The Beach Boys (1)

BIOGRAPHIE.

 

THE BEACH BOYS/Hawthorne (Californie)

 

Beach boys 1

 

Actif depuis 1961.

Labels:Capitol Records.

Genre:rock,surf rock,pop rock,rock psychédélique,pop psychédélique,pop baroque.

Site officiel:TheBeachBoys.com

 

Les Beach Boys, l’histoire de la famille Wilson.

Les Beach Boys, c’est avant tout une histoire de famille. Celle des Wilson : l’aîné Brian, génial compositeur des plus grands tubes du groupe (I Get Around, Surfin' U.S.A., Don't Worry Baby, Surfer Girl, Wouldn't It Be Nice, God Only Knows, Good Vibrations), Carl, le plus jeune, mort d’un cancer en 1998 et Dennis, le batteur et seul surfeur de la formation, inhumé en 1983 au large des côtes californiennes. Outre la fratrie Wilson, il y a le cousin des Wilson, Mike Love, et Al Jardine, un camarade de classe.

Immortalisés par leurs incomparables harmonies vocales, parmi les plus belles de toute l’ère du rock, les Beach Boys sont un des rares groupes américains à contrecarrer la razzia opérée par les Beatles sur le sol américain et à perturber la british invasion ambiante. Pas seulement dans les chiffres et dans les classements, mais également en termes de créativité où le Pet Sounds des californiens a, sinon inspiré, au moins initié la réaction des Fab Four qui leur opposent en retour Sgt. Peppers Lonely Hearts Club Band. L’un comme l’autre figurent aujourd’hui comme les deux plus grands sommets artistiques rock de tous les temps.

L’insouciance des jeunes angelins.

Le quintet de la périphérie de Los Angeles (Hawthorne) voit le jour en 1961 ; aucun des acteurs n’a encore 20 ans. Ils présentent bien et traduisent l’insouciance de la jeunesse angeline du moment au quotidien rythmé par le soleil, la plage, le surf et les jolies filles. Hormis Dennis, aucun d’entre eux n’est réellement surfeur. C’est pourtant la surf music, inspirée du rock and roll et du doo-wop, qui devient le fonds de commerce de ce line-up, avec des titres mélodiques et aux harmonies vocales complexes, enfilés comme des perles par son compositeur en chef, Brian Wilson.

Le premier d’entre eux, Surfin’, écrit par ce dernier et le cousin Mike, date de fin 1961. Il permet aux Beach Boys, managés par Papa Murry Wilson, d’entrer de manière fracassante dans le métier. Ce single initial, 75 dans les charts américains,  va également installer ce que l’on appelle le Beach Boys California Sound. Le succès de Surfin’ précipite le passage du mineur Candix au géant Capitol Records.

La jeunesse américaine s’identifie à ces jeunes hommes qui, très rapidement, enregistrent un premier album, Surfin’ Safari, sorti en 1962 et sur lequel apparaît le single qui les a révélés. La chanson-titre (N°14) est l’autre grand tube du LP, parue début juin 1962. Un troisième single en est extrait : Ten Little Indians (novembre 1962). L’album se classe au 32ème rang du Billboard.

Quand la mayonnaise prend.

Surfin’ USA suit en 1963. Tiré par le succès de son morceau titre à polémique (il ressemble de trop près à un certain Sweet Little Sixteen de Chuck Berry et cette proximité mélodique est source de menace de procès de la part de ce dernier), cet opus marche mieux que le précédent et se fraye un chemin jusqu’au 2ème rang des charts américains. C’est ici que l’alchimie vocale chère aux Beach Boys prend véritablement forme. Grâce à son single star, les californiens entrent pour la première fois dans les hits britanniques (36).

Beach boys 3

Surfer Girl (septembre 1963) est le troisième jet. Une fois encore, son titre réfère au surf. Fort de la réussite de leur association, le label pousse les Beach Boys à aligner les titres, au risque de procéder parfois à du remplissage. Seuls les Beatles sont aussi prolifiques et aussi bons qu’eux.

A trop vouloir contrer la concurrence anglaise, le groupe enfile les chansons avec plus ou moins de succès ; les titres figurant sur cet album se partagent entre pièces exceptionnelles (Catch A Wave/N°15 et Little Deuce Coupe/N°7) et chansons dignes de moins d’intérêt. Néanmoins, Surfer Girl est bien travaillé et s’installe à une honorable septième position du Billboard.

Le mythe californien avec ses plages, ses surfeurs et ses jeunes bronzés et insouciants leur est désormais profondément associé.

Little Deuce Coupe, chanson-phare de l’album précédent, sert de titre au quatrième volet discographique des californiens et troisième LP pour la seule année 1963. Il sort moins d’un mois après Surfer Girl, ce qui dénote une volonté délibérée de l’éditeur de thésauriser sur l’élan favorable engendrée par le nom de Beach Boys. La matière est alignée dans la précipitation, voire bâclée, brodée autour de l’univers automobile et complétée par trois titres figurant déjà sur Surfer Girl. Peu passionnant et obéissant à des visées purement mercantiles, on l’oublie.

A trop vouloir contrer l’invasion britannique…

En mars 1964, Shut Down Volume 2 vient à son tour alimenter le catalogue studio. Très moyen et inégal, ce disque oubliable sert plus de prétexte à faire la nique à Capitol qui s’est fendu d’un Shut Down sans l’aval du groupe.

Trois mois plus tard, c’est au tour d’All Summer Long (juin 1964) de tomber dans les bacs des disquaires. N°6, cet opus brillant et inspiré, créatif, maîtrisé, ensoleillé, réplique de manière magistrale à la british invasion ambiante, en décochant une de ses plus belles flèches : I Get Around (N° 1 des charts U.S, 10 au Royaume-Uni). 4ème au Billboard 200 de l’année 64, All Summer Long est un des trois meilleurs des banlieusards de L.A.

