Spencer Davis Group.

BIOGRAPHIE.

 

SPENCER DAVIS GROUP/Birmingham (Angleterre)

 

Spencer davis group 2

 

Actif entre 1963 et 1969,1973/1974,depuis 2006.

Label:Fontana,Island,United Artists.

Genre:rock,R & B,blue-eyed soul.

Site officiel:spencer-davis-group.com

 

Moins de 3 ans pour bâtir un mythe.

L'anglais Chris Blackwell, initiateur de l'étiquette Island en Jamaïque et en 59, la première à enregistrer une musique appelée ska, précurseur du reggae, doit une fière chandelle au Spencer Davis Group. Revenu au pays en 1962 avec dans ses bagages l'artiste jamaïcain Wilfred Jackie Edwards, il tente alors d'assoir son label au Royaume-Uni.

Pour ce, il a l'idée de présenter son protégé au Spencer Davis Group et de faire en sorte que ce dernier enregistre, dans une version plus rock et R & B, le titre ska écrit par Edwards, Keep On Running. Retravaillée par Steve Winwood, la chanson en question devient, en janvier 1966, N° 1 sous la férule de la formation de Birmingham fondée un peu plus de deux ans auparavant. L'enregistrement et la promotion ayant nécessité un dépôt de garantie, Blackwell rembourse ses financiers en retour.

Par cette opération rondement menée, Island a ouvert la voie au reggae et à Bob Marley, favorisé l'éclosion de nombreux artistes comme Fairport Convention, Free, John Martyn, King Crimson, Roxy Music, et bien entendu le Spencer Davis Group, la voie menant au cultissime Traffic, qui l'un comme l'autre, ont eu un impact majeur sur le rock britannique des 60's ; le label s'est installé comme une maison d'éditions majeure au Royaume-Uni.

Du côté de Birmingham.

L'histoire du Spencer David Group débute à l'Université de Birmingham où le gallois Spencer Davis,alors étudiant en langues, a dans l'idée de fonder un groupe de rock. Guitariste, chanteur et harmoniciste, le natif de Swansea n'a d'yeux que pour le R & B américain qui inonde la scène britannique du moment.

En 1963, il fait la rencontre de Merwyn Winwood dit Muff, à la tête d'une formation locale de Dixieland, le Muff Woody Jazz Band, laquelle compte dans ses rangs un jeune pianiste de 15 ans, talentueux, précoce : Steve Winwood, frère cadet de Muff, dont Spencer Davis dit qu'à cet âge, il savait jouer comme Oscar Peterson et chanter comme Ray Charles.

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Spencer davis group gimme

Spencer davis group i m a man

Au premier contact, Davis sent qu'il tient en cette fratrie les éléments pouvant concrétiser un projet voué à réussir. Pete York, batteur au sein du Rhythm And Blues Quartet, se joint au trio, donnant d'abord naissance au Spencer Davis Rhythm And Blues Quartet, devenu rapidement Spencer Davis Group, dont le premier répertoire interprété sur la scène londonienne (et notamment au Golden Eagle) est essentiellement R & B.

Signé et suivi par Blackwell.

Le Spencer David Group acquiert très vite une excellente réputation, devient une curiosité en Angleterre et un des acteurs influents de la british invasion. Installé dans la capitale anglaise, le quatuor tape dans l'oeil du visionnaire Chris Blackwell qui lui propose un contrat et le produit. En mai 1964, le Spencer David Group publie son premier single, Dimples (Fontana Records), une adaptation assez corsée du titre de John Lee Hooker mais qui ne lui permet pas de décoller véritablement.

Avec I Can't Stand It (1965), il entre dans les charts au 47ème rang, atteint la 41ème place avec Every Little Bit Hurts (1965). Ces trois singles figurent sur le premier LP du groupe, sobrement baptisé Their First LP, sorti en juillet 1965 et qui, hormis 3 originaux, concentre essentiellement des reprises de R & B.

Keep On Running, le jackpot.

Strong Love, toujours en 1965, évolue dans les mêmes eaux (44). Keep On Running, début janvier 1966, lui permet de décrocher le jackpot, en délogeant du leadership A Day Tripper des Beatles. Mieux, Somebody Help Me, sorti en mars 1966, fait aussi bien, un mois après sa parution (1). Emprunté une fois encore à Jackie Edwards, il confirme la vision gagnante de Blackwell.

