The Doors

BIOGRAPHIE.

 

THE DOORS/Los Angeles (Californie)

 

Doors 1

 

Actif entre 1965 et 1973, réunions en 1978,1993,1997,2000,2011.

Label:Elektra.

Genre:rock,acid rock,blues-rock.

Site officiel:thedoors.com

 

Plus culte que ça tu meurs !

Quand Ray Manzarek décède, le 20 mai 2013 en Allemagne, emporté par un cancer des voies biliaires, c’est l’identité sonore des Doors, soulignée par son jeu de claviers, qui est partie avec lui. 42 ans avant, avec la perte du légendaire Jim Morrison, c’est sa voix qui s’éteignait et son âme qui s’envolait. Les Doors, pour la majorité de leurs fans, sont morts ce jour là. Mais aujourd’hui, Robert Krieger et John Densmore doivent se sentir bien seuls…

L’histoire des Doors est ancrée à la date de juillet 1965 et rattachée à la fourmilière psychédélique de Los Angeles. Elle est née de la rencontre de ses deux défunts membres, alors étudiants à l’UCLA qui, après que Jim Morrison ait soumis certains de ses textes à Ray Manczarek (avec un c)  placé sous le charme, tombent d’accord pour collaborer à l’idée d’un groupe qui mettrait en musique l’écriture de son leader et chanteur-poète  charismatique.

On connaît la suite. Les Doors sont devenus un groupe culte du rock, une influence majeure pour de nombreux artistes et générations, un gros vendeur de disques avec plus d’une centaine de millions d’exemplaires écoulés sur la planète.

Rick And The Ravens comme base de départ.

Le projet en question prend initialement forme sous Rick And The Ravens, le combo des Manczarek, Rick, Jim et Ray, formé au début des années 60, qui pratique surtout dans la couverture de titres, bien qu’auteur également de quelques originaux, dans le rock garage, le surf et le blues.

Juste avant la rencontre entre Morrison et Manczarek, alias Screamin’ Ray Daniels pour ses dispositions au chant, Rick And The Ravens enregistre 6 chansons, figurant sur trois singles : Soul Train, Big Bucket T, Henrietta, Just For You, Geraldine et Rampage.

Après avoir invité Morrison à le rejoindre sur scène et à chanter Louie Louie en sa compagnie, le groupe décide d’intégrer ce chanteur exceptionnel à son effectif, alors composé, outre la fratrie Manczarek, de Patricia Sullivan à la basse et de Vince Thomas à la batterie. Quand Vince Thomas quitte Rick And The Ravens, John Densmore, rencontré lors d’une conférence sur la méditation transcendantale, le supplée (août 1965), Jim Morrison en devient le chanteur permanent et les Manczarek laissent tomber le c pour devenir Manzarek.

En septembre 65, le line-up retourne en studio pour accoucher d’une demo de six titres supplémentaires pour Aura Records : Go Insane (A Little Game), Moonlight Drive, Summer’s Almost Gone, End Of The Night, Hello I Love You et My Eyes Have Seen you. Ces enregistrements laissent Rick et Jim dubitatifs sur le devenir de cette formation. Ils la quittent, laissant le champ libre à Ray qui, par l’entremise de Densmore avec lequel il a joué précédemment dans The Psychedelic Rangers, recrute, en octobre 1965, Robby Krieger, guitariste.

L’année n’est pas achevée que Patricia Sullivan est exhortée à partir, le groupe s’annonçant n’ayant pas besoin d’un bassiste. Ray Manzarek assure désormais cette fonction depuis les claviers de son Fender Rhodes. Les rares bassistes (une quinzaine) à intégrer les Doors durant leur activité le seront pour des besoins de studio uniquement.

Inspiré par Aldous Huxley.

Les Doors. En français les Portes. Le nom est proposé par Jim Morrison. Il réfère à l’ouvrage The Doors Of Perception d’Aldous Huxley, paru en 1954, et relatant une première expérience de son auteur avec la mescaline, une substance psychédélique, sous contrôle médical.

La démo enregistrée début septembre sert de moyen pour démarcher les labels. Columbia, par la voix de Billy James, répond favorablement en octobre 1965 ; les Doors se voient proposer un engagement de six mois. Le contrat n’ira jamais à son terme ; faute de résultats, les Doors demandent à en être libéré. Cette rupture à l’amiable semble arranger tout le monde…

Les Doors commencent néanmoins à se faire un nom sur la place angeline. Au London Fog, boîte de nuit du Sunset Strip, le groupe y donne ses premiers spectacles. Régulièrement, pendant quatre mois au début de l’année 66, il occupe l’endroit de West Hollywood avant de devenir, dès mai 66, un habitué du club voisin, le prestigieux Whisky A Go Go. De groupe assurant les premières parties pour Them, il devient progressivement un des magnifiques piliers de l’endroit avec Les Byrds, Love, les Seeds, les Turtles, Buffalo Springfield.

Doors 6Le leader d'Elektra.

Elektra enlève le morceau.

Les débuts sont certes difficiles mais les performances des Doors, et notamment celles de Jim Morrison, tapent dans l’œil du milieu.

Sur l’insistance d’Arthur Lee de Love, le propriétaire d’Elektra Records, Jac Holzman, les signe à l’essai le 18 août 1966, avant d’entériner un accord définitif, 3 mois plus tard, qui implique la réalisation de 7 albums. Trois jours plus tard, au Whiskey A Go Go, Jim Morrison se fend d’une exhibition sous LSD particulièrement obscène et provocante, laquelle déclenche le renvoi manu militari du groupe.