Un live, Beach Boys Concert (octobre 1964) s’invite alors ; c’est le troisième disque des garçons de plage pour 1964. Enregistré au Memorial Auditorium de Sacramento, il est le seul LP live réunissant le line-up légendaire des Beach Boys.

Juste avant le Noël 64, début novembre, est publié The Beach Boys' Christmas Album, un classique populaire, joyeux, agréable et qui magnifie cette fête religieuse. Ce septième disque studio est une réussite, mais pas tant que Today ! (mars 1965), premier des trois LP parus en 1965.

Beach boys pet sounds

Beach boys 4

1965, le tournant.

Ce huitième jet, et sa face B notamment, marque un tournant important dans la trajectoire musicale du groupe et plus particulièrement de son songwriter attitré, parce qu’il prépare au deuxième plus grand disque de tous les temps, Pet Sounds ;  la vision artistique de Brian Wilson, plus mature et impliqué comme jamais au sein de sa formation, l’élève au rang des plus grands compositeurs de tous les temps.

C’est le point de départ du nouveau Wilson et, par voie de conséquence, des Beach Boys placés sous son influence.

Summer Days (And Summer Nights), publié durant l’été 1965 et Party, en novembre de la même année, font la transition entre Today ! et le Beach Boys de l’ère pop psychédélique avec plus ou moins de bonheur et d’intérêt, surtout pour le second nommé, 10ème LP studio du catalogue, sorti coûte que coûte avant Noël histoire de reproduire la stratégie commerciale du Beach Boys' Christmas Album de l’année précédente.

Et ça marche, en dépit d’un disque discutable pour lequel on a laissé délibérément les micros du studio ouverts et laissé couler.

Beach Boys et Beatles se tirent la bourre.

La référence mythique du catalogue a pour nom Pet Sounds. Sorti mi mai 1966, au retour d’une tournée au Pays du Soleil Levant, il est surtout l’œuvre douce, mélodique, mélancolique et accrocheuse de Brian Wilson ; les Beach Boys entrent au Panthéon du rock malgré un disque qui ne connaît pas un gros impact commercial. La critique, elle, s’enflamme pour Brian le visionnaire et pour ces garçons qui, désormais, touchent aux cachetons et arborent les cheveux longs. McCartney et Lennon sont clients de ces américains pas comme les autres qui, pourtant, se sont appuyés sur leur sixième LP, Rubber Soul, pour réaliser Pet Sounds et venir contrecarrer l’hégémonie des Beatles sur la planète rock. Pour McCa, God Only Knows est alors la plus belle chanson pop jamais écrite. Et il s’y connaît !

Si les Beatles répliquent avec Revolver (5 août 1966), les yankees ne s’en laissent pas compter, Brian Wilson en tête, les autres étant trop absorbés à capitaliser sur les retombées critiques de Pet Sounds pour lequel on crie au génie. Les filles, le LSD, la marijuana, la plage, le soleil… la belle vie quoi ; voilà de quoi est fait le quotidien des Beach Boys. Seul Brian Wilson remet vraiment les mains dans le cambouis pour tenter de s’opposer à ce que les Beatles préparent dans le même temps : Sgt Pepper’s Lonely Hearts Club Band, l’album de tous les albums de rock.

L’aîné des Wilson a bien sa petite idée : elle s’appelle Smiley Smile (septembre 1967) qui se veut plus ambitieuse et plus complexe encore que Pet Sounds et pour laquelle le songwriter Van Dyke Parks. Hélas, le projet n’a pas l’assentiment des autres acteurs et plus particulièrement de Mike Love, lequel juge les chansons de Wilson trop complexes pour leur interprétation en public. Comme le label ne se montre pas très enthousiaste à cette idée, le projet de départ est abandonné pour accoucher au final d’un ersatz de Smiley Smile, qui, soit-dit-en-passant, demeure performant malgré les contraintes et les retouches. On n’ose espérer le résultat si Wilson avait eu les coudées vraiment franches…

L’Imaginatif Good Vibrations est le titre majeur de ce disque inachevé et alimenté par des alternatives aux originaux envisagés par son maître d’œuvre parano qui, sous l’effet de l’abus de psychotropes, va même jusqu’à détruire des bandes et à rendre les sessions d’enregistrement houleuses.

Beach boys brian wilson 2

Brian Wilson sous contrôle.

Fin décembre 1967, Brian Wilson s’est vu retirer les clés du camion, comme on dit. Il n’est plus considéré comme le leader artistique des Beach Boys, il est écarté de la production et l’écriture est désormais partagée.

Le groupe part alors dans un registre R & B qui, s’il est bien maîtrisé, n’est pas sa tasse de thé comme en atteste le spécifique Wild Honey, numéro 13 de la discographie studio, ni mauvais, ni bandant.

Brian Wilson mis sous contrôle et sommé de revenir à plus de simplicité, il est à craindre pour l’avenir des Beach Boys, mais ceux-ci prouvent qu’ils ont des ressources et qu’ils retrouvent une certaine sérénité, à l’image de l’excellent et sous-estimé Friends, sorti en juin 1968.

Un Wilson pouvant en cacher un autre, Dennis montre le bout de son nez à l’écriture en signant les très bons Little Bird et Be Still.20/20 (février 1969) est le quinzième album en 8 ans ! Le rythme des enregistrements est frénétique. Le label souscrit à la tentation du disque facile.

Dans le même temps, le groupe se plie de bonne grâce aux obligations contractuelles pour pouvoir souffler un peu. Si tout le monde se satisfait de ce bric-à-brac constitué à la hâte avec des singles et des chutes, 20/20 n’est pas un disque passé à la postérité, même s’il tient la route (380).

Une nouvelle décennie s’ouvre avec bonheur.

