Stephen Stills.

BIOGRAPHIE.

 

STEPHEN STILLS/Dallas (Texas)

 

Stills3

 

Né le 3 janvier 1945 à Dallas (Texas).

Actif depuis 1962.

Labels:Columbia,Atlantic,Reprise,Vision,Raven,Titan/Pyramid.

Genre:rock,folk rock,blues rock,country alternative.

Site officiel:stephenstills.com

 

L’arrogant garnement du rock.

Captain Manyhands pour les connaisseurs du rock et au regard de son aptitude à pouvoir jouer de quasiment tous les instruments qui lui passent entre les mains, Stephen (Arthur) Stills pour l’état civil, le brillant guitariste texan est successivement le fondateur de Buffalo Springfield, la figure dominante des Mousquetaires de CSN&Y et du trio CSN, ainsi que le leader du succulent Manassas, son œuvre certainement la moins connue quoi que certainement la plus belle de toutes.

Songwriter prolifique du rock californien avec des titres comme For What's It's Worth, Bluebird, Suite : Judy Blue Eyes, Carry On, Love The One You're With, Find The Coast of Freedom ou Wooden Ships avec David Crosby et Paul Kantner, Stephen Stills a également la faculté de pouvoir jouer avec un égal succès du rock, de la country, du blues, du bluegrass, du latino ou du folk.

Ce fils de militaire, têtu comme pas deux, sale caractère qui en fait certainement le moins aimé du quatuor légendaire évoqué par ailleurs, voit le jour à Dallas le 3 janvier 1945. Son enfance, il la passe entre le Texas, la Floride, l’Illinois, la Louisiane, le Panama, le Costa Rica, au gré des mutations professionnelles paternelles.

Touche-à-tout talentueux.

Formé au piano durant sa jeunesse, il apprend également la batterie, instrument derrière lequel il se retrouve dans ce qui est son premier groupe, The Radars, qui évolue à Gainesville (Floride), là même où Stills est inscrit à l’Académie Militaire (1962). Toujours à Gainesville, terreau de nombreux et fameux musiciens comme Tom Petty ou les voisins de Jacksonville, le Lynyrd Skynyrd, Stephen Stills, une quinzaine d’années tout mouillé, se lie d’amitié avec celui qui sera le futur guitariste des Eagles, Don Felder. L’un et l’autre évoluent alors à la guitare dans une formation appelée The Continentals. Bernie Leadon, autre futur Eagles, succède à Stephen Stills comme guitariste quand les Continentals mutent en Maundy Quintet.

Nous sommes en 1964 et le texan, déterminé à faire de la musique son métier d’autant qu’il s’éprend parallèlement de l’écriture de Bob Dylan et du Kingston Trio, s’installe à la Nouvelle-Orléans où il s’implique dans un duo de folk acoustique avec Christopher Sarns, coule qui se produit du côté de Bourbon Street, avant de prendre la direction de Greenwich Village où il contribue aux belles heures du Four Winds Cafe. Sarns deviendra Road Manager de Buffalo Springfield, de Crosby Stills and Nash et sera impliqué dans les Monkees.

Stills buffaloBuffalo Springfield.

Stills csnyCrosby Stills Nash & Young.

Stills manassasManassas.

De Greenwich à Los Angeles.

A Manhattan, Stephen Stills rencontre alors Peter Torkelson, dit Tork, musicien très respecté sur la scène folk de Greenwich des 60’s, avec lequel il monte un nouveau, mais éphémère duo. Peter Tork intègre alors les Monkees, sélectionnés pour interpréter la populaire série télévisée du même nom. Participant au casting des candidats, Stills n’est pas retenu au motif de ne pas être assez photogénique.

Sans argent ni avenir, Stephen Stills accepte une offre pour intégrer une chorale folk The Au-Go-Go Singers, nommé d’après le célèbre club new yorkais dans lequel elle se produit. Il y fait la connaissance d’un certain Richie Furay, venu de son Ohio natal pour tenter sa chance dans le folk. Après un album (They Call Us/1964), sur lequel Stills interprète High Flying Bird et Miss Nellie, la troupe se sépare.

Quand le folk passe à l’électrique dans le sillage de Dylan et des Byrds, Stills est déjà en Californie. Conscient que la musique qui est réalisée sur la cote ouest représente l’avenir, il s’installe à Los Angeles, reprend contact avec Richie Furay. Sur la même longueur d’ondes, Stills et Furay ont dans l’idée de fonder un groupe de folk-rock électrique.

Pour ce, ils réactivent la piste du canadien Neil Young, un ami en commun rencontré lors d’une tournée dans l’Ontario avec les Au-Go-Go Singers. La légende veut que Stills et Furay aient été bloqués dans le trafic angelin lorsqu’ils aperçoivent un corbillard immatriculé dans l’Ontario : c’était Neil Young qui avait utilisé ce biais pour passer la frontière en fraude.

Le mythique Buffalo Springfield.

Complété par Bruce Palmer et Dewey Martin, Buffalo Springfield, né en 1966, va alors écrire une des plus grandes pages du rock malgré une existence de deux ans seulement (de 1966 à 1968). 

Elle est ponctuée de 3 albums, dont les deux premiers fondateurs du folk-rock : Buffalo Springfield et Buffalo Springfield Again. Le groupe se sépare en 1968, miné par les égos surdimensionnés de Stills et de Young, chacun voulant tirer la couverture à lui. Si le canadien s’engage dans une carrière solo, Stills va alors papillonner un peu à gauche, à droite. Richie Furay et Jim Messina, suppléant de Bruce Palmer pour le 3ème LP (Last Time Around) montent alors Poco.

Durant cette première vraie expérience collective, Stephen Stills s’avère un talentueux auteur-compositeur et interprète. Il signe l’exceptionnel For What It’s Worth, et des titres mémorables comme Bluebird, Four Ways Gone ou Rock and Roll Woman. Ses talents de guitariste sont loués du milieu, aussi n’est-il pas surprenant de le retrouver sur les projets de nombre de ses collègues artistes.

Il côtoie ainsi Hendrix, Buddy Miles mais surtout, dès mai 1968, se retrouve en studio pour boucler les enregistrements de Super Session, disque qui engage Mike Bloomfield et Al Kooper. Le deuxième jour des sessions, Mike Bloomfield, en proie à de graves problèmes psychiques, est pointé aux abonnés absents. Kooper pense à Stephen Stills pour pallier la défection du guitariste de Chicago. Il saute dans la brèche et assure une deuxième face de l’album explosive. Super Session (1968) devient un disque culte du rock.

Le légendaire Crosby Stills Nash & Young.

A la même époque, David Crosby, pour le coup producteur, le sollicite pour jouer de la basse sur un titre (Night In The City) du premier opus de Joni Mitchell, Song To A Seagull. Ce rapprochement conduit à Crosby Stills & Nash, un trio séminal fondé avec du Byrds (Crosby), du Buffalo Springfield (Stills) et du Hollies (Nash), du côté Laurel Canyon chez Cass Elliot. Malgré le style décalé de l’anglais fraîchement débarqué en Californie, les trois artistes vont donner le jour à un des plus beaux spécimen d’harmonies vocales de tout le rock et de tous les temps.

Au sein de cette légendaire tierce, Stephen Stills est un peu l’homme à tout faire. Leader musical naturel, il est tant un multiinstrumentiste expert qu’un producteur averti. Il endosse donc les habits de chef d’un groupe qui triomphe dès son premier LP éponyme (1969), N°6 et vendu à plus de 4 millions de pièces. Pour les beaux yeux de Judy Collins, il écrit Suite : Judy Blue Eyes, fleuron de cet opus avec 49 Bye-Byes et la chanson signée Nash, Marrakesh Express.

Stills 2

« Nous étions dans le studio en train d’enregistrer l’album CSN. David Crosby était tout feu tout flamme pour dire que ça allait être le disque de l’année. Je lui ai répondu que non, que Saturday Night Fever que les Bee Gees enregistraient dans le studio d’à côté, allait être l’album de l’année 76.

C’était monstrueux ce que j’entendais. Par curiosité, je suis allé leur rendre visite et je me suis retrouvé à faire les percussions sur You Should Be Dancing. Ça a été mon seul single de platine. » (Stephen Stills)

Pour étoffer le groupe dans l’objectif des tournées, il est fait appel à Dallas Taylor au poste de batteur, mais surtout à Neil Young. Chacun pouvant participer sans contrainte contractuelle aux albums de l’autre, tout ce joli monde se retrouve finalement à bosser ensemble à Woodstock, dans un premier temps, puis pour Déjà Vu, publié en mars 70. L’album fait N°1 ; Crosby Stills Nash & Young est le maître incontesté du rock, mais Stills et Young remettent ça. A savoir qu’ils s’opposent perpétuellement dans leurs relations quotidiennes. Paradoxal quand on sait l’osmose artistique qui caractérise les deux artistes. Au cours de l’été 1970, Crosby Stills Nash & Young splitte. A la sortie du magnifique 4 Way Street, enregistré début juillet 1970 entre New York, Chicago et Los Angeles, les quatre musiciens sont déjà séparés.

Chacun y va alors d’une carrière personnelle ou reprend son parcours solo là où il l’a laissé. Neil Young a déjà deux disques au compteur, un 3ème est sur le point de sortir quand Stephen Stills commence seulement la sienne avec un LP éponyme (16 novembre 1970), dédié à Jimi Hendrix, décédé deux mois auparavant et qui prend part aux sessions au même titre qu’Eric Clapton, Ringo Starr, John Sebastian, que Crosby et Nash. C’est une réussite avec Love the One You’re With, Black Queen, Sit Yourself Down et We Are Not Helpless. Publié fin juin 1971, son deuxième jet, sobrement intitulé Stephen Stills 2, ne répond pas aux attentes.

Manassas, certainement son plus beau coup.

Stephen Stills rebondit alors sur Manassas (automne 71), projet créé pour libérer sa vision artistique du moment. Avec deux albums à la clé, Manassas (72) et Down The Road (73), Stephen Stills frappe un grand coup dans le rock. Il tient là certainement sa plus belle formation. Le groupe se dissout en octobre 1973.

Sale temps pour le texan qui n’a que l’amour pour lui faire oublier ses échecs. Lors d’une tournée française de Manassas, il rencontre dans les bureaux parisiens de WEA une jeune chanteuse française de 24 ans, Véronique Sanson qui fond sous le charme de l’américain et largue, sans prévenir et du jour au lendemain, son chéri du moment, un certain Michel Berger. On sait ce qu’il adviendra de cette liaison tumultueuse officialisée en mars 1973 et qui prend fin en 1979.

Crosby Stills Nash & Young essaient bien de relancer la mécanique en 1973 mais échouent, la faute à Neil Young, plus intéressé à enregistrer son oppressant Tonight’s The Night et à partir en tournée avec son Crazy Horse.

Du plomb dans l’aile pour CSN&Y.

Le quatuor se réunit pourtant en 1974 pour une tournée de promo gargantuesque (Greatest Hits So Far). C’est bien évidemment l’événement musical de cette année-là. Réunir à nouveau les 4 acteurs, c’est alors du même tonneau que reformer les Beatles. C’est unique, inespéré. 31 concerts sont donnés qui doivent accompagner l’enregistrement d’un nouveau disque. Le titre est déjà dans les cartons et la photo de couverture réalisée : ce sera Human Highway avec des titres inédits.

Par trois fois, le projet, démarré à Hawaii dans les studios de Neil Young et repris après la tournée, échoue pour des problèmes d’égos. Les titres sont éparpillés sur les disques respectifs de leurs auteurs. Human Highway est abandonné en 1976 et le quatuor se scinde en deux : après un album personnel insignifiant (Illegal Stilles/mars 76), Stills fait un bout de chemin avec Neil Young, tandis que Nash et Crosby entame une longue collaboration en duo.

Stills sansonMariage tumultueux avec Véronique Sanson.

Stills ridesThe Rides, fondé en 2013.

Le début d’un lent déclin.

Sous l’appellation de The Stills-Young Band sort Long May You Run (septembre 1976), vu alors comme une tentative de relancer le projet Human Highway. A moins que ce ne soit pour tenter de faire aussi bien que l’autre binôme pour lequel tout baigne. L’affaire Stills/Young vire encore en eau de boudin. Toujours pour les mêmes problèmes, les prises abusives et régulières de drogues venant tendre encore plus les relations.