Il n’y reviendra plus. Morrison inaugure la longue série de frasques qui va jalonner la carrière des Doors du vivant de son leader. L’éponyme The Doors, enregistré entre le 24 et le 31 août 1966 aux Sunset Sound Recorders Studios d’Hollywood, ouvre le catalogue du groupe californien. Pourvoyeur de titres qui vont figurer dans le gotha du rock (Break On Through, The End qui ouvre le film Apocalypse Now en 1979, Alabama Song, Light My Fire), promoteur du rock psychédélique, il arrive dans les bacs en janvier 1967. N° 42 au classement de référence des meilleurs albums de rock de tous les temps (Rolling Stone Magazine), il se vend, dans sa version originale, à plus de vingt millions d’exemplaires.

The End, Light My Fire, When The Music’s Over…

Paul Rothschild, producteur du disque, dépeint la session d’enregistrement de The End comme la chose la plus géante dont il ait jamais été témoin durant toute sa carrière derrière les pupitres. Le studio était plongé dans l’obscurité ; les Doors ont joué à la lueur d’une bougie et des vumètres de la table de mixage pour restituer une musique magique, troublante et éternelle.

Cet album (2 au Billboard 200), le single Light My Fire (N°1 et plus d’un million de ventes) et les succès commerciaux qui en ont découlé ont indéniablement contraint Holzman à revoir sa copie et à prolonger ce phénomène bien au delà de l’engagement initial. Les Doors ont désormais une envergure nationale et commencent à partager les affiches américaines avec les plus grands du moment ; pour une popularisation internationale, il faut attendre encore un peu, l’Europe n’étant pas encore, pour l’heure, très enthousiaste. Il faudra attendre le troisième LP, Waiting For The Sun (1968) pour que les portes britanniques s’ouvrent enfin à eux.

Avant, il y a le psychédélique Strange Days (3 au Billboard), sorti en septembre 1967, considéré comme le disque le plus créatif du groupe, quoi que très proche de son devancier. Dépourvu de titres aussi porteurs et populaires que Light My Fire ou The End, Strange Days intègre une des premières chansons de Jim Morrison, Moonlight Drive, qui figurait dans le lot des textes soumis à Manzarek, au cours de leur rencontre à Venice Beach en juillet 65 et qui a décidé de leur collaboration.

Le disque, plus ambitieux et varié, mais surtout étrange comme le rappelle son titre, envoûtant, voire presqu’inquiétant, se vend bien, sans jamais atteindre l’insolent bilan de l’album précédent. Généralement vu comme le meilleur travail des Doors, il recèle de sublimes chansons comme Strange Days, Love Me Two Times, People Are Strange ou When The Music’s Over, construit dans le même format étiré que The End.

Doors krieger

« La vie avec Jim a été difficile. Il aurait été tellement plus grand s'il avait été un gars comme Sting, un mec normal et tout aussi talentueux, mais qui n’ait pas eu à être à la frontière entre la vie et la mort, à chaque seconde de sa vie. » (Robert Krieger)

Morrison : tout un symbole.

La jeunesse du moment s’identifie très fortement aux Doors et à Morrison, révolté, provocateur, contestataire comme jamais. En plus, il est beau et se montre torse nu dans les magazines. Le sulfureux Morrison est devenu un symbole pour tous ces jeunes, comme James Dean le fut de son temps. Il est dans le collimateur de la police qui, le 9 décembre 1967, lui tombe dessus en plein concert au motif de trouble à l’ordre public pour avoir tenté de manipuler son jeune auditoire. Il va de plus en plus loin au point de déclencher des émeutes comme à Chicago, le 10 mai 1968. A l’inverse, il a une telle influence sur son public qu’il le calme de la voix et du geste un soir de décembre 1968 à Los Angeles.

Comparé aux deux opus précédents, Waiting For The Sun, publié à l’été 1968, marque une déception artistique pour les fans. C’est pourtant, comme indiqué ci-dessus, avec ce disque que les Doors pointent pour la première fois dans les charts du Royaume-Uni (top 20). Aux Etats-Unis, la bonne dynamique se poursuit ; en France, il fait aussi N° 1. Côté commercial, avec plus de 9 millions de pièces écoulées, il se situe dans une moyenne honorable pour les Doors.

Doors morrison

Les Doors sont désormais des stars internationales mais ce statut ne convient pas du tout à son leader qui, de nature timide et effacée, se réfugie dans la drogue et l’alcool.

Souvent défoncé ou en état d’ébriété, il livre des prestations de plus en plus erratiques suivant son état, allant même jusqu’à insulter le public, imitant en cela un certain Van Morrison (Them) qui, sous l’influence de l’alcool, avait pour habitude d’invectiver les spectateurs du Whisky A Go Go. Les Doors débutants ont ouvert pour les Them, rappelons-le. De là à voir en son attitude un mimétisme comportemental, il n’y a pas loin.

Toujours est-il que les autres membres tentent de le canaliser et surveillent comme le lait sur le feu cet électron libre. Cette défiance à son endroit génère les premières tensions internes durant l’enregistrement de Waiting For The Sun.

Morrison s’enfonce lentement mais sûrement dans la dépravation, n’assure même plus correctement ce pour quoi les Doors ont été fondés, à savoir mettre le groupe au service de son écriture. Il n’a déjà plus le sentiment de sa déchéance.

