The Pretty Things.

BIOGRAPHIE.

 

THE PRETTY THINGS/LOndres (Angleterre)

 

Pretty things

 

Actif de 1963 à 1971, de 1971 à 1976, de 1978 à aujourd’hui.

Labels:Fontana,Columbia (UK),Laurie,Rare Earth,Harvest,Warner Bros.,Swan Song,Snapper.

Genre:rhythm and blues,rock psychédélique,hard rock,glam rock,garage rock,beat,punk rock,rock.  

Site officiel:www.theprettythings.com

Une régularité qui force le respect.

Les Pretty Things accusent aujourd’hui plus de 50 ans de bons et loyaux services au rock. Plus de 50 ans, imaginez… Pierre angulaire et figures légendaires du rock britannique des 60’s, ces vieux de la vieille sont toujours fidèles au poste en 2015 et demeurent, malgré l’arthrose et les rhumatismes, une solide formation rock, qui plus est toujours en activité.

Ceux dont on dit qu’ils furent aux Stones ce que les Sex Pistols étaient aux Clash, n’ont, en effet, rien perdu de leur énergie sur scène. Il suffit, pour s’en convaincre, de suivre leur parcours actuel et de constater la constance de leur réseau de tifosi, généralement des anciens combattants, je vous l’accorde, amplifié depuis à des souches plus juvéniles.

Leurs chansons ont gardé un bon degré d’inspiration et d’efficacité à en juger par le dernier LP accroché à leur catalogue, Balboa Island, certes sorti en 2007, ce qui commence à dater ; mais bon, on ne sort pas un album par an quand on a cinq décennies au cul, on capitalise plutôt sur ce que l’on a en magasin.

Pretty things 1

Pretty things 3

Pretty things 4

A ce niveau, ceux qui ont boxé avec des acteurs comme les Stones, les Animals, les Yardbirds, Them ou d’autres Invaders aussi déterminés, se sont constitué, depuis Rosalyn leur premier hymne garage, un répertoire pour le moins intelligent, inventif et original, fort d’une quinzaine d’albums dont certains, comme S.F. Sorrow, sublimes.

Fui comme la peste.

Les Pretty Things, à leur début, sont vus comme un duplicata des Rolling Stones. La présence dans leurs rangs, en 1962, de Dick Taylor, ancien bassiste du groupe de Jagger dont il sort car mis sous l’éteignoir par Brian Jones, explique pour partie cette comparaison un peu hâtive. Le fait de s’approprier, comme les Stones, un registre de reprises de R & B américains n’est également pas étranger à cet immanquable parallèle. Enfin, comme les Stones, dont le nom est tiré d’une chanson de Muddy Waters, Rollin’ Stone, celui des Pretty Things est inspiré par un titre de Bo Diddley, Pretty Things. Dans les faits, il n’en est rien et les points de convergence s’arrêtent là.Maillon commun aux deux formations, Dick Taylor fonde dans la foulée de son départ Pretty Things, en remontant avec l’ami d’enfance Phil May (chanteur), la mouture qui va se jeter à corps perdu dans le british Blues Boom de ce début des 60’s. Nous sommes en 1963. John Stax (basse), Viv Andrews (batterie), puis Brian Pendleton (guitare) complètent le line-up des premières heures des Pretty Things, celui qui partage le même circuit de clubs londoniens que les Stones, passés eux à un stade supérieur.

Il y acquiert la renommée et la considération du milieu musical, une réputation de petites frappes pour le commun des mortels.

Les Stones, c’est depuis longtemps établi, n’ont jamais été des enfants de chœur ; les Pretty Things sont loin d’avoir été des anges, les supplantant même en termes d’image : chevelus, radicaux, teigneux, bagarreurs, rebelles, m’en-foutistes, infréquentables.

La bête à abattre.

Le label Fontana Records, détenteur des droits d’une grande partie des artistes de la British Invasion, flaire le bon coup et voit en ces sujets tumultueux l’occasion de les opposer aux Stones. Dans cet esprit d’opposition frontale, les Pretty Things durcissent leur staff et intègrent un beau déjanté en la personne de Viv Prince, en lieu et place de Viv Andrews. C’est le premier étage de la fusée ; il débouche sur Rosalyn (1964), premier single à succès (41 au Royaume-Uni). Repris par David Bowie sur Pin-ups (1973), il révèle déjà beaucoup d’énergie et une belle ligne de basse.

Ces bons débuts sont confirmés par le single suivant, Don’t Bring Me Down, porté par la voix torride de Phil May. Ce titre resté comme leur meilleur succès, fait encore mieux dans les charts britanniques (N°10) mais est sanctionné d’une censure aux States en raison de paroles subversives.

Pretty things phil may

Photo Daniel Hambury.