Sunflower, d’avril 1970, lui est nettement supérieur. Fait chez Reprise Records, ce 16ème LP est l’autre Beach Boys classé dans les meilleurs disques de tous les temps pour le magazine Rolling Stone. Cohérente comme elle ne l’a plus été depuis Pet Sounds, la musique des californiens retrouve des couleurs, à l’instar d’un Brian Wilson qui revient au premier plan, soutenu dans son écriture par un Dennis Wilson encore efficace. Album aux belles et chaudes harmonies, il ouvre avec bonheur une nouvelle décennie.

Surf’s Up (N°17) est certainement le dernier grand volet discographique de la fratrie d’Hawthorne. Le meilleur depuis Pet Sounds, avec une très grande qualité d’écriture et une variété de titres à nulle autre comparable avec tout ce qui précède. Publié en 1971, soit 10 ans après leurs débuts, Surf’s Up est le reflet d’une formation plus mature, assagie, plus équilibrée, plus collective aussi. Les Beach Boys ont conscience qu’il faut se remonter les manches pour continuer à subsister auprès d’un public qui a changé, très éloigné qu’il est des surfers et de la génération Woodstock. Surf’s Up est essentiel dans leur catalogue.

Brian Wilson, très abîmé par le LSD et la dépression, choisit l’année 1972 pour faire un long break et laisse les rênes du groupe au reste de la bande. L’occasion est trop belle pour Carl Wilson d’endosser le costume de leader. Sous sa houlette, les Beach Boys prennent une orientation artistique plus rock, plus progressive et plus en phase avec la musique ambiante et avec l’époque. Blondie Chaplin et Ricky Fattar intègrent une mouture qui croit dur comme fer à un possible renouveau. A l’inverse, Bruce Jonhston, membre des Beach Boys depuis avril 1965 (en remplacement de l’intérimaire Glenn Campbell), les quitte. Nous sommes en février 1972.

Nouvelle vision artistique.

Trois mois plus tard, le nouveau Beach Boys publie Carl & The Passions/So Though, 18ème levée vinylique au nom référant à une formation par laquelle Carl Wilson est passée dans son adolescence. Passation de pouvoir ? Transition ? Nouveau départ avec un changement de nom ? Toujours est-il que l’absence de Brian Wilson engendre une nouvelle vision pour l’avenir du groupe. Ou plutôt de nouvelles visions… Mike Love en pince pour les sonorités orientales, Dennis Wilson voit là l’opportunité de se montrer tandis que les nouveaux venus ont été recrutés pour donner du corps au projet comme le voulait Carl. On est désormais très loin des Beach Boys surf-rockeurs des 60’s. Malgré cela, Carl & The Passions/So Though est une belle surprise.

Le 19ème volume, Holland, se fait… en Hollande, comme son nom l’indique. En janvier 1973, quand le disque tombe sur le marché européen, on se dit que les Beach Boys, c’est désormais de l’histoire ancienne. Les californiens n’ont que très peu d’atouts pour parvenir à convaincre un public qui l’a déserté en masse depuis les errements de Smiley Smile. On en vient à regretter que Brian Wilson ne se refasse pas plus vite la cerise. Un seul être vous manque…

Beach boys brian wilson

« Papa Wilson, Murry de son prénom, a été pour beaucoup dans notre réussite. C’est lui qui nous a trouvé le premier studio d’enregistrement. Il nous a énormément aidés. En contrepartie, il était un manager difficile par moments. Il faisait peur par sa manière d’élever la voix et de vous planter, à l’appui de ses vociférations, ses doigts dans la poitrine. Il insistait pour que nous nous bougions, faisait peser la menace de nous botter le cul si nous ne donnions pas le maximum pour faire un bon disque. C’est cet état d’esprit qui nous a permis de signer des titres comme Good Vibrations ou California Girls. » (Brian Wilson)

 

Best Of, compil’, Golden Hits…et à part ça ?

Il faut la publication d’une double compilation, en juin 1974, la dénommée Endless Summer, pour redorer le blason des Beach Boys. Durant deux ans, le groupe capitalise sur des disques réunissant ses meilleurs succès : Spirit Of America, Good Vibrations/ Best Of The Beach Boys, en 1975, 20 Golden Hits en 1976. A trop privilégier le passé, il en arrive à oublier l’avenir.

Il faut attendre juin 1976 pour voir un nouvel album studio compléter le catalogue. 10 ans après Pet Sounds, 15 Big Ones, numéro 20, fait pâle figure malgré le retour de Brian Wilson au songwriting et le coup de com’ qui l’accompagne. Brian n’est pas vraiment opérationnel et l’album est alimenté sur 8 des 15 titres, par des reprises de classiques du rock qui n’amènent absolument rien à la gloire de ce groupe légendaire pour lequel il est patent que la ligne d’arrivée n’est pas très éloignée.

Le très bon Love You (11 avril 1977) redonne de l’espoir aux fans des californiens. Même convalescent, Brian Wilson marque ce disque de son empreinte. Il signe ou co-signe 11 des 14 titres de Love You et rassure sur son état de santé retrouvé. Avec ce disque, le public tient enfin un bon Beach Boys, chose qui n’était pas arrivée depuis longtemps. Brian Wilson gagne une bataille contre ses vieux démons et redevient le leader.

Sur l’insistance de Mike Love est enregistré M.I.U., acronyme derrière lequel se profile la Maharishi International University du Maharishi Maheseh Yogi, initiateur de la technique de méditation transcendantale dont il est un éminent adepte. La fratrie Wilson n’est pas chaude à cette idée d’utiliser ce cadre spirituel oriental pour réaliser ce qui est leur 22ème jet. Alimenté par une matière très insuffisante, sa sortie en octobre 1978 passe quasiment inaperçue. Les Beach Boys touchent le fond d’autant que Brian Wilson rechute et que Dennis se consacre de plus en plus à ses projets en solo. M.I.U. est assurément la pire pièce de leur œuvre discographique.

L’ombre des Beach Boys.

