The Easybeats.

BIOGRAPHIE.

 

 

THE EASYBEATS/ Sydney (Nouvelle Galles du Sud – Australie)

 

Easybeats intro

 

Actif de 1964 à 1969,1986.

Labels:EMI,Parlophone,Albert Records.

Genre:pop,rock,pop-rock,beat.

 

La voie qui mène à AC/DC.

Au sortir de la seconde guerre mondiale, quand le gouvernement australien lance son vaste programme de peuplement pour attirer des populations issues de Grande-Bretagne et plus généralement d'Europe, les Young comptent parmi les familles souscrivant à cette démarche.

Originaire de la périphérie de Glasgow, le clan Young, dans la foulée de son patriarche William et de son épouse Margaret, fort d'une quinzaine de membres, envisage de tourner la page écossaise après un hiver plus grisâtre et rigoureux que jamais (hiver 1963), pour se projeter sur les rivages plus hospitaliers de la côte australienne.

Sur les écrans TV, une publicité invite les sujets du Royaume-Uni à changer radicalement de vie et à contribuer à reconstruire l'Australie moyennant une aide au transport et à l'installation. Les Young se laissent convaincre et, fin juin 1963, décollent pour Sydney dans l'espoir d'avoir une vie meilleure que celle britannique.

Il y a là, outre les parents, l'aîné de la fratrie, Stephen, la sœur Margaret, William Jr, ainsi que George (né en novembre 1946), Malcolm (né en janvier 1953) et Angus (né en mars 1955). Alex (né en 1938), quant à lui, est resté en Grande-Bretagne où en 1964, il fonde Grapefruit tandis que John rejoint l'Australie séparément.

Tous les frères Young ont en commun la pratique de la musique, même si Malcolm et Angus sont les plus connus de la fratrie pour être les fondateurs du groupe légendaire AC/DC.

Easybeats 3L'attraction Beat de la place de Sydney.

Easybeats george youngGeorge Young, cheville ouvrière du groupe.

Easybeats beatle village mike vaughanAvec Vaughan au Beatles Village.

Easybeats l easyfeverL'Easyfever, au moins égale à la Betlemania.

Easybeats friday 2Friday On My Mind.

Easybeats 5Une réussite planétaire jusqu'en 1969.

George Young, la cheville ouvrière.

En terme de popularité, George est celui qui a porté haut le nom des Young bien avant les autres, ayant été à l'origine des Easybeats (ainsi que son guitariste rythmique et leader), formation constituée avec des européens débarqués à Sydney pour les mêmes raisons, et au nom référant aux Beatles.

Les Easybeats, un des groupes les plus influents du rock des antipodes, est à jamais considéré comme les Beatles australiens. Très tôt, ils se démarquent de la concurrence ambiante en composant leurs propres chansons.

Leur réussite, d'abord nationale dans un environnement alors en pleine mutation induit par la british invasion, devient planétaire quand ils publient, en 1966, Friday On My Mind, premier hit international pour l'Australie où le titre fait N°1, placé dans le top 10 britannique (N°6) et 20 américain (N°16) et meilleure chanson australienne de tous les temps (APRA/2001).

Leur succès s'accompagne alors de scènes d'exaltation qui ne sont pas sans rappeler la folie engendrée par la Beatlemania.

Bon nombre d'artistes huppés, étrangers (Gary Moore, David Bowie) comme indigènes (Johnny O'Keefe, The Sports, INXS, Divinyls, The Saints) ont repris le répertoire des australiens.

Musicien, compositeur, producteur, conseiller, George Young a été la cheville ouvrière d'Easybeats avec Harry Wanda. Cet homme, toujours très impliqué et professionnel dans tout ce qu'il entreprenait, est décédé à 70 ans (le 23 octobre 2017), devançant dans la mort son frère Malcolm de moins d'un mois (18 novembre 2017)...

L'attraction beat de la place de Sydney.