« Nous étions un vrai groupe de R & B carré, direct. Nous avons évolué parce qu’on ne pouvait pas rester indéfiniment dans un registre de reprises, même si on leur donner une dimension et une fraîcheur différentes.

J’ai pensé qu’il était crucial pour nous de commencer à écrire et de créer une matière qui stimule notre propre intérêt. C’est l’écriture qui a changé la direction du groupe. » (Phil May)

Le premier LP confirme le succès tonitruant des singles. Eponyme et constitué de reprises, principalement de Bo Diddley (4) et de Chuck Berry (2), il sort au printemps 1965 et se classe à la 6ème sur le sol british. Y apparaissent, sur la version anglaise, deux titres originaux (13 Chester Street et Unkown Blues), quatre pour son homologue américain (I Can Never Say et We’ll Be Together en plus).

Un son dans le rouge.

Get The Picture ? est le deuxième des Things. Il se fait avec trois batteurs, Bobby Graham, John C. Adler et son batteur cinglé, Viv Prince, lequel, à la suite de ce LP et compte tenu de ses dérives, est remplacé par Skip Alan. Publié fin décembre 1965, cet excellent disque, plus pop et soul que blues, carbure aux amphés. Avec son son dans le rouge, c’est une base du catalogue, malgré son échec commercial.

Du côté des acteurs de ce disque, toujours la même rengaine : subversifs, vulgaires, pas fréquentables, ce qui leur vaut d’être écartés de tout projet de carrière américaine, pays où ils ne sont pas du tout en odeur de sainteté. Pour la petite histoire, ils sont également radiés à vie du territoire néo-zélandais.

Outre Prince, affecté par des problèmes de santé et viré pour son incapacité à assurer son rôle, Pendleton et Stax quittent le groupe en 1966. Le bassiste Waddy Allen et John Povey, touche-à-tout instrumental intègrent une formation dont il ne reste que Taylor, May et Alan. Ce line-up entre en studio pour les besoins du troisième opus : Emotions (1967), par lequel les Pretty Things s’éloignent du R & B en faveur d’un son plus commercial.

Le résultat est décevant, le disque un tantinet ennuyeux, les acteurs moins mordants ; il a pour seul objectif de répondre à l’orientation marchande réclamée à cors et à cris par le label Fontana. Emotions fait un flop et suscite la colère des membres, bernés par des opérations de production opérées à leur insu. Le contrat avec Fontana s’arrête là, EMO prend le relais.

S.F Sorrow, l’œuvre qui devance les Who.

Pour les Dirty Stones, c’est reculer pour mieux rebondir. A la fin de l’année du flower power, alors que le soufflé psychédélique commence à retomber, ils remettent l’église au milieu du village avec Sorrow S.F., quatrième jet du catalogue. Enregistré entre novembre 1967 et septembre 1968, cette œuvre majeure du rock est publiée en décembre 1968 sur le sol britannique et en août 1969 aux USA.

Les londoniens s’orientent alors vers une musique beaucoup mieux élaborée, un opéra-rock ou album-concept de très grande qualité qui déclenche une polémique : les Who (avec Tommy) ne sont donc pas les premiers à avoir fait dans le genre ; au contraire, Pete Townsend avouera plus tard s’être même inspiré de S.F. Sorrow.

Malgré une nouvelle désillusion commerciale, en juin 1970, les anglais, inspirés, créatifs, récidivent à haut niveau avec Parachute, malgré le départ de Taylor et même si, pour une énième fois, ils sont placés mais pas gagnants. Artistiquement, c’est irréprochable ; dans les bacs, ça passe inaperçu. Ces deux jalons de la discographie du groupe méritent un traitement particulier. C’est culte. L’essentiel du catalogue se situe d’ailleurs dans ce créneau post-Parachute.

Sur les terres du glam-rock.

Après Parachute, l’intérêt pour Pretty Things est moindre. L’écœurement habite un groupe poissard et marri de toujours passer à côté des bonnes affaires. Les Pretty Things se séparent quelques mois, mais reprennent le chemin des studios sous la houlette de Bill Sheperd, leur manager.

Warner les a récupérés et un sixième album se réalise : Freeway Madness (décembre 1972), pas mémorable, pas mauvais non plus. Moins inspiré, moins puissant, il amorce une phase musicale différente pour Swan Song, le label de Led Zeppelin, ponctuée de deux opus, Silk Torpedo (1974) et Savage Eye (1976).

Paradoxalement, alors qu’on ne l’attendait pas sur un  terrain qui s’ouvre vers le glam rock et le hard rock, Silk Torpedo entre au Billboard à la 104ème place. Savage Eye (163 du Billboard) est le dernier album des années 70. De Pretty Things, il ne reste que le nom, tant les acteurs se sont assagis. Phil May quitte le groupe dans le même mouvement, c’en est alors fini des rebelles teigneux, initiateurs du punk-rock à venir, qui se fritaient tous les jours plus d’une dizaine d’années auparavant.

