The Move.

BIOGRAPHIE.

 

 

THE MOVE/Birmingham (West Midlands – UK)

 

The move debut

 

Actif entre 1965 et 1972,de 2004 à 2014,réuni sous Bev Bevan's Zing Band.

Labels:Dream,Regal Zonophone,Fly Records,Harvest.

Genre:rock,pop,freak beat,pop psychédélique,rock psychédélique,hard rock,pop-rock.

Site officiel:www.themoveonline.com

 

Des Sex Pistols avant l'heure.

Dans les années 60, la place musicale de Birmingham est particulièrement active. A cette époque, le Cedar Club sur Contitution Hill est, avec le Ritz Ballroom de Kings Heath et le Mothers Rock Club d'Erdington, le poumon névralgique de la cité des Midlands de l'Ouest.

Alors que la plupart des clubs, salles de bal et discos ferment leurs portes aux premières heures du matin, la boite chère à Eddie Fewtrell, le Roi des Clubs de Birmingham, prolonge les réjouissances un peu plus tard qu'ailleurs. Après 3 heures du matin et jusqu'au chant du coq, des jams entre musiciens prennent le relais, fédérant ainsi les couche-tard de la région de Birmingham, les noctambules curieux et les amateurs de rock purs et durs.

Au fil des années, le Cedar Club, en ouvrant sa scène à des formations beat locales ou en programmant les groupes en vogue du moment, assure sa popularité en transformant conséquemment la vie nocturne des jeunes de la région et en devenant un lieu de rendez-vous musical incontournable.

Le Cedar a eu le privilège de recevoir dans ses murs des références du rock et des 60's comme les Faces de Rod Stewart, le Spencer Davis Group, le très populaire Duane Eddy, Status Quo ou encore David Bowie alors qu'il est encore Davy Jones et évolue au sein de Lower Third, comme Cat Stevens, sorti de scène en pleurs et sous les sifflets pour avoir manqué sa prestation, comme Jimi Hendrix, venu en dilletante et se retrouvant à jammer avec le groupe alors programmé...

The move 1Des Sex Pistols avant l'heure.

The move ace keffordAce Kefford, son initiateur.

The move et tony secundaTony Secunda, manager controversé (à gauche)...

The move harold wilson postcard...viré après l'affaire Harold Wilson.

The move 3Passé en quatuor, The move signe...

The move shazam...Shazam, un excellent LP...

The move liz wilson deram...après un contrat prêtant à polémique.

Quand Davy Jones pousse au cul...

C'est sur ce terreau que se constitue, en 1965, The Move. Ses membres sont tous du crû et des habitués du Cedar. Roy Wood évolue au sein de Mike Sheridan & The Nightriders tandis qu'Ace Kefford et Bev Bevan sont musiciens des Vikings dont Carl Wayne a repris le leadership, en 1963, pour en faire Carl Wayne & The Vikings.

Trevor Burton, enfin, est un des piliers de Danny King & The Mayfair Set. Toutes ces formations ont une grande notoriété sur l'échiquier de Birmingham.

Davy Jones-Bowie n'est pas étranger à la constitution de ce groupe. Il fréquente régulièrement les mêmes endroits qu'elles et n'ignore rien de leur potentiel. Idem pour chacun des acteurs. Il suggère donc à Trevor Burton et Ace Kefford de réunir les meilleurs musiciens et chanteurs de la ville et de constituer un groupe.

Dans les faits, c'est Kefford qui impulse ce projet dont l'idée principale est de se doter d'un look propre et de développer un son proche de celui des Who. Roy Wood est recruté, Bev Bevan donne son accord et Carl Wayne accorde la priorité à ce projet, bien qu'étant à la tête des populaires Vikings. Le Cedar sert de cadre à des jams organisées au petit matin entre ces artistes locaux.

Naturellement, ce dernier devient aussi le meneur de The Move tandis que Wood, un juke-box à lui tout seul, va vite se positionner comme l'atout principal du groupe en signant des chansons extraordinaires.

Aura nationale mais désintérêt américain.

