The Beau Brummels.

BIOGRAPHIE.

 

THE BEAU BRUMMELS/San Francisco (Californie)

 

 Beau brummels

John Petersen, Ron Meagher, Sal Valentino, Ron Elliott, Don Irving

 

Années actives:1964/1969,1974/75,2013

Genre:rock,pop,folk-rock,country-rock.

Label:Autumn,Vault,Warner Bros,Bay Sound Records.

Site officiel:www.beaubrummels.com

 

Les Dandys du rock.

The Beau Brummels, groupe californien constitué un peu avant le milieu des années 60, est la première formation rock du moment à rencontrer un succès national, voire plus, et être populaire au-delà de la seule baie de San Francisco.

Les Beau Brummels, au nom doublement emprunté la tradition d’élégance anglaise incarnée par les Beaux et dont le dandy original et insolent George Bryan Brummel est le premier symbole, impacte, dans le mouvement de sa fulgurante percée de 1965, sur de nombreux groupes. Mieux, il ouvre une brèche dans laquelle moult artistes s’engouffrent.

Beau brummels 1

Beau brummels 2Les Beatles pour modèles.

Installés dans une mouvance pop-rock, folk-rock, country-rock, Beau Brummels a pour modèle les Beatles, tête de liste d’une British Invasion massive, à laquelle il est alors un des premiers et des seuls groupes américains à faire front et à tenir tête en leur opposant son folk-rock.

Bien avant les Byrds que l’on a, souvent et à tort, pour réflexe de placer en maître-frondeur de ce mouvement venu de l’Old Albion. Beau Brummels a chauffé la place aux autres. On sous-estime souvent aussi que Beau Brummels est un des initiateurs du country-rock de la fin des 60’s. Avant ou après les Byrds ? Il ne doit pas y avoir l’épaisseur d’une feuille de Rizla+ entre les deux.

Les plus anglais des ricains.Beau Brummels est parti de Ron Elliott, guitariste et auteur-compositeur principal. Ron est la force créatrice des californiens, son Monsieur Mélodies, et Sal Valentino, sa voix. Un des plus beaux organes du rock de cette période.

John Petersen, batteur, est le troisième larron. Il est assisté, à la rythmique, par le bassiste Ron Meagher et Declan Mulligan, guitariste, complète le line-up d’origine. Le petit label san franciscain Autumn Records de Tom Donahue et Bob Mitchell qui deviendra l’étiquette de référence de la scène rock psychédélique naissante de la Baie, engage Beau Brummels en 1964 dont le single Laugh Laugh en fait le plus anglais des groupes américains. Malgré ces bons débuts, Mulligan quitte Beau Brummels ; il s’en mordra les doigts.

Problème de moyens.

Laugh Laugh ouvre le premier de leurs deux LP de 1965, Introducing The Beau Brummels de 1965. Produit par Sylvester Stewart alias Sly Stone de Sly & The Family Stone, il est alimenté, et c’est rare pour ne pas le souligner, par dix titres originaux sur douze. Stewart est également du deuxième opus de cette même année, The Beau Brummels Volume 2, mais son implication est moindre. Comme le succès de ces deux disques pourtant excellentissimes, qui souffrent de manque de moyens à les promouvoir. Autumn Records est une maison mineure à la limite de disparaître à ce moment. On comprend mieux pourquoi les Byrds, bien au chaud chez Columbia, les ont supplantés sur le marché, d’autant que Beau Brummels est également pénalisé par le sérieux diabète de Ron Elliott et qui l’empêche de voyager.  

Beau Brummels capitalise malgré tout sur l’intérêt qu’on leur prête et Warner Bros, qui reprend le catalogue suite à la faillite d’Autumn Records, leur permet de sortir un troisième LP en 1966, monté autour de reprises uniquement. Le projet en question, Beau Brummels ’66, était dans le contrat d’Autumn Records, Warner Bros a repris l’engagement sans imposer autre chose. Et c’est mieux ainsi car c’est loin d’être le plus bel ouvrage du groupe.

Beau brummels sal valentinoPhoto J.Steven Carrillo.

"Le psychédélisme ? C'était un signe des temps... tout le monde s'y mettait. Nous étions jeunes et tout le monde dans l'univers folk-pop-blues virait vers le psychédélisme... A l'époque de Triangle, nous n'étions plus que trois, d'où le nom de l'album, Triangle. C'est le disque le plus psychédélique que nous avons fait. Je crois d'ailleurs que Triangle est notre meilleure production. Mais il faudrait plutôt poser cette question à Elliott, qui était aux commandes du projet." (Sal Valentino)

Triangle le raffiné.