Pour Stephen Stills, c’est encore plus difficile parce qu’il est accro aux stupéfiants et à l’alcool, entraînant dans sa déchéance sa jeune épouse française. Le couple n’y résiste pas ; Neil Young est alors à ses côtés pour tenter de sortir l’ex-Buffalo de cette mauvaise passe. Nash et Crosby également qui, grâce à l’excellent CSN (juin 1977) permettent à Stills de souffler un peu et de se relancer musicalement en contribuant à 5 des 12 titres de l’album.

Stills tente de se repartir seul en publiant un nouveau disque en 1978, mais Thoroughfare Gap touche le fond. Dépendant aux drogues et à la bibine, il vit des 80’s très compliquées. 

Elles commencent par un divorce et ne sont ponctuées que d’un seul opus personnel, Right By You (1984), lequel n’apporte absolument rien à son immense carrière. Son implication dans Crosby Stills & Nash lui permet de ne pas sombrer (Daylight Again/82, American Dream/88), bien que le trio n’ait plus la magie qui l’animait hier encore.

Toujours ambitieux en 2015.

Bouffi, à la limite de l’impotence, il revient pour le plus grand plaisir de ses fans avec un sobre et dépouillé Stills Alone (1991) passé quasiment inaperçu mais à réhabiliter. 14 ans après, Stills signe Man Alive ! (2005), par lequel il affiche une belle forme vocale et un jeu de guitare toujours aussi exceptionnel.

Signe de ses nouvelles ambitions, le guitariste forme, en 2013, The Rides, trio avec Kenny Wayne Sheperd et Barry Goldberg. En 2015, il fait une tournée, seul. En attendant une énième reformation de Crosby Stills Nash & Young, peut-être ? (RAZOR©)

 

DISCOGRAPHIE BUFFALO SPRINGFIELD.

LP Studio 1 - 1967

 

Buffalo springfield67

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

BUFFALO SPRINGFIELD

BUFFALO SPRINGFIELD – 1967  5/5

 

Publié entre décembre 1966 et mars 1967.

Produit par Charles Greene, Brian Stone.

Durée:35:34.

Label:Atco.

 

Le Buf' pète le feu !

 

Buffalo Springfield (3 albums seulement) a été l’un des groupes qui a le plus influencé la musique rock et dont se sont inspirés beaucoup d’artistes ou de formations des années 60 et 70. Personne ne peut désavouer le constat que Neil Young et Stephen Stills, à l’origine de ce groupe, ont eu des carrières exceptionnelles. Personne ne peut renier l’apport de Jim Messina au rock et au country rock notamment (il rejoindra Buffalo par la suite), seul, avec Kenny Loggins ou Poco. Personne n’ose contester le talent indéniable de Richie Furay, mis au service du même Poco.

Leur pédigrée parle pour eux. Et bien le Buf, c’était ce concentré de pointures, Bruce Palmer (basse) et Dewey Martin (batterie) apportant leur écot à cette formation américaine créée en 1966 et séparée deux ans plus tard pour des problèmes de rivalités en interne.

Entre temps, il y a eu Buffalo Springfield, premier LP éponyme qui connut un très bon accueil. Le groupe boxait alors dans la catégorie des Byrds, le cador de l’époque du milieu des années 60, en se positionnant dans le country blues, notamment.

Groupe éphémère, il a eu le privilège de compter deux génies de l’écriture, Young et Stills (respectivement 5 et 7 titres sur ce premier album), par ailleurs très prolifiques, des voix qui se complétaient merveilleusement bien, comme celles de Stills, de Young et de Furay.

Leurs chansons, simples, généralement courtes, étaient très mélodieuses, appuyées par des guitares magnifiques. Cet album folk-rock-pop californien de 1967, et de 33 minutes, fit sensation à sa publication et traça la voie du succès à Buffalo et ses membres.

Quasiment tous les morceaux de l’album sont réellement bons et efficaces. Cependant, celui qui a fait (et qui fait toujours) la renommée de Buffalo Springfield, c’est le pacifique For What It’s Worth (écouter l'extrait ici), single qui ne figurait pas sur le LP d’origine.

Ce morceau a été repris dans plusieurs films, notamment Forrest Gump. Beaucoup de soin a été apporté au son et aux arrangements de ce premier album, bien dans le ton de son époque et qui n’est sans rappeler les Byrds.

Buffalo pète le feu au point que l’on se demande combien il y a de guitares dans ce groupe. Album méconnu et qui demande à être jugé à sa juste valeur. Superbe et quand Razor dit que c’est superbe, faut l’écouter (RAZOR©).

 

1. Go And Say Goodbye.

2. Sit Down I Think I Love You.

3. Leave.

4. Nowadays Clancy Can't Even Sing.

5. Hot Dusty Roads.

6. Everybody's Wrong.

7. Flying On The Ground Is Wrong.

8. Burned.

9. Do I Have To Come Right Out And Say It.

10. Baby Don't Scold Me.

11. Out Of My Mind.

12. Pay The Price.

 

Neil Young:guitare,harmonica,piano,chant.

Stephen Stills:guitare,claviers,chant.

Richie Furay:guitare rythmique,chant.

Dewey Martin:batterie,choeurs.

Bruce Palmer:basse.

 

LP Studio 2 - 1967

 

Buffalo springfieldagain

 

BUFFALO SPRINGFIELD

AGAIN – 1967  4/5

 

Publié le 30 octobre 1967.

Produit par Richie Furay,Stephen Stills,Neil Young,Jack Nitzsche.

Durée:34:07.

Label:Atco.

 

Un buffle essoufflé.

 

Buffalo Springfield Again (en écoute intégrale ici) a été un très bon album, sans toutefois atteindre le niveau de l’album éponyme, premier ouvrage de Buffalo Springfield. Affaire de goût. Avec un parfum qui fleure bon les années 60. Si, sur un plan musical et vocal, c’est toujours aussi intéressant, chez moi le charme opère moins, Buffalo s’engageant sur un terrain plus ambitieux donc plus complexe. Il met son folk-rock si simple, si cool et si merveilleux en marge pour explorer les horizons rock, folk, bluegrass, jazz, voire soul. Le rendu de certains titres n’est pas à la hauteur de ce que j’attendais comme suite à l’éponyme précédent. Mais encore une fois, ça n’engage que moi.

A trop vouloir se diversifier et se compliquer la tâche, le groupe en arrive à aller parfois trop loin et chacun des acteurs de l’écriture semblent se satisfaire des titres de sa propre composition. Il manque donc cette union, ce liant, cette cohésion, ce charme que l’on retrouvait sur l’album précédent.

Again manque de percussion. Le groupe, malgré la progression qu’il montre dans ses compos et ses arrangements, paraît pourtant stagner, sans pour autant qu’on puisse considérer Again comme un échec. C’est quand même leur plus grand succès et mon avis ne changera rien à sa qualité.

Furay, Stills et Young se partagent l’écriture de ce disque qui recèle quelques pépites. J’en veux pour preuve le rock Mr Soul, le Broken Arrow de plus de 6 minutes, Expecting To Fly de Young, Sad Memory, A Child’s Claim To Fame et le soul Good Time Boy de Richie Furay, Bluebird et Rock & Roll Woman (co-écrit avec David Crosby qui venait de se faire lourder des Byrds), deux supers folk rock qui auraient du faire un carton, le jazz-flavored Everydays et Hung Upside Down, tous de Stills.

Il est intéressant de relever que sur le titre Good Time Boy de Furay, Dewey Martin (qui nous a quittés récemment, Bruce Palmer en 2004), le batteur contribue au chant avec talent. Pourquoi une voix aussi riche et forte n’a-t-elle pas été exploitée plus souvent ? Buffalo Springfield a vraiment manqué d’ambition ou était bridé par les egos.  A noter aussi qu’un certain Jim Messina opère sur ce disque en qualité d’ingénieur. Neil Young semble déjà avoir fait son choix, quant à la suite à donner à cette collaboration avec Buffalo et principalement avec Stephen Stills. Les californiens sont à bout de souffle (RAZOR©)

 

1. Mr. Soul.

2. A Child's Claim To Fame.

3. Everydays.

4. Expecting To Fly.

5. Bluebird.

6. Hung Upside Down.

7. Sad Memory.

8. Good Time Boy.

9. Rock And Roll Woman.

10. Broken Arrow.

 

Stephen Stills:orgue,lead guitare,guitare rythmique,piano,claviers,chant.

Neil Young:lead guitare,guitare rythmique,chant.

Richie Furay:guitare rythmique,chant.

Dewey Martin:batterie,chant.

Bruce Palmer,Jim Fielder,Carol Kaye,Harvey Newmark,Bobby West:basse.

Norris Badeaux:saxophone baryton sur 8.

Hal Blaine,jim Gordon:batterie.

James Burton:dobro,guitare.

Charlie Chin:banjo.

Merry Clayton,Brenda Holloway,Patrice Holloway,Gloria Jones,Shirley Matthews,Gracia Nitzsche:choeurs.

David Crosby:choeurs sur 9.

Doug Hastings,Chris Sarns, Russ Titelman:guitare.

Jim Horn:clarinette.

Jack Nitzsche:piano électrique.

Don Randi:piano,clavecin.

 

LP Studio 3 - 1968

 

Buffalo springfield last time around front covertarget com

 

BUFFALO SPRINGFIELD

LAST TIME AROUND – 1968  3,5/5

 

Publié en juillet 1968.

Produit par Jim Messina.

Durée:32:54.

Label:Atco.

 

Terminus. Tout le monde descend.

 

Again nous a laissé un groupe dans lequel les tiraillements sont de plus en plus fréquents. Buffalo Springfield se liquéfie lentement. L’issue ne peut pas être autre avec les personnalités centrales de cette formation.Neil Young s’affirme de plus en plus, mais Stills confirme jour après jour. Chacun veut être calife à la place du calife. Durant la période d’enregistrement de Last Time Around, au titre prémonitoire, un clash met un terme à l’aventure.

La photo sur la pochette montre les membres d’un groupe d’apparence uni et homogène, pointant leur regard dans une direction, Neil Young, au premier plan, regardant dans l’autre.Divergences d’opinions ? Bouderie ? Indication sur le chemin que Young doit prendre désormais ?  Ce montage photographique vise à masquer la vérité sur un groupe qui n’existe alors plus. Il faut, coûte que coûte, sortir un album, pour des raisons contractuelles.

Buffalo démantelé, chacun va enregistrer ses compos de son côté. En dépit de cette ambiance grincheuse et pesante, Last Time Around (en écoute intégrale ici) est un bon album. Il nous réserve de sublimes morceaux comme les classiques On The Way Home, I’m A Child (c’est une des première fois où l’on attend la voix de Neil Young), une belle ballade comme ce Kind Woman et Merry-Go-Round de Richie Furay, Four Days Gone, Questions, Pretty Girl Why et le rock pur et dur Special Care de Stephen Stills.Les autres morceaux sont en retrait mais sans qu’ils soient dévalués pour autant avec notamment un latino Uno Mondo de Stills lequel il montre toute son inspiration du moment, sa polyvalence musicale, tout en plaidant, lyriquement parlant, pour un monde unifié.D’autre part, Jim Messina, jusqu’alors ingénieur sur les projets du groupe (il le sera encore sur celui-ci), nous livre un léger et discret Carefree Country Day de la meilleure veine. Rusty Young, futur Poco figure aussi sur l’album.

Le rouleur compresseur Buffalo Springfield met définitivement un terme à l’aventure avec ce disque. A force d’avoir accordé trop d’importance aux considérations personnelles, notamment Stills et Young, le groupe a négligé un principe élémentaire : le travail d’équipe. Avec le recul, on se rend mieux compte de la portée qu’aurait pu avoir cette formation si elle avait, un tantinet soit peu, mis tout son talent au service du travail collectif. Quelque part, c’est un gâchis. On va se consoler en se disant que, derrière Buffalo Springfield, il y a eu Crosby, Stills, Nash & Young (Pif et Hercule s’étant réconciliés pour les besoins de ce groupe mythique) et Poco (Furay et Messina). Buffalo avait trois talents à l’écriture (Young, Stills et Furay). Deux de trop peut-être… pour que l’affaire soit durable et réellement sereine (RAZOR©).