La mouture historique reprend le flambeau en 1978. Le catalogue s’enrichit de quelques albums supplémentaires tandis que le groupe continue à donner des concerts en Europe et aux Etats-Unis autour du rock ‘n’ roll de sa jeunesse et du répertoire qui a fait des Pretty Things une valeur sûre du rock de l’Old Albion. Il y avait les Who, les Stones, les Beatles, les Kinks, les Small Faces, mais aussi les Pretty Things, la bête à abattre. Il faut s’en souvenir (RAZOR©).

DISCOGRAPHIE 60'S/70'S.

LP Studio 1 - 1965

 

Pretty things album

 

THE PRETTY THINGS

PRETTY THINGS – 1965  4/5

 

Publié en mars 1965.

Produit par Bobby Graham.

Durée:26:33.

Label:Fontana.

Genre:freakbeat,british blues.

 

Les Dirty Stones débarquent.

 

Dick Taylor est bassiste. Il compte parmi ses fréquentations, Jagger et Richards avec lesquels il joue épisodiquement. Lorsque Mick et Keith fondent les Stones, Taylor avance comme argument ses études pour décliner l’embauche qui se profile. Brian Jones hérite alors de la perche tendue.

Taylor préfère Phil May, un chanteur et harmoniciste, qui lui propose la guitare du groupe qu’il a en projet : les Pretty Things, au nom puisé parmi les classiques du répertoire de Bo Diddley. Nous sommes en 1963 et dans le Kent, banlieue de Londres.

Le duo est rejoint par John Edward Lee Fullingham, dit John Stax (bassiste), Viv Andrews, batteur, vite remplacé par un autre Viv répondant au patronyme de Prince et au sobriquet de Grand Prêtre de la Folie, par Brian Pendleton, guitariste.

Pretty Things est placé sous la coupe du Directeur Artistique de Fontana Records, responsable du départ de Viv Andrews et remonté comme un coucou suisse contre les Stones, pour lesquels il souhaite ardemment que Pretty Things soit plus qu’un concurrent.

Après un premier 45 tours réussi (ça s’appelait ainsi), Rosalyn, en mai 1964, puis un second fin 1964, Don’t Bring Me Down, gros succès, mais interdit aux States, les Pretty Things publient un album éponyme, Pretty Things (en écoute intégrale ici), en mars 1965.

Le contexte musical anglais du moment est dominé par la bande à Jagger, les Beatles bien sûr, les Who ; immédiatement derrière et dans l’ombre, les Small faces, les Kinks et nos fameux Pretty Things, aux dégaines inquiétantes, dont les concerts se terminent généralement dans le chaos, dans la baston, alcoolisés et sous amphés.

Leurs nuitées mouvementées dans les motels sont prétexte à saccages. Il ne fait pas bon fréquenter ces drôles de cocos qualifiés de sauvages et brutaux que les autorités internationales voient comme très néfastes pour leurs jeunes. D’où l’interdiction en Nouvelle-Zélande et en Australie.

Rares sont donc ceux qui avouent une sympathie pour ce groupe (sauf David Bowie qui reprendra deux titres des Pretty Things sur son album Pin Up) au talent indéniable, à l’énergie incroyable, qui joue si fort le blues, qu’il en rebute plus d’un. Son registre, c’est le blues et le rythm & blues. Mais carré, sans chichis, validés par des jeunes blancs becs sans foi, ni loi.

Leur disque initial emprunte au catalogue de deux monstres sacrés, Bo Diddley (Roadrunner, Mama Keep You Big Mouth Shut, She’s Fine She’s Mine, Pretty Thing) et Chuck Berry (Oh Baby Doll, Don’t Lie To Me), notamment, mais le groupe signe aussi en parallèle, quelques titres dont le sublime Unknown Blues.

Le blues amerloque est dans l’air du temps. Les gars de Pretty Things ne cherchent aucunement à plagier. Ils apportent leur touche personnelle et, porté par la voix puissante, rocailleuse de May, livrent un vrai bon disque de blues, de blues et encore de blues. Question éclectisme, on repassera, d’où la sensation de répétitivité de l’offre.

Comment leur en faire le moindre grief, le blues est leur domaine de prédilection et ils le maîtrisent à merveille. Ce premier disque d’un groupe qui n’avait rien à envier à qui que ce soit sur la scène anglaise des années 60, et dont le seul tort est d’être arrivé un peu trop tard par rapport aux caïds qui ont occupé le podium, trouvera un écho favorable auprès des puristes de blues brut de décoffrage et à décibels. (RAZOR©).

 

1. Roadrunner.

2. Judgement Day.

3. 13 Chester Street.