En 1967, le délicat Triangle, plus psychédélique et expérimental, quatrième LP studio, pointe alors au catalogue de la bande à Elliott qui, ici, partage l’écriture avec Sal Valentino. Le line-up vient de perdre deux unités : Don Irwing, le remplaçant de Mulligan, et Petersen. Beau Brummels évolue alors en trio. Il est fait appel au gratin des musiciens de sessions du coin pour venir en soutien de Valentino, Meagher et Elliott sur Triangle. L’album est une réussite. Les critiques le louent, il marche bien. Que du bonheur.

Arrive la période country-rock que souligne leur magnifique Bradley’s Barn (1968). Ron Elliott et Sal Valentino ne sont plus que les seuls représentants encore en place du line-up d’origine. Envolée de moineaux ! Le changement d’orientation artistique est radical et pour se donner toutes les chances d’aboutir, de réaliser un coup gagnant sur une scène que les Byrds ont investie, le duo restant sollicite David Briggs, Kenny Buttrey, Norbert Putnam et Jerry Reed. A moins que ce ne soit faute de combattants que ce gratin est convoqué.

A ne surtout pas négliger.

Cette situation oblige toutefois Valentino et Elliott à revoir leurs projets en commun. Leurs routes se séparent pour des carrières individuelles et se croisent à nouveau en 1974 pour une reformation qui ne donnera rien. De temps à autre, cette formation, très agréable à écouter quelles que soient la période artistique, une des plus belles et des plus constantes en termes de qualité que l’Amérique ait eu à opposer aux envahisseurs rosbeefs, remet le couvert, mais elle est trop tributaire de l’état de santé d’Elliott pour le faire régulièrement et durablement. Dommage, mais ne négligez pas l’influence de Beau Brummels sur l’échiquier rock (RAZOR©).

DISCOGRAPHIE 60'S/70'S.

LP Studio 1 - 1965

 

Beaubrummelsintroducing

 

THE BEAU BRUMMELS

INTRODUCING THE BEAU BRUMMELS - 1965

 

Publié en avril 1965.

Produit par Sylvester "Sly Stone" Stewart.

Durée:30:30.

Label:Autumn Records.

Genre:garage rock,folk-rock,pop-rock.

 

(Non chroniqué pour l'instant)

LP Studio 2 - 1965

 

Beaubrummelsvolume2

 

THE BEAU BRUMMELS

THE BEAU BRUMMELS, VOLUME 2 - 1965

 

Publié en août 1965.

Produit par Sylvester "Sly Stone" Stewart.

Durée:30:17.

Label Autumn Records.

Genre:pop-rock,folk-rock.

 

(non chroniqué pour l'instant)

LP Studio 3 - 1966

 

Beaubrummels66

 

THE BEAU BRUMMELS

BEAU BRUMMELS 66 - 1966

 

Publié en juillet 1966.

Produit par Bob Mitchell.

Durée:33:00.

Label:Mira Sound.

Genre:pop-rock,folk-rock.

 

(Non chroniqué pour l'instant)

LP Studio 4 - 1967

 

Beaubrummelstriangle

 

THE BEAU BRUMMELS

TRIANGLE - 1967  5/5

 

Publié en juillet 1967.

Produit par Lenny Waronker.

Durée:28:50.

Label:Warner Bros.

Genre:folk-rock,country-rock,pop psychédélique.

 

Venu d’on-ne-sait-où.

 

Au cours de l’année la plus huppée du rock, celle de toutes les compétitions entre artistes, 1967, Triangle (en écoute intégrale ici), quatrième LP de Beau Brummels, joue vainement des coudes pour se faire une place au soleil mais la publication de ce disque passe quasiment inaperçue.

Le Beau Brummels n’est pourtant pas le premier venu dans la mesure où les californiens (et un irlandais) sont une des belles peaux de bananes que les ricains du rock mettent dans les pattes de l’importune British Invasion initiée par la Beatlemania, pour tenter de colmater la brèche dans laquelle Stones, Who et consorts se sont engouffrés, et partant de là, lui clouer le bec avec le single Laugh Laugh.

Il y va alors de l’honneur de la nation. Depuis cet épisode pop-rock patriotique, le Beau Brummels alterne le bon et le moins bon. Il publie trois LP avant Triangle et passe d’un cinq de départ à un trio, d’où le nom du disque.