 

1. On the Way Home
2. It's So Hard To Wait
3. Pretty Girl Why
4. Four Days Gone
5. Carefree Country Day
6. Special Care
7. In the Hour of Not Quite Rain
8. Questions
9. I Am a Child
10. Merry-Go-Round
11. Uno Mundo
12. Kind Woman

 

Richie Furay:guitare,chant.

Dewey Martin,Buddy Miles,Jimmy Karstein:batterie.

Jim Messina:basse,chant.

Stephen Stills:guitare,piano,orgue,basse,effets,percussions, chœurs,chant.

Neil Young:guitare,harmonica,piano,choeurs,chant.

Bruce Palmer,Gary Marker,Richard davis:basse.

Jeremy Stuart:clavecin,calliope,cloches.

Rusty Young:pedal steel guitare.

DISCOGRAPHIE MANASSAS 70's.

LP Studio 1- 1972

 

Manassas1

 

STEPHEN STILLS/MANASSAS

MANASSAS - 1972  5/5

 

Publié le 12 avril 1972.

Produit par Stephen Stills, Chris Hillman et Dallas Taylor.

Durée:70:07.

Label:Atlantic Records.

 

Incontournable.

 

Stephen Stills, en rupture de Crosby Stills Nash & Young (1970) et se la jouant solo avec plus ou moins de bonheur depuis, crée Manassas, en 1972, avec Chris Hillman (Byrds) lui même dans une impasse avec le Flying Burrito Brothers et qui en profite pour débarquer Al Perkins ainsi que ceux qui étaient alors ses musiciens de studio occasionnels, à savoir Dallas Taylor, Calvin Fuzzy Samuels ,Joe Lala et Paul Harris.

Malgré son désir de réagir sur le plan artistique en se détachant d’un registre individuel exacerbant  son nombrilisme et guère payant au regard de son décevant deuxième LP (Stephen Stills 2/1971), l’expérience collective  tourne court (2 albums).

Manassas est le nom d’une ville du nord de la Virginie, théâtre des batailles de Bull Run, pendant la guerre de sécession (la photo de la pochette est prise à Manassas Junction, la gare de cette ville). Manassas (1972), double album de 21 titres, est un disque ambitieux, réussi, fondamental pour la carrière du texan et pour le rock, incontournable dans une discothèque qui se respecte (En écoute ici). Il amène à regretter que le groupe Manassas n’ait été qu’un coup d’épée dans l’eau après tous les espoirs qu’il a sucités. En 1973, l’affaire était déjà pliée, Stephen Stills renouant alors avec ses confrères Crosby, Nash et Young pour la fabuleuse tournée des retrouvailles 1974.

Le disque est organisé en quatre sections, The Raven, The Wilderness, Consider et Rock & Roll, sans qui l’on puisse évoquer à son endroit d’un album-concept puisqu’aucune histoire ne lie ces différents tiroirs. Manassas s’articule autour de la musique américaine dans la variété de ses genres musicaux, revisitant tour à tour la musique rock, latine, country, bluegrass, folk et blues.

Le résultat est impressionnant avec des chansons telles que Song Of Love sur laquelle la voix brillante de Stills donne le ton portée par des guitares d’une belle sensualité. Colorado, plus rock bénéficie de chœurs célestes. A relever aussi  le fonceur Right Now, le fantastique What To Do,T he Love Gangster dont la basse est tenue par Bill Wyman, grand fan du groupe. J’ai un faible également pour un très agréable Rock And Roll Crazies, mélange de rock, de notes cubaines, de bluegrass ainsi que le titre de clôture Blues Man, au cours duquel Stephen Stills confirme, quatre minutes durant et seul avec sa gratte, qu’il est un très grand guitariste, un songwriter émérite et interprète avisé.

L’expérience Manassas aura été une des plus convaincantes que le rock ait connues. Stephen Stills est alors au faîte de son talent et s’avère un meneur de groupe prodigieux, aidé en cela par un autre grand monsieur, Chris Hillman.

L’album, trop méconnu à mon sens, est son sixième de suite placé dans les meilleures ventes, il se classera à la quatrième place du Bilboard. La critique a encensé cet album. On tient certainement là le meilleur album se Stephen. Pour l’anecdote, certains membres de Manassas (Stills, Passarelli et Lala) ont contribué à l’album de Véronique Sanson Le Maudit (1974), alors son épouse. Mais de cela, on s’en fout royalement. L’essentiel est ailleurs. Dans cet album que je vous recommande entre tous (RAZOR©).

 

The Raven.

1. Song of Love.

2. Medley (Rock & Roll Crazies/Cuban Bluegrass).

3. Jet Set (Sigh).

4. Anyway.

5. Both of Us (Bound to Lose).

 

The Wilderness.

6. Fallen Eagle.

7. Jesus Gave Love Away for Free.

8. Colorado.

9. So Begins the Task.

10. Hide It So Deep.

11. Don't Look at My Shadow.

 

Consider.

12. It Doesn't Matter.

13. Johnny's Garden.

14. Bound to Fall.

15. How Far.

16. Move Around.

17. The Love Gangster.

 

Rock & Roll is Here to Stay.

18. What to Do.

19. Right Now.

20. The Treasure (Take One).

21. Blues Man.

 

Stephen Stills:chant,guitare,bottleneck guitare,piano,orgue,piano électrique,clavinet.

Chris Hillman:chant,guitare,mandoline.

Al Perkins:pedal steel guitare,guitare,chant.

Calvin "Fuzzy" Samuel:basse.

Paul Harris:orgue,piano,clavinet.

Dallas Taylor:batterie.

Joe Lala:percussions,chant.

Sydney George:harmonica.

Jerry Aiello:piano,orgue,clavinet.

Bill Wyman:basse.

Roger Bush:guitare acoustique.

Byron Berline:violon.

 

LP Studio 2 - 1973

 

Manassas 2

 

MANASSAS & STEPHEN STILLS

DOWN THE ROAD – 1973 4,5/5

 

Publié le 23 avril 1973.

Produit par Stephen Stills, Chris Hillman et Dallas Taylor.

Durée:30:50.

Label:Atlantic Records.

 

Un p’tit dernier pour la route.

 

Down The Road de 1973 (en écoute intégrale ici), marque la cessation d’activité de ce que l’on considère aujourd’hui et avec le recul comme ayant été l’un des plus grands groupes de rock des années 70, voire de tous les temps : Manassas, œuvre de Stills.

Ce deuxième album suit  leur monstrueux éponyme de 1972, reconnu comme étant un incontournable des discothèques ou cédéthèques rock. Il leur était difficile de faire mieux, d’où l’impression que la musique est fade, qu’il est médiocre et en retrait par rapport à son devancier.

Impression seulement, car Down The Road reste très bon, même s’il se situe en dessous de son prédécesseur qui a placé la barre très haut. On s’en satisfera d’autant que Manassas va disparaître dans la foulée et que c’est une vraie perte pour la musique.

Riche mélange de rock tranchant et dur avec Isn’t It About Time, rock aussi avec Down The Road, Lies (Chris Hillman) et Do You Remember The Americans (Stills), Rollin’ My Stone, additionné de rythmes latino comme Pensiamento, Guaguanco de Vero, Down The Road est bien mieux que ce que l’on veut en dire.

Alors, le mieux à faire, c’est de prendre un peu de recul dans son jugement et de commencer par s’en mettre plein les esgourdes. Ca ne fera pas de mal ! Parce qu’un groupe de cette trempe, avec Dallas Taylor (batterie), Chris Hillman (guitare), Joe Lala (percussions), Al Perkins (pedal steel), Samuels Fuzzy (basse), emmené par un Stephen Stills qui a encore des choses à dire, même si son travail d’écriture est réduit considérablement par rapport à l’album précédent, c’est la dernière fois qu’on voit ça. C’est cela le plus dommageable dans l’histoire (RAZOR©).

 

1. Isn't It About Time.

2. Lies.

3. Pensamiento.

4. So Many Times.

5. Business on the Street.

6. Do You Remember The Americans.

7. Down The Road.

8. City Junkies.

9. Guaguancó de Veró.

10. Rollin' My Stone.

 

Stephen Stills:guitare,piano,basse,chant.

Dallas Taylor:batterie.

Chris Hillman:guitare,basse,mandoline,chant.

Joe Lala:percussions,chant.

Al Perkins:guitare,pedal steel guitare,banjo.

Calvin "Fuzzy" Samuel:basse,chant.

Paul Harris:piano.

Joe Walsh:slide guitare.

Bobby Whitlock:claviers.

Sydney George:flûte

Jerry Aiello:orgue.

Charlie Grimes:guitare.

Guille Garcia:percussions.

Lachy Espino:percussions.

Pat Arnold:choeurs.

 

 

LP Compil Sessions de studio - 2009

 

Manassaspieces

 

MANASSAS

PIECES – 2009  4/5

 

Enregistré en 1973.

Publié en 2009.

Produit par Howard Albert,Ron Albert et Stephen Stills.

Durée:43:00.

Label:Rhino Records.

 

Belle rétrospective.

 

Groupe mésestimé s’il en est et n’ayant jamais connu les joies du retour sur investissement, Manassas n’a fait que passer dans le rock des années 70, ne parvenant à rallier à ses basques qu’une maigre cohorte de fidèles fans.

Les décennies suivantes n’ont rien changé à la donne : Manassas, le Manassas des légendaires Stephen Stills, pour lequel l’engagement fut surtout une remise en question musicale et Chris Hillman, ça dit bien quelque chose à certains, mais sans plus. Et pourtant, la carrière de ce groupe ricain qui aura duré un an et demi et accouché de deux albums explosifs, est une des plus belles pages du rock de c’temps d’alors.

Ceux qui s’en souviennent, peuvent attester de l’énergie que dégageait alors cette formation dont on eut aimé qu’elle pousse l’expérience plus loin, voire que les têtes pensantes Stills et Hillman ne se concentrent uniquement, à ce stade de leur parcours professionnel, qu’à ce projet tonique et inspiré.

D’autant plus qu’avec, sur le porte-bagage, Joe Lala (percus), la section rythmique de Crosby Stills Nash & Young (Dallas Taylor et Calvin « Fuzzy » Samuels), Paul Harris et Al Perkins, le projet avait de la gueule et aurait pu devenir une grande référence de la musique amerloque. Peut-être même la meilleure. Mais avec des si…

Depuis une quarantaine d’années, on se satisfait de l’éponyme et de Down The Road. Mince consolation. Jusqu’à ce qu’en 2009 nous tombe du ciel, grâce à Rhino, le fameux Pieces, qui réunit quelques inédits de sessions, deux versions alternatives de titres de l’époque qui suffisent amplement à notre plaisir et à raviver la mémoire d’un groupe créatif et vitaminé sérieusement négligé.

L’offre axée sur une quinzaine de pièces, est excellente, de belle qualité sonore. On y souscrit plus que jamais et goûlument, c’est dans la logique des choses après la maigrichonne discographie que le groupe de Floride nous a laissés. Manassas n’était pas un coup du hasard, qu’on se le cale une fois pour toutes au fonds de la cabessa. La preuve se situe encore dans cette belle rétrospective enregistrée en 1973 (RAZOR©).

 

1. Witching Hour.

2. Sugar Babe.

3. Lies.

4. My Love Is A Gentle Thing.

5. Like a Fox.

6. Word Game.

7. Tan Sola Y Triste.

8. Fit To Be Tied.

9. Love and Satisfy.

10. High And Dry.

11. Panhandle Rag.

12. Uncle Pen.

13. Do You Remember the Americans.

14. Dim Lights, Thick Smoke (And Loud, Loud Music).

15. I Am My Brother.

 

Stephen Stills:chant,guitares,basse,piano,claviers,slide guitare.

Chris Hillman:basse,guitares,mandoline,chant.

Dallas Taylor:batterie.

Al Perkins:steel guitare,banjo,guitares.

Paul Harris:orgue,piano,claviers.

Calvin 'Fuzzy' Samuels:basse.

Joe Lala:percussions,congas,timbales,chant.

Jerry Aiello:orgue.

Lachy Espinol:percussions.

Guille Garcia:percussions.

Sydney George:flute.