Krieger sauve les meubles.

La grande majorité des titres de Waiting For The Sun provient de démos originales du groupe, à l’image de Hello I Love You (1965) et de chansons qui n’ont pas su se faire une place sur les deux premiers LP. Robby Krieger sauve la face en signant Wintertime Love, Spanish Caravan et Yes, the River Knows. Outre Hello I Love You 1 aux U.S.A, 15 au Royaume-Uni), le titre-phare de Waiting For The Sun demeure cependant The Unkown Soldier (N°39) qui réfère au Viet Nam où le conflit s’enlise.

Le désintéressement de Morrison n’est pas feint. Démotivé et désireux de s’éloigner d’un milieu qui ne lui convient pas, il annonce son envie de tout plaquer. Ray Manzarek parvient à lui faire reporter cette décision. Les Doors au grand complet peuvent donc s’envoler pour une première tournée européenne (septembre 68) après avoir pris part préalablement au mémorable concert de l’Hollywood Bowl (5 juillet 1968) et démarré les sessions d’enregistrement du 4ème des 7 LP promis à Elektra : The soft Parade (18 juillet 1969).

Ces sessions n’annoncent rien de bon car Jim Morrison ne s’y montre pas très prolifique et concerné. Il a en tête, et plus que jamais depuis qu’il a rencontré Michael McClure à Londres, durant la tournée sur le Vieux-Continent, de privilégier la poésie au détriment du rock. Jim Krieger assure une fois de plus en contribuant avec 5 morceaux.

Des tensions lourdes de conséquences.

The Soft Parade creuse un peu plus les différends entre Morrison et les autres. Jim Morrison exige que les auteurs des chansons soient désormais nommés. Une pique à l’encontre de Krieger et, par extension, à Densmore et Manzarek qui, sans consulter leur leader, ont négocié parallèlement les droits pour que Light My Fire serve de support musical à une publicité pour Buick ? Le torchon brûle entre eux, rendant la réalisation de cet album enrichi d’arrangements de cordes et de cuivres, particulièrement compliquée. Au final, The Soft Parade s’avère être l’opus dont on parle le moins, celui qui aura le moins marqué les esprits, malgré quelques compositions intéressantes. Et pour cause, dans le chaos médiatique ambiant, il passe presqu’inaperçu…

Morrison, isolé et absorbé par sa relation avec Patricia Kennealy, se consacre à ses poèmes. Ceux-ci, écrits en février 1969, sont publiés en 1978 sous An American Prayer, dans un disque hommage à Morrison.

Quelques semaines plus tard, cerise sur le gâteau, le chanteur si charismatique donne une piètre image de lui à Miami où, barbu et ivre mort, il se révèle incapable de tenir son rang. Pire, obscène comme jamais, il fait mine (l’a-t-il fait ?) de sortir son sexe. Il est inculpé pour faits très graves ; les dates suivantes sont annulées. La presse se déchaîne contre des Doors qui reprennent la route pour calmer le jeu.

S’ensuit une série de concerts nationaux démarrée en juillet 1969 (les deux sets du 21 juillet 1969 à l’Aquarius Theatre de Los Angeles) et prolongée jusqu’en mai 1970 alimenteront Absolutely Live de juillet 1970.

Entre, en février 1970, paraît le volume 5 du catalogue : Morrison Hotel, commencé en septembre 1969. Après le discutable The Soft Parade, les Doors reviennent par la grande… porte en laissant au vestiaire leur divergences. Les Doors refont du Doors et Morrison reprend l’écriture à son compte.

Morrison Hotel, de par le verso de sa pochette montrant la vue d’un bar appelé Hard Rock Cafe, va être à l’origine de la création, en 1971 par Isaac Tigrett et Peter Morton, de la chaîne de restauration aujourd’hui mondialement célèbre. Il fait 4 chez l’Oncle Sam et 12 en Grande-Bretagne.

Doors 3

Doors l a woman

Doors american prayer

Les Doors orphelins de leur légendaire leader.

Les sessions pour le sixième opus, L.A Woman sont retardées à cause du procès de Jim Morrison pour son comportement à Miami. Sa sortie tombe en avril 1971, les enregistrements ayant été réalisés entre décembre 1970 et janvier 1971.

Elle nous place en présence d’un Jim Morrison transformé : il a grossi, son visage est dominé par une barbe noire très fournie, il picole grave. 

Bref, il n’est plus très présentable et est loin de l’apparence de rock star qui était la sienne il y a peu et pour laquelle les jeunes filles s’enflammaient.

L.A. Woman est son chant du cygne, la fin est proche ; l’album demeure  pourtant excellent. Orienté blues-rock et incontournable dans la discographie des Doors, il ne s’accompagne d’aucune tournée derrière car, après sa publication, Jim Morrison s’envole pour Paris.

Le rock, pour lui, c’est fini. Hélas il en ira de même pour sa vie, Morrision s’éteignant dans la nuit du 2 au 3 juillet 1971 dans des circonstances restées floues.

Son corps est enterré au Père-Lachaise parisien dans la plus grande discrétion.

Orphelin de leur anthologique meneur, sous l’impulsion de Ray Manzarek, le trio restant des Doors tente de maintenir la flamme et publie encore deux disques, Other Voices (1971) et Full Circle (1972) auxquels le public n’adhère pas, considérant que les Doors sont morts quand la voix de Morrison s’est définitivement tue.