Le chaotique L.A (Light Album) de 1979 est du même acabit. Sorti chez CBS, bien que bénéficiant du retour de Bruce Johnston qui en est aussi le coproducteur, il ne vaut malheureusement pas un pet de lapin. Les années 70 s’achèvent dans une déchéance collective du groupe miné dorénavant par la dope et la bibine. Les Beach Boys de cette fin de décennie, chevelus, barbus, peu présentables, grassouillets, alcoolisés et drogués ne sont alors que l’ombre des garçons de plage séduisants qu’ils furent dans les années 60.

Les années 80 rajoutent le drame à la déchéance : Dennis Wilson, en état d’ébriété, se noie au large de Los Angeles (1983). Le groupe continue cependant, mais pour ressasser encore et toujours les mêmes chansons. Kokomo, en juillet 1988 (chez Elektra) le remet un temps sous les projecteurs, en figurant sur la bande originale de Cocktail (film de Roger Donaldson), avec en vedette Tom Cruise. 22 ans après Good Vibrations, Kokomo vient occuper la première place des charts U.S.

Beach boys 2015

Les Beach Boys du troisième millénaire.

En 1998, Carl Wilson décède d’un cancer du poumon ; Al Jardine choisit ce moment pour quitter le groupe. Mike Love maintient alors en vie ce qu’il reste des Beach Boys qui se réunissent en 2006 à l’occasion des 40 ans de Pet Sounds. Un très bon 29ème album studio vient emplir la besace discographique studio en 2012 : That's Why God Made the Radio, premier LP original depuis 20 ans.

Ce nouvel album ne déroge pas à la recette qui fit la popularité des californiens jusqu’à Pet Sounds. Les Beach Boys sont restés de grands ados et en pincer encore pour ces artistes au troisième millénaire n’a rien de ringard, je vous le promets, tant ils assurent toujours (RAZOR©).

DISCOGRAPHIE 60'S/70'S.

LP Studio 1 - 1962

 

Beach boys surfin safari 1962

 

THE BEACH BOYS

SURFIN’ SAFARI – 1962  3,5/5

 

Publié en juin 1962.

Produit par Nick Venet.

Durée:24:53.

Label:Capitol.

Genre:surf rock,rock and roll.

 

Surf, musique, sexe et drogues…

 

C’est par cet album que débute la saga discographique des Beach Boys (trois frères Wilson, Brian, Carl, Dennis, le cousin Mike Love et Al Jardine), groupe de rock américain formé dans la banlieue de L.A, en 1961, et surtout, un des rares concurrents directs des rockers anglais des années 60/70, un des seuls qui soit apte à boxer dans la même catégorie qu’eux. Je parle, bien sûr, des Beatles, Stones, Who et autres.

Adeptes de surf music, les Beach Boys sont très caractéristiques, de par leurs harmonies vocales très mélodiques. Ce premier album, Safari Surfin’ (en écoute intégrale ici), publié en juin 1962, sort à une époque où John Kennedy est président des States et alors que les Beatles n’ont pas encore foulé le sol amerloque. Il a son importance dans la mesure où il est le premier 33 tours d’une formation qui va marquer la musique et celui par lequel les Beach Boys (gérés par le père Murry Wilson) vont mettre le pied à l’étrier du rock pour environ une décennie (quoi qu’ils vendent encore très bien aujourd’hui).

La matière peut paraître désuète et la moitié des titres peuvent être repoussés du revers de la main (remplissage oblige), il n’en demeure pas moins que ce rythme, ce son, cette ambiance surf si particuliers n’appartiennent qu’à eux.

C’est unique et intemporel ; près de 50 ans après, les Surfin’ Safari (écrite par Brian Wilson et le cousin Mike Love à la demande du jeune frère Wilson, Dennis) Chug-A-Lug, Heads You Win – Tails I Lose, Moon Dawg, 409 (à propos de la Chevrolet 409 et de son moteur mono carburateur), Little Girl accrochent toujours autant. Il suffit de fermer les yeux et de se laisser emporter par la vague.

Les Beach Boys sont un véritable phénomène dans un genre qui s’inspire du Rock & Roll et du Doo-Wop, une variante du Rythm & Blues. Sorti sous licence Capitol, Surfin’ Safari donne le ton à ce qui sera le mode de vie idyllique et insouciant de la jeunesse californienne du moment : surf, musique, sexe et drogue. Un bon moment de plaisir en perspective… (RAZOR©)

 

1. Surfin' Safari.

2. County Fair.

3. Ten Little Indians.

4. Chug-A-Lug.

5. Little Girl (You're My Miss America).

6. 409.

7. Surfin'.

8. Heads You Win - Tails I Lose.

9. Summertime Blues.

10. Cuckoo Clock.

11. Moon Dawg.

12. The Shift.

 

Mike Love:chant.

David Marks:guitare rythmique,chant.

Brian Wilson:basse,piano,chant.

Carl Wilson:lead guitare,chant.

Dennis Wilson:batterie,chant.

LP Studio 2 - 1963

 

Beach boys surfin usa

 

THE BEACH BOYS

SURFIN’ USA – 1963  4/5

 

Publié en mars 1963.

Produit par Nick venet.

Durée:24:15.

Label:Capitol.

Genre:surf rock,rock and roll.

 

Un tremplin pour la surf music.

 

Capitol lance sur le marché, en 1963, son deuxième Beach Boys en six mois : Surfin’ USA. Le 33 Tours précédent n’a pas vraiment cartonné ; seuls les singles Surfin’ Safari et 409 ont flambé.

Ce disque va changer le cours de l’histoire, notamment grâce à son titre éponyme,  véritable tremplin pour le lancement de ce que l’on appelle la surf music. Le son devient caractéristique des Beach Boys, autant que peuvent l’être les succulentes harmonies vocales (utilisation du double tracking par lequel les voix sont doublées techniquement pour en accroître l’effet).