Les Easybeats ont vu le jour à la fin de l'année 1964 quand George Young, installé avec sa famille dans la périphérie sud-ouest de Sydney, se rapproche de ses compatriotes anglo-saxons, les anglais Stevie Wright (chanteur) et Gordon « Snowy » Fleet (batteur) et des bataves Hendrickus Vandenburg et Dingeman Vandersluys, aux noms respectivement anglicisés en Harry Vanda (guitariste) et Dick Diamonde (bassiste).

Enfants de familles émigrées arrivées dans le cadre du programme de peuplement australien, ils partagent leur l'adoration pour les Beatles et la musique.

Entendus pour la première fois fin 64 dans leur berceau d'accueil, le Villawood Migrant Hostel, les Easybeats ont signé une quinzaine de top 40 entre 1965 et 1970, date de leur fin d'activité. Unis comme nuls autres du fait de leur condition de migrants, ils vont établir leur propre identité musicale.

Devenu rapidement groupe résident du Beatle Village, puis tout aussi vite l'attraction beat majeure de la place de Sydney, le groupe se voit proposer le concours de Mike Vaughn, un agent immobilier local.

Un contrat avec Parlophone.

Celui-ci propose aux Easybeats de les manager et de booster leur envol en les rapprochant du milieu de la radio et de l'industrie du disque. Il les présente à Ted Albert, un producteur de disques indépendant et fondateur d'Albert Productions dérivée de la compagnie Albert Music de son grand-père.

Albert auditionne le groupe et, quelques jours plus tard, l'engage et lui permet d'obtenir un contrat d'enregistrement avec Parlophone, filiale du d'EMI.

Un lot de démos est alors enregistré parmi lesquelles The Bells, I (Who Have Nothing), Say That You're Mine et un musclé et agressif For My Woman, lequel est publié comme premier single en mars 1965 (N°33 des charts aussies).

Ce titre est le fruit de la première collaboration à l'écriture du tandem George Young et Stevie Wright qui va s'avérer très prolifique et très inspiré. Le premier nommé a alors une propension naturelle pour la mélodie, son partenaire la faculté exceptionnelle d'y poser des paroles.

She's So fine, sorti en mai 1965, fait encore mieux. Un mois plus tard, il règne sur Sydney et Melbourne, avant de se fixer à la 3ème place des classements australiens.

Durant l'été de la même année, Wedding Ring fait N°6 et conforte un peu plus sa popularité. Un album est réclamé qui tombe la troisième semaine de septembre.

Le phénomène Easyfever...

Easy, constitué intégralement d'originaux, ne sort alors qu'en Australie où le groupe jouit, dès lors, d'une cote de popularité exceptionnelle. A l'instar des Fab Four avec la Beatlemania, on évoque à leur endroit le phénomène d'Easyfever. Le groupe, victime de sa notoriété, s'en retrouve vite prisonnier et, pour la première fois, craint parfois pour sa sécurité..

Se succèdent les concerts, les apparitions télévisées, les séances photos, les opérations de promotion, les interviews qui voient les fans, comme leurs homologues britanniques, tout casser, tomber dans les pommes ou finir à l'hôpital.

Les Easybeats, entre les mains d'un Vaughn qui se plaît à entretenir l'hystérie, ne contrôlent pas grand chose et deviennent le produit de leur manager et de leur maison de disques qui tirent le meilleur parti de leur talent et de leur réussite.

Parallèlement, les musiciens, dont on neutralise l'image publique (les épouses et copines sont tenues à l'écart ou on triche sur les âges) perdent le plaisir de jouer et s'exécutent, faisant le job du mieux possible.

Easybeats steve wright frontman portrait

« Quand nous avons débarqué en Angleterre, les anglais n'ont pas considéré nos hits australiens comme de grands succès. Ils nous ont pris de haut et avec dédain. Le même dédain que celui qu'ils manifestaient à l'égard des autres artistes européens. Toutes les contraintes que nous avons rencontrées à nos débuts en Australie ont été décuplées à Londres. Ils nous ont traités comme des citoyens de seconde zone. » (Steve Wright)

Un succès qui ne se dément pas.