La chaise, désormais inoccupée de Morrison, laisse un vide béant que ses amis ne parviennent pas à combler.

Les Doors cessent leur activité en 1973. Ils renaissent le temps d’un disque hommage au poète Morrison (An American Prayer), en 1978. C’est le dernier d’une des plus grandes légendes du rock (RAZOR©).

 

LP Studio 1 - 1967

 

Doors the doors lp 1967

 

THE DOORS

THE DOORS – 1967  5/5

 

Publié en janvier 1967.

Produit par Paul A. Rothchild.

Durée:44:48.

Label:Elektra.

Genre:rock psychédélique,acid rock.

 

Une révélation !

 

Les Doors ouvrent leur compteur discographique avec ce disque éponyme (en écoute intégrale ici) sorti début 1967. Que de grands classiques comme Break on Through, The End, Light my Fire, Alabama Song et de sublimes chansons, demeurées parmi ce que les Doors ont fait de mieux (Crystal Ship, Backdoor Man, End Of The Night, Soul Kitchen) y figurent. Pour beaucoup d’entre nous qui découvrons alors cette formation californienne, l’écoute de cet album est une véritable révélation, un flash total. C’est un choc. La poésie s’invite dans le rock.

The Doors l’album démarre avec Break On Through, sur un rythme rock très soutenu, du rock à l’état pur où l’orgue de Manzarek est aussi présent et étrange que la voix de Morrison est belle et sans égale.

Arrive Soul Kitchen un morceau groovy qui balance bien. Suivent le langoureux Crystal Ship sur lequel Jim Morrison joue avec le public féminin, Light My Fire qui est un mélange de rock psyché et érotisant, End of the Night, reprise de Kurt Weil, le rugueux Back Door Man et – must parmi les must -  The End, la saga oedipienne de Jim Morrison, toile de fond d’Apocalypse Now de Francis Ford Coppola pour les incultes (générique et scène finale). Bref toute la poésie de Jim Morrison plane sur cet opus. Mais j’ai gardé le nec plus ultra pour la fin : The End.

Ah ! The End !!!!!!!!!!! Plus de 10 minutes de musique qui vous transporte on- ne- sait- où en Inde, dans les vapeurs d’opium… un délire cauchemardesque durant lequel la guitare de Robert Krieger donne une lumière lumineuse. A l’écoute de cet éponyme, on comprend pourquoi les Doors c’est anthologique. Inutile de manier le dithyrambe, on s’y colle plutôt deux fois qu’une (RAZOR©).

 

1. Break On Through (To the Other Side).

2. Soul Kitchen.

3. The Crystal Ship.

4. Twentieth Century Fox.

5. Alabama Song (Whisky Bar).

6. Light My Fire.

7. Back Door Man.

8. I Looked at You.

9. End of the Night.

10. Take It as It Comes.

11. The End.

 

John Densmore:batterie.

Robby Krieger:guitare.

Ray Manzarek:orgue,piano,basse.

Jim Morrison:chant.

LP Studio 2 - 1967

 

Doors starnge days

 

THE DOORS

STRANGE  DAYS – 1967  5/5

 

Publié en septembre 1967.

Produit par Paul A. Rothcild.

Durée:35:25.

Label:Elektra.

Genre:rock psychédélique,pop psychédélique.

 

Des Doors très ambitieux.

 

En 1967, les Doors sortent leur deuxième album, Strange Days (en écoute intégrale ici), soit huit mois après que leur premier disque (The Doors) n’ait déjà alimenté les bacs des disquaires et ne fasse grosse sensation.

Comme l’indique son titre et sa couverture, il est étrange. Attendu au coin de la rue, Strange Days est un succès commercial, mais surtout un triomphe artistique.

Œuvre fouillée, plus ambitieuse encore que l’éponyme précédent, variée, illuminée, l’album malgré le fait d’être devancé auprès du public, et en termes de notoriété par les LP The Doors et L.A Woman, atteint quand même la troisième place des charts US et obtient un disque d’or.

Strange Days contient les chansons les plus psychédéliques des Doors (Strange Days, People Are Strange, l’excellent Love Me Two Times, et l’incomparable When The Music’s Over…).

La pop psychédélique n’avait jamais été aussi cauchemardesque et torturée. Les textes sont obscurs, intrigants, sensuels sur des musiques obsédantes et avec la voix encore claire et faramineuse d’un Jim  Morrison, alors en forme olympique. A noter la prestation très convaincante de Ray Manzarek. Encore une fois, serais-je tenté de dire.

Ce disque est géant et incontournable ; il est à posséder impérativement, même s’il n’est pas celui que je préconiserais pour qui aborde ce groupe pour la première fois en raison de sa complexité et de son côté obscur (RAZOR©).

 

1. Strange Days.

2. You’re Lost Little Girl.

3. Love Me Two Times.

4. Unhappy Girl.

5. Horse Attitudes.

6. Moonlight Drive.

7. People Are Strange.

8. My Eyes Have Seen You.

9. I Can’t See Your Face In My Mind.

10. When The Music’s Over.

 

Jim Morrison:chant, synthétiseur Moog sur 9.

Ray Manzarek:orgue,piano,clavinet,marimba.

Robby Krieger:guitare.

John Densmore:batterie.

Douglas Lubahn:basse sur 1/2/3/6/7/8/9.