Brian Wilson continue à être prolifique dans l’écriture ; déjà auteur de 8 ou 9 titres de Surfin’ Safari, il remet le couvert en s’investissant dans pas moins de 8 chansons de ce disque. Carl, le jeune frère, signe, de son côté, son premier titre (Surf Jam) alors qu’il n’affiche que 16 ans.

Shut Down, Lonely Sea (une jolie ballade), Noble Surfer, Lana, Finders Keepers, Farmer’s Daughter sont les inévitables pistes à honorer sur ce disque qui compte pas moins de 5 instrumentaux.

Une petite anecdote sur Surfin’ USA, le single : ce titre, qui a propulsé les Beach Boys sur le devant de la scène mondiale, du fait de sa similitude avec Sweet Little Sixteen de Chuck Berry, voit ce dernier être crédité comme co-auteur de la chanson, ceci afin de couper court à toute intention d’acter en justice pour plagiat.

Quant à la photo ornant la couverture d’origine (John Severson) et montrant le champion californien de surf Leslie Williams, en pleine action sur une vague, elle était prévue pour faire la une du magazine Surfer, pas celle du vinyle. A ne pas manquer, ce disque est une page importante du rock (RAZOR©).

 

1. Surfin' U.S.A.

2. Farmer's Daughter.

3. Misirlou.

4. Stoked.

5. Lonely Sea.

6. Shut Down.

7. Noble Surfer.

8. Honky Tonk.

9. Lana.

10. Surf Jam.

11. Let's Go Trippin'.

12. Finders Keepers.

 

Brian Wilson:chant,basse,claviers.

Mike Love:chant,saxophone.

Dennis Wilson:chant,batterie.

Carl Wilson:chant,guitare.

David Marks:guitare rythmique.

LP Studio 3 - 1963

 

Beach boys surfer girl 1963

 

THE BEACH BOYS

SURFER GIRL – 1963  4/5

 

Publié en septembre 1963.

Produit par Brian Wilson.

Durée:25 :30.

Label:Capitol.

Genre:surf rock,rock and roll.

 

Le mythe californien.

 

Surfer Girl (en écoute intégrale ici) est le troisième LP des Beach Boys en l’espace d’une année. En dépit d’un rythme de publication effréné, propice à faire tout et n’importe quoi, Surfer Girl est plus soigné et plus subtil que Surfin’ Safari et Surfin’ USA.

C’est un exploit dans la mesure où Capitol pousse au cul, alors que la surf music est à son apogée. C’est bien compréhensible, l’affaire est juteuse. Pour rentabiliser la fertilité créatrice des Beach Boys (Brian Wilson en tête), la maison de disques amasse les titres comme des perles et entasse les LP à vitesse grand V.

La qualité d’ensemble se trouve forcément affectée par un excès de remplissage facile à comprendre. Le thème de référence, personne ne s’en étonnera, c’est le surf, commun aux trois premiers travaux.

Ce qui sauve Surfer Girl, ce sont les accrocheurs Little Deuce Coupe, Hawaï, In My Room, Surfer Girl, In My Room et Catch A Wave.  Malgré cette lacune, Surfer Girl permet aux Beach Boys de faire une avancée énorme dans leur carrière.

Ils ont carrément façonné  le rêve californien (le mythe californien selon David Leaf) dans lequel toute une jeunesse dorée s’est engouffré. Cette Californie-là porte un nom pour l’éternité : Beach Boys. Il faut s’en souvenir ! (RAZOR©)

 

1. Surfer Girl.

2. Catch a Wave.

3. The Surfer Moon.

4. South Bay Surfer.

5. The Rocking Surfer.

6. Little Deuce Coupe.

7. In My Room.

8. Hawaii.

9. Surfer's Rule.

10. Our Car Club.

11. Your Summer Dream.

12. Boogie Woodie.

 

Al Jardine:basse,chant.

Mike Love:chant.

David Marks:guitare rythmique,chant.

Brian Wilson:piano,orgue,basse,chant.

Carl Wilson:lead guitare,chant.

Dennis Wilson:batterie.

Hal Blaine:batterie.

LP Studio 4 - 1963

 

Beach boys little deuce coupe 1963

 

THE BEACH BOYS

LITTLE DEUCE COUPE – 1963  2,5/5

 

Publié en octobre 1963.

Produit par Brian Wilson.

Durée:25:25.

Label:Capitol.

Genre:hot rod rock,surfer rock.

 

On n’attire pas les mouches avec du vinaigre.

 

Et de quatre ! Little Deuce Coupe est le quatrième LP de Beach Boys, le troisième pour la seule année 1963 et paraît un mois après Surfer Girl. Vous imaginez un peu le topo ? C’est fait dans la précipitation comme rarement.

Inutile d’en attendre monts et merveilles, la matière est faible, insignifiante, dépourvue de toute imagination. Qui plus est, le répertoire s’appuie sur le monde des voitures et des Hot Rods (ce qu’on pourrait traduite comme customisées aujourd’hui) et n’est pas des plus passionnants, d’autant qu’il n’a pas grand-chose sous le capot.

C’est le pire album engendré par ce groupe, il ne vaut que par Be True To Your School, No Go Showboat et, à un degré moindre par Spirit Of America et A Young Man Is Gone.

Trois de ses titres figurent déjà sur des LP précédents (Little Deuce Coupe, 409 et Shut Down), le reste est sans le moindre intérêt, sauf celui de remplir le disque à des fins mercantiles. Mais on n’attire pas les mouches avec du vinaigre…

L’album n’est pas au niveau, en dépit de bons arrangements. A trop tirer sur la corde, elle se casse (RAZOR©).  

 

1. Little Deuce Coupe.

2. Ballad Of Ole'Betsy.

3. Be True To Your School.

4. Car Crazy Cutie.

5. Cherry, Cherry Coupe.

6. 409.

7. Shut Down.

8. Spirit Of America.

9. Our Car Club.

10. No-Go Showboat.

11. A Young Man Is Gone.

12. Custom Machine.

 

Mike Love:chant.

Brian Wilson:basse,chant.