Le guitariste Ron Elliott, le chanteur Sal Valentino et Ron Meagher, bassiste, sont les rescapés du changement de direction artistique qui s’opère radicalement au sein du groupe dès 67 et qui se traduit aussitôt par un album époustouflant, échappant malheureusement aux lauriers auquel il devait prétendre, pour les raisons de folle concurrence telles qu’alors en vogue.

Le niveau de cette année 67 est si exceptionnel et les places au sommet de la pyramide si chères qu’on peut le lui pardonner. Toujours est-il que Triangle, venu d’on ne sait trop où, met sur le cul les critiques alors que le public en a à peine connaissance.

Délicieux mélange de diverses influences (pop, folk-rock, country), Triangle bénéficie d’une grande  liberté de manœuvre à laquelle le producteur Lenny Waronker (Warner Bros Records) n’est pas étranger. La musique de Beau Brummels se couvre soudainement d’un voile brumeux et mystique que le producteur, favorable à ce que la créativité s’exprime, a ardemment souhaitée.

Exit donc le Beau Brummels d’hier, fournisseur de hits. Les californiens prennent un nouveau départ. Dans ce cadre inédit, Ron Elliott pour l’essentiel, et Sal Valentino pour l’appoint, font preuve d’une belle plume, de beaucoup de délicatesse, signant  9 des 11 titres, les deux autres chansons étant empruntées à Randy Newman (Old Kentuck Home) et à Merle Travis (Nine Pound Hammer) et, ma foi, restituées dans un enrobage très avantageux.

Ces deux derniers titres annoncent l’orientation country-rock du prochain album, Bradley’s Barn de 1968.

Pour qu’un disque soit retenu comme chef d’œuvre, il lui faut des munitions, des pépites comme on dit. On les tient ici sous la forme de l’étrange valse qu’est  Magic Hollow (et le jeu de clavecin de Van Dyke Parks), Only Dreaming Now à l’accordéon frenchie, The Wolf Of Velvet Fortune, It Won’t Get Better, Painter Of Women, The Keeper Of Time.

Doté de belles harmonies vocales, parfaitement et subtilement orchestré, porté par la voix riche, délicate et expressive de Valentino, Triangle a trop longtemps souffert de vivre dans l’ombre des monuments que le rock a dressés contre lui en cette année 67, pour ne pas lui accorder une seconde chance.

Il garde en lui des merveilles que vous n’entendrez jamais nulle part ailleurs. L’heure est venue de remettre les pendules à l’heure. Plus sous-estimé que ça, tu meurs ! (RAZOR©)

 

1. Are You Happy?

2. Only Dreaming Now.

3. Painter Of Women.

4. The Keeper Of Time.

5. It Won’t Get Better.

6. Nine Pound Hammer.

7. Magic Hollow.

8. And I’ve Seen Her.

9. Triangle.

10. The Wolf Of Velvet Fortune.

11. Old Kentucky Home.

 

Ron Elliott:guitare,chant.

Ron Meagher:basse,guitare,chant.

Sal Valentino:chant.

Van Dyke Parks:clavecin,claviers.

Carol Kaye:basse.

James Burton,Donnie Lanier :guitare.

Jim Gordon:batterie.

The Blossoms:choeurs.

LP Studio 5 - 1968

 

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THE BEAU BRUMMELS

BRADLEY’S BARN – 1968  4,5/5

 

Publié en octobre 1968.

Produit par Lenny Waronker.

Durée:32 :20.

Label :Warner Bros,Seven Arts.

Genre:folk-rock,country-rock,pop-rock.

 

L’intuition de Waronker.

 

A l’appel de Bradley’s Barn (en écoute intégrale ici), cinquième LP de Beau Brummels, sorti en octobre 1968, Sal Valentino (chant) et Ron Elliott (guitare et chant) sont les seuls rescapés du Beau Brummels qui vient de nous pondre le superbe opus de pop-folk psychédélique qu’est Triangle/1967.

