The Rolling Stones.

BIOGRAPHIE.

 

THE ROLLING STONES/Londres (Angleterre)

 

Stones 1

 

Actif depuis 1962.

Labels:Decca,London,Rolling Stones,Virgin,ABKCO,Polydor.

Genre:rock,blues,R & B.

Site Internet:rollingstones.com


Plus qu'un groupe de rock, une marque déposée.

Groupe de rock fondé à l'été 1962 à Londres, les Rolling Stones tirent leur nom de la chanson de Muddy Waters, Rollin' Stone, enregistrée en 1950 et pour laquelle le bluesman mississippian s'est permis le luxe de détourner les paroles de Catfish Blues, populaire dans le Delta des années 30.

55 ans plus tard, le nom est une marque déposée, le groupe est une légende du rock, leurs disques se vendent comme des petits pains et leurs tournées sur la planète sont d'incomparables attractions.

Depuis bientôt 6 décénnies, les Stones, comme on dit, imposent leur style dévastateur aux différentes générations de fans venues se greffer depuis leur avènement. C'est le plus grand groupe de rock and roll, ne leur contestons pas ce titre dont ils sont détenteurs depuis les 60's et que peu de groupes peuvent leur discuter.

La saga des Rolling Stones prend forme dans le Kent dans les années 50. A Dartford, dont 13 des rues actuelles réfèrent au groupe et à sa carrière et sur les bancs de la Wentworth Primary School où Mick Jagger et Keith Richards, natifs de la cité, se rencontrent jeunes. Au collège, dans les 60's, ils se rapprochent, se trouvant un dénominateur commun : la musique.

Ils vont alors croiser la route de Brian Jones, un jeune musicien déterminé et ambitieux, influencé depuis son adolescence par le blues américain. Turbulent pour ne pas dire asocial, celui-ci est renvoyé de son bahut à 16 ans pour avoir mis enceinte une élève de sa classe. Contraint de prendre ses distances avec son environnement proche, Brian Jones, guitariste, se retrouve en Suède, puis arpente l'Europe où il fait les bars avec son instrument.

Revenu sur Londres en 1961, Jones (en attente du 3ème enfant) a des idées de groupe en tête ; membres de Little Blue Boy, Jagger et Richards, accompagné de Dick Taylor, le découvrent à l'occasion d'une prestation du Blues Incorporated d'Alexis Korner que Jones a intégré.

Stones 2Les premiers Rolling Stones.

Stones marqueeLes débuts au Marquee.

Stones decca signatureLa signature pour Decca Records.

Stones satisfactionI Can't get No (Satisfaction), premier succès planétaire.

Stones jonesBrian Jones, mort en juillet 69.

Stones jagger richardsInséparables depuis 6 décennies, Jagger et Richards.

Stones logoLes Stones, un label.

Stones exileLa référence discographique : Exile On Main Street (1972).

Stones nowToujours actifs depuis 1962.

Stones blue lonesomeBlue & Lonesome (2016).

Les débuts au Marquee.

Les deux groupes se rapprochent. Un projet de fusionner leurs talents est fomenté, mais pour l'heure, Jones évolue encore avec Geoff Bradford aux guitares, Paul Pond au chant, Mick Ivory à la batterie et le claviériste écossais Ian Stewart (considéré jusqu'à sa mort comme le 6ème Stone), recruté par le biais d'une petite annonce parue dans le Jazz News fin 1961.

Début 1962, Mick Jagger, suggéré par Alexis Korner, remplace Pond et impose à Brian Jones, Keith Richards et Dick Taylor. La nouvelle mouture se resserre autour du noyau Jones, Jagger, Richards, Taylor et Avory (et Tony Chapman). A l'été 1962, c'est ce line-up qui se produit pour la première fois sur une scène londonienne (Marquee) sous le nom de Rolling Stones.

Début 1963 et jusqu'en 1969, il prendra sa forme définitive avec les arrivées de Bill Wyman et de Charlie Watts en lieu et place de Taylor et d'Ivory, ainsi qu'avec la mise à l'écart de Stewart par le manager Andrew Oldham, un jeune publicitaire. On tient là le premier line-up classique des Rolling Stones dont la paternité du nom revient également à Jones. Le quintet va écumer les clubs de la capitale, ce qui lui ouvre les portes du label Decca avec lequel le groupe signe en 1963.