Malheureusement, et c'est ce qui a précipité le renoncement plus tôt que prévu des kids de Birmingham, The Move, dont le nom réfère au parcours sinueux emprunté par les membres pour arriver à la constitution de cette nouvelle entité, n'a jamais réussi à convaincre le marché américain, ou trop tard.

Sans retombées commerciales chez l'Oncle Sam, ce groupe beat dans l'âme doit se satisfaire d'une aura nationale, insuffisante cependant pour aller titiller les Beatles, les Stones, les Who, les Kinks ou Dave Clark Five, dont ils sont les contemporains.

A cela, il convient d'ajouter une sale réputation (destruction de la scène du Marquee, de voitures, de postes de télévision), un côté provoc' entretenu par le manager le plus controversé d'Angleterre (l'affaire de la carte postale arborant le dessin d'Harold Wilson nu au côté Marcia Williams, sa supposée maîtresse pour promouvoir Flowers In The Rain), des problèmes de LSD pour Bevan, Kefford et Burton et des phases artistiques diverses (beat, pop, rock 'n' roll, progressif, expérimental, heavy metal, psychédélique et même country) qui rendent difficile la classification de The Move dans un genre musical déterminé.

Vus comme des Sex Pistols avant l'heure, les anglais du Move, pourtant très important dans le rock britannique, ne fédèrent pas toujours autour de ce nom ; c'est pourquoi il demeure encore aujourd'hui un des groupes les plus méconnus et les plus surprenants de Grande-Bretagne.

Des marionnettes...

La création de The Move est officiellement actée en décembre 1965. Le mois suivant, le groupe fait sa première apparition publique au Belfry Hotel de Stourbridge (23 janvier 1966) et donne quelques concerts dans la périphérie de Birmingham, en s'appuyant sur un répertoire repris aux Byrds, à Moby Grape, à la Motown et sur du rock 'n' roll.

Le sulfureux manager mais homme d'affaires avisé qu'est Tony Secunda (Moody Blues, Procol Harum, T.Rex, Motörhead, Marianne Faithfull, The Pretenders...) repère rapidement le potentiel de The Move et se charge de le diriger. C'est lui qui va imaginer toute la communication autour du groupe avec les conséquences que l'on connaît et qui aboutissent à son exclusion (1968).

Le carnet d'adresses de Secunda assure aux musiciens une saison complète au Marquee londonien. Sur scène, ces derniers se déchaînent et se livrent à des dégradations de voitures, de téléviseurs et de posters d'hommes politiques à la hache, des projections de fumigènes, à diverses outrances et singeries indécentes.

Leur réputation ainsi que l'habileté et le culot du manager favorisent toutefois un engagement chez Deram. Lors de la signature du contrat, devant un parterre de journalistes réunis pour l'occasion, The Move paraphe le document officiel sur le dos de Liz Wilson, un mannequin à la poitrine dénudée. Créer l'événement, faire le buzz, telle est la stratégie de Secunda pour qui les Move sont des marionnettes...

Secunda organise tout. Il pense aux moindres détails comme celui de convaincre Wood de prendre l'écriture à son compte. La première de ses compositions, Night Of Fear, inspirée par la musique classique (Tchaikovsky's 1812 Overture), est publiée en single le 9 décembre 1966.

Le titre se classe N°2 dans les charts britanniques, un mois plus tard (janvier 1967). Il est aussitôt suivi du psychédélique I Can Hear The Grass Grow (mars 1967) et de Flowers In The Rain (août 1967), respectivement N° 5 et N°2 des mêmes classements.

Le buzz de trop.

Outre le fait qu'il ait été publié par le label Regal Zonophone (A&M pour les USA) et le premier disque diffusé sur la BBC Radio One, Flowers In The Rain est le morceau par lequel Secunda pousse le bouchon un peu trop loin dans sa communication provocatrice.

Sans que le groupe n'en soit avisé, le manager prend la liberté de faire imprimer une carte postale pour appuyer la promotion du single. Celle-ci illustre le premier ministre britannique, Harold Wilson, au lit avec celle qui est supposée alors être sa maîtresse, Marcia Williams.