David Marks:guitare.

Carl Wilson:guitare chant.

Dennis Wilson:batterie,chant.

LP Studio 5 - 1964

 

Beach boys shut down vol 2 1964

 

THE BEACH BOYS

SHUT DOWN VOL 2 – 1964  3/5

 

Publié le 2 mars 1964.

Produit par Brian Wilson.

Durée:27:05.

Label:Capitol.

Genre:Hot rod rock,surf rock,pop-rock.

 

A voile et à vapeur.

 

Cinquième LP en 18 mois pour les Beach Boys, Shut Down Volume 2 n’est ni meilleur, ni pire que ce que le groupe a pu sortir jusqu’alors, en dehors du mauvais Little Deuce Coupe qui le précède.

Son appellation, ponctuée d’un volume 2 pour bien marquer le coup, est une réponse à Capitol qui s’est permis de sortir un disque baptisé Shut Down, sans l’assentiment du groupe. Prends-toi ça dans les dents ! Telle est la réplique de Brian Wilson et de sa fratrie.

S’il contre Capitol, il ne fait pas pour autant d’ombre à l’ennemi héréditaire, les Beatles, qui, en 1964, posent leurs premières banderilles sur le sol américain.

Shut Down Vol 2 n’est pas convaincant. Inégal et erratique, avec des Beach Boys remodelés suite au départ de David Marks et au retour de Al Jardine, tantôt au top et particulièrement bons, tantôt englués dans des titres qui ne valent pas un pet de lapin (toujours le sempiternel problème de remplissage), ce LP de 1964 a le privilège d’abriter des chansons qui comptent parmi ce que le groupe a fait de mieux, en tout cas depuis ses débuts : Fun, Fun, Fun et son intro Johnny Be Goodiène, The Warmth Of The Sun, Don’t Worry Baby.

Avec la reprise du titre de Frankie Lymon, Why Do Fools Fall In Love, ce sont les seuls grands moments que j’ai pu passer à l’écoute de ce disque ; c’est peu sur douze titres. Moyen, pour ne pas dire très moyen (RAZOR©).

 

1. Fun, Fun, Fun.

2. In The Parkin' Lot.

3. Pom Pom Play Girl.

4. This Car Of Mine.

5. Shut Down, Part II.

6. Cassius Love vs. "Sonny" Wilson.

7. Why Do Fools Fall In Love.

8. The Warmth Of The Sun.

9. Don't Worry Baby.

10. Denny's Drums.

11. Louie, Louie.

12. Keep An Eye On Summer.

 

Al Jardine:guitare rythmique,basse,harmonies,choeurs.

Mike Love:chant,harmonies.

Brian Wilson:basse,piano,chant,harmonies.

Carl Wilson:guitare,harmonies,choeurs.

Dennis Wilson:batterie,harmonies,choeurs.

LP Studio 6 - 1964

 

Beach boys all summer long

 

THE BEACH BOYS

ALL SUMMER LONG – 1964  5/5

 

Publié le 13 juillet 1964.

Produit par Brian Wilson.

Durée:25:10.

Label:Capitol.

Genre:pop,surf rock.

 

L’arme anti invasion.

 

All Summer Long (en écoute intégrale ici) est le numéro 6 du catalogue et l’un des meilleurs albums de Beach Boys. Pas beaucoup différent des travaux antérieurs en termes d’ambiance, mais doté d’une grande maîtrise technique et surtout beaucoup plus inspiré, à un point tel qu’il ne présente pas vraiment de failles.

Sorti alors que la British Invasion s’installe sur le sol américain, All Summer Long, gorgé de soleil, est la riposte à cette concurrence étrangère massive et déterminée. Avec I Get Around pour contrecarrer les projets mercantiles de ces satanés groupes anglais, les Beach Boys montrent les dents et tout leur acharnement à ne pas s’en laisser conter.

Ce titre mythique, très sophistiqué, entraîne dans sa vague toute une pop brillante, simple, bercée par des harmonies encore une fois excellentes et à nulles autres pareilles. Wendy, Little Honda, Hushabye, Do You Remember, All Summer Long, Girls On The Beach, Don’t Back Down s’invitent à la table des grandes chansons des Beach Boys.

Les seules ombres au tableau sont Our Favorite Recording Sessions et l’instrumental Carl’s Big Chance, un peu tendres dans ce répertoire de haut niveau. Sans aucune hésitation, il faut faire une halte prolongée sur ce sixième album (leur deuxième pour l’année 1964), je vous le redis, un des meilleurs de cette formation ricaine.

Brillant, nostalgique, mélancolique, parfois inoubliable, créatif, sa place est sur l’étagère, à côté des pointures du rock (RAZOR©).

 

1. I Get Around.

2. All Summer Long.

3. Hushabye.

4. Little Honda.

5. We’ll Run Away.

6. Carl’s Big Chance.

7. Wendy.

8. Do You Remember?

9. Girls On The Beach.

10. Drive-In.

11. Our Favorite Recording Sessions.

12. Don’t Back Down.

 

Al Jardine:basse,guitare rythmique,harmonies,choeurs.

Mike Love:chant.

Brian Wilson:chant,harmonies,piano,clavecin,orgue,xylophone,marimba.

Carl Wilson:guitare,harmonies,choeurs.

Dennis Wilson:batterie,percussion,chant,harmonies.

LP Studio 7 - 1964

 

Beach boys christmas album

 

THE BEACH BOYS

CHRISTMAS ALBUM – 1964

 

Publié le 9 novembre 1964.

Produit par Brian Wilson.

Durée:27:37.

Label:Capitol.

Genre:pop,pop-rock,surf rock,sunshine pop,Christmas.

 

Du soleil pour Noël.

 

Le Christmas Album (en écoute intégrale ici) est un classique des Beach Boys. Ce disque très populaire et brillant, très agréable, sorti en novembre 1964, magnifie Noël.