La lourde responsabilité de Dick Rowe.

Decca, pour la petite histoire, vient de refuser les Beatles par l'entremise de son directeur artistique Dick Rowe. L'histoire ne repassant pas les plats deux fois, ce dernier ne rate pas l'occasion de faire un gros coup, d'autant que George Harrison en personne pousse derrière pour éviter qu'il ne répète son erreur. Rowe se déplace au Crawdaddy (Richmond) de Giorgio Gomelsky, devenu le club-maison des Stones.

Dans la semaine qui suit, le groupe signe son premier contrat (29 avril 1963) et, un mois plus tard, un premier SP tombe : Come On (mai/juin 1963), repris à Chuck Berry, une des grandes influences de Keith Richards. Pour la première fois, les Stones entrent dans les charts britanniques et participent à une émission TV (Thank You Lucky Stars). Leur look original et leur comportement arrogant suscitent en Oldham l'idée de leur forger une image de bad boys afin de les démarquer de leurs concurrents directs plus BCBG, les Beatles.

I Can't Get No (Satisfaction).

En avril 1964, Decca sort au Royaume-Uni le premier LP du groupe, l'éponyme The Rolling Stones, reflet des influences R & B de Jagger et Richards ; en mai, c'est au tour du marché américain d'accueillir sous label London Records, England's Newest Hit Makers.

Composé pour l'essentiel de reprises, l'album ne décolle pas vraiment malgré une bonne réception par le public britannique (11ème), aussi le manager fait pression sur Mick Jagger et Keith Richards pour qu'ils écrivent leurs propres chansons. Confiné de force dans un appartement londonien, le duo signe deux titres dont l'un échoit à Marianne Faithfull (As tears Go By).

Suivent alors deux albums britanniques, The Rolling Stones 2 (janvier 1965) et Out Of Our Heads (septembre 1965) dont le pendant américain (juillet 1965) intègre prématurément le titre allant lancer la carrière du groupe : I Can't Get No (Satisfaction), premier hit planétaire.

La gloire avant les drames.

L'association Jagger/Richards se met en place, les albums primés vont alors s'enchaîner : le sublime Aftermath (avril 1966) et son répertoire composé uniquement d'originaux (Lady Jane, Under My Thumb, Stupid Girl, Mother's Little Helper, Goin' Home), Between The Buttons et Their Satanic Majesties Request (perturbé par les frasques judiciaires des membres) en 1967, le chef d'oeuvre Beggar's Banquet (fin 1968) et ses légendaires Sympathy For The Devil et Street Fighting Man.

De plus en plus influent, le tandem de l'écriture Jagger/Richards met désormais la main sur les Stones : Paint It Black, Let's Spend The Night Together, Ruby Tuesday, Jumpin' Jack Flash viennent tour à tour récompenser la qualité de leur travail.

Le 7ème album du groupe est aussi le dernier impliquant complètement Brian Jones ; en proie à des problèmes de drogue et sentimentaux depuis 2/3 ans, il est évincé (en juin 1969) avant de périr tragiquement début juillet de la même année. On retrouve son corps inerte flottant à la surface de sa piscine. Les Stones lui rendent hommage quelques jours plus tard en jouant à Hyde Park devant plus de 250.000 personnes.

Le partenariat avec Decca cesse dès Let It Bleed, autrement dit fin 1969. Pour les Stones, il est temps de tourner le dos à cette année maudite qui, outre la mort de Brian Jones, les confronte au drame d'Altamont (USA) au cours duquel un jeune noir est assassiné en plein concert du groupe.

Mick Taylor is Rich.

Pour pallier la perte de son guitariste blond, le Bluesbreakers Mick Taylor est recruté. Les sessions de Let It Bleed débutent en février 69 mais la plupart du temps Brian Jones en est évincé ; son remplaçant est déjà dans la place alors que lui-même n'a pas encore quitté le groupe.