4. Big City.

5. Unknown Blues.

6. Mama, Keep Your Big Mouth Shut.

7. Honey I Need.

8. Oh Baby Doll.

9. She's Fine, She's Mine.

10. Don't Lie to Me.

11. The Moon Is Rising.

12. Pretty Thing.

 

Skip Alan:batterie,chant.

Phil May:chant,basse,guitare.

Brian Pendleton:guitare.

Viv Prince:batterie.

John Stax:basse,guitare.

Dick Taylor:basse,guitare,chant.

LP Studio 2 - 1965

 

Pretty things get the pictures

 

THE PRETTY THINGS

GET THE PICTURE ? – 1965  5/5

 

Publié en décembre 1965.

Produit par Bobby Graham,Glyn Johns.

Durée:29:50.

Label:Fontana.

Genre:rock,R & B,rock garage.

 

S’il n’en reste qu’un, c’est celui-là !

 

Excédé par les frasques de son cinglé de service Viv Prince, batteur déjanté, vénéré par Keith Moon, tout aussi dérangé, Pretty Things pourvoit à son remplacement par Skip Alan.

Dans l’attente du passage de témoin, Bobby Graham, qui officie aussi comme producteur, fait la pige derrière les fûts pour les besoins de certains titres. Prince était déjà viré quand le LP est sorti, mais apparaît sur quelques pistes.

Dans la foulée de cette éviction et dans le sillage de l’album éponyme paru quelques mois plus tôt, les Things, comme les appellent leurs fans, sortent leur deuxième disque (novembre 1965), Get The Picture (en écoute intégrale ici) , à propos duquel  la critique dit le plus grand bien, musicalement parlant.

Je dis bien sur un plan musical, car pour ce qui du facteur humain, même en virant le plus taré d’entre tous, les autres sujets de Sa Majesté restent  des bons petits sauvages et continuent à enchaîner les polémiques dans l’Establishment. Ils sont toujours autant boudés. Mieux, ils sont fui comme la peste.

Pretty Things ne fait pas plus dans la dentelle après qu’avant, sa tasse de thé reste la musique amphétaminée, brute, effrénée et  carbure toujours aux décibels. Get The Picture, plus pop et soul que blues, met encore le son dans le rouge.

La matière est encore supérieure à celle de son devancier et émane surtout du propre répertoire des Things, ce qui ne gâche rien, bien que des reprises soient également présentes à son programme (Rainin’ In My Heart de Slim Harpo, I Had A Dream de Ray Charles, Cry to Me de Bert Russell Berns).

Des arrêts sur des titres comme Buzz The Jerk, l’acoustique et lent London Town, Get The Picture, You Don’t Believe Me, s’imposent avant d’en découdre avec l’insolent Gonna Find. Tous situent le haut niveau d’excellence d’un disque dans lequel la guitare de Taylor fait merveille.

Très accessible, Get The Picture, enregistré dans les studios Philips de Londres, assurément un des meilleurs travaux des Things. Même le plus occasionnel des fans se doit d’y être.

Pretty Things ne s’est jamais autant rapproché des Stones qu’ici. Ces derniers sont la référence fin 1965, ne l’oublions pas. que dans. Sans chercher toutefois à les singer, en restant tout simplement eux-mêmes. Merveilleux (RAZOR©).


1. You Don't Believe Me.

2. Buzz The Jerk.

3. Get The Picture ?

4. Can't Stand The Pain.

5. Rainin' In My Heart.

6. We'll Play House.

7. You'll Never Do It Baby.

8. I Had A Dream.

9. I Want Your Love.

10. London Town.

11. Cry To Me.

12. Gonna Find Me A Substitute.

 

Phil May:chant.

Dick Taylor:guitare.

Viv Prince:batterie.

Brian Pendleton:guitare rythmique.

John Stax:basse.

Bobby Graham:batterie.

John C. Alder:batterie.

LP Studio 3 - 1967

 

Pretty things emotions

 

THE PRETTY THINGS

EMOTIONS – 1967  3/5

 

Publié le 18 avril 1967.

Produit par Steve Rowland.

Durée:32:14.

Label:Fontana.

Genre:rock,rock garage,freakbeat,pop psychédélique.

 

Pretty Things fait le job, pas plus.

 

Avec Emotions (en écoute intégrale ici), troisième LP (avril 1967), les Pretty Things s’écartent de leur répertoire de prédilection, le R & B. Dès le premier titre, l’orientation imposée par Fontana Records qui appuie sur les orchestrations et cuivres pour sonner plus commercial, est saisissante. Il faut vendre, c’est évident.

Cette direction artistico-mercantile, plus polie, plus douce, nuit incontestablement à ce qui faisait l’essence même des Pretty Things : la puissance et l’agressivité.