Charlie Grimes:guitares.

Bobby Whitlock:claviers,chant.

Joe Walsh:guitare,slide guitare.

Bonnie Raitt:choeurs.

 

 

DVD Live 1972 - 2003

 

Stills muzikladen 72 2

 

STEPHEN STILLS & MANASSAS

MUSIK LADEN LIVE 1972 – 2003  4,5/5

 

Publié en 2003 (Format DVD).

Produit par Edward Secard,Gary Katz.

Durée:35:28.

Label:Pioneer Artists.

Genre:rock,country-rock.

 

Rares images…

 

Dans le sillage d’un premier album éponyme publié en mai 1972 et particulièrement bien accueilli, autant par la presse que par les fans de Stephen Stills, Manassas, sa formation la moins connue, mais certainement la meilleure qu’il ait eu avec Crosby Stills & Nash, capitalise sur sa bonne étoile en prenant part à quelques concerts américains, mais aussi, en faisant quelques TV, à l’instar de ce Musikladen Live  réalisé la même année, pour une émission télévisée, dans les studios radiophoniques d’une station est-allemande de Brême. Rares sont les occasions de voir évoluer Manassas : en voilà une !

Quel bonheur que de retrouver sur ces images un père Stills au sommet de sa gloire, entouré d’une crème de zikos pas piqués des hannetons. L’exploit est peu mince de réunir, sous la même tunique, le fidèle en amitié et grand professionnel devant l’Eternel qu’est Chris Hillman, alors ex-Byrds (65/68) et ancien du Flying Burritos (68/70), le claviériste de sessions Paul Harris, toujours dans les bons coups dans les années 60/70, le steel guitariste virtuose texan Al Perkins, le bassiste Calvin Fuzzy Samuel préalablement impliqué dans les projets sous CSN, le percussionniste Joe Lala (Blues Image) et le batteur Dallas Taylor, autre familier de la période Crosby Stills et Nash.

A ces musiciens chevronnés, il faut associer les interventions ponctuelles de Byron Berline (violon) et Bill Wyman (basse), ce dernier ayant toujours clamé haut et fort qu’il aurait quitté les Stones pour pouvoir pousser plus loin l’expérience avec le groupe de Stills.

Vu comme une des plus grandes formations des seventies par les initiés, Manassas mérite une réhabilitation dans les règles. Le mieux pour se convaincre du statut de Terrific Band tel que le définissait alors son leader, est de se poser sur ce live de studio d’une quarantaine de minutes ainsi que sur les deux albums qui collent à son existence.

En incorporant à son rock, des influences country, folk, blues, bluegrass et latino, Manassas pouvait tout jouer ; sa fusion des genres est terriblement efficace et très distinctive de la production vinylique du moment. Il est simplement à déplorer que cette aventure ô combien prometteuse n’ait pas été prolongée bien au-delà des deux années qui marquent son existence dans le concert rock californien.

Stephen Stills y tient le rôle central, fort d’une stature alors à son faîte. C’est le Stills comme on l’aime, celui qui a influencé le rock californien, appuyé en cela par un lot de lieutenants qui s’engagent sans compter, sans retenue, en toute confiance. Le rendu est plus que convaincant ; vous avez 40 minutes pour juger que la réputation de Manassas était loin d’être surfaite. Fans de west-coast, à vos lecteurs, la performance est grande, propre, inspirée et (en ce qui concerne les images) unique ! (RAZOR©)

 

1. Bound To Fall.

2. It Doesn't Matter.

3. Hide It So Deep.

4. Song Of Love.

5. Rock n' Roll Crazies.

6. Cuban Bluegrass.

7. Jet Set.

8. Jam #1.

9. The Treasure.

 

Stephen Stills:guitares,chant,banjo.

Chris Hillman:guitares,chant,mandoline.

Al Perkins:guitares,chant,pedal steel guitare.

Paul Harris:claviers.

Joe Lala:percussions,chant.

Calvin Fuzzy Samuel:basse.

Dallas Taylor:batterie.

DISCOGRAPHIE CROSBY STILLS NASH & (YOUNG) 70'S.

LP CSN Studio 1 - 1969

 

Crosby stills nash lp 69

 

CROSBY, STILLS & NASH

CROSBY, STILLS & NASH – 1969  5/5

 

Publié le 29 mai 1969.

Produit par Bill Halverson,David Crosby,Graham Nash,Stephen Stills.

Durée:40:52.

Label:Atlantic.

Genre:rock,folk rock.

       

Un monument de la west coast.

 

Le mémorable et incontournable Crosby, Stills & Nash (en écoute intégrale ici) est le premier LP du groupe du même nom. Il est publié en 1969 chez Atlantic. Cet album émane d’un trio qui a été l’une des formations de folk-rock les plus phénoménales de tous les temps et les plus influentes sur les jeunes générations dont il collait aux aspirations et aux révoltes du moment.

C’est dans le bungalow de Joni Mitchell, à Laurel Canyon, que David Crosby (viré des Byrds), Stephen Stills (qui a quitté Buffalo Springfield où il se sentait à l’étroit avec Neil Young dans les pattes) et Graham Nash (ex-Hollies) l’immigré anglais, pote des Beatles, mettent en place ce qui va être ce premier jet au titre éponyme.

L’album, que la presse comme le public vont plébisciter, traduit à merveille l’esprit peace and love qui prévaut alors. Caractérisé par des harmonies vocales uniques (on dit d’eux qu’ils sont les Beatles américains), ce disque, qui va demeurer plus de deux ans dans les charts américains, serpente entre ballades romantiques et ambiances latino.

On doit à Stills, l’homme-orchestre, l’essentiel des parties instrumentales, gage du talent et de la virtuosité du bonhomme. L’écriture, quant à elle, est partagée entre Stills qui balance, entre autres, un Judy Blue Eyes de derrière les fagots (ces beaux yeux bleus sont ceux de Judy Collins) et un super 49 Bye-Byes, entre Crosby (Guinnevere, Long Time Gone en réponse à l’assassinat de Kennedy) et Nash (Marrakech Express).

L’album, original, d’une grande pureté, exceptionnellement doux, aux textes pertinents, aux mélodies délicates, aux harmonies vocales pharamineuses, vaut par tous ses titres sans exception et notamment, j’allais l’oublier celui là, le géantissime Wooden Ships, né d’une écriture collective sur le bateau de Crosby (le Mayan) qui en a assuré la musique, Paul Kantner de Jefferson Airplane et Stephen Stills, les paroles.

Par cette collection de chansons exceptionnelles appartenant au patrimoine de la west coast américaine, Crosby, Stills & Nash (avec Dallas Taylor à la batterie) se positionne comme un groupe majeur de la musique rock, en phase avec l’esprit contestataire du moment.

Ce disque, qui rappelons-le est un coup d’essai pour les trois mais qui annonce leur popularité à venir, est un joyau sorti quelques mois avant Woodstock où ils sont apparus en public.  Eh les djeunes, qu’est-ce que vous attendez pour aller l’acheter ?

Pour l’anecdote, sur la pochette, Nash, Stills et Crosby posent sur un canapé devant une cabane en bois. Au moment de la prise de vue, le nom du groupe n’était pas encore arrêté. Lorsque quelques jours plus tard, et alors que leur dévolu s’était jeté sur le nom Crosby, Stills & Nash, ils voulurent refaire la photo dans le bon ordre et au même endroit… La cabane en bois avait été détruite ! Enjoy les amis (RAZOR©).

 

1. Suite: Judy Blue Eyes.

2. Marrakesh Express.

3. Guinnevere.

4. You Don't Have to Cry.

5. Pre-Road Downs.

6. Wooden Ships.

7. Lady of the Island.

8. Helplessly Hoping.

9. Long Time Gone.

10. 49 Bye-Byes.

 

David Crosby:guitares,chant.

Stephen Stills:guitares,basse,orgue,chant.

Graham Nash:chant,guitare acoustique sur 2/7.

Dallas Taylor:batterie,percussions.

Jim Gordon:batterie sur 2.

Cass Elliot:chœurs sur 5.

 

LP CSN & Y Studio 1 - 1970

 

Crosby stills nash young deja vu 1

 

CROSBY STILLS NASH & YOUNG

DEJA VU – 1970  5/5

 

Publié le 11 mars 1970.

Produit par Crosby,Stills,Nash,Young.

Durée:36:24.

Label:Atlantic.

Genre:rock.

 

Chef d’œuvre.

 

Qui pourrait trouver un seul petit caillou dans la chaussure de Déjà Vu (en écoute intégrale ici) ? Ce LP, par lequel le trio initial Crosby Stills et Nash, bénéficiant du renfort de Neil Young, entre dans le cercle fermé des légendes du rock, est un indéboulonnable monument de la west coast depuis sa sortie au début des années 70.

Une merveille, le disque quasi parfait, dont on aurait aimé, au regard de la qualité qu’il véhicule, qu’il dure beaucoup plus longtemps encore. Le coffre à dithyrambes n’est pas assez grand pour y puiser le qualificatif, que dis-je le superlatif, qui s’attache à son endroit. Déjà Vu est Le Disque ! 

Le contexte, pour bien s’en imprégner. L’équipée sauvage la plus mythique de Los Angeles prend forme autour d’un trio de grand trois frustrés du rock, David Crosby, le brave nounours viré des Byrds alors qu’il en fut un des maillons forts ; Graham Nash, pourvoyeur dominant et compétent, dont le talent de compositeur ne suffit cependant pas aux Hollies pour supplanter les Beatles et qui fait le grand saut pour Laurel Canyon, histoire de s’éloigner de son statut d’artiste pop ; Stephen Stills enfin,  dont l’expérience Buffalo Springfield, précurseur du country-rock, est loin des attentes du milieu, la faute à une tendance un peu trop répétée au nombrilisme, à des accès de colère et des caprices de star.

Tous sont de merveilleux musiciens, voire plus pour Stills qui brille avec un égal talent derrière toutes sortes d’instruments, de grands chanteurs dont les tessitures vocales sont à l’origine des plus belles harmonies que le milieu rock ait jamais entendues, et des songwriters de haut niveau.

De par la réussite collant à son remarquable premier LP éponyme en mai 1969, la triade angeline se voit contrainte, malgré tout, de solidifier sa structure avant de se lancer dans la promo de ce disque. Il découle de cette volonté de durcir le son, la décision d’ouvrir les portes au quatrième larron, Neil Young, un ancien de la maison Buffalo comme Stills, engagé dans une carrière solo depuis 1968.

Déjà Vu est publié quelques mois après que le quatuor soit apparu à Woodstock pour une prestation qui prête encore aujourd’hui à controverse. Construit autour de quatre auteurs, de quatre voix, il fait figure de best of, tant il est alimenté par les immortels classiques de ces  mousquetaires du rock. Déjà Vu installe ce qui va faire le label CSN & Y : les fameuses harmonies vocales. Qui plus est, chaque acteur met au service du collectif un lot de chansons et un style instrumental qui dotent l’album d’un cachet particulier.

Stills, le sanguin, fait dans la fougue, le panache et n’a pas son pareil pour métisser rock, folk et country. Crosby le hippie tire son groupe vers un environnement plus psychédélique et planant tandis que Nash, faux flegmatique british calibre son écriture pop pour le passage radio. Young, avec sa voix haute perchée et ses méchants coups de guitare, fait du Young. L’association de ces quatre leaders aux egos bien dimensionnés qui tapent aussi dans la boite à dope pour panser les plaies de leurs désillusions amoureuses  respectives (Nash, Crosby dont la petite amie se tue sur la route et Stills) donne le jour à un disque hétéroclite qui alterne entre rock et ballades. La sanction ne se fait pas attendre : N°1 du Billboard.

La jeunesse contestataire de l’époque en fait son phare, ce qui ne surprendra personne à l’écoute des paroles de Teach your Children  (Graham Nash) et Our House, Almost Cut My Hair de David Crosby, trop à l’étroit, à mon goût, au milieu de ces fortes têtes pour pouvoir donner libre cours à un talent créatif réel.

L’album recèle également un titre emprunté à Joni Mitchell et rendant hommage à Woodstock, un Everybody I love You fort des envolées de guitare entre Young et Stills, ainsi qu’une pépite du nom de Helpless.