Malgré son intention avérée de frapper commercialement, comme c’est de coutume avec ce genre de produit taillé sur mesure pour les fêtes de fin d’année, cette septième levée discographique des Beach Boys me séduit beaucoup.

Il me plaît parce qu’il répond aussi bien aux attentes artistiques, qu’il obéit aux règles mercantiles qui mettent en exergue l’aspect magique et sentimental de Noël.

Ce Chistmas Album est joyeux et typical Beach Boys dans sa phase initiale (de Little St Nick à Frosty The Snowman) tandis que celle consacrée à la tradition religieuse de cette fête, possède tous les ingrédients pour émouvoir (de We Three Kings Of Orient Are à Auld Lang Syne).

Bien foutu, pendant un peu moins d’une demi-heure, ce disque nous propose une musique pop très agréable, calibrée Beach Boys. Brian Wilson et sa troupe ont parfaitement réussi l’adaptation de la magie, de la beauté et de l’émerveillement que suscite Noël, au rock.

Les harmonies vocales sont plus célestes que jamais, les voix ne se sont jamais autant imbriquées les unes dans les autres. Al Jardine y fait ses débuts en qualité de chanteur et c’est une belle réussite dans le cadre de ces chants si spécifiques émotionnellement. Original. A écouter à défaut de l’acheter (RAZOR©).


1. Little Saint Nick.

2. The Man with All the Toys.

3. Santa's Beard.

4. Merry Christmas, Baby.

5. Christmas Day.

6. Frosty the Snowman.

7. We Three Kings Of Orient Are.

8. Blue Christmas.

9. Santa Claus Is Coming to Town.

10. White Christmas.

11. I'll Be Home for Christmas.

12. Auld Lang Syne.

 

Al Jardine:guitare,chant.

Mike Love:chant.

Brian Wilson:basse,chant.

Carl Wilson:guitare,chant.

Dennis Wilson:batterie,chant.

LP Studio 8 - 1965

 

Beach boys today

 

THE BEACH BOYS

TODAY ! – 1965  5/5

 

Publié en mars 1965.

Produit par Brian Wilson.

Durée:28:54.

Label:Capitol.

Genre:pop baroque,sunshine pop.        

 

Préfigure  Pet Sounds.

 

Entre nous, je n’en veux absolument pas aux disquaires, quels que soient leur enseigne, mais il y a des moments où je suis en droit de m’interroger sur leurs stratégies commerciales. Figurez-vous que Today ! (en écoute intégrale ici), ce disque à la pochette ringarde, pas aguichante pour deux ronds, représentant des tronches de premiers de la classe, biens coiffés, bien mis, propres (à l’inverse de ces barbares d’anglais qui alors infestent leur Amérique musicale à eux), posant comme il se doit pour faire sérieux, et bien ce disque, les fameuses marques vous le balancent carrément à la figure pour une somme dérisoire ; pour peu, elles vous donnent des brouzoufs en sus pour que vous les débarrassiez de ce que les chefs de rayon considèrent comme un éternel invendu.

Il faut de la place pour booster les autres produits, je suis d’accord, mais permettez-moi d’en sourire. S’ils savaient, les cocos, ce qu’est ce disque ? Un grand disque, voilà ce qu’il est.  Celui qui prépare le terrain au 2ème monument discographique rock de tous les temps, Pet Sounds de 1966 (surtout dans sa phase 2 constituée de belles ballades).

Un an avant, en 1965, les Beach Boys y vont de leur huitième galette (ils en publient trois cette même année et celui-ci est le premier des trois). En son temps, personne n’a vu l’importance de cet album dans l’orientation prise par le groupe et par son âme Brian Wilson.

Harassé, stressé, ce dernier laisse les copains partir en tournée (remplacé provisoirement par Glen Campbell), s’enferme en studio et compose sous l’emprise de la marijuana (pour calmer ses crises d’angoisse, dit-on). Sa vision artistique change, sa façon dont il vit la musique aussi.

The Beach Boys Today ! marque le point de départ du Brian Wilson nouveau, plus mature, plus perturbé aussi. Donc des Beach Boys puisque les Beach Boys, c’est lui avant tout : j’évoque là le côté songwriting, vous l’aurez compris. Parce que les Beach Boys ce sont également et surtout  ces sublimes harmonies de voix. L’un ne va pas sans l’autre.

Du début à son terme, Today ! est grand, cohérent et surtout indispensable, ne serait-ce que pour l’extraordinaire Please Let Me Wonder, les non-moins sublimes When I Grow Up l’introspectif, Kiss Me Baby, Help Me Ronda, Do You Wanna Dance, et les très bons Dance Dance Dance, Good To My Baby, I’m So Young, Don’t Hurt My Little Sister ; que de belles mélodies, que de belles harmonies, que de génie, Mr Wilson.

Les Beach Boys deviennent définitivement, avec Today !, de vrais artistes et non plus une machine à vocation commerciale. Il ne faut donc pas manquer cet événement. Quant à vous, amis disquaires, vous n’en auriez pas d’autres en réserve ; aussi ringards… (RAZOR©)

 

1. Do You Wanna Dance?

2. Good to My Baby.

3. Don't Hurt My Little Sister.

4. When I Grow Up (To Be a Man).

5. Help Me, Ronda.

6. Dance, Dance, Dance.

7. Please Let Me Wonder.

8. I'm So Young.

9. Kiss Me, Baby.

10. She Knows Me Too Well.

11. In the Back of My Mind.

12. Bull Sessions With "Big Daddy.

 

Al Jardine:guitare,chant.

Mike Love:chant.

Brian Wilson:basse,chant.

Carl Wilson:guitare,chant.

Dennis Wilson:batterie,chant.

LP Studio 9 - 1965

 

Beach boys summer days and summer nights 1965

 

THE BEACH BOYS

SUMMER DAYS (AND SUMMER NIGHTS !!) – 1965  3,5/5

 

Publié en juillet 1965.