Wilson poursuit The Move en justice pour diffamation lequel, bien sûr, perd la bataille juridique. A charge pour le groupe de payer les frais inhérents au procès, ce qui est fait avec les redevances (confisquées) générées par Flowers In The Rain.

Le groupe retient la leçon et, la mort dans l'âme, annule son quatrième single, Cherry Blossom Clinic/Vote For me, prévu pour sortir en novembre 1967, au motif de laisser retomber la pression après ce scandale. Secunda est viré dans la foulée. Don Arden, manager mancunien tout aussi discuté et fraîchement licencié par les Small Faces, le remplace (1968).

A la même époque, The Move engage une tournée britannique aux côtés du Jimi Hendrix Experience, de Pink Floyd, de Nice et d'Amen Corner, puis publie en mars 1968 (Regal Zonophone), son premier album, le seul qui se fasse avec Ace Kefford. Celui-ci, en proie à une dépression aggravée par la prise de LSD, quitte The Move et s'en va former The Ace Kefford Band.

Des hauts et des bas.

Éponyme, l'opus en question est alimenté par l'écriture de Roy Wood lequel signe ici 10 des 13 titres, les 3 autres étant des reprises de Moby Grape, des Coasters et d'Eddie Cochran. Move, qui comprend le single à succès Fire Brigade (N°3), fait 15 au classement des albums UK.

The move trevor burton

«  On a découvert l'affaire de la postcard avec Harold Wilson dans la nuit précédant la publication de la presse. Nous sortions d'un concert pour rencontrer les journalistes quand ceux-ci nous ont demandé notre avis sur le fait d'être traînés en justice par le premier ministre. Nous n'en savions rien, puisque Secunda a fait ça dans notre dos. Nous étions sous le choc et ça a sonné le glas de Tony. » (Trevor Burton)

Le départ de Kefford amène Trevor Burton à partager la basse avec Wayne, notamment sur scène, et le groupe à évoluer désormais en quatuor. C'est sous ce format qu'il enregistre un nouveau single, Wild Tiger Woman (août 1968), lequel se montre plus hendrixien et plus lourd qu'à l'accoutumée. Le titre n'accroche même pas le top 40 et est interdit de radio, la faute à des paroles prêtant à une nouvelle polémique.

Ce premier véritable échec pour le groupe est contrebalancé par le succès du single suivant, le magnifique Blackberry Way (novembre 1968), aux airs de Penny Lane et N° 1 des charts grands-bretons.

Cette réussite dans les bacs et le fait de jouer de la pop cadrent mal avec les aspirations hard blues de Trevor Burton. Il quitte à son tour The Move (février 1969), pour rebondir auprès des Uglys, devenus Balls (avril 1969).

Rick Price supplée aussitôt Burton mais de manière informelle, sans contrat, ni contrainte. Wayne, Price, Wood et Bevan entrent en studio pour leur 6ème single, publié en août 1969. L'acoustique Curly fait moins bien que son prédécesseur, mais prend néanmoins une excellente 12ème place dans les charts.

Revenu désabusé de la seule (et décevante) tournée américaine (octobre 1969) du groupe, Carl Wayne décide de mettre de la distance avec ses partenaires tandis que Don Arden cède le contrat de gestion du groupe à Peter Walsh... spécialisé dans le cabaret.

La voie qui mène à Electric Light Orchestra.

Wayne parti pour une carrière solo, les membres restants rappellent Don Arden tandis que Roy Wood prend plus de responsabilités. Ce dernier relance Jeff Lynne (Idle Race), déjà sollicité (en vain) au moment du départ de Trevor Burton, pour remplacer Carl Wayne, encore présent sur Shazam, le deuxième LP de la discographie studio (Regal Zonophone/février 70).

En mars 1970, un nouveau single, Brontosaurus (N°7), vient enrichir le catalogue des anglais. Il dévoile un groupe qui barbote dans le heavy metal. Brontosaurus préfigure le Move de Looking On (décembre 1970/Fly Records), troisième album, plus dur et très varié (heavy metal, blues, hard rock, prog, soul...).

Le hard rockeux When Alice Comes Back To The Farm est l'autre single figurant sur Looking On. En parallèle, Wood et Lynne jettent les premières bases d'un projet plus éclectique qui va devenir Electric Light Orchestra.