Ecolo, pacifiste, antisocial, CSN & Y était le symbole de la contre-culture mais la paix au sein de la formation n’ayant jamais été le maître-mot pour raisons de drogues, d’égos, de projets personnels et j’en passe, CSN & Y se sépare en 1970, quelques mois seulement après Déjà vu.

Neil Young, n’ayant jamais réellement adhéré aux desseins artistiques de CSN & Y, s’est peu à peu désolidarisé pour se la jouer solo à donf. Grand bien lui a pris. Crosby, Stills and Nash ont continué de leur côté. De temps en temps, au gré des humeurs et des intérêts commerciaux, ils retapent le bœuf ensemble…

Déjà Vu est un chef d’œuvre indémodable qui a suscité et qui suscite encore bien des vocations musicales aujourd’hui. De la race des cadors et infiniment culte (RAZOR©).

 

1. Carry On.

2. Teach Your Children.

3. Almost Cut My Hair.

4. Helpless.

5. Woodstock.

6. Déjà Vu.

7. Our House.

8. 4 + 20.

9. Country Girl/Whiskey Boot Hill/Down, Down, Down/Country Girl (I Think You're Pretty).

10. Everybody I Love You.

 

LP Live CSN & Y - 1971

 

Crosby stills nash young 4 way street 1

 

CROSBY STILLS NASH & YOUNG

4 WAY STREET – 1971  5/5

 

Publié le 7 avril 1971.

Produit par Crosby Stills Nash & Young.

Durée:76:00.

Label:Atlantic.

Genre:rock.

 

Individuel et collectif à la fois.

 

Premier album live du quatuor magique, 4 Way Street (en écoute intégrale ici) sort en avril  1971.Passons sur les lauriers qui ont couvert, n’ayons pas peur des mots, cette œuvre d’art.

Il consiste en un double LP enregistré au hasard de concerts à New York, à Chicago et à L.A en 1970. Mi acoustique, mi électrique, 4 Way Street est la troisième fois que Crosby, Stills & Nash collaborent sur un disque (le premier live aussi). Avec Young, c’est la deuxième fois après l’immense Déjà Vu qui précède.

4 Way Street culmine en tête du Bilboard Top Albums et ce, en dépit de tensions internes qui ont accompagnées son enregistrement. Extrêmement bon et varié, 4 Way Street est une vitrine pour les compositions individuelles des quatre membres.

Cet album capte tout ce qui fait la beauté de ce quatuor, leur folk (ou folk rock), leurs textes et leurs incomparables harmonies vocales. Il marque aussi la fin d’une aventure, puisqu’à la sortie de 4 Way Street, Neil Young est déjà parti. Crosby et Nash en font de même pour se lancer dans des projets personnels.

Cet album, qui compte quelques compositions solos de Neil Young, notamment le sublime Ohio, retranscrit bien le mal-être et la rage qui animent la génération de cette époque. Les autres perles, que cet album garde jalousement, sont les longs Southern Man et Carry On, Right Between The Eyes, Triad et The Lee-Shore sur lesquels on peut découvrir le talent de Crosby à l’écriture.

Et puis Find The Coast Of Freedom, Love The One You’re With, Black Queen en offrent encore plus en alimentant un final mémorable. Encore un indispensable qui a été vendu à plus de 4 millions d’exemplaire. Ca signifie quelque chose, non ? (RAZOR©)

 

Disque 1.

1. Suite:Judy Blue Eyes.
2. On The Way Home.
3. Teach Your Children.
4. Triad.
5. The Lee Shore.
6. Chicago.
7. Right Between The Eyes.
8. Cowgirl In The Sand.
9. Don't Let It Bring You Down.
10. 49 Bye-Byes / America's Children.
11. Love The One You're With.
12. King Midas In Reverse.
13. Laughing.
14. Black Queen.
15. Medley:The Loner/Cinnamon Girl/Down By The River.

Disque 2.

1. Pre-Road Downs.
2. Long Time Gone.
3. Southern Man.
4. Ohio.
5. Carry On.
6. Find The Cost Of Freedom.

 

David Crosby:guitare,chant.

Stephen Stills:guitare,basse,claviers,chant.

Graham Nash:guitare,claviers,chant.

Neil Young:guitare,harmonica,piano,chant.

Jerry Garcia:steel guitare,guitare slide.

Greg Reeves:basse,percussions.

John Sebastian:harmonica.

Dallas Taylor:percussions,batterie.

 

LP CSN Studio 2 - 1977

 

Crosby stills nash csn 77

 

CROSBY STILLS & NASH

CSN – 1977  5/5

 

Publié le 17 juin 1977.

Produit par David crosby,Stephen Stills,Graham Nash,Ron Albert,Howard Albert.

Durée:43:50.

Label:Atlantic.

Genre:rock, folk rock.

 

Chef d’oeuvre number 2.

 

Quel album merveilleux que ce CSN (en écoute intégrale ici) de 1977! Le trio folk-rock, alors séparé, n’avait plus enregistré d’albums ensemble depuis plus de 6 ans. Il se reforme pour l’occasion et pour la première fois, car il y aura, dans la suite de leur carrière en commun, d’autres temps morts et séparations, suivis d’autant de retours.

Stills a alors le mésestimé Manassas qui lui tient à cœur, Crosby et Nash se sont lancé dans des projets personnels avec plus ou moins de succès et font dans le partenariat en attendant. CSN est donc, et seulement, le deuxième LP de cette formation à trois mythique. Mais quel album !

Un petit bijou, n’ayons pas peur des mots. CSN est un concentré  de chansons merveilleuses pour un disque d’une grande qualité musicale. Le mélange acoustique et électrique est savoureux. C’est vraiment une merveille de LP folk-rock dans lequel chacun apporte son écot.

Crosby y va de ses compositions : Shadow Captain (en co-signature avec Craig Doerge), le titre d’entame de l’album, Anything At All et In My Dreams. Stills nous livre ses magnifiques Dark Star, Fair Game, le superbe titre acoustique qu’est See The Changes, Run From tears et le morceau final I Give You Give Blind. Nash n’est pas en reste et apporte une sublime pierre à l’édifice CSN avec Cathedral (un titre que je considère comme un des plus grands jamais entendus), Carried Away, Cold Rain et l’énorme Just A Song Before I Go.

Douceur, calme, harmonies vocales à nulles autres pareilles, ambiance folk feutrée, variété… Sans conteste, ce disque, rehaussé par la présence de musiciens prestigieux  est à ranger parmi les meilleures productions de l’époque. C’est leur dernier chef d’œuvre, il faut le savoir. Dès lors, autant en profiter (RAZOR©).

 

1. Shadow Captain.

2. See the Changes.

3. Carried Away.

4. Fair Game.

5. Anything at All.

6. Cathedral.

7. Dark Star.

8. Just a Song Before I Go.

9. Run from Tears.

10. Cold Rain.

11. In My Dreams.

12. I Give You Give Blind.

 

David Crosby:chant,guitare.

Stephen Stills:chant,guitare,basse,piano,synthétiseur,timbales,slide guitare.

Graham Nash:chant,guitare,harmonica,claviers.

Ray Barretto:percussions,congas.

Mike Finnigan:orgue,claviers.

Joe Vitale:synthétiseur,flûte,percussions,batterie,claviers, vibraphone.

Jimmy Haslip:basse.

Craig Doerge:piano,claviers,piano électrique,chant.

Tim Drummond:basse.

Gerald Johnson:basse.

George Perry:basse.

Russ Kunkel:percussions,congas,batterie.

DISCOGRAPHIE THE STILLS/YOUNG BAND 70'S.

LP Studio Stills/Young Band - 1976

 

Stills young band long may you run

 

THE STILLS/YOUNG BAND

LONG MAY YOU RUN – 1976  3,5/5

 

Publié le 20 septembre 1976.

Produit par Tom Dowd,DonGehman,Stephen Stills,Neil Young.

Durée:39:10.

Label:Reprise.

Genre:rock.

 

Le tout à l’égo.

 

Pris individuellement, rien à redire. De Crosby à Young, en passant par Nash et Stills, tous ont réussi une brillante carrière. En quatuor, en trio ou en duo, les différentes permutations ou combinaisons incestueuses au sein de cette communauté d’artistes ont donné lieu à des petits combos notoires : Crosby Stills Nash & Young, Crosby Stills & Nash, Crosby & Nash, Stills & Young.

Dans la première moitié de l’année 1976, c’est à Stephen Stills et Neil Young de se prêter à une association : le Stills-Young Band. Si Crosby et Nash sont en mesure de le faire, pourquoi pas eux, les deux anciens piliers du Buffalo Springfield et certainement les plus populaires de ces mousquetaires du rock?

Il est vrai que l’idée de réunir les maillons forts du Buf’ a de quoi séduire. Les deux compères sont excités à l’idée de pouvoir retrouver l’interaction qui fut la leur entre 66 et 68, de reprendre le Buffalo là où ils l’avaient laissé dix ans auparavant… Ils sont supposés être sur la même longueur d’ondes.

A ce stade de sa carrière, entre Zuma (1975) et American Stars ‘n’ Bars (1977), Neil Young prévoit, comme c’était annoncé à la presse, de publier Chrome Dreams avec le Crazy Horse que Percival a engagé dans une tournée (Europe et Japon). Le projet discographique tombe à l’eau, ne sortira jamais, les titres pressentis étant progressivement inclus sur des LP ultérieurs. Il s’offre donc le luxe d’un intermède vynilique avec son ami Stills, Long May You Run (en écoute intégrale ici), avant de faire un extra avec le Band (The Last Waltz) pour son concert d’adieu au Bill Graham’s Winterland Ballroom, le jour de Thanksgiving 1976.

Stephen Stills, après la mémorable expérience Manassas, sort un troisième LP solo. Bide. Il n’est pas dans la meilleure phase de sa carrière. Dans le même temps, il s’attelle à réactiver Crosby Stills Nash & Young et à repartir en tournée avec de nouveaux morceaux. Un album est entrevu (Human Highway), jamais achevé, la faute aux relations pourries qui plombent le groupe.

Crosby et Nash prennent le parti du duo. C’est l’option retenue également par Stills et Young. Des divergences quant au backing band retenu pour les accompagner sur la route minent cette entreprise qui va vite s’avérer furtive. Stills fait le choix de musiciens de sessions tandis que le Loner veut imposer son Crazy Horse pour des raisons contractuelles. Stills aura le dessus.

Mais l’histoire de cet album ne s’arrête pas là ; elle va même plus loin dans la mesure où Crosby et Nash, alors accaparés par la réalisation de leur (mauvais) album Whistling Down The Wire auquel ils accordent la primeur, sont invités par Young à faire les harmonies  sur quelques titres de Long May You Run. Tout s’apparente alors à ce que le quatuor ne se reforme et que le projet du duo Stills/Young ne vire finalement à un disque CSN & Y. Crosby et Nash ont la tête ailleurs. Cela n’est pas du goût de tout le monde (suivez mon regard…), aussi les voix de Nash et Crosby sont retirées. Un clash naît entre les membres qui se prolonge jusqu’à la reformation de l’équipe mythique en 1988.

Avant que l’album ne sorte en septembre 1976, le duo entame une  tournée de promotion (Clarkstown/Michigan, le 23 juin 76). A sa publication, il en est déjà terminé de cette association, Young ayant quitté la tournée en plein milieu (à Columbia/Caroline du Sud, le 20 juillet 76). Voilà pour les anecdotes. Comme on peut en juger, cet album véhicule, quant à sa préparation, son contexte et ses acteurs, une belle batterie de casseroles. On peut même dire que l’affaire était très mal engagée.

Pour ce qui est du line-up du Stills-Young Band opérant sur Long May You Run, c’est tranché. Stills et Young pourvoient le projet en guitare, piano et chant, tandis que  Joe Vitale (Amboy Dukes, Barnstorm et fidèle de CS&N) se charge de la batterie, Joe Lala et Jerry Aiello, tous deux des ex-Manassas, prennent respectivement les percussions et les claviers, tandis que George Chocolate Perry, de l’entourage de Stills, tient la basse. On comprend mieux que la décision de Stills de faire appel à des musiciens ayant figuré sur certains de ses travaux passés, ait pu déclencher les réactions épidermiques du canadien.

