettent alors en quête de le retrouver, quelques années plus tard.

L’histoire véridique de ce fabuleux et étrange destin donne naissance à Searching For Sugar Man. Sugar Man, dans son enrobage acid-folk, est un titre de Cold Fact (1970), le plus connu de Rodriguez, une drug-song comme on dit. Le Sugar Man d’hier est le dealer d’aujourd’hui.

Drogue, amour, rupture (Crucify Your Mind), social, relations personnelles (Like Janis et Jane S. Piddy pour la seule Janis que l’on connaisse) et politique (Rich Folk Hoax et This Is Not A Song This Is An Outburst : Or, The Establishment Blues) alimentent les thèmes de cet album fantastique aux chansons surprenantes, à tomber sur le cul, aux ballades serpentant entre rock, blues et folk, aux mélodies imparables (Inner City Blues et I Wonder), aux lignes de basse sublimes, aux paroles acérées, rancunières et revanchardes et qui touchent leur cible, restituées par une voix hypnotisante, mi nasale mi rauque unique, mi parlée, mi chantée, aux arrangements psychédéliques feutrés.

Sixto Rodriguez avait pour lui les meilleurs producteurs de Detroit et ça se sent, des musiciens talentueux et experts (dont certains faisaient partie des célèbres Funk Brothers) et ça ne passe pas inaperçu sur cet album. Lui-même était un cador. Tout ça pour ça, me direz-vous… Et oui.

Le rock de bien avant l’électronique et Internet était impitoyable. Lui a préféré arrêter les frais aux States (1972), lâché par Sussex, sa maison de disques (1975) et opter pour une autre voie à partir de laquelle va s’écrire la légende du fragile, timide et honnête Sixto Rodriguez.

Le répertoire de Cold Fact que le public découvre aujourd’hui n’est donc pas nouveau, mais il demeure unique dans son style dylanesque déroutant. Pour ce qui fut initialement un bide complet, Cold Fact est une belle revanche (il faut y associer Coming From Reality).

Pour le destin qu’il méritait et qu’il n'a pas eu, la gloire nouvelle de Sixto Rodriguez est un juste retour des choses. De Sugar Man à Jane S. Piddy, on se prend douze baffes successives sur les joues.

Au deuxième titre, Only Good For Conversation, on sait qu’on a mis les pieds là où il ne fallait pas pour tomber dans une addiction irrémédiable. Ce que confirme le puissant Hate Street Dialogue. Peu de monde sait réellement que Cold Fact est une très grande page du rock. Il n’est jamais trop tard pour découvrir cette collection éblouissante qui tutoie la perfection et le documentaire qui a généré cette résurrection. Maintenant que vous le savez… (RAZOR©).

 

1. Sugar Man.

2. Only Good For Conversation.

3. Crucify Your Mind.

4. This Is Not A Song, It's An Outburst:Or,The Establishment Blues.

5. Hate Street Dialogue.

6. Forget It.

7. Inner City Blues.

8. I Wonder.

9. Like Janis.

10. Gommorah (A Nursery Rhyme).

11. Rich Folks Hoax.

12. Jane S. Piddy.

 

Sixto Rodriguez:chant,guitare acoustique. 
Dennis Coffey:guitare électrique. 
Mike Theodore:claviers. 
Andrew Smith:batterie. 
Bob Pangborn:percussion. 
Bob Babbitt:basse. 
Mike Theodore:cuivres et arrangements de cordes.  
Detroit Symphonie (Leader Gordon Staples):cordes.

LP Studio 2 - 1971

 

Sixto rodriguez coming from reality

 

SIXTO RODRIGUEZ

COMING FROM REALITY – 1971  5/5

 

Publié en novembre 1971.

Produit par Steve Rowland.

Durée:40:30.

Label:Sussex.

Genre:folk-rock,rock psychédélique.

 

Du grand Sissto.