Malgré cela, à la fin de l'année 65, la discographie d'Easybeats s'est enrichi d'un LP, de 4 singles, le 4ème étant Sad And Lonely And Blue/N°21), et d'un EP (She's So fine).

L'année 66 repart sur les mêmes bases. Women (Make You Feel Alright), publié en janvier, atteint la 4ème place en Australie. Le titre sort pour la première fois aux États-Unis sous l'appellation Make You Feel Alright (Women) et pour Ascot Records, filiale d'United Artists, pour lequel un contrat pour 5 ans est signé par Vaughn.

En février, Easy As Can Be (EP) précède It's 2 Easy, deuxième LP (mars) et le 6ème single, Come And See Her (avril/N°3), sorti également au Royaume-Uni où le groupe, qui semble avoir atteint ses limites sur le marché australien, déménage le 10 juillet 66.

Bien qu'éloignés d'Australie, le succès d'Easybeats ne se dément pas. Leur popularité aux antipodes ne souffre pas de leur exil. L'EP Easyfever (Août 1966 et Top 10) se vend bien, tandis que Sorry, leur nouveau single, fait N°1 (novembre 1966) et que le LP Volume 3 (novembre 1966) culmine en 7ème place des classements d'albums (Kent Music Report).

Un tournant important.

Le 17 novembre 1966, les Easybeats sont enfin récompensés sur la scène planétaire avec Friday On My Mind, jugée meilleure chanson australienne de tous les temps (source APRA 2001). Le single s'impose naturellement dans le lot de nouvelles chansons enregistrées en septembre et dans lequel figurent également Remember Sam, Made My Bed, Gonna Lie In It et Pretty Girl.

Créditée à Young et Wanda, elle se classe N°1 en Australie et aux Pays-Bas, N°2 en Nouvelle Zélande, N°6 au Royaume-Uni, N°10 en Allemagne et fait Top 20 en Irlande (13), en Autriche et aux États-Unis (16) et au Canada (19).

Ce bouleversement dans le binôme de l'écriture s'accompagne de changements au niveau de la production avec l'arrivée aux manettes de l'américain Shel Talmy (The Kinks, The Who), placé par United Artists, peu satisfait de Ted Albert.

Ces décisions mettent fin au partenariat avec le producteur australien. Les Easybeats entrent dans une nouvelle dimension. Écoulé à plus d'un million d'exemplaires, Friday On My Mind, que David Bowie reprend sur son album Pin Ups (1974), constitue un tournant important dans la carrière d'un groupe alors à son apogée.

La bande à Young ne rééditera jamais le succès de Friday, même si elle demeure toujours très populaire aux antipodes. Les membres d'Easybeats sont conscients du fait qu'il sera désormais difficile de prolonger l'euphorie née de ce triomphe d'autant que, sous la pression intéressée de Vaughn, le single suivant est fait dans la précipitation aux seules fins de capitaliser sur les bons scores de Friday.

Who'll Be The One You Love (mars 1967) n'a qu'un impact mineur et ne se classe même pas dans les charts britanniques. En Australie, il fait 12. C'est la déception d'autant que le quatrième LP, Good Friday (mai 1967/United Artists), n'intègre même pas le top 40 et n'est pas édité en Australie.

Celle-ci est toutefois contrebalancée par le fait que la première tournée européenne est un véritable succès et que le retour sur le sol australien est un triomphe total.

Les Easybeats du rebond.

En filigrane on sent bien cependant que tout ne tourne plus très rond dans ce collectif sur lequel le fisc australien a un œil particulier. Marié, Snowy Fleet a le moral dans les chaussettes de ne pas voir plus souvent sa femme et sa fille desquelles il a été séparé un an durant. Il passe donc la main pour ne pas revivre cette pénible situation et aggraver son cas.

Les Easybeats du rebond n'égaleront jamais la mouture d'origine, malgré le talent de Tony Cahill qui supplée Fleet à la batterie et ce sentiment est perceptible dès Vigil (United Artists/1968), pour lequel ni la critique ni le public ne se bousculeront.