LP Studio 3 - 1968

 

Doors waiting for the sun

 

THE DOORS

WAITING FOR THE SUN – 1968  3,5/5

 

Publié en juillet 1968.

Produit par Paul A. Rothchild.

Durée:32:59.

Label:Elektra.

Genre:rock psychédélique.

 

Un coup de moins bien.

 

Il est très difficile d’enchaîner les albums de haut niveau. Les Doors vont-ils être, à leur tour, victimes du syndrome du troisième album? Attendu au tournant, il devrait être l’album de la maturité, pour les spécialistes. Il est vrai que succéder en qualité à The Doors et Strange Days relève de l’exploit.

La réponse des Doors est d’offrir, en juillet 1968, un Waiting For The Sun (en écoute intégrale ici) de bonne veine, mais se situant légèrement en retrait de ses prédécesseurs. Les Doors sont un mythe et Morrison le charismatique, une légende rebelle et un sex-symbol qui se permet tout mais auquel on ne pardonne rien. Les keufs viennent même le chercher sur scène pour exhibitionnisme. Provocateur, drogué, alcoolisé, Morrison va s’attirer les pires ennuis.

Ce chaos sert de toile de fond à la préparation de Waiting For The Sun qui devait s’appeler The Celebration Of The Lizard. Construit sur des chansons d’amour, il recèle certains morceaux devenus des classiques des Doors comme le pop Hello, I Love You, morceau qui entame le LP et qui n’est pas sans évoquer le All Day And All Of The Night des Kinks.

L’antimilitariste The Unkown Soldier, la tendre et mélancolique ballade Love Street (pour la fiancée de Morrison), le tribal et violent Not To Touch The Earth (Five To One est également violent et menaçant) comptent parmi mes morceaux de prédilection de Waiting For The Sun ainsi que deux des trois compositions de Krieger, le flamenco acoustique Spanish Caravan et le dramatique Yes The River Knows. Quant à My Wild Love, elle est intense mais particulièrement étrange.

L’album, tantôt doux, parfois violent a des côtés attachant. Il est fait dans le style purement Doors mais son rock psychédélique commence quelque peu à s’émousser. On verra avec Soft Parade qu’il ne sera pas loin de toucher le fond. Waiting For The Sun ne révolutionne pas le catalogue des Doors ; il mérite cependant une écoute encore très attentive (RAZOR©).

 

1. Hello, I Love You.

2. Love Street.

3. Not to Touch the Earth.

4. Summer's Almost Gone.

5. Wintertime Love.

6. The Unknown Soldie.

7. Spanish Caravan.

8. My Wild Love.

9. We Could Be So Good Together.

10. Yes, the River Knows.

11. Five to One.

 

Jim Morrison:chant.

Robby Krieger:guitare,guitare rythmique.

Ray Manzarek:orgue,basse claviers.

John Densmore:batterie.

Doug Lubahn,Kerry Magness,Leroy Vinnegar:basse.

LP Studio 4- 1969

 

Doors the soft parade

 

THE DOORS

THE SOFT PARADE – 1969  3/5

 

Publié en juillet 1969.

Produit par Paul A. Rothchild.

Durée:34:19.

Label:Elektra.

Genre:rock psychédélique,rock symphonique,blues-rock,pop psychédélique.

 

Pas de quoi parader.

 

De tous les albums produits par le groupe californien, The Soft Parade (en écoute intégrale ici) est celui dont on parle le moins, celui qui aura le moins marqué les esprits. La raison en incombe vraisemblablement à l’ajout de cuivres et de fanfares et au fait qu’il est décalé par rapport aux autres albums.

L’artisan de ce LP très court (33 minutes) et surtout de sa partie intéressante est Robbie Krieger. Même s’il ne contient pas de titres majeurs du groupe, il n’en offre pas moins d’excellentes compositions. Il combine des titres aux mélodies carrément pop à des travaux expérimentaux tandis que Morrison se fait plus discret qu’à l’accoutumée.

Tell All The People débute remarquablement ce disque révélant un Touch Me accrocheur, à l’intro rythmée et bénéficiant d’une touche parfaitement dosée de claviers. Do It est très plaisant. Krieger livre également un excellent mais trop court Whishful Sinful, une belle mélodie mélancolique. Seule ombre au tableau pour la partie Krieger, Runnin Blue un peu étrange.

Morrison est appliqué et en retrait, y compris au niveau de sa participation en titres (Wild Child, Shaman’s Blues, Easy Ride et Soft Parade). Morrison nous entraîne dans son délire rimbaldien mais ne suscite aucune émotion particulière. Il semble être sur le reculoir et sa discrétion pénalise beaucoup le disque.

Depuis sa sortie, j’ai essayé de revoir ma copie à la hausse, mais rien n’y fait, ce disque ne m’inspire aucunement. Y a des jours « avec » et des jours « sans », The Soft Parade est un jour « sans ». Depuis le temps, ça se saurait ! (RAZOR©)

 

1. Tell All the People.

2. Touch Me.

3. Shaman's Blues.

4. Do it.

5. Easy Ride.

6. Wild Child.

7. Runnin' Blue.

8. Wishful Sinful.

9. The Soft Parade.


Jim Morrison:chant.

Robbie Krieger:guitare,choeurs.

John Densmore:batterie.

Ray Manzarek:claviers.

Harvey Brooks,Doug Lubhan:basse.

LP Studio 5 - 1970

 

Doors morrison hotel

 

THE DOORS

MORRISON HOTEL – 1970  4,5/5

 

Publié en février 1970.