En une quarantaine de minutes, les choses reprennent plus ou moins leur place ; on croit  les rancœurs ravalées, la hache de guerre  enterrée et on a droit à effort globalement acceptable, produit par Tom Dowd et Don Gehman, mais sur lequel le duo conserve un droit de regard très fort. Les studios californiens de Criteria servent de cadre à ces enregistrements concentrés entre février et juin 76. L’Allman Brothers (Eat A Peach) et Derek & The Dominos (Layla) ont déjà fait appel à cet endroit de Miami connu également sous le nom d’Atlantic South Studios.

Long May You Run ne révolutionne pas le genre folk/rock ; il fait toutefois de  belles étincelles, par intermittence seulement. Malgré le fait d’avoir culminé au rang 26 du Billboard 200 et d’avoir été certifié or, ce disque est un peu terne. Encore heureux que le LP de leurs confrères Crosby et Nash s’avère leur plus faible, sans quoi…

Unique travail que Young et Stills aient fait ensemble (on exclura le Buffalo et le quatuor) et première fois qu’ils se retrouvent tous deux  à nouveau sur un disque depuis 1970, Long May You Run ne restera pas dans leurs annales, même si tout n’est pas à écarter ici.

Neil Young met dans la corbeille une dot de 5 morceaux. Stills en assure 4. Young fait du Young, Stills du Stills et il ressort de l’écoute la sensation très marquée de deux mini-LP dans le LP. Il se ressent précisément comme un manque d’implication de l’un sur le lot de l’autre et lycée de Versailles, comme dirait Alexandre-Benoît Bérurier. Cette collaboration de circonstance, plus que véritable groupe, pénalise beaucoup le projet. A cette époque, le blondinet poudré et le canadien ont trois couilles. Six à eux deux… ceci explique cela.

La chanson-titre, Midnight On The Bay, Guardian Angel, Ocean Girl, Fontainebleau et Black Coral échappent aux jugements plutôt sévères qu’on  lui porte. De là à pavoiser, faut pas déconner quand même.

L’ensemble est terne, convenons-en,  mais la matière dite convaincante suffisamment en nombre pour le placer à un niveau honorable (3,5/5). Les fans de ces deux immenses stars s’y retrouveront malgré tout, mais qu’ils sachent que cette expérience n’est restée qu’au stade de bonne idée. Il manque beaucoup trop de cette magie qu’ils distillaient généreusement sous Buffalo pour que Long May You Run accède à un niveau supérieur. Mais bon, c’était pour eux l’époque du tout à l’ego, pitoyable période dont l’un comme l’autre aime le moins parler (RAZOR©).

 

1. Long May You Run.

2. Make Love to You.

3. Midnight on the Bay.

4. Black Coral.

5. Ocean Girl.

6. Let It Shine.

7. 12/8 Blues (All the Same).

8. Fontainebleau.

9. Guardian Angel.

 

Neil Young:guitare,piano,harmonica,synthétiseur,chant.

Stephen Stills:guitare,piano,chant.

Joe Lala:percussions,chant.

Jerry Aiello:orgue,piano.

George "Chocolate" Perry:basse,chant.

Joe Vitale:batterie,flûte,chant.

DISCOGRAPHIE 70'S SOLO.

LP Studio 1 - 1970

 

Stills lp 70

 

STEPHEN STILLS

STEPHEN STILLS – 1970  5/5

 

Publié en novembre 1970.

Produit par Stephen Stills,Bill Halverson.

Durée:38:56.

Label:Atlantic.

Genre:folk-rock,rock.

 

A couper le souffle.

 

S’il est un album de la discographie personnelle de Stephen Stills, c’est bien celui-ci. Son premier, édité fin 70, dans une période où Crosby Stills Nash & Young bat de l’aile. Il ouvre en effet son compteur solo alors que Neil Young, son alter ego, et ego n’est pas un vain mot pour référer à ces deux artistes, en est déjà à son troisième, puisqu’il vient, deux mois auparavant de publier After The Gold Rush.

Quand on connaît les tensions animant les relations professionnelles depuis le Buffalo Springfield et exacerbées par le succès de Crosby Stills Nash & Young, il est patent que le texan veut faire au moins aussi bien que le Loner. Mais ce dernier a mis la barre a un tel niveau qu’il apparaît difficile à Stills de rivaliser, malgré son statut de songwriter talentueux et de musicien virtuose et inspiré. Stills n’est pas n’importe qui et va le prouver.

Non seulement, il n’est pas n’importe qui, mais il sait faire, car son disque confirme ses immenses talents de guitariste, de mélodiste, et ses aptitudes à faire de la très bonne chanson, même s’il n’est pas un songwriter dans l’âme.

Ce qu’il nous pond présentement en guise de première œuvre en solitaire est à ranger parmi les plus grandes des seventies et de l’histoire de la musique : Black Queen, Love The One You’re With, devenu un véritable hymne, Sit Yourself Down, We Are Not Helpless (en réponse au Helpless de son copain Neil Young ?), les fabuleux To A Flame, Cherokee, Old Times Good Times (Hendrix y joue ses dernières notes), Go Back Home (avec Clapton), l’acoustique Do For The Other, c’est du Stills comme on en connaîtra plus jamais. Ou rarement.

Stills a alors le vent en poupe et s’est assuré le concours, excusez du peu, d’un gratin de derrière les fagots : Jimi Hendrix, Eric Clapton, Ringo Starr (qui se fait créditer du nom de Richie sur l’album), John Sebastian, Dallas Taylor, Rita Coolidge, David Crosby et Graham Nash (pour les parties vocales).

Dédié à Hendrix, décédé peu de temps avant la sortie du LP, cet éponyme riche est un élément incontournable de la musique, une pure merveille qui chemine entre rock et folk. Pari réussi pour le sale garnement du rock, donc hors de question de faire l’impasse (RAZOR©)

 

1. Love the One You're With.

2. Do for the Others.

3. Church (Part of Someone).

4. Old Times Good Times.

5. Go Back Home.

6. Sit Yourself Down.

7. To a Flame.

8. Black Queen.

9. Cherokee.

10. We Are Not Helpless.


Stephen Stills:chant,guitare,basse,piano,orgue,steel drum,percussions.

Calvin "Fuzzy" Samuel:basse.

Dallas Taylor,Conrad Isedor,Johnny Barbata:batterie.

Ringo Starr:batterie sur 7/10.

Jeff Whittaker:congas.

Jimi Hendrix:guitare sur 4.

Eric Clapton:guitare sur 5.

Booker T. Jones:orgue,chœurs.

Sidney George:flûte,saxophone alto sur 9.

David Crosby,Graham Nash,John Sebastian,Rita Coolidge,Priscilla Jones,Claudia Lanier,Cass Elliott,Henry Diltz,Liza Strike,Judith Powell,Larry Steele,Tony Wilson,Sherlie Matthews:chœurs.

 

LP Studio 2 - 1971

 

Stills 2 1971

 

STEPHEN STILLS

STEPHEN STILLS 2 – 1971  3,5/5

 

Publié en juin 1971.

Produit par Stephen Stills, Bill Halverson.

Durée:43:02.

Label:Atlantic.

Genre:folk rock,rock.

 

D’où la difficulté de confirmer…

 

Quand vous sortez une pépite comme l’album éponyme précédent, même quand vous vous appelez Stephen Stills, il est difficile de remettre sur le métier l’ouvrage et de refaire, une seconde fois d’affilée, le coup du chef d’œuvre.

Partant de là, le problème de cet album, c’est son prédécesseur. Même s’il est un bon disque, ce Stills 2 n’a pas l’envergure de celui auquel il succède. Sept mois plus tard, même pour un compositeur de la trempe de Stills, même si ce sublime guitariste a alors le vent en poupe, arrive ce qui arrive à beaucoup : la difficulté à confirmer. L’album est donc moins captivant, moins cohérent et accuse même quelques petites défaillances.

Pourtant, Stephen Stills reprend la recette qui a fonctionné sur son album éponyme précédent, en invitant les sommités du coin, comme Jerry Garcia des Grateful Dead, Clapton, Paul Harris, Ringo Starr (English Richie), David Crosby, Nils Lofgren, Billy Preston.

Rien n’y fait, la sauce a du mal à prendre et, au goût, elle se révèle un peu fade. Il semblerait que l’ex-Buffalo Springfield éprouve le besoin de souffler quelque peu, tant une certaine fatigue se fait sentir durant le cheminement des douze titres qui constituent ce disque. Une lassitude, un peu comme celle qui semble l’habiter sur la pochette.

Le sublime folk Change Partners, décalé, comme Fishes and Scorpions, Relaxing Town, un rock populaire, le dylanesque Word Game, Nothin’ To Do But Today, country-blues très funny, une belle ballade acoustique du nom de Singin’ Call et Marianne, échappent à ce constat.

Par ailleurs, je n’ai pas une sympathie particulière pour les sections de cuivre à la Chicago ou Blood Sweat & Tears, qui habillent Ecologie Song, Open Secret et Bluebird Revisited. Stills cède à la mode en vogue à cette époque, mais la musique n’en profite pas pour autant. L’avenir nous apprendra qu’au regard de sa discographie solo, c’est encore un des plus potables (RAZOR©).

 

1. Change Partners.

2. Nothin’ To Do but Today.

3. Fishes and Scorpions.

4. Sugar Babe.

5. Know You Got to Run.

6. Open Secret.

7. Relaxing Town.

8. Singing Call.

9. Ecology Song.

10. Word Game.

11. Marianne.

12. Bluebird Revisited.

 

Calvin “Fuzzy” Samuels:basse.

Jerry Garcia:slide guitare.

Gaspar Lawrawal,Rocky Dijon:congas.

Roger Hopps,Wayne Jackson:trompette.

Conrad Isidore,Dalas Taylor,English Richie (Ringo Starr):batterie.

Eric Clapton,Nils Lofgren:guitare.

Billy Preston,Mac Rebennack,Nils Lofgren, Paul Harris:claviers.

Floyd Newman,James Mitchell:saxophone baryton.

Andrew Love,Ed Logan,Sidney George:saxophone ténor.

Jack Helm:trombone.

David Crosby,Fearless Freddy,Henry Diltz,Nils Lofgren:choeurs.

Stephen Stills:guitare,claviers,basse,chant.

DISCOGRAPHIE ANNEXE 70'S.

LP Studio - Jam Session - 1968

 

Bloomfield kooper stills super session

 

BLOOMFIELD, KOOPER, STILLS

SUPER SESSION  5/5

 

Publié en 1968.

Produit par Al Kooper.

Durée:50:19.

Label:Columbia.

Genre:blues,blues-rock.

 

A faire sien, les yeux fermés.

 

Il aura fallu un jam de 9 heures, en 1968, pour que naisse Super Session (en écoute intégrale ici), cet album extraordinaire qui reprend, pour l’essentiel de son répertoire, des grands classiques blues et pop-rock ! Dois-je vous présenter les lascars qui œuvrent sur Super Session ? Dans l’ordre, Mike Bloomfield, un musicien multi-instrumentiste hyper doué, un des meilleurs guitaristes de tous les temps, mais, hélas, héroïnomane invétéré, dont le talent s’est révélé sur Highway 61 Revisited de Dylan, puis aux côtés de Paul Butterfield, avant de voler de ses propres ailes dans Electric Flag qu’il fonde en 1967. Ensuite, Al Kooper, qui fondera le fameux Blood Sweat and Tears et enfin, le fameux Stephen Stills du CSNY, de Manassas et de…Véronique Sanson.

Un magnifique disque !  Albert’s Shuffle (composé par Bloomfield comme His Holy Modal Majesty et Really), blues torride, plante le décor avec une Gibson aux sonorités étonnantes merveilleusement maîtrisée par Bloomfield, relayée par le clavier de Kooper et soutenue par une basse efficace tenue par Harvey Brooks et agrémenté de petits solis de cuivres. C’est pur et beau comme du cristal.

Et ça continue dans la même teneur avec Stop, le deuxième morceau, un blues shuffle, un des titres phares de l’album, puis avec Really, blues plus lent à la B.B. King. Et il y a ce phénoménal Season Of The Witch (sur l’autre face du vinyle) joué par un Stills des grands jours pendant plus d’une dizaine de minutes. Ce morceau vaut son pesant d’or certes, mais toutes les compositions sont promptes à vous faire craquer pour ce disque bénéficiant de belles et inspirées improvisations.