Brian Jones est réduit à la portion congrue (cithare et percussions), mais figure encore sur cet album remarquable, bien que vu comme un disque de transition entre deux line-up classiques ; quant à Taylor, il se contente de quelques modestes piges. Let It Bleed est le LP des célèbres Love In Vain, Gimme Shelter, Midnight Rambler ou encore You Can't Always Get What You Want. Il se classe en tête des charts britanniques et s'offre le luxe de détrôner l'opus de la concurrence directe, Abbey Road des Beatles.

Le contrat avec Decca expiré, les Stones reprennent leur liberté artistique et commerciale en créant leur propre étiquette, Rolling Stones Records, en 1970. Abandonné en 1992 quand le groupe s'engage avec Virgin, le label est associé au fameux logo Tongue and Lips (langue et lèvres rouges sur fond blanc) œuvre de John Pasche, symbolisant tant l'esprit rebelle que le côté sexuel émanant du groupe. Son créateur aurait été inspiré par la bouche de Mick Jagger. Ce visuel est toujours d'actualité puisqu'il illustre leur dernier album de 2016, Blue And Lonesome.

Un autre visuel a beaucoup fait couler d'encre à son époque ; c'est celui de l'album Sticky Fingers (avril 1971) disque faisant suite à Let It Bleed et imaginé par l'apôtre du pop-art, l'excentrique Andy Warhol. La pochette du 9ème album dispose d'une braguette munie d'une fermeture éclair qui, une fois actionnée, dévoile des sous-vêtements masculins.

La couverture provoque un tollé en Espagne qui la censure. Malgré cela, Sticky Fingers fait un carton où il truste les places de N° 1, au Etats-Unis, au Royaume-Uni, en Australie, au Canada, en Hollande, en Allemagne et... en Espagne. L'album réunit des titres majeurs du groupe tels que Wild Horses, Brown Sugar, Bitch, Sister Morphine.

Le graal Exile On My Street.

Malgré une réception mitigée, Exile On Main Street (1972) est le sommet artistique des Rolling Stones. Une grande œuvre gravée dans le marbre du rock. Double de surcroît, brute, libre, mystérieuse... les Stones sont alors « The Greatest Rock 'n' Roll Band In The World » comme ils le proclament. Pas faux, car avec Exile On Main Street, on touche au sublime stonien et ce sublime porte surtout la patte de Keith Richards, alors accro à l'héroïne.

Mythique, le 10ème volet de la discographie des Stones est addictif, même sans véritable hit. Seul Tumbling Dice a une vie de single. La période bénite des anglais prend fin ici et en 1972.

Stones charlie watts portrait pal hansen

« Je participais à des concerts de jazz avec David Green, déjà. Il était bien meilleur que moi dans ce domaine, donc je me suis tourné vers un autre musicien, Alexis Korner. Lui organisait au Marquee des sessions que l’on appelait à l’époque rhythm and blues. Brian Jones y participait, Mick et Keith également. Je les ai rencontrés là, car Mick chantait dans la formation d’Alexis. Quand ils ont commencé à répéter ensemble, ils m’ont demandé de les rejoindre. A l’époque, je me trouvais entre deux boulots quand j’ai commencé à jouer avec les Rolling Stones. Nous sommes devenus de plus en plus populaires, et je n’ai jamais pensé à rechercher un autre job dans le graphisme. » (Charlie Watts)

Des Stones embourgeoisés et moins convaincants.

Les Stones de l'après Exile On main Street déçoivent leurs supporters de la première heure. Embourgeoisés, ils sauvent la face avec le succès mondial Angie (album Goats Head Soup/1973) et It's Only Rock 'n' Roll (de l'album du même nom sorti en 1974). Si les Rolling Stones demeurent populaires, Mick Taylor sent lui qu'il est temps de passer à autre chose : en 1975, il quitte un groupe qui ne surprend plus.

Déjà présent sur les sessions de It's Only Rock 'n' Roll, Ronnie Wood supplée Mick Taylor lors du Tour Of The Americas, on le retrouve donc tout naturellement sur l'album Black & Blue (1976), aini nommé au regard des influences à la musique noire qu'il véhicule.