Produit par Paul A. Rothchild.

Durée:37:05.

Label:Elektra.

Genre:rock psychédélique,blues-rock.

 

Dans l’ombre des albums culte.

 

Le patronyme Morrison figurant dans le titre de l’album Morrison Hotel (en écoute intégrale ici), n’a rien à voir avec le Morrison que vous connaissez, leader du groupe The Doors. Toute ressemblance avec personne existante ou ayant existé ne serait que pure coïncidence. Et bien, il s’agit là d’une pure coïncidence.

Ce LP de 1970, cinquième opus du groupe américain, propose, sur une face du vinyle, un côté baptisé Hard Rock Cafe (A), l’autre face étant appelée Morrison Hotel. Il fait suite à l’expérimental The Soft Parade (1969) et devance L.A Woman (chronologiquement parlant, s’entend).

The Soft Parade n’ayant pas recueilli les faveurs de la presse et du public, les Doors reviennent à ce qui faisait leur succès : le blues. Mais d’une manière teintée. En se recentrant sur leurs racines, sur le rhythm & blues, les Doors vont préparer le terrain pour L.A Woman.

C’est dans cet état d’esprit blues-rock que l’incomparable Roadhouse Blues attaque la face Hard Rock Cafe, morceau que le groupe retiendra pour débuter ses concerts.

Cet excellent album du catalogue des Doors les voit interpréter quelques unes de leurs petites merveilles comme Blue Sunday, Waiting For The Sun ou Indian Summer (face B).

Ce disque charnière (le plus rock du groupe) passé un peu inaperçu, n’est pas sans rappeler l’album éponyme du groupe, un joyau. Ship Of Fools, dernier titre de la face A (un peu moins rock), va dans ce sens, tandis que Queen Of The Highway (face B, écrit pour la copine de Jim) marche sur les traces d’un anthologique Riders On The Storm. Morrison y est prolifique (ses ennuis prennent fin).

La face Morrison Hotel est moins rock, elle abrite quelques titres intéressants comme The Spy (un piano dans une ambiance jazzy), Queen Of The Highway, la jolie et concise ballade Indian Summer, Maggie Mac Gill, un petit rock sympa.

Guitare experte de Krieger, orgue fou de Manzarek et voix incomparable de Morrison, il n’en fallait pas plus pour faire de ce Morrison Hotel, un disque rock annonçant un retour en grande pompe du groupe après le décevant The Soft Parade.

Morrison Hotel doit avoir une place de premier choix dans les bonnes discothèques qui se respectent. Les Doors y excellent comme seuls, ils savaient le faire (écoutez You Make Me Real, si ce n’est pas du Doors, je me fais moine !). Et c’est toujours du très grand Doors. Un très bon rendez-vous pour tout vous dire. On prend (RAZOR©).

 

Hard Rock Café

1. Roadhouse Blues.

2. Waiting For The Sun.

3. You Make Me Real.

4. Peace Frog.

5. Blue Sunday.

6. Ship Of Fools.

 

Morrison Hotel

7. Land Ho!

8. The Spy.

9. Queen Of The Highway.

10. Indian Summer.

11. Maggie M'Gill.

12. Talking Blues.

 

Jim Morrison:chant.

Robby Krieger:guitare,guitare rythmique.

Ray Manzarek:piano,orgue,basse claviers.

John Densmore:batterie.

Lonnie Mack:basse sur 1/11.

G. Puglese (John Sebastian):harmonica sur 1.

Ray Neapolitan:basse sur 4/6.

LP Studio 6 - 1971

 

Doors l a woman

 

THE DOORS

L.A WOMAN – 1971  5/5

 

Publié en avril 1971.

Produit par The Doors,Bruce Botnik.

Durée:48:24.

Label:Elektra.

Genre:blues-rock.

 

La der du leader.

 

Je ne pense pas que L.A Woman (en écoute intégrale ici) représente bien l’œuvre des Doors, car ce sixième et ultime album enregistré avec son icône charismatique, paru en 1971 (Jim Morrison est mort à Paris trois mois plus tard), sonne très blues rock. Il n’a pas le côté psyché des précédents.

Jim Morrison, aux allures chritiques, à la présence bestiale, dépasse alors le quintal, mais sa voix gagne en profondeur, en raucité ; le son est alourdi, bref, on est à des années-lumière de la production qu’on connaissait des Doors et Morrison bien loin des clichés usuels de la rock star. Les Doors sont alors moribonds et, pour ne rien vous cacher, ça sent le sapin, la fin… car Morrison s’isole et ce comportement génère des tensions entre lui et les autres.

Ils trouvent néanmoins d’ultimes ressources pour rebondir une dernière fois et s’appliquent un esprit digne des grands Doors qu’ils furent, décident de s’autoproduire, aidés en cela  par Bruce Botnik. Chacun des membres se recale sur sa partition demeure, se recentre sur son instrument  et vogue la galère…

Il en découle  un disque extraordinaire et essentiel. Laissez-vous embarquer par les « Riders On The Storm », ça vaut le détour ! Retenons aussi le titre qui a donné son nom à l’album et imaginé pour les besoins du film Zabriskie Point (L’America), ainsi que Love Her Madly, Hyacinth Blues (l’hôtel dans lequel Morrison s’est pris pour une libellule), L.A. Woman, Been Down So Long et The Changeling.