Mike Bloomfield, tout en fluidité, assure alors une magnifique face A avant de se rétracter alors que le projet initial tournait essentiellement autour de lui. Partant de cette défection subite, Stills, dans un autre registre, plus psychédélique, joue les pompiers de service et permet de boucler l’album.

Le concept de l’album que l’on doit à Al Kooper (producteur chez Columbia en 1968) était de réunir des musicos de talent pour une jam session. Le but était de s’enfermer en studio (ce qu’ils ont fait durant 9 heures pour enregistrer cinq titres), de laisser le talent s’exprimer et de transmettre de l’émotion. Malgré les déboires qui ont perturbé son initiateur, Al Kooper, ce dernier n’en parvient pas moins à réaliser un album des plus équilibrés. L’exploit n’est pas peu mince et annonce ses futures réussites à la prod.

Super Session est un album superbe et une réunion au sommet historique mais il est avant tout celui d’un homme : Mike Bloomfield, de la race de ceux qu’on appelle guitar-hero. A posséder (RAZOR©).

 

1. Albert's Shuffle.

2. Stop.

3. Man's Temptation.

4. His Holy Modal Majesty.

5. Really.

6. It Takes A Lot To Laugh, It Takes A Train To Cry.

7. Season Of The Witch.

8. You Don't Love Me.

9. Harvey's Tune.

 

Mike Bloomfield:guitare électrique de 1 à 5.

Stephen Stills:guitare électrique de 6 à 9.

Al Kooper:piano,orgue,chant,guitare 12 cordes et électrique.

Barry Goldberg:piano électrique.

Harvey Brooks:basse.

Eddie Hoh:batterie.

DISCOGRAPHIE ERE MODERNE.

LP Démos 1968 - 2007

 

Stills just roll tape 2008

 

STEPHEN STILLS

JUST ROLL TAPE – 2007  4/5

 

Publié en juillet 2007.

Produit par Stephen Stills.

Durée:40:16.

Label:Eyewall/Rhino.

Genre:rock,folk rock.

 

On appelle ça un petit trésor.

 

Quelle belle idée que de déterrer ces reliques discographiques nées sous la plume de Stephen Stills et que le titre de l’album Just Roll Tape (en écoute intégrale ici), situe au 26 avril 1968. La datation de ces démos précise le projet à l’époque où Stephen Stills se met périodiquement en congé d’un Buffalo Springfield qui bat alors sérieusement de l’aile, pour aller s’aérer la tête auprès de son ex-petite amie, Judy Collins occupée à des sessions d’enregistrement dans un studio de New York.

Quelques semaines plus tard, il participera, dans la hâte, au fabuleux Super Session qui réunit Al Kooper et Mike Bloomfield, mais que ce dernier, en proie à des problèmes de drogues, ne pourra achever.

Le troubadour Stills profite de ce que Judy Collins lui laisse le champ libre, une fois son travail terminé, et saisit l’opportunité offerte afin d’utiliser les lieux à son profit. Pour une poignée de dollars versés à l’ingénieur, il enregistre diverses versions de titres qui, plus tard, allaient faire sa popularité et celle du trio Crosby Stills & Nash.

Seul, avec pour seul outil de travail, sa guitare acoustique, Stills couche sur magnéto douze chansons parmi lesquelles les premiers jets de Wooden Ships, Judy Blues Eyes, Helplessly Hoping que l’on retrouve sur le premier album du futur trio ou encore les moutures, brutes de décoffrage, sans production superflue, de Black Queen (sur son premier album solo et avec Manassas), Change Partners et So Begins The Task.

Ces démos très inspirées sont, à ce point de vue, vraiment fascinantes. De surcroît, elles sont accompagnées d’un son bien équilibré. Rappelons, pour les profanes, que cette période de la carrière de Stephen Stills était alors la plus féconde. L’homme était ce qu’il était, mais l’artiste, un incroyable talent.

Merci à celui qui a fermé définitivement la porte du studio, d’avoir bien regardé partout avant de partir. Il a ainsi sauvé ces bandes d’une inévitable disparition. Ce qui, compte tenu de la beauté de cette œuvre, exhumée quarante ans plus tard, (2007/Rhino), aurait été un irréparable gâchis. On appelle ça des trésors (RAZOR©).

 

1. All I Know is What You Tell Me.

2. So Begins the Task.

3. Change Partners.

4. Know You Got To Run.

5. The Doctor Will See You Now.

6. Black Queen.

7. Bumblebee (Do You Need A Place to Hide?).

8. Judy.

9. Dreaming of Snakes.

10. Suite : Judy Blue Eyes.

11. Helplessly Hoping.

12. Wooden Ships.

13. Treetop Flyer.

 

Stephen Stills:chant,guitare,dobro.

Coffret Collection - 2013

 

Stills carry on

 

STEPHEN STILLS

CARRY ON – 2013  4,5/5

 

Publié en février 2013.

Produit par Joel Bernstein,Graham Nash,Stephen Stills.

Durée:294:20.

Label Atlantic Records, Rhino Records, Warner Music Group

Genre:rock,country-rock,folk-rock.

 

En souvenir des jours meilleurs.

 

Sa carrière, dont le plus juteux se situe dans sa phase initiale, avait besoin d’un coup de plumeau pour ne pas risquer l’oubli irrémédiable, aussi Stephen Stills réapparaît-il sur le devant de la scène en 2013 avec Carry On (en écoute intégrale ici), une rétrospective forte de quatre CD, pour l’événement revue à la hausse.

Personne ne trouvera donc matière à bouder cette sortie et à repousser au large cette bouée de sauvetage réévaluée qui nous rappelle de manière frappante que le talentueux et multi instrumentiste texan a été (j’insiste bien sur le temps employé) un artiste majeur de la scène rock californienne des années 60/70.

Après c’est le néant, l’artiste à l’ego notoirement surdimensionné, au caractère sulfureux dominant et aux frasques inlassablement répétées, s’étant complètement égaré dans des territoires dominés par la poudre et dont il s’est largement bourré le pif durant des décennies.

De la mythique bande des quatre, à savoir Crosby Stills Nash & Young, l’ex de Véronique Sanson était, à ce jour, le seul membre à ne pas avoir encore fait le coup du coffret collecteur de l’essentiel de son œuvre anthologique. Désormais, c’est fait.

Après les Archives (Vol 1) de Neil Young, le Reflections de Graham Nash et le Voyage de David Crosby, Stephen Stills fait à son tour le grand saut. Il en a bougrement besoin pour ressortir la tête de l’eau et rafraîchir la mémoire des puceaux sur son œuvre lumineuse. Stills, c’est ça et pas ces ersatz d’albums trop polis et usant de synthés qui ne lui ressemblent guère, qu’il a enfilés depuis l’apogée de sa glorieuse période.

Stills est un compositeur doué, mais son talent est sérieusement écorné à force d’avoir donné la priorité à la coke. Même sa voix et son chant lui ont tourné le dos. Il était temps de nous le remettre dans le droit chemin. Carry On tombe à pic pour se rabibocher avec des fans qu’il a toujours en grand nombre.

En ce sens, cette rétro discographique  d’un auteur-compositeur-interprète complet, connu pour sa prolificité et son éclectisme, mais craint  pour la complexité et le côté parfois insaisissable de son travail, enrichie d’un lot appréciable d’une vingtaine d’inédits savoureux, redonne de belles couleurs à un parcours plutôt en berne ces derniers temps (exception faite de Pieces/2009 et de Just Roll Tape/2007), dans le même temps qu’elle crédibilise à nouveau un homme que l’on pensait ne plus jamais revoir à ce niveau, voire revoir tout court. L’approche qui sied à ce retour au premier plan est gagnante, même si les initiés n’y verront pas beaucoup de surprises, connaissant leur gazier comme personne.

Le matériel sélectionné est de qualité. Pour les besoins du premier CD, le répertoire est brodé autour du Buffalo Springfield des premières heures dont Stills fut un incontestable meneur (Bluebird, For What It’s Worth), contient la crème sous CSN & Y (Judy Blue Eyes ou Woodstock), des débuts à son apogée. On y découvre en intro le Stills ado seul à la gratte (Travelin’).

Un deuxième CD dévoile le Stills jammeur avec les potes Hendrix et Clapton, révèle l’artiste qui s’entoure du gratin du moment, Jerry Garcia, Dallas Taylor, Nils Lofgren (Change Partners), retrace la période Manassas, certainement la meilleure chose qu’il ait faite… Là encore, pas de quoi surprendre un fan pur et dur. Néanmoins, cette phase, moins connue, s’avère la plus pétillante du lot et mérite toute l’attention. L’alternance entre le très bon (Spanish Suite, Dear Mr Fantasy, Cuba Al Fin et Turn back The Pages) et le moins intéressant pour la sensation que Stills dégage trop souvent ici de ne pas trop savoir où se poser alors, prévaut dans le troisième temps de ce coffret.

Ce troisième volet est certainement le plus chiant à écouter. Stills corrige le tir par un dernier CD de reprises de toute beauté. Je ne vous en dis pas plus. Etant un grand fan de l’artiste, je déplore cependant que cette collection dite anthologique n’ait pas retenu l’intermède que Stills et Young se sont accordés (The Stills Young Band, auteur du très bon Long May You Run en 76. Ses dernières grandes heures à mon sens.

Quoi qu’il en soit, tout amateur du gars de Dallas se doit d’être de ce box set lumineux, trop court malgré 5 heures d’écoute en quatre chapitres. Il n’est pas meilleur tour d’horizon actuel sur son œuvre que ce Carry On (du nom d’un de ses titres célèbres).

Entre répertoire connu, live, versions alternatives, reprises et remixes, la qualité du produit est tirée vers le haut ; la cote de ce galapiat américain, qui a influé comme peu sur la west coast californienne, vogue désormais à la hausse (il préparerait un nouvel album) et ce n’est que justice.

L’homme qui a appartenu à trois des plus grands groupes que les seventies (Buffalo Springfield, Crosby Stills Nash avec ou sans Young et Manassas) aient engendrés, ne méritait certainement pas de finir dans le mur. Il a trop apporté au rock. Puisse-t-il nous revenir définitivement à un niveau acceptable, c’est mon souhait le plus cher. Mais faut faire vite, la ligne droite des tribunes est là, l’arrivée est proche (RAZOR©).

 

Disque 1.

1. Travelin’/Stephen Stills.

2. High Flyin’ Bird/The Au Go Go Singers.

3. Sit Down I Think I Love You/Buffalo Springfield.

4. Go and Say Goodbye/Buffalo Springfield.

5. For What It’s Worth/Buffalo Springfield.

6. Everydays/Buffalo Springfield.

7. Pretty Girl Why/Buffalo Springfield.

8. Bluebird/Buffalo Springfield.

9. Rock ’n’ Roll Woman/Buffalo Springfield.

10. Special Care/Buffalo Springfield.

11. Questions/Buffalo Springfield.

12. Uno Mundo/Buffalo Springfield.

13. Four Days Gone/Buffalo Springfield.

14. Who Ran Away?/Stephen Stills.

15. Forty-Nine Reasons/Stephen Stills.

16. Helplessly Hoping/Crosby,Stills & Nash.

17. You Don’t Have to Cry/Crosby,Stills & Nash.

18. Suite: Judy Blue Eyes/Crosby,Stills & Nash.

19. 4+20/Stephen Stills.

20. So Begins the Task/Stephen Stills.

21. The Lee Shore/Stephen Stills.

22. Carry On/Questions/Crosby,Stills,Nash & Young.

23. Woodstock/Crosby,Stills,Nash & Young.

 

Disque 2.