 

J’avançais, avec force conviction, dans le commentaire affecté à Cold Fact que ce disque n’était à mes yeux, ni plus ni moins, qu’une grande page du rock. Son suivant et deuxième LP personnel, Coming From Reality (1971), s’il clôt en même temps le chapitre discographique du Sixto Rodriguez des 70’s, est l’autre original indispensable de sa courte et méconnue carrière américaine.

Après ce coup double de haute volée, le Dylan chicano, comme on le surnomme alors, pourtant lâché par sa maison de disques dans la foulée, disparaît des écrans radars, ses œuvres, pourtant majeures, n’ayant pas trouvé preneurs à cette époque. On se demande encore aujourd’hui ce qui a pu alors faire capoter ce binôme talentueux et dont la côte de popularité est revue à la hausse depuis quelque temps.

Grâce à deux fans invétérés, et alors qu’on le croyait mort, le chicano refait surface, redonnant ça-et-là, quelques concerts en Afsud. La sortie, fin 2012, du film de Malik Bendjelloul Searching For Sugar Man (qui relate cette résurrection plutôt atypique dans le rock) fait le reste.

Rodriguez renaît de ses cendres et dans le même mouvement, tout le monde découvre l’artiste, son folk rock juteux et s’éprend de la qualité de son maigre répertoire. Sixto (dites Sissto) est relancé ; il coule aujourd’hui des jours glorieux qui viennent contrebalancer le long silence dans lequel il s’est ensuite muré : juste retour des choses.

Donc Coming From Reality (en écoute intégrale ici) est son second et dernier album. Publié en 76 sur les terres de Mandela alors frappées par l’apartheid, sous l’identité d'After The Fact, il est enregistré à Londres. Sa particularité est de supplanter Cold Fact, tant il est excellentissime. Je dis bien supplanter, pourtant Cold Fact, c’est déjà quelque chose. Pour la forme, je vous remets en mémoire les pépites que sont Sugar Man, I Wonder et Crucify Your Mind notamment.

En une quarantaine de minutes, soit 8 minutes de plus que son prédécesseur d’origine pour 10 titres au lieu de 12, Coming From Reality confirme que Cold Fact n'était pas qu'un coup de cul.

Ce Rodriguez de Detroit, élevé à la dure et dans la précarité, alterne ici force et délicatesse au travers de compos qui suintent le vécu. Sa réalité, comme le titre l’indique, celle d’où il vient. Le folk-rock en sort une nouvelle fois grandi. Notre malheur veut qu’il eut fallu quatre décennies pour remonter jusqu’à nous. Parce que, peut-être encore plus que Cold Fact, l’album, de son temps et commercialement parlant, fait chou blanc dans les bacs ricains. Incompréhensible d’avoir échappé à tous ceux, nombreux, qui s’intéressaient alors au genre…

Mieux vaut tard que jamais. Jamais proverbe n’a eu autant de sens. A plus de 70 berges, qu’il récolte enfin les fruits de son immense talent d’auteur-compositeur n’est que justice. On se réjouit de cette notoriété touchée du doigt sur le tard, mais que de frustration, pour le bleu-bite que j’étais en 71, de ne pas avoir pu jouir de ce jet en direct live, de n’avoir pu partager sa délicieuse substance avec les frappadingues-amis de l’enceinte du bahut Alfred Mézières.

10 titres, 10 claques. C’est le lot qui sied aux grands albums. De l’engagement, de la diversité, des textes durs et des balades poignantes… il y a largement de quoi mouiller sa petite culotte. C’est du haut niveau. Psssttt, il est depuis publié couplé avec Cold Fact… Je vous dis ça, j’vous ai rien dit, ok ? (RAZOR ©)

 

1. Climb Up on My Music.

2. A Most Disgusting Song.

3. I Think of You.

4. Heikki's Suburbia Bus Tour.

5. Silver Words.

6. Sandrevan Lullaby – Lifestyles.

7. To Whom It May Concern.

8. It Started Out So Nice.

9. Halfway Up the Stairs.

10. Cause.

 

Chris Spedding:guitare.

Tony Carr:batterie.

Phil Dennys:claviers.

Sixto Rodriguez:guitare,chant.

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