Artistiquement les Stones se renouvellent mais ne convainquent que partiellement ; on est loin, en effet, de ce à quoi ils nous ont jusqu'alors habitués. Fool To Cry est le seul gros succès d'un opus qui réserve néanmoins quelques belles surprises comme Hot Stuff, Hey Negrita, Memory, ou Cherry Oh Baby. Dans les charts internationaux, les Rolling Stones continuent, malgré tout, à surfer sur le haut de la vague.

Après un second live en 1977, Love You Live (le premier étant Get Yer Ya-Ya's Out en 1970), paraît Some Girls (juin 1978). Le phénomène punk s'est installé dans le rock et le disco squatte les radios. Entre les deux, les anglais montrent qu'il ne faut pas enterrer trop vite ceux que l'on qualifie désormais de dinosaures du rock. Some Girls (avec le planétaire Miss You) est bon ; il est certainement le dernier grand disque du groupe. Quoi qu'il en soit, il referme sur une bonne note la page discographique des 60's/70's, la plus croustillante.

Bonjour l'ambiance !

Les années 80 sont nettement moins glorieuses. Emotional Rescue (1980), Tattoo You (1981), Undercover (1983), Dirty Work (1986) offrent peu d'intérêt mais reflètent les gros nuages qui pèsent sur la relation entre Mick jagger et Keith Richards notamment. Ces années sont prétexte à projets personnels : Ron Wood (1981), Bill Wyman (1982), Mick Jagger (1985) et Keith Richards (1988) y vont de leur album solo, tandis que Charlie Watts enregistre du jazz avec un groupe parallèle. Bonjour l'ambiance !

Les Stones se retrouvent à la fin de la décennie autour de Steel Wheels (1989). A nouveau en tête des charts, ils effectuent une tournée triomphale dans la foulée. Pour Bill Wyman, c'est la dernière. Il passe la main et le témoin à l'américain Daryl Jones qui pointe pour la première fois sur Voodoo Lounge (1994), sans être un membre officiel des Rolling Stones.

Suit Bridges To Babylon (1997) par lequel les Rolling Stones se vautrent complètement. Qu'à cela ne tienne, ils flambent en tournée et dans les hits. A court d'inspiration, les années se suivent et se ressemblent pour les Glimmer Twins depuis Exile On Main Street...

Adieu l'EMI, bonjour Universal.

Il faut attendre 8 ans pour les revoir en studio. C'est A Bigger Band (2005) qui les y pousse. Il fallait ce type d'albums puisant dans les racines pour rassurer les fans et leurs orgueilleux auteurs quinqua-sexagénaires, peu disposés à remiser l'instrument au grenier et à délaisser les podiums qu'ils enflamment à chaque apparition.

Et ce, d'autant que l'affaire est juteuse financièrement : 50ème anniversaire en 2012, passage du catalogue de l'après Sticky Fingers des mains d'EMi à celles d'Universal, rééditions, compilations, enregistrements exhumés, livres, documentaires et énièmes tournées...

Même si leur 23ème LP studio, Blue & Lonesome (2016) n'est aujourd'hui plus alimenté par l'écriture prolifique du tandem Richards/Jagger, au motif de privilégier les reprises, les Stones n'ont toujours pas dit leur dernier mot (RAZOR©). 

DISCOGRAPHIE ANGLAISE 60'S.

LP Studio 1 - 1964

 

Stones the rolling stones lp 1964

 

THE ROLLING STONES

THE ROLLING STONES – 1964  4/5

 

Publié en avril 1964 (Royaume-Uni).

Produit par Andrew Loog Oldham,Eric Easton.

Durée:33:24 (Royaume-Uni).

Label:Decca/ABKCO (Royaume-Uni).

Genre:rock 'n' roll,rhythm & blues.

 

Une entrée en fanfare.

 

The Rolling Stones (en écoute intégrale ici), paru chez Decca en avril 64, est le disque par lequel la bande à Jagger débute sa saga, celui qui déclenche toute la carrière que l'on connaît aujourd'hui.

C’est le premier Stones du catalogue britannique, ce n’est pas leur meilleur, mais il n’est pas vilain du tout et situe parfaitement les débuts de ce groupe mythique, qui s’appuie alors, comme beaucoup d’autres formations du moment, sur un répertoire emprunté aux artistes U.S.