Bien que la tête à cette nouvelle entreprise, le trio sous contrat (Rick Price part pour Mongrel au cours des sessions de Message From The Country) assure encore quelques singles pour le compte de The Move, comme Tonight (Harvest/mai 71), Chinatown (Harvest/octobre 1971) et California Man (Harvest/avril 1972), N°7 en mai 1972, ainsi qu'un ultime album, Message From The Country (juin 1971). Electric Light Orchestra peut alors officiellement commencer (RAZOR©2020).

DISCOGRAPHIE 70'S.

LP Studio 2 - 1970

 

The move shazam

 

THE MOVE

SHAZAM – 1970  3,5/5

 

Publié en février 1970.

Produit par The Move, Gerald Chevin.

Durée:39:13.

Label:Regal Zonophone.

Genre:rock,hard rock,freakbeat,rock psychédélique,pop psychédélique,pop-rock.

 

Sur ma faim.

 

Durant les 5 ans (1965/70) que le line-up original aura été actif, The Move n'aura signé que 2 albums, l'éponyme The Move, en 1968, et Shazam, sorti deux ans plus tard.

Par contre, il a été un contributeur prolifique en termes de singles sur le même espace-temps : Night of Fear/The Disturbance (1966), I Can Hear the Grass Grow/Wave Your Flag and Stop the Train, Flowers in the Rain/(Here We Go Round) The Lemon Tree (1967), Fire Brigade/Walk Upon the Water, Wild Tiger Woman/Omnibus, Blackberry Way/Something (1968), Curly/This Time Tomorrow (1969), Brontosaurus/Lightning Never Strikes Twice et When Alice Comes Back to the Farm/What? (1970).

La stratégie commerciale du groupe a surtout consisté à privilégier les charts plutôt que de mettre l'accent sur les LP. Ce choix lui vaudra de bien figurer au Royaume-Uni où il fait, certes, une belle carrière mais pas assez marquée cependant pour pouvoir aller déloger de leur piédestal les Beatles, Rolling Stones, Hollies et autres stars du moment et, surtout, pour faire une carrière américaine. Aux États-Unis, The Move est aussi populaire que les Beatles en Papouasie.

La priorité n'ayant jamais été accordée aux albums, la discographie studio est, au final, bien maigre puisque le catalogue pointe 4 opus seulement (2 sur la période 70/72). Qui plus est, les albums réalisés ne sont pas travaillés en profondeur ce qui tend à aviver les regrets au regard des sentiments favorables qu'ils suscitent au cœur des fans.

Shazam est le N° 2 dans la chronologie discographique et fait suite à l'éponyme The Move, d'obédience pop-rock. Il recense 6 titres seulement. Trois d'entre eux (Hello Susie, Beautiful Daughter et Chreey Blossom Clinic Revisited) relève de l'écriture de Roy Wood, les autres étant des reprises.

Roy Wood, de plus en plus perché en raison d'une dép' et d'une consommation excessive de LSD, reprend alors à son compte le contrôle artistique du groupe. Il chante, écrit, gratte, mixe. Pour peu il tirerait les corners et les coups francs...

Trêve de plaisanterie, il innove surtout en mélangeant pop commerciale, rock underground, rock progressif, rock psychédélique, instrumental, classique. Il fait preuve d'idées originales comme celles de s'approprier des reprises et de les traiter à sa sauce en de longs et délirants jams. Et c'est plutôt intéressant.

Mais il ne faut pas être dupe. Avec trois originaux seulement et trois reprises étirées, ça pue le remplissage et le manque de matière, d'inspiration. Cela corrobore surtout le fait que la stratégie commerciale du label n'est pas de miser sur l'album. Dommage, il y a des bonnes idées (RAZOR©).

 

1. Hello Susie.

2. Beautiful Daughter.

3. Cherry Blossom Clinic Revisited.

4. Fields of People.

5. Don't Make My Baby Blue.

6. The Last Thing on My Mind.

 

Roy Wood:chant,guitare,claviers.

Bev Bevan:batterie.

Carl Wayne:chant,guitare.

Rick Price:chant,basse.

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