Outre un incroyable Big Jim au chant, un Ray Manzarek (orgue) dont l’orgue redevient délicieusement tortueux, Robert Krieger au jeu de guitare de nouveau brillant comme par enchantement et John Densmore (batterie), l’album bénéficie des piges ponctuelles et brillantes de l’ancien bassiste de Presley, Jerry Scheff (basse) et de Marc Benno (guitare rythmique) qui bosse pour Leon Russell.

Il en résulte un disque merveilleusement maîtrisé, fignolé avec soin et précision, des plus cohérents, intemporel, incontournable et à valeur hautement historique, puisque Jim Morrison y éructe ses dernières notes, disparaissant dans la foulée.

L.A. Woman fut honoré, en son temps, du prix de l’Académie Charles Cros. Pour les teenagers de cette époque, cette distinction était un critère de reconnaissance artistique huppé et, par voie de conséquence d’achat. Rien n’a changé depuis, mais aujourd’hui on dit : L.A. Woman, c’est trop d’la balle. C’est du pareil au même, alors, profitez-en (RAZOR©).

 

1. The Changeling.

2. Love Her Madly.

3. Been Down So Long.

4. Cars Hiss By My Window.

5. L.A. Woman.

6. L’America.

7. Hyacinth House.

8. Crawling King Snake.

9. The WAST (Texas Radio And The Big Beat).

10. Riders On The Storm.

 

John Densmore:batterie.

Robby Krieger:guitare.

Ray Manzarek:basse,orgue,piano,claviers.

Jim Morrison:chant.

Marc Benno:guitare rythmique sur 3/4/5/8.

Jerry Scheff:basse sur 1/2/3/5.

LP Studio 7 - 1971

 

Doors other voices

 

THE DOORS

OTHER VOICES – 1971  3,5/5

 

Publié en octobre 1971.

Produit par The Doors,Bruce Botnick.

Durée:39:42.

Label:Elektra.

Genre:rock.

 

Oublier le passé…

 

Jim Morrison n’est plus de ce monde depuis juillet 1971. Cette perte énorme de ce monstre sacré du rock, de l’idole de toute une génération et de ce leader charismatique, de cet incomparable et théâtral chanteur, allait immanquablement causer la séparation des Doors. C’était écrit. Vous connaissez l’adage ? Un seul être vous manque et tout est dépeuplé…

Il est vrai que perdre une forte personnalité comme Jim Morrison a de quoi faire se poser des questions sur l’avenir du groupe. Mais c’est aussi faire peu de cas des autres membres des Doors. Après tout, si Jim était la voix, il ne faut pas négliger la musicalité et le son, le toucher et la créativité de Manzarek et de Krieger, le talent de Densmore.

Morrison les a longtemps éclipsés mais réduire le succès des Doors au seul Jim, est leur faire injure. Les condamner à l’inactivité forcée inévitable, c’est oublier que le claviériste et le guitariste ont déjà fait montre de qualités indéniables sur d’autres précédents albums qu’ils ont même parfois sauvés de l’indigence ou du manque d’inspiration.

N’oublions pas, non plus, que le fameux Light My Fire est signé Robbie Krieger. Qui plus est, les membres restants ont dû se préparer à cette issue quasiment annoncée, car leur leader aux frasques répétées et aux abus lysergiques et alcooliques notoires, prenait de plus en plus de distance avec le groupe. Par conviction personnelle ou par incapacité à assurer son travail en raison de son état de santé mis à mal par la drogue.

Les Doors, sans Morrison, ont prouvé qu’ils n’étaient pas les musiciens de Jim mais de vrais auteurs-compositeurs et interprètes. Il est bien heureux que ces derniers aient continué à fonctionner comme un groupe et à enregistrer Other Voices (en écoute intégrale ici) et Full Circle.

Other Voices sonne différemment, car on ne remplace pas un chanteur de cette trempe. Krieger et Manzarek n’ont d’ailleurs pas cherché à le remplacer et ont préféré gérer le côté chant eux-mêmes, les compositions proposées par le nouveau trio étant généralement bonnes. Pour d’autres artistes, ce disque aurait constitué un tremplin idéal pour démarrer une carrière.

Pour les Doors restants, il y a eu (malheureusement pour eux, heureusement pour nous) toute cette production discographique incomparable, avant, et qui va occasionner un manque d’intérêt de la part des fans de Morrison, de la presse et de ceux qui pensent que plus rien ne sera jamais comme avant.

Other Voices est donc resté dans le ventre mou de ce qu’ont réalisé les Doors. Je n’hésite pas à le réhabiliter et à conseiller aux sceptiques une écoute particulière. Cela va faire 40 ans que Morrison est mort, il est donc temps d’enlever ses œillères et d’accorder un peu de crédit au travail de trois mecs qui ont refusé de se laisser aller au découragement.

Other Voices démarre par un sympathique titre bluesy In The Eye Of The Sun. Ships w/Sails, l’optimiste I’m Horny, I’m Stoned, Variety Is The Spice Of Life, Tightrope Ride, Down On The Farm, Wandering Musician sont les autres temps forts d’un disque qui  ne mérite pas cette plongée dans l’obscurité qu’on lui a imposée. La mort de Morrison a ressoudé le groupe, le travail collectif s’en ressent. Il doit retrouver la lumière et s’écouter en faisant abstraction que c’est un Doors. Et vous serez surpris car il y a ici du grain à moudre… (RAZOR©).