Le groupe n’y est pour rien mais, n’apprécie que très peu qu’on puisse ainsi les dénaturer. Il ne peut s’opposer aux exigences contractuelles de celui qui crache au bassinet. Il fait le travail, comme on dit.

Le moins que l’on puisse dire de cet album est qu’il est déroutant et terriblement ennuyeux. Aucun titre ne s’impose réellement ou ne se démarque. Rien n’est vraiment attrayant ou entraînant. Les Things ne mordent pas, comme tenus en laisse ou empêchés de faire. D’où ce côté soporifique et chiant.

En fait, les Pretty Things, forcés et contraints, bridés, jouent sagement le jeu de l’employeur, au risque de se dévaloriser mais gardent dans les cartons une matière autre qu’ils réservent à l’album suivant, fait pour EMI. Parce qu’avec Fontana, la coupe est pleine, le torchon brûle.

Tripping, My Time, The Sun et le social Death Of A Socialite sont à mon sens  les seuls titres dignes d’intérêt. Le chat est donc maigre. En tout cas, c’est très insuffisant et cet album réalisé sous la contrainte et sous contrôle extérieur permanent, ne me compte pas parmi ses aficionados. Laissons cela aux vrais fans. Aux autres, je dis simplement qu’il n’est pas le meilleur disque pour entrer dans le catalogue de ce groupe important  (RAZOR©).

 

1. Death Of A Socialite.

2. Children.

3. The Sun.

4. There Will Never Be Another Day.

5. House Of Ten.

6. Out In The Night.

7. One Long Glance.

8. Growing in My Mind.

9. Photographer.

10. Bright Lights Of The City.

11. Tripping.

 12. My Time.

 

Skip Alan:batterie,choeurs.

Phil May:chant,basse,guitare.

John Povey:percussions,choeurs.

Dick Taylor:basse,guitare,choeurs.

Wally Allen:basse,choeurs.

LP Studio 4 - 1968

 

Pretty things sf sorrow

 

THE PRETTY THINGS

S.F. SORROW – 1968  5/5

 

Publié en décembre 1968.

Produit par Norman Smith.

Durée:40:59.

Label:EMI.

Genre:rock psychédélique,hard rock,freakbeat,heavy metal,rock.

 

Tommy Or Not Tommy ?

       

Durant l’année 1967, le phénomène hippie bat son plein. Le psychédélisme est de mise, les Pretty Things font comme la plupart des groupes du moment, ils s’y engouffrent. Defecting Grey, un immense 45 Tours de 6 minutes, sorti à l’automne de cette année flower power, donne une indication de ce qu’ils vont proposer dans leur prochain et quatrième album, S.F. Sorrow (en écoute intégrale ici). Fontana Records, c’ est désormais de l’histoire ancienne ; EMI, la référence du moment, les signe.

S.F. Sorrow, quatrième LP, enregistré entre décembre 1967 et septembre 1968, à Abbey Road (pas moins que ça !) sort en décembre 1968 au Royaume-Uni, un an plus tard aux States, ce qui vaudra au groupe, artistiquement en concurrence avec Tommy des Who, des commentaires acerbes et injustifiés comme quoi ils ne sont que de sales plagieurs.

John Alder et Skip Alan figurent au line-up de ce qui sera un sujet de discorde entre les historiens du rock : S.F Sorrow. Pourquoi sujet de discorde ? Parce qu’il s’avère que le projet de Pretty Things (écrit par Phil May) serait le premier opéra-rock jamais conçu. Tommy est daté de mai 1969, alors que S.F Sorrow est publié en décembre 1968, comme dit plus haut. Faites le calcul. Pretty Thing devance Who de cinq mois et les plagieurs ne sont pas forcément ceux que l’on soupçonne. D’ailleurs Pete Townsend, bien plus tard, avouera du bout des lèvres et bien que, que… qu’il s’en est inspiré pour faire Tommy, quoi !

Permettez-moi de ne pas me mouiller dans les débats ! En période d’une rivalité sans partage, c’est le premier arrivé qui a le bouquet. Là-dessus, le père Townsend a eu le dessus. Les deux albums ont une structure similaire, tramée autour d’une histoire. Un concept comme on disait alors. S.F. Sorrow est un album-concept.

Les pro-Pretty argueront que les Who ne sont que vilains plagieurs. Les antis rétorqueront que c’est le contraire et que leurs carrières respectives parlent pour eux. 1 à 1 : balle au centre. On peut en causer des heures sans avancer et à vrai dire, on s’en fout un peu.