Quelle mouche pique alors le duo fondateur pour changer aussi radicalement de direction musicale et troquer le turban baba pour le stetson ? La faute à qui, c’t affaire ? A Lenny Waronker, le producteur qui, convaincu qu’il y a un coup à jouer sur la scène country-rock du moment, qu’occupent efficacement les Byrds. Ah ces Byrds, toujours dans leurs pattes…

Il détourne le tandem san franciscain de son Haight-Asbury sound de prédilection, pour aller humer l’air de Nashville. Osé, car ne s’improvise pas country-rocker qui veut. Waronker creuse l’idée, la met en place, s’attache, pour la réaliser avec efficacité, les services du claviériste David Briggs et du bassiste Norman Putnam. Les deux sont des purs produits de  de la chevronnée et incontournable Muscle Shoals Rhythm Section. Il s’attache aussi les services de pontes de Nashville comme Jerry Reed, guitariste d’exception et le batteur Kenny Buttrey (Dylan de 66 à 70, Neil Young de 72 à 75, puis sur Harvest Moon de 92 et J.J Cale de 76 à 82), des musiciens de studios très sollicités, dès lors que le mot « country » est lâché.

Avec le recul, dépouillée de la passion aveuglante qui sied aux fans, déconnectée du débat ambiant qui alimente alors les tensions entre les countryistes purs et durs et les rockers invétérés, l’analyse est aujourd’hui plus facile. Heureusement, l’eau a depuis coulé sous les ponts.

Bradley’s Barn, à l’instar de beaucoup d’autres travaux également  frétillants aussi promptement enfouis six pieds sous terre dans le contexte conflictuel et hésitant du moment, est un très bon disque. Pas du niveau de l’étalon du genre qu’est Sweetheart Of The Rodeo des Byrds, paru deux mois avant, mais néanmoins excellent et très proche de celui avec lequel la comparaison de tout ce qui gravite autour de la country-rock music se fait.

Bien sûr, compte tenu de ce qui précède, l’indifférence commerciale est de rigueur, mais l’intérêt auprès des spécialistes est avéré. Celui-ci, hélas, ne suffit pas au bonheur du groupe qui, marri de cet échec, lâche l’affaire dans la foulée. C’est regrettable d’autant plus qu’avec le temps et la réhabilitation du genre, le disque de Beau Brummels affiche de très belles dispositions, lesquelles amènent à reconsidérer en profondeur le statut sous-évalué de cette formation qui a pondu, ne l’oublions pas, quatre LP de haut niveau sur les cinq réalisés dans les années 60 (l’album Beau Brummels ’66 étant l’exception).

Quelles sont-elles donc ces bonnes dispositions ? Tout d’abord et ce qui frappe aux oreilles tout de suite, c’est la belle musicalité de l’album et un son très west coast, d’où vient précisément B.B, preuve s’il en est que Beau Brummels n’a pas totalement tourné le dos à la Californie. L’écoute permet de s’apercevoir rapidement que la musique ici présente tient plus d’une fusion personnelle et originale que d’une quelconque filiation avec les références du genre, les Merle Haggard ou autres Buck Owens.

Troisième point favorable : Sal Valentino. Son chant est expressif, la voix magistrale et mature dans la grande tradition du genre. De maturité, il en est question dans l’écriture d’Elliott qui exhibe quand même trois  beaux petits calibres, les dénommés Turn Around, Deep water et Cherokee Girl.

Jessica, Long Walking Down To Misery, Love Can Fall A Long Way Down, The Loneliest Man In Town et Little Bird témoignent d’un niveau de qualité proche. Avec le soutien de quatre grognards comme ceux que Nashville a mis à disposition de Valentino et d’Elliott pour cette opération périlleuse, que voulez-vous qu’il advienne d’autre qu’un disque abouti ?

Waronker a finalement eu une belle intuition d’aller renifler du côté des Byrds. Beau Brummels fait coup double dans la foulée de Triangle. Ces albums ne peuvent plus être ignorés de vous, d’autant plus que ce sont les deux plus beaux fleurons des californiens et qu’ils ont été regroupés sur un même support. Vous seriez impardonnables  (RAZOR©).

 

1. Turn Around.

2. An Added Attraction (Come And See Me).

3. Deep Water.

4. Long Walking Down To Misery.

5. Little Bird.

6. Cherokee Girl.

7. I'm A Sleeper.

8. The Loneliest Man In Town.

9. Love Can Fall A Long Way Down.

10. Jessica.

11. Bless You California.


Sal Valentino:chant.

Ron Elliott:guitare,chant.

Jerry Reed:guitare.

Norbert Putnam:basse.

Kenny Buttrey:batterie.

David Briggs:claviers.

LP Studio 6 - 1975

 

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THE BEAU BRUMMELS

THE BEAU BRUMMELS - 1975

 

Publié en avril 1975.

Produit par Lenny Waronker,Ted Templeman.

Durée:32:06.

Label:Warner Bros.

Genre:folk-rock,country-rock,pop-rock.

 

(Non chroniqué pour l'instant)

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