1. Love The One You’re with/Stephen Stills.

2. Old Times Good Times/Stephen Stills.

3. Black Queen/Stephen Stills.

4. No-Name Jam/Stephen Stills & Jimi Hendrix.

5. Go Back Home/Stephen Stills.

6. Marianne/Stephen Stills.

7. My Love Is a Gentle Thing/Stephen Stills.

8. Fishes and Scorpions/Stephen Stills.

9. The Treasure/Stephen Stills.

10. To A Flame/Stephen Stills.

11. Cherokee/Stephen Stills.

12. Song of Love/Stephen Stills.

13. Rock ’n’ Roll Crazies/Cuban Bluegrass/Stephen Stills.

14. Jet Set (Sigh)/Stephen Stills.

15. It Doesn’t Matter/Stephen Stills.

16. Colorado/Stephen Stills.

17. Johnny’s Garden/Stephen Stills.

18. Change Partners/Stephen Stills.

19. Do for Others/Stephen Stills and Steve Fromholz.

20. Find The Cost of Freedom/Crosby Stills,Nash & Young.

21. Little Miss Bright Eyes/Stephen Stills.

22. Isn’t It About Time/Stephen Stills.

 

Disque 3.

1. Turn Back the Pages/Stephen Stills.

2. First Things First/Stephen Stills.

3. My Angel/Stephen Stills.

4. Love Story/Stephen Stills.

5. As I Come of Age/Stephen Stills.

6. Know You Got to Run/Stephen Stills.

7. Black Coral/Crosby,Stills,Nash & Young.

8. I Give You Give Blind/Crosby,Stills & Nash.

9. Crossroads/You Can’t Catch Me/Stephen Stills.

10. See The Changes/Crosby,Stills & Nash.

11. Thoroughfare Gap/Stephen Stills.

12. Lowdown/Stephen Stills.

13. Cuba Al Fin/Stephen Stills.

14. Dear Mr. Fantasy/Stephen Stills & Graham Nash.

15. Spanish Suite/Stephen Stills.

16. Feel Your Love/Crosby,Stills & Nash.

17. Raise A Voice/Crosby,Stills & Nash.

18. Daylight Again/Crosby,Stills & Nash.

 

Disque 4.

1. Southern Cross/Crosby,Stills & Nash.

2. Dark Star/Crosby,Stills & Nash.

3. Turn Your Back On Love/Crosby,Stills & Nash.

4. War Games/Crosby,Stills & Nash.

5. 50/50/Stephen Stills.

6. Welfare Blues/Stephen Stills.

7. Church (Part of Someone)/Stephen Stills.

8. I Don’t Get It/Stephen Stills.

9. Isn’t It So/Stephen Stills.

10. Haven’t We Lost Enough?/Crosby,Stills & Nash.

11. Ballad of Hollis Brown/Stephen Stills.

12. Treetop Flyer/Stephen Stills.

13. Heart’s Gate/Stephen Stills.

14. Girl from The North Country/Crosby,Stills & Nash.

15. Feed The People/Stephen Stills.

16. Panama/Crosby,Stills & Nash.

17. No Tears Left/Crosby,Stills & Nash.

18. Ole Man Trouble/Crosby,Stills,Nash & Young.

19. Ain’t It Always/Stephen Stills.

DISCOGRAPHIE THE RIDES

LP Studio 1 - 2013

 

Stills the rides can t get enough 2013

 

THE RIDES

CAN’T GET ENOUGH – 2013  4/5

 

Publié en août 2013.

Produit par Jerry Harrison,Kenny Wayne Shepherd,Stephen Stills.

Durée:48:09.

Label:Mascot Provogue.

Genre:blues-rock,Modern Electric Blues,rock,hard rock.

 

Une si longue attente…

 

Attendons un peu pour voir si on peut affubler ce trio du statut de super groupe. Il ne suffit pas d’être 3, d’appartenir pour deux d’entre eux et depuis presque 50 ans au gratin du rock (Stephen Stills et Barry Goldberg) pour user d’une panoplie de qualificatifs réservés traditionnellement à une élite : Cream, Jimi Hendrix Experience, Blind Faith et Z.Z Top, les plus populaires ; à un degré moindre, Beck Bogert Appice, West Bruce Laing, des projets qui ont flirté avec le haut niveau du power trio.

Stephen Stills sait de quoi il retourne en matière de tierces musicales, étant lui-même un pilier de Crosby Stills & Nash. L’heure de gloire du claviériste Goldberg, l’autre vétéran des Rides, a notamment consisté à former l’Electric Flag avec Mike Bloomfield (1967) et à graviter dans l’environnement de Dylan, bien qu’il ait réalisé une belle carrière d’auteur-compositeur, ce qui lui a valu d’être repris par de nombreux artistes, parmi lesquels Joe Cocker, Rod Stewart, Gram Parsons ou Steve Miller.

Le troisième larron, un des meilleurs guitaristes de blues actuels, Kenny Wayne Sheperd, appartient à une plus jeune génération. Il fait irruption dans la profession en 1995. Quand il naît en 1977, Stills, de 32 ans son aîné, affiche au compteur un passé prestigieux avec Buffalo Springfield, peut-être plus prestigieux mais sous-estimé avec Manassas et publie alors son cinquième LP avec Crosby Stills & Nash (CSN), sans compter que sa besace personnelle est déjà bien chargée.

Goldberg, le grand pote de Mike Bloomfield avec lequel il pointe sur le mythique Super Session de Bloomfield/Stills/Kooper, est trois ans plus vieux que Stills. Outre l’Electric Flag, il est derrière l’Ivar Avenue Reunion, le Barry Goldberg Blues Band, le Barry Goldberg Reunion ou encore KGB.

Ajoutez derrière ce trio majeur, le batteur Chris Layton, un ancien de la maison Stevie Ray Vaughn, Kevin McCormick, bassiste qui a bossé avec Crosby Stills & Nash, Jackson Browne, Bonnie Raitt, Bruce Hornsby ou encore Nils Lofgren ainsi que le percussionniste Luis Conte (James Taylor, Phil Collins…). Pas le genre de musiciens à venir simplement poser pour la photo…

Les Rides, dont on doit l’idée à un Stills fortement appuyé par Goldberg, font dans le blues-rock comme le restitue le répertoire de Can’t Get Enough (en écoute intégrale ici), album inattendu, passé inaperçu aux yeux de beaucoup. Partagé entre une écriture assurée par les membres des Rides (Don’t Want Lies, Can’t get Enough et Only Teardrops Fall) et des reprises plutôt inspirées de cadors du rock et du blues (Muddy Waters, Elmore James, Neil Young, Stills, Stooges), Can’t Get Enough, sorte de live de studio, dévoile que les papys et leur succession ne sont pas là pour faire de la figuration.

L’affaire est sérieuse, impressionne dans son mélange entre anciens et modernes, et mérite d’ores et déjà une reconduction dans le temps ; elle est à suivre avec grand intérêt. La collection spontanée et réussie de blues-rocks lourds et classiques ici portée et réalisée en une petite semaine, plaide incontestablement en faveur d’un bis repetita, voie dans laquelle les acteurs, visiblement satisfaits de leur prestation et il y a de quoi, semblent signer des deux mains et plutôt deux fois qu’une.

Ces Rides, dans leur première version discographique, prennent les traits d’un vrai projet à long terme. On s’éloigne donc de l’idée du groupe sans lendemain ou de la réunion ponctuelle de stars du rock. Dans les cartons s’annonce un deuxième jet dont l’écriture est entamée ; on entrevoit à l’horizon de ce N°2 des titres originaux en cours de prépa. Par ailleurs, une tournée de promotion de Can’t Get Enough a depuis été engagée.

Stills et Goldberg d’un côté, et Shepherd, de l’autre, montrent une belle complémentarité et allient la maîtrise instrumentale insolente et arrogante des seniors à l’énergie de la jeunesse. Les anciens font fi de leur forte personnalité et le petit, posé et réservé que Stills invite à se dépasser, se fond trop gentiment dans un moule collectif qui permet de tirer le meilleur parti d’un répertoire qui avait tout de la chausse-trappe. Puisse-t-il dans les desseins annoncés des Rides en lâcher plus encore et tout déchirer…

Dans l’attente de réécouter ce groupe (pas encore super groupe) que je vais désormais surveiller comme le lait sur le feu et dont je me fais fort d’épier les moindres faits et gestes à l’avenir, je me réjouis de retrouver Stills à un si haut niveau. Ses fans ont tellement et si longtemps attendu. Pour l’heure, permettez-moi de lancer une ola pour son retour sur le devant de la scène, pour cette unité aboutie et ce disque très très accrocheur (RAZOR©).

 

1. Roadhouse.

2. That's a Pretty Good Love.

3. Don't Want Lies.

4. Search and Destroy.

5. Can't Get Enough.

6. Honey Bee.

7. Rockin' in the Free World.

8. Talk to Me Baby.

9. Only Teardrops Fall.

10. Word Game.

 

Luis Conte:percussions.       

Barry Goldberg:claviers.      

Chris Layton:batterie.

Kevin McCormick:basse.

Alethea Mills,Chavonne Stewart:choeurs.

Kenny Wayne Shepherd:guitare,chant.  

Stephen Stills:guitare,chant.        

LP Studio 2 - 2016

 

The rides pierced arrow

 

THE RIDES

PIERCED ARROW – 2016  4/5

 

Publié en mai 2016.

Produit par The Rides.

Durée:44:54.

Label:429 Records.

Genre:blues-rock.

 

Plaisir communicatif !

 

Qui aurait pu imaginer que ce trio formé par deux anciennes légendes du rock, les septuagénaires Stephen Stills (71 ans) et Barry Goldberg (73 ans), et le guitariste autodidacte louisianais Kenny Wayne Shepherd, une trentaine d'années bien tassée plus jeune, était capable de nous faire voyager de la sorte ?

Cet improbable trio monté en 2012 par Stills est une vraie bouffée d'oxygène pour celui dont on spéculait plus sur la disparition à court terme que sur une hypothétique renaissance. Non seulement, l'association de bienfaiteurs dont il est l'instigateur tombe à pic pour les inconditionnels du texan lesquels commencent sérieusement à se poser des questions sur l'artiste, mais il ressort de ce triumvirat musical une grande cohésion et un ardent désir d'en découdre. Le plaisir est partagé, sachez-le, et on tient avec cette unité tricéphale un des actes les plus intéressants mis sur pied par l'ex-Diva du rock, ; lui même avance détenir enfin le groupe de blues qu'il a toujours imaginé dans ses rêves les plus fous.

Le premier LP, Can't Get Enough (2013), installait les conditions d'une belle surprise à attendre de ces gaziers pour peu qu'ils gagnent encore en cohésion. Le premier album du trio n'a pas fait Top 40 du Billboard par la seule opération du Saint-Esprit. Le trio en a sous la pédale. En alignant un deuxième opus encore plus costaud que le précédent, les Rides de l'ex Buffalo Springfield se posent désormais comme une des incontournables formations actuelles de blues-rock.

Pierced Arrow (en écoute intégrale ici), cet excellent N°2 du trio, gorgé de blues, de rock et de soul, articulé autour de 10 titres portés par des cadors de l'instrument, mais sans prises de risques majeures, prend place parmi les grands disques rock de cette année. Amorcé par un Kick Out Of It de derrière les fagots, Pierced Arrow, c'est du bon boulot sans véritable surprise mais surtout sans la moindre fausse note.

Ceux qui attendent de Stills et consorts (le batteur Chris Layton et le bassiste Kevin McCormick constituent la belle rythmique de ce disque) une quelconque originalité en seront pour leur frais ; de là à ne pas admettre que ce qui est ici proposé est efficace et maîtrisé de A à Z, il n'y a qu'un pas. Outre Kick Out Of It, la sublime ballade Virtual World, I've Got To Use My Imagination, By My Side, Mr Policeman, I Need You Lovin', My Babe, le bonus Born In Chicago (il y en a 3 dans l'édition Deluxe), Riva diva ont mes faveurs.

Ode à la gloire du blues et du rock, l'inspiré Pierced Arrow, s'il ne révolutionne pas le monde musical, atteint son objectif : procurer du plaisir à une cible recrutée essentiellement parmi les puristes de blues-rock. Chaudement recommandable ! (RAZOR©)

 

1. Kick Out Of It.

2. Riva Diva.

3. Virtual World.

4. By My Side.

5. Mr. Policeman.

6. I've Got To Use My Imagination.

7. Game On.

8. I Need Your Lovin'.

9. There Was A Place.

10. My Babe.

 

Stephen Stills:guitare,slide guitare,chant.

Barry Goldberg:orgue,piano,claviers.

Kenny Wayne Shepherd:guitare.

Chris Layton:batterie.

Kevin McCormick:basse.

2 votes. Moyenne 3.50 sur 5.