Le vrai problème est que cet album est publié entre l’album blanc des Beatles et le Beggar’s Banquet des Stones. La vérité est que Pretty Things, comme Kinks ou Small Faces, tout en n’étant pas loin du podium, sont toujours restés à son pied. Leur triste réputation n’a vraisemblablement pas joué en leur faveur. Voilà l’histoire ! Voilà pour le contexte…

Cet opéra-rock est effectivement une très belle pièce articulée autour de la vie du dénommé Sebastian F. Sorrow dont il est narré les étapes de son existence (naissance, âge adulte, période militaire, la mort de sa petite amie, les funérailles, la désespérance qui en découle, les rencontres douteuses, la folie, la vieillesse…). Les anglais, sans dénaturer leurs origines, abordent ici le psychédélisme avec infiniment de sensibilité.

L’accès aux studios d’Abbey Road et l’appartenance à EMI leur a ouvert les portes à la haute technologie sonore, expérimentant avec succès des sons nouveaux. L’album en bénéficie conséquemment et avantageusement. Tout est réuni pour un excellent spectacle. Si les Pretty Things sont un peu les maudits du rock, ils n’en ont pas moins laissé une œuvre majeure enviée par de nombreux artistes. Non, les Beatles n’ont pas tout inventé : la preuve ici dans ce qui est le  chef d’œuvre de Pretty Things (RAZOR©).

 

1. S.F. Sorrow is Born.

2. Bracelets of Fingers.

3. She Says Good Morning.

4. Private Sorrow.

5. Balloon Burning.

6. Death.

7. Baron Saturday.

8. The Journey.

9. I See You.

10. Well of Destiny.

11. Trust.

12. Old Man Going.

13. Loneliest Person.

 

Phil May:chant.

Dick Taylor: lead guitare,choeurs.

John Povey:orgue,sitar,percussion,choeurs.

Wally Allen:basse,guitare,choeurs,instruments à vent,piano.

 Skip Alan:batterie.

John Charles Alder:batterie.

LP Studio 5 - 1970

 

Pretty things parachute

 

THE PRETTY THINGS

PARACHUTE – 1970  5/5

 

Publié en juin 1970.

Produit par Norman Smith.

Durée:40:52.

Label:Harvest.

Genre:rock psychédélique,rock,art rock.

 

Disque majeur.

       

Le magazine Rolling Stone, dont on ne discutera pas le sérieux, ni même on ne contestera la pertinence des appréciations de ses intervenants, considère, par l’entremise de son collaborateur Steve Turner, Parachute (en écoute intégrale ici) comme étant le meilleur produit  de l’année 1970. J’abonde entièrement en ce sens. Mais où donc des sauvages de cette trempe, des violents de cet acabit, des garnements comme on disait de c’temps-là, aussi violents, poisseux avec leurs longs cheveux et vulgaires (on ne compte plus leur fuck !), peuvent-ils aller puiser une telle inspiration ?

Pour la deuxième fois de rang et après son extraordinaire LP-concept précédent, S.F. Sorrow, en restant dans une filière psychédélique, Pretty Things nous met le rock sens dessus dessous. Il fait le show en alternant une matière qui de douce, fragile, propice à une bonne petite défonce dans les règles de l’art, sagement maîtrisée, explose sans prévenir en une belle agressivité, leur cheval de bataille. Chassez le naturel, il revient au galop. La bête sommeille toujours en eux, en n’en est pas surpris.  

Album rock figurant dans le meilleur de ce que peuvent proposer les années 60, Parachute est l’œuvre d’une brigade de Maîtres-Queues étoilés. Plus respectable que jamais d’avoir su trouvé les arguments pour nous prosterner à ses pieds, le Pretty Things de Parachute, groupe toujours placé, jamais gagnant, en avance d’un siècle sur le commun des concurrents, c’est l’histoire d’un énième rendez-vous manqué avec la gloire.

Ce scénario invraisemblable au regard du niveau des deux LP qu’ils viennent de nous pondre, n’est pas du goût de Dick Taylor, son fondateur (avec Phil May), qui quitte la formation, remplacé par Vic Unitt d’Edgar Broughton Band.

Ce cinquième LP, enregistré dans les studios EMI d’Abbey Road et sorti en juin 1970 (avec Norman Smith de la maison Beatles aux manettes), est une merveille à côté de laquelle je suis, moi-même, passé à sa publication.

A une période où c’était pile-Beatles, face-Stones et si ça tombait sur la tranche, c’était Who, le nom Pretty Things figurait plus au registre des faits divers que dans les bons papiers. Et pourtant.

Grâce aux rééditions et remasterisations, j’ai, comme beaucoup, redécouvert (si ce n’est pas découvert) l’œuvre de ces artistes. C’est à tomber sur le cul. Avec le recul que l’on peut avoir aujourd’hui, c’est encore plus frappant. S.F Sorrow donnait une première indication de l’énorme talent de ces drôles d’oiseaux, Parachute frôle la perfection de ce que le rock peut cracher. Varié mais cohérent, solide, dans le son des seventies.