Début 1966, alors qu'il tourne régulièrement avec les Beatles et les Who, le Spencer Davis Group est élu meilleur nouveau groupe britannique du moment. Il sort le volume 2 de sa discographie, modestement intitulé The Second Album (Fontana Records) et bâti sur le même schéma que son prédécesseur autour de ses singles à succès et de reprises.

3ème levée, Autumn 66 (septembre 66/Fontana) s'appuie sur un concept identique, concept qui ne permet pas aux albums du groupe de supplanter le succès des singles et surtout de s'imposer dans les charts américains.

A eux l'Amérique !

De singles, il en est encore question en 1966. Après un satisfaisant When I Come Home (N°12), Le Spencer Davis Group signe en automne un tonitruant Gimme Some Lovin' (2 en GB et 7 aux USA), écrit par les frères Winwood et Davis, mais crédité au seul Steve, 17 ans.

Sa version outre-Atlantique avec plus de percussions et des voix féminines, passée entre les mains du producteur Jimmy Miller, diffère de l'original anglais mais s'avère plus sémillante. Le Spencer David Group touche enfin sa cible américaine.

Conforté par le succès, début 1967, de I'm A Man, (encore un original de Steve Winwood que Chicago Transit Authority portera aux nues), destiné à l'origine à un documentaire filmé sur le Swinging London, le groupe prend une envergure internationale (9 au Royaume-Uni et 10 aux States).

I'm A Man est le dernier single avant que les frères Winwood ne fassent un choix de carrière différent : commercial pour l'industrie discographique (A & R) pour l'aîné avant de produire Dire Straits, Traffic avec Chris Wood, Dave Mason et Jim Capaldi pour le plus jeune.

Un seul être vous manque...

Orphelin des Winwood, Davis ne lâche pas pour autant le morceau ; il rebondit en engageant le guitariste Phil Sawyer et le claviériste-chanteur Eddie Hardin, recommandé par Paul Jones.

Le Spencer Davis Group se retrouve alors sur la bande sonore du film We've Go Round The Mulberry Bush de Clive Donner, présent dans la sélection du Festival de Cannes, mais annulé pour raison de mai 68. Il y côtoie un certain Traffic, sans que l'on ne sache trop pourquoi.

En 1969, Ray Fenwick remplace Phil Sawyer (Shotgun Express), mais ce dernier prend d'abord part au 4ème LP du Spencer Davis Group : With Their New Face On (1968/United Artists). Sans les Winwood, et plus particulièrement sans Steve, l'album, dépourvu du son qui fit l'originalité et la popularité du groupe, ne rencontre pas la même ferveur auprès du public et ce, des deux côtés de l'Atlantique. C'est ensuite au tour de Pete York et d'Eddie Hardin de quitter la formation pour divergences musicales et de fonder un duo.

Spencer davis portrait

“Les premières stations de radio à passer Keep On Running, ont été les radios black américaines. Nous sonnions alors très musique noire. Quand elles ont vu les photos des quatre blancs que nous étions, elles nous ont retirés de leurs listes de diffusion, mais la chanson avait déjà décollé. Quand elle a fini N°1 des hits au Royaume-Uni au début de 1966, nous avons reçu un message de félicitations des Beatles. Je me souviens avoir rassemblé ma petite famille autour de la télé pour regarder notre performance pré-enregistrée sur Top of the Pops.” (Spencer Davis)

Davis tente, tant bien que mal, de maintenir son groupe à flots en attirant dans ses rangs le bassiste Dee Murray et le batteur Nigel Olsson. Le Spencer Davis Group est désormais passé sous l'influence artistique de Ray Fenwick qui couvre la guitare, le chant et l'écriture. Funkie (1969) résulte de cette nouvelle direction prise, sans toutefois marquer les esprits. La preuve, il n'est même pas publié après son enregistrement.

Retour en 2006.

Olsson et Murray rejoignant alors Elton John (1970), Davis dépose le bilan en juillet 69 et prend la direction de la Californie. Le légendaire Spencer Davis Group a vécu malgré la persistance de son fondateur à ne pas le voir disparaître complètement. Pourtant celui-ci le reforme brièvement en 1973 ; à ses côtés, Hardin, Fenwick, York et Charlie McCracken (Taste) comme bassiste.