1. In The Eye Of The Sun.          

2. Variety Is The Spice Of Life.            

3. Ships w/ Sails.               

4. Tightrope Ride.              

5. Down On The Farm.       

6. I'm Horny, I'm Stoned.           

7. Wandering Musician.              

8. Hang On To Your Life.    

 

Robby Krieger:chant,guitare.

Ray Manzarek:claviers,chant.

John Densmore:batterie.

Jack Conrad,Ray Neapolitan,Jerry Scheff,Wolfgang Meltz:basse.

Willie Ruff:contrebasse.

Fransico Aguabella:percussions.

Emil Richards:marimba.

LP Studio 8 - 1972

 

Doors full circle

 

THE DOORS

FULL CIRCLE – 1972  3/5

 

Publié en août 1972.

Produit par The Doors.

Durée:40:05.

Label:Elektra.

Genre:funk rock,jazz fusion.

 

This Is The End…

 

En 1972 paraît Full Circle (en écoute intégrale ici). L’événement est historique car il consiste en le dernier album d’un groupe mythique: les Doors. Certes, depuis la mort de leur leader Jim Morrison, le groupe n’a plus la même aura.

A tort, car le groupe a eu le mérite de ne pas sombrer et de sortir un Other Voices fort sympathique, quoique différent (et cela ne surprendra personne) de la production que l’on connaît (et que l’on a aimé) de cette formation américaine ; il est surtout mal connu car bien plus intéressant que ce qu’en pensent les inconditionnels de Jim Morrison.

Toutefois, c’est reculer pour mieux sauter. En effet, Full Circle, deuxième opus sans leur chanteur charismatique, est le dernier des Doors. Une page se tourne. Et quelle page !

Les Doors se reformeront, en 1978, l’espace d’un album rendant hommage à leur feu ex-leader, An American Prayer. Cet album donne le jour à leur dernier tube, The Mosquito, repris chez nous par Dassin et à un excellent The Piano Bird. Le son est plus moderne. Les chœurs lui donnent un côté plus gospel.

Les Doors font du Doors, mais sans la magie qu’on leur connaissait. Cette fois-ci, c’est bel et bien la fin. This Is The End, My Only Friend, The End… (RAZOR©)

 

1. Get Up and Danc.

2. 4 Billion Souls.

3. Verdilac.

4. Hardwood Floor.

5. Good Rockin.

6. The Mosquito.

7. The Piano Bird.

8. It Slipped My Mind.

9. The Peking King and the New York Queen.

 

Robby Krieger:chant,guitare.

Ray Manzarek:claviers,chant.

John Densmore:batterie.

LP Studio 9 - 1978

 

Doors american prayer

 

THE DOORS

AN AMERICAN PRAYER – 1978  3,5/5

 

Publié en novembre 1978.

Produit par The Doors.

Durée:46:14.

Label:Elektra.

Genre:rock,poésie,expérimental.

 

Une merveille de copié/collé.

 

Jim Morrison est mort en 1971. Dans la foulée, le trio restant a sorti Other Voices et Full Circle, deux albums qui n’ont pas eu la reconnaissance escomptée par les fans et la presse. Inutile de s’obstiner, la magie Doors n’opère plus sans le poète et chanteur Morrison tandis que, dans le même temps, la scène musicale n’est plus au psychédélisme mais tend à s’orienter vers d’autres horizons ouverts par des groupes comme Led Zeppelin.

Les Doors ont vécu (1973). Histoire de rendre hommage à Jimbo, ils repartent toutefois pour un dernier projet estampillé The Doors, An American Prayer (en écoute intégrale ici). Cet album date de 1978 et est un peu en marge de ce qu’on pu faire les Doors.

An American Prayer, en effet, compile certains des poèmes de Morrison mis en musique par Manzarek, Krieger et Densmore, par l’utilisation de bandes playback. Les poèmes, lus par Jim ont, pour la plupart, ont été enregistrés en décembre 1970. Le sexe et la religion y sont traités sans pudeur.

Musiques originales et extraits de musiques existantes des Doors, morceaux d’archives sonores, de concerts… voilà ce qu’est American Prayer sorte d’album-concept construit en 5 actes (Awake-To Come The Age-The Poet’s Dreams-World On Fire-An American Prayer).

Le résultat est concluant et sonne plus comme un album de Jim Morrison que comme un opus des Doors. C’est très beau, avec une ambiance spéciale qui fait revivre le défunt chanteur et ce n’est pas surprenant de retrouver ce disque dans les meilleures ventes US.

An American Prayer se consomme d’une seule traite en se concentrant bien sur l’écoute. Réservé aux poètes et aux fans du groupe. Les autres, non initiés, seront forcément surpris (RAZOR©).

 

1. Awake.

2. Ghost Song.

3. Dawn's Highway/Newborn Awakening.

4. To Come of Age.

5. Black Polished Chrome/Latino Chrome.

6. Angels and Sailors/Stoned Immaculate.

7. The Movie.

8. Curses, Invocations.

9. American Night.

10. Roadhouse Blues.

11. Lament.

12. The Hitchhiker.

13. An American Prayer.

14. The End.

15. Albinoni: Adagio.

 

John Densmore:batterie.

Robby Krieger:guitare.

Ray Manzarek:claviers,basse.

Jim Morrison:chant,spoken word.

Reinol Andino:percussions.

Bob Glaub:basse sur 15.

Jerry Scheff:basse.

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