Savoureux, avec de grandes et belles harmonies, Parachute est inspiré tant dans sa musique que dans son écriture. Très largement sous-estimé ou carrément ignoré, je m’étonne qu’un tel concentré de titres aussi sublimes n’ait pu toucher la cible. Cette profusion de bons moments rend cet album grandiose dans tout son cheminement (13 titres courts pour une quarantaine de minutes), indispensable à son chevet ; il serait, de ce fait, injuste de se limiter à l’un plutôt qu’à l’autre. Ne vous fiez pas à sa pochette, c’est l’une des plus laides que le rock ait engendrée. Mais qu’importe le flacon, pourvu qu’on ait l’ivresse. Et là mes cadets, je vous en promets de belles (RAZOR©).

 

1. Scene One.

2. The Good Mr. Square.

3. She Was Tall, She Was High.

4. In the Square.

5. The Letter.

6. Rain.

7. Miss Fay Regrets.

8. Cries From the Midnight Circus.

9. Grass.

10. Sickle Clowns.

11. She's a Lover.

12. What's the Use.

13. Parachute.

 

Phil May:chant.

Skip Allan:batterie.

Wally Allen:basse.

John Powey:claviers.

Pete Tolson:guitare.

LP Studio 6 - 1972

 

Pretty things freeway madness

 

 

THE PRETTY THINGS

FREEWAY MADNESS – 1972  2,5/5

 

Publié en décembre 1972.

Produit par Wally Waller.

Durée:37:50.

Label:Warner Bros.

Genre:rock.

 

De Pretty Things, ils n’ont ici que le nom.

 

Oh, que je n’aime pas cet album là : Freeway Madness (en écoute intégrale ici). Après S.F. Sorrow et Parachute, ça fait tâche, désordre ou tout ce que vous voulez. Mais il y a une explication à tout, elle réside dans l’incapacité qu’a Pretty Things à décoller pour rentabiliser un peu l’affaire. Les deux albums précédents étant plus réservés aux puristes qu’aux bourrins ou chochottes du coin de la rue, ils passent quasiment inaperçus. De quoi assombrir l’avenir du groupe.

Les méventes de Parachute plombent une situation financière déjà précaire. Pretty Things rame et le contexte n’est pas à l’optimisme. Las de passer, une fois de plus à côté du jackpot, écœuré de la poisse qui les poursuit sans jamais les lâcher, Wally Waller, membre indispensable et influent de la formation anglaise, compositeur et bassiste, arrivé pour les sessions d’enregistrement d’Emotions, en 1967, quitte la boutique durant l’année 1971.

A vrai dire, il ne lâche pas vraiment ses potes puisque c’est lui qui produit le disque à venir. Néanmoins, les Pretty Things se séparent un temps puis se reforment, quelques mois plus tard, Bill Shepherd, le manager, leur ayant dégoté un contrat avec la Warner.

Cette reformation amène à Freeway Madness, leur sixième album. Le contexte est propice à un changement de direction musicale pas forcément heureux. Freeway Madness en atteste.

Laissant son originalité derrière lui, le groupe nous sert un disque trop poli, particulièrement ennuyeux, manquant de force et affichant une grande fadeur. Waller, remplacé par Stuart Brooks des Black Cat Bones, fait fortement défaut à l’écriture, pour laquelle Tolson manque visiblement de talent et d’idées. C’est là que le bât blesse surtout.

Avec ce disque, Pretty Things amorce une trilogie musicale différente et moins intéressante (Freeway Madness, Silk Torpedo et Savage Eye).

Quelques moments méritent toutefois attention : un bel acoustique du nom de Peter, Love Is Good, Rip Off Train, Over The Moon et surtout Havana Bound. De Pretty Things, ils n’ont ici que le nom. Oh, que je n’aime pas ce disque (RAZOR©).

 

1. Love Is Good.

2. Havana Bound.

3. Peter.

3. Rip Off Train.

4. Over the Moon.

5.Religion's Dead.

6. Country Road.

7. Allnight Sailor.

8. Onion Soup.

9. Another Bowl?

 

Skip Alan:batterie,chant.

Stuart Brooks:basse.

Phil May:chant,guitare,basse.

John Povey:claviers,percussions,chant.

Peter Tolson:guitare,basse.

Wally Waller:chant sur 5.

Gordon Huntley:pedal steel guitare sur 7.

Billy Reid:violon.

Johnny Van Derrick:violon.

Don Harper:alto,arrangements des cordes.

Peter Willison:violoncelle.

LP Studio 7 - 1974

 

Pretty things silk torpedo

 

THE PRETTY THINGS

SILK TORPEDO – 1974  3,5/5

 

Publié en octobre 1974.

Produit par Norman Smith.