Produit par Brian Wilson.

Durée:26:42.

Label:Capitol.

Genre:pop-rock,pop baroque,sunshine pop.

 

Brillant Brian.

 

La couverture de Summer Days (And Summer Nights), neuvième opus de Beach Boys (le deuxième, chronologiquement, en 1965), est trompeuse avec les seuls Wilson Brothers et Mike Love sur le cliché. Mais ne vous y fiez pas. Le groupe californien, au dernier recensement, compte toujours 5 membres. Al Jardine ne figure pas sur la photo. Pour quelles raisons ? Je l’ignore.

Ce que je sais, en revanche, c’est que, sorti dans le sillage de Today, qui a fait faire un pas en avant aux Beach Boys (avec sa face 2 absolument grandiose), Summer Days (And Summer Nights) lui en fait faire un demi en arrière.

Ayant pour fil conducteur les filles, la drague, l’oisiveté sur les plages de Malibu, l’insouciance de la jeunesse, cet album est le miroir de la façon de vivre californienne au milieu des sixties. Son titre est d’ailleurs très évocateur. Sous leur apparence BCBG, les Beach Boys s’encanaillent comme les autres rock stars du moment, ne sont ni plus, ni moins clean que leurs turbulents et dépravés homologues anglais. On sait ce qu’il adviendra de Brian Wilson et de son addiction au LSD…

Pour l’heure, ce  dernier en est encore à tâtonner dans les expériences artificielles au moment d’aborder Summer Days (And Summer Nights !!). La deuxième face de Today !, l’album précédent, montre cependant qu’un virage s’amorce et que les psychotropes le conduisent à orienter sa musique vers une pop plus élaborée, reléguant au second plan, la surf music, son côté léger et fleur bleue, ce à quoi Capitol Records tente de s’opposer.

Le processus de création de Brian Wilson, partagé entre ses aspirations ambitieuses et les désapprobations des membres ainsi que de la maison de disques, prépare tout simplement au chef d’œuvre qu’est Pet Sounds, l’égal de St Peppers.

On peut considérer ce disque comme transitoire et encore très proche de ce qui a été précédemment fait. La recette est toujours aussi efficace : The Girl From New York City, Then I Kissed Her (un clin d’œil à Phil Spector), Help Me Rhonda (titre de l’album Today recyclé), le mélodieux Girl Don’t Tell Me, California Girls (quels arrangements, quelles harmonies!), Let Him Run Wild, superbe ballade (RAZOR©).

 

1. The Girl from New York City.

2. Amusement Parks, U.S.A.

3. Then I Kissed Her.

4. Salt Lake City.

5. Girl Don't Tell Me.

6. Help Me, Rhonda.

7. California Girls.

8. Let Him Run Wild.

9. You're So Good to Me.

10. Summer Means New Love.

11. I'm Bugged at My Ol' Man.

12. And Your Dreams Come True.

 

Al Jardine:guitare rythmique,harmonies,choeurs.

Bruce Johnston:piano,orgue,céleste,harmonies,choeurs.

Mike Love:chant,harmonies.

Brian Wilson:piano,basse,orgue,timpani,chant,harmonies.

Carl Wilson:guitares,harmonies,choeurs

Dennis Wilson:batterie,tambourin,harmonies,choeurs.

LP Studio 10 - 1965

 

Beach boys party 1965

 

THE BEACH BOYS

PARTY ! – 1965  2,5/5

 

Publié en novembre 1965.

Produit par Brian Wilson.

Durée:31:10.

Label:Capitol.

Genre:pop-rock,sunshine pop,rock and roll.

 

Coup de fric uniquement.

 

Alors que Brian Wilson a le nez dans le futur Pet Sounds (auquel il consacre tout son temps), et vraisemblablement dans d’autres substances chimiques, Capitol Records exige que ce dixième album des Beach Boys, Party ! (en écoute intégrale ici) soit publié pour Noël 1965.

Si la maison de disques fait du fric avec ce Party, négligé, et très loin du Christmas Album de l’an passé, fait dans le même esprit, personne ne retiendra ce disque improvisé. Et bien, figurez-vous, c’est à n’y rien comprendre, Party se vend mieux que Pet Sounds, alors qu’il a des sacrées casseroles au cul.

Le principe de ce disque a été d’ouvrir les micros, de laisser pisser et de corriger. Il n’a rien du live (il est pourtant présenté comme tel), rien d’intéressant, n’est que prétexte à pognon facile et beuverie en cercle privé (enregistré en studio avec rajout de sons et de voix pour faire comme si...).

Tell Me Why, You’ve Got To Hide Your Love Away, I Should Have Known Better des Fab Four, Devoted To You des Everly Brothers, There’s No Other (Like My Baby) de Phil Spector, The Times They Are A Changin’ de Dylan, Barbara Ann (devenu Marylène pour Martin Circus) des Regents et un pitoyable pot pourri de I Get Around/Little Deuce Coupe… je veux bien, ça ne mange pas de pain, mais ça ne fait pas advancer le schmilblick.

Aucun titre original de Brian Wilson qui avait d’autres chats à fouetter, que des reprises… désolé, je ne suis pas fan de cette galette, je laisse ma part aux fans (RAZOR©).


1. Hully Gully.

2. I Should Have Known Better.

3. Tell Me Why.

4. Papa-Oom-Mow-Mow.

5. Mountain of Love.

6. You've Got to Hide Your Love Away.

7. Devoted to You.

8. Alley Oop.

9. There's No Other (Like My Baby).

10. Medley: I Get Around/Little Deuce Coupe.

11. The Times They Are a-Changin'.

12. Barbara Ann.

 

Al Jardine:chant,guitare acoustique,harmonies.

Bruce Johnston:basse,harmonies.

Mike Love:chant.

Brian Wilson:chant,harmonies,basse.

Carl Wilson:guitare acoustique,chant,harmonies.

Dennis Wilson:batterie,percussions,harmonies.

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