Sur ses douze pièces, onze sont des reprises, mais de bonnes reprises de blues (I’m A King Bee, Honest I Do, I Just Want To Make Love To You), de R&B (Walking The Dog, You Can Make It If You Try, Can I Get A Witness), de rock (Carol, Route 66) et de pop (Tell Me).

Ce dernier morceau est le seul original du tandem Richards/Jagger qui ne s’est pas encore plongé réellement dans l’écriture, tandis que Now I’ve Got A Witness et Little By Little paraissent sous le pseudo de Nanker Phelge, utilisé par le groupe pour désigner un titre écrit par le collectif.

Les Stones existent depuis peu, mais déjà se profile le constat que l’on a à faire à un groupe peu banal, étrange, fascinant, provocateur, ambigu, sur et en dehors de la scène et des studios et qui n’engendre pas la sympathie.

Ils créent un contexte qui va les opposer, par public interposé, aux gentils Scarabées que ce premier album au son étonnant, aux guitares âpres, déloge de la première place des charts.

Il est une des grandes réussites musicales de cette année 64, demeure à la première place douze semaines consécutives. Les amateurs de son brut y trouveront leur compte (RAZOR©).

 

1. Route 66.

2. I Just Want to Make Love to You.

3. Honest I Do.

4. I Need You Baby (Mona).

5. Now I’ve Got a Witness (Like Uncle Phil and Uncle Gene).

6. Little by Little.

7. I’m a King Bee.

8. Carol.

9. Tell Me (You're Coming Back).

10. Can I Get a Witness.

11. You Can Make It if You Try.

12. Walking the Dog.

 

Mick Jagger:chant,harmonica,percussions.

Brian Jones:guitare,harmonica,chant,percussions.

Keith Richard:guitare,chant.

Bill Wyman:basse,chant.

Charlie Watts:batterie,percussions.

Ian Stewart:piano,orgue.

Gene Pitney:piano.

Phil Spector:maracas.

 

 

LP STUDIO 2 - 1965

 

Stones n 2

 

THE ROLLING STONES

THE ROLLING STONES N°2 – 1965  4/5

 

Publié le 15 janvier 1965 (Royaume-Uni).

Produit par Andrew Loog Oldham.

Durée:36:58.

Label:Decca Records.

Genre:rock 'n' roll,rhythm & blues.

 

Des Stones encore en gestation.

 

Du fait des impératifs contractuels et des stratégies marketing alors en vogue, cet album, le deuxième des Rolling Stones au Royaume-Uni, paresseusement intitulé N° 2 (15 janvier 1965), est un peu une arnaque.

J'éveille l'attention notamment de ceux qui sont détenteurs du second LP américain 12X5 (17 octobre 1964) et de son suivant Now ! (février 1965) ; N°2 reprend une grande majorité de titres figurant sur les deux disques parus sur le marché US.

Doté du même visuel que 12X5, le style de N°2 ne diffère pas vraiment de celui de l'opus précédent. On ne change pas une tactique qui gagne. Une grande partie de l'album est enregistrée aux Etats-Unis (studios Chess à Chicago, RCA à Hollywood), ce qui est alors très inhabituel à l'époque pour un groupe anglais.

L'album sonne encore très rock et très brut. Les reprises de standards de rock 'n' roll et de R & B dominent une nouvelle fois. Le tandem Jagger/Richards signent 3 titres dont l'excellent What A Shame. Ian Stewart est au piano sur le brillant boogie Down The Road Apiece. Pour le reste, c'est Jack Nitzsche qui s'y colle sur les chansons enregistrées sporadiquement à Londres.

N°2 se vend particulièrement bien et passe 10 semaines en tête des hits UK début 1965. les Rolling Stones tracent encore leur sillon, mais ils le font proprement. Ils gagnent en confiance mais ne sont pas encore les Rolling Stones qui pointent en eux. C'est pour Out Of Our Heads. L'histoire va dès lors prendre une autre proportion (RAZOR©).