Le line-up remanié enregistre Gluggo (Vertigo/1973), une enfilade de titres rock et heavy blues erratiques et tourne aux Etats-Unis et en Europe. Un live, Living In A Back Street (1974), produit par Roger Glover (Deep Purple) referme la discographie d'un groupe que Davis arrête une seconde fois en 1975.

Davis s'est alors reconverti à la production et dans la promotion d'artistes (Bob Marley, Robert Palmer) dès la fin des 70's. Excité à l'idée de repartir sur la route avec les siens, il réunit une première fois ses troupes en 1997 mais c'est en 2006 qu'il annonce son véritable retour, en signant un nouvel album, So Far, qui, en une douzaine de chansons, fait la part belle aux folk-rock, au skiffle et au rock. Aujourd'hui toujours en activité, le groupe est organisé autour de Spencer Davis, Eddie Hardin, Miller Anderson, Jim Blazer et Steff Porzel (RAZOR©).

DISCOGRAPHIE 60'S.

LP Studio 1 - 1965

 

Spencer davis group first lp 65

 

THE SPENCER DAVIS GROUP

THEIR FIRST LP – 1965  3,5/5

 

Publié en juillet 1965.

Produit par Chris Blackwell.

Durée:32:31.

Label:Fontana.

Genre:blues-rock,R & B.

 

La star, c'est Little Stevie.

 

Initié à Birmingham (Angleterre) en 1963, par Spencer Davis, guitariste et harmoniciste gallois, qui donne le nom à la formation, le Spencer Davis Group se forme définitivement à Londres où Pete York, batteur, et les frères Winwood, Muff, bassiste et, le plus doué, Steve (chant, piano, orgue, guitare) rejoignent un groupe que le seul nom de Winwood contribue à populariser.

Entendez par là le seul, le vrai, l’unique Steve Winwood, déjà mature musicalement et lyriquement parlant, alors qu’il a encore du lait derrière les oreilles. A 15/16 ans, le gamin a alors déjà tâté de la scène dans des formations familiales (le père était saxophoniste) ; sa voix soul et son penchant pour la musique black américaine lui valent alors le surnom de Little Stevie, en référence à Stevie Wonder. La véritable star du Spencer Davis Group, c’est Steve Winwood ; c’est lui qui propulse la formation anglaise sur le devant de la scène.

Hormis ses dispositions pour le chant, il est aussi un fieffé musicien, maniant claviers et guitare avec un égal bonheur. Cette situation n’échappe pas à Chris Blackwell (Island Records), l’homme derrière Bob Marley, qui s’accapare la formation anglaise pour la mener vers le succès, via, dans un premier temps, une reprise de John Lee Hooker, Dimples, puis Every Little Bit Hurts avant de décrocher le pompon avec Keep On Running (premier dans les charts), emprunté au jamaïcain Jackie Edwards qui leur concède également l’autre tube, Somebody Help Me, trois mois plus tard (1966).

Sortir des 45 tours ne suffit pourtant pas à être considéré comme un grand groupe. Il faut un album, un 33 comme on disait alors. Il tombe en juillet 1965 et sobrement, porte le nom de Their First LP (en écoute intégrale ici). Il gravite autour des trois premiers singles du Spencer Davis Group (Dimples, I Can’t Stand It et Every Little Bit Hurts) et puise essentiellement dans le répertoire R & B et soul des Coasters, Ike And Tina Turner, John Lee Hooker, Little Walter, Brenda Holloway.

Trois originaux, dont deux attribués à Steve Winwood, complètent ce jet initial qui installe le Spencer Davis Group parmi les grands, à la sixième place des charts et dans le même temps, lance la carrière du grandiose Stevie Winwood (Traffic et Blind Faith). Il est pire début, non ? (RAZOR©)

 

Face 1.

1. My Babe.

2. Dimples.

3. Searchin’.

4. Every Little Bit Hurts.

5. I’m Blue (Gong Gong Song).

6. Sittin’ And Thinkin’.

 

Face 2.

1. I Can’t Stand It.

2. Here Right Now.

3. Jump Back.

4. It’s Gonna Work Out Fine.

5. Midnight Train.

6. It Hurts Me So.

 

Peter York:batterie.

Steve Winwood:piano,guitare,harmonica,chant.

Muff Winwood:basse,chant.

Spencer Davis:guitare,harmonica,chant.

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