Durée:42:02.

Label:Swan Song Records.

Genre:rock.

 

Les Things accrochent enfin le Billboard.

 

Silk Torpedo (en écoute intégrale ici) est certainement le plus intéressant du Pretty Things version 70’s, exception faite de Parachute, intouchable au regard de son statut de chef d’œuvre, statut qu’il dispute avec S.F. Sorrow.

Solide disque publié en octobre 1974 sous label Swan Song Records, l’étiquette créée par Led Zeppelin, Silk Torpedo est leur septième 33 Tours, et fait unique dans les annales de ce groupe d’exception, le premier à entrer au Bilboard (104). Après des années d’attente, il était temps surtout depuis que le groupe a pris un virage commercial.  

Produit par Norman « Hurricane » Smith, l’homme derrière S.F. Sorrow et Parachute, devenu artiste notoire depuis, Silk Torpedo (en écoute intégrale ici), au son homogène, aux riffs bien pensés, aux belles lignes mélodiques, affiche des ambitions d’entrée avec un puissant Dream/Joey introductif, qui est un des titres les plus magnifiques de toute la discographie du groupe. Tendez l’oreille sur le jeu de l’orgue Hammond de John Powey…

Même si le rythme tend à s’effacer quelque peu au sortir de ce titre, la suite n’est pas dénuée de choses intéressantes pour autant. Maybe You Tried, par exemple, offre une ouverture captivante et réussie sur le glam rock.

Relevons encore Is It Only Love, l’énorme boogie Come Home Mamma, Belfast Cowboys (il peut paraître soporifique au début, mais accrochez-vous à ses 7 minutes) et le rock Singapore Silk Torpedo.

Moins intéressants sont la ballade gentillette Atlanta, L.A.N.T.A, Bridge Of Love. Pretty Things en a encore sous la semelle et le label de Led Zep semble l’inspirer ici. Faites passer le message ! (RAZOR©)

 

1. Dream / Joey.

2. Maybe You Tried.

3. Atlanta.

4. L.A.N.T.A.

5. Is It Only Love.

6. Come Home Momma.

7. Bridge of God.

8. Singapore Silk Torpedo.

9. Belfast Cowboys.

10. Bruise in the Sky.

 

Skip Alan:batterie,percussions,chant.

Gordon Edwards:basse,guitare,claviers,chant.

Jack Green:chant.

Phil May:chant,percussions.

John Povey:claviers,percussions,chant.

Peter Tolson:basse,guitare acoustique,lead guitare.

LP Studio 8 - 1976

 

Pretty things savage eye

 

THE PRETTY THINGS

SAVAGE EYE – 1976  3/5

 

Publié en janvier 1976.

Produit par Norman Smith.

Durée:39:04.

Label:Swan Song Records.

Genre:rock.

 

Le chant du Things.

 

Honnête, c’est le moins que l’on puisse lui reconnaître à cette huitième levée discographique studio des Pretty Things, pour lequel néanmoins, Savage Eye (en écoute intégrale ici) marque le chant du cygne. Ou du Things pour la jouer fine.

Pour un groupe qui, depuis Parachute, n’a plus de Pretty Things que le nom, Savage Eye est un album honnête (Under The Volcano, Sad Eye). Ce n’est pas le genre de produits qui me fait grimper au plafond, mais bon, on fait avec.

Manquant de personnalité, l’album tâtonne, erre et suscite rarement le plaisir. Mais il s’écoute. Tous les coups ne sont pas gagnants, rien n’est franchement  mémorable, mais il s’écoute.

Pour faire simple, Pretty Things persiste dans une voie commerciale certes respectable, mais avec une matière peu appropriée. Tantôt c’est glam, tantôt c’est rock, ça s’écoute, mais jamais, au cours de cette écoute, je n’ai reconnu le groupe cannibale que j’ai aimé.

Pretty Things, nouvelle mouture, a du mal à pallier la défaillance du dernier bastion, de son pilier fondateur, Phil May, en partance et déconnecté de l’album.

Pour moi, ce Savage Eye est le fruit d’une autre formation, mais pas des Things. Où sont passés les rebelles ? Pincez-moi, je rêve…(RAZOR©).

 

1.Under the Volcano.

2. My Song.

3. Sad Eye.

4. Remember That Boy.

5. It Isn't Rock 'n' Roll.

6. I'm Keeping.

7. It's Been So Long.

8. Drowned Man.

9. Theme for Michelle.

 

Skip Alan:batterie.

Gordon Edwards:guitare,claviers,chant.

Jack Green:guitare acoustique,basse,chant.

Phil May:chant.

John Povey:claviers,clavecin,chant.

Peter Tolson:basse,lead guitare,guitare rythmique,guitare acoustique

Norman Smith:saxophone.

 

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