 

1. Everybody Needs Somebody To Love.

2. Down Home Girl.

3. You Can't Catch Me.

4. Time Is On My Side.

5. What A Shame.

6. Grown Up Wrong.

7. Down The Road Apiece.

8. Under The Boardwalk.

9. I Can't Be Satisfied.

10. Pain In My Heart.

11. Susie Q.

 

Mick Jagger:chant,harmonica,tambourin,percussions.

Keith Richards:guitare électrique,guitare 12 cordes,choeurs.

Brian Jones:guitare électrique,slide guitare,harmonica,percussions,choeurs.

Bill Wyman:basse,choeurs.

Charlie Watts:batterie,percussions.

Jack Nitzsche:piano,tambourin.

Ian Stewart:piano.

 

 

LP Studio 3 - 1965

 

Stones out of our heads uk

 

THE ROLLING STONES

OUT OF OUR HEADS (UK) – 1965  4/5

 

Publié en septembre 1965.

Produit par Andrew Loog Oldham.

Durée:29:36.

Label:Decca Records.

Genre:rock & roll,rhythm & blues.

 

Dans la filière de ce qui précède.

 

Les Rolling Stones des années 64/65 ne sont pas encore le grand groupe de rock que personne ne leur conteste aujourd'hui. Par contre, ils sont une formation de R & B hors pair.

Ils ne sont pas non plus au niveau des grands albums qui s'annoncent dès Aftermath; ils se distinguent alors plus par leurs singles que leurs LP, même si ceux sont sont de bons travaux. Mais ils tiennent plus de compils que de véritables projets construits. Ils sont surtout des collections destinées à faire du fric et à promouvoir l'énergie brute et la spontanéité des anglais outre-Atlantique.

Et ça marche puisque dans sa version amerloque, Out Of Our Heads fait n°1 chez l'Oncle Sam; il y passera 15 mois. Quatrième jet aux USA (juillet 1965), il n'est que le 3ème volume au Royaume-Uni, paru deux mois plus tard dans une autre version, ordonnée différemment et agencée autour d'autres titres. Concentrons-nous sur le Out Of Our Heads british.

La version anglaise (en écoute intégrale ici) privilégie 6 titres ne figurant pas sur son homologue américain: She Said Yeah,Talkin' Bout You, Oh Baby (We Got A Good Thing Going), Gotta Get Away, Heart Of Stone, I'm Free.

Hormis ces 3 dernièrs morceaux, des originaux de Jagger/Richards et une chanson, The Under Assistant West Coast Promotion Man, créditée au collectif (sous le pseudo de Nanker Phelge), tout le reste, et pour la dernière fois, est constitué de reprises de R & B. Aucun single n'y figure ce qui n'empêche pas l'album de figurer en deuxième position des albums britanniques derrière Help (Beatles). Il reste un excellent album bien dans le ton de ce qui précède. Un classique, quoi (RAZOR©).

 

1. She Said Yeah.

2. Mercy,Mercy.

3. Hitch Hike.

4. That's How Strong My Love Is.

5. Good Times.

6. Gotta Get Away.

7. Talkin' Bout You.

8. Cry To Me.

9. Oh baby (We Got A Good Thing Going).

10. Heart Of Stone.

11. The Under Assistant West Coast Promotion Man

12. I'm Free.

 

Mick Jagger:chant,harmonica,percussions.

Keith Richards:guitare électrique et acoustique,choeurs.

Brian Jones:guitare électrique et acoustique,orgue,harmonica,percussions,choeurs.

Bill Wyman:basse,choeurs.

Charlie Watts:batterie,percussions.

Jack Nitzsche:clavecin,percussions.

Ian Stewart:piano.

 

 

LP Studio 4 - 1966

 

Stones aftermath

 

THE ROLLING STONES

AFTERMATH (UK) – 1966  5/5

 

Publié en avril 1966.

Produit par Andrew Loog Oldham.

Durée:53:20.

Label:Decca/ABKCO.

Genre:pop-rock,rock,rock 'n' roll,rock psychédélique.

 

Le premier grand classique des Stones.

 

Publié deux mois avant sa sortie américaine, Aftermath (avril 1966), considéré comme étant un des meilleurs albums de tous les temps, annonce un changement d’époque pour les Stones. En effet, ce quatrième album britannique (6ème pour le marché américain) est le premier disque du groupe anglais à bénéficier entièrement de la créativité Jagger/Richards. En d'autres termes, aucune reprise. En cela, Aftermath (en écoute intégrale ici) marque une rupture avec son récent passé vinylique.