Vigil est le véritable dernier album studio du groupe, son suivant Friends (février 1970/Polydor) étant une collection de démos de Wanda et Young sorti après sa rupture en 1969.

En proie à des problèmes d'ordre financier, les Easybeats apparaissent une ultime fois, le 26 octobre 1969, à l'Amoco Hall d'Orange (Nouvelle-Galles du Sud).

Le show donné ce soir là a été perturbé pendant les 20 premières minutes par des spectateurs hostiles, avant d'être purement et simplement annulé. Le groupe se sépare dans la foulée, sans faire d'annonce particulière. C'était vraisemblablement le bon moment (RAZOR©2021).

DISCOGRAPHIE 60'S/70'S.

LP Studio N°4 (LP 1 US) - 1967

 

The easybeats friday on my mind 1967

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

THE EASYBEATS

FRIDAY ON MY MIND – 1967  3/5

 

Publié en mai 1967.

Produit par Shel Talmy,Ted Albert.

Durée:34:09.

Label:United Artists.

Genre:beat,freakbeat,pop-rock,mod,garage rock.

 

Insuffisant pour faire vaciller les Beatles.

 

Aux États-Unis et au Canada, l'album du jour est publié sous Friday On My Mind en mai 1967 tandis qu'en Europe, il sort sous Good Friday (dans une configuration à peine différente) à la même période.

En Australie, d'où est originaire le groupe et où il a fait carrière jusqu'ici, il n'est même pas mis sur le marché pour des motifs contractuels. Il le sera trois ans plus tard sous Friday On My Mind.

Les Easybeats viennent de quitter l'Australie où ils sont considérés comme les Beatles de là-bas, pour se fixer au Royaume-Uni. N'ayant plus rien à prouver à l'autre extrémité du globe, son management juge que c'est le bon moment pour tenter de'exporter en Europe leur popularité nationale, et notamment en Grande-Bretagne, sur les terres de Fab Four passés alors dans une phase psychédélique.

Les Easybeats ne sont pas, pour le coup, particulièrement bien accueillis. Pour dire vrai, on ne les considère pas avec le sérieux nécessaire. On les snobe et on les moque pour leur succès australien, arguant le fait que l'Angleterre, c'est d'un autre niveau...

Même si leur séjour grand-breton ne fera pas beaucoup avancer le schmilblick, l'album qui marque leur entrée sur le marché nord-américain a du grain à moudre. Il ne permet pas pour autant à leurs auteurs de s'imposer au Royaume-Uni la stratégie commerciale le laisse alors penser. Voilà pour le contexte.

Dans les faits, Friday On My Mind commence fort mais s'essouffle vite. Si on veut faire boxer les Easybeats dans la même catégorie que les Beatles, encore fallait-il doter le disque de plus de variété et d'une matière un peu plus conséquente.

Un ou deux titres accrocheurs supplémentaires, ajoutés aux trois premiers du lot (Friday On My Mind, River Deep Mountain High et Do You Have A Soul) et à Happy Is The Man et You Me We love, auraient donné une autre envergure à cet album qui reste globalement solide mais un peu léger pour titiller qui vous savez. Dommage.

Mais bon, s'il ne fallait retenir qu'un disque des australiens, c'est celui-là ou son suivi, Vigil (RAZOR©).

 

1. Friday On My Mind.

2. River Deep Mountain High.

3. Do You Have A Soul.

4. Saturday Night.

5. You Me,We Love.

6. Pretty Girl.

7. Happy Is The Man.

8. Make You Feel Alright (Women).

9. Who'll Be The One.

10. Made My Bed,Gonna Lie In It.

11. Remember Sam.

12. See Line Woman.

 

Stevie Wright:chant,percussion.

Harry Wanda:guitares,chant.

George Young:guitares,chant.

Dick Diamonde:chant,basse.

Snowy Fleet:batterie.

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