Les Stones s'éloignent de leur R& B initial et endossent désormais le costume d'un groupe novateur et créatif, se situant plus à la confluence du rock, de la pop et du psychédélisme. Ils affichent de ce fait un son différent, plus recherché et plus perfectionné.

Aftermath enchaîne les titres exceptionnels et les mélodies mémorables : Mother’s Little Helper, Lady Jane (mélodie médiévale), Out Of Time (trois chefs d’œuvre), Stupid Girl, un soul Rythm & Blues, Under My Thumb (toujours à l’affiche dans les concerts des Stones 50 ans après !), I Am Waiting, It’s Not Easy (aux riffs incroyables), High and Dry (blues acoustique), Out Of Time et surtout ce groove épique qu’est Going Home et ses 11 minutes virant sur la fin vers un acid rock de la meilleure trempe.

Sur cet album, les Stones expérimentent de nouveaux instruments, affichent des belles nouveautés comme le dulcimer (Lady Jane et I Am Waiting), le marimba (Under My Thumb) ou l'orgue et signent des arrangements inventifs influés pour la plupart par Brian Jones, réduit à la protion congrue face au tandem Jagger/Richards. Cet album est un peu le sien même si Jagger et Richards en ont assuré l'entiéreté de l'écriture.

L'écriture justement. Pour la première fois que le duo s'y colle de A à Z sur tout un album, il réalise un sans-fautes faisant d'Aftermath une grande œuvre du catalogue stonien. Ces Stones de 66 sont certainement les plus grands Stones de tous les temps.

Songez que Paint It Black, une de leurs chansons les plus populaires, sorti à la même période (mai 1966) ne figure même pas sur cet album (le titre ouvre par contre le LP en version américaine), le choix ayant été fait de le pubier en single. Dingue ! Indispensable, un classique (RAZOR©).

 

1. Mother's Little Helper.
2. Stupid Girl.
3. Lady Jane.
4. Under My Thumb.
5. Doncha Bother Me.
6. Going Home.
7. Flight 505.
8. High And Dry.
9. Out Of Time.
10. It's Not Easy.
11. I Am Waiting.
12. Take It Or Leave It.
13. Think.
14. What To Do.

 

Brian Jones:guitare électrique,guitare électrique 12 cordes,guitare rythmique,dulcimer,marimba,orgue,harmonica,slide guitare,vibraphone.

Mick jagger:chant,percussions.

Keith Richards:guitare électrique,choeurs.

Charlie Watts:batterie.

Bill Wyman:basse,orgue,marimba.

Jack Nitzsche:piano,orgue,clavecin,percussions.

Ian Stewart:piano,orgue,clavecin.

 

 

LP Studio 5 - 1967

 

Stones between the buttons

 

THE ROLLING STONES

BETWEEN THE BUTTONS – 1967  4,5/5

 

Publié en janvier 1967.

Produit par Andrew Loog Oldham.

Durée:38:51.

Label:Decca Records.

Genre:rock,pop,rock psychédélique.

 

Album méconnu et sous-estimé.

 

Paru trois semaines avant l'édition américaine (London Records/février 1967), Between The Buttons (janvier 1967) est le 5ème LP studio du catalogue britannique des Rolling Stones, le 7ème pour ce qui concerne les Etats-Unis.

Le groupe nous a mis sur le cul avec le magnifique Aftermath précédent lequel fait une incursion dans le psychédélisme. Cette voie est poursuivie ici.

Si Aftermath a marqué les esprits avec son lot de titres exceptionnels devenus depuis des classiques, et imprimé un changement dans le style du groupe, plus pop-rock que R & B désormais, Between The Buttons (en écoute intégrale ici) a moins sensibilisé le public à sa sortie. La faute, certainement à l'absence d'un véritable single pour tirer l'album.

Depuis, c'est autre chose : Between The Buttons, 3ème au Royaume-Uni et 2ème aux States, a pris place parmi les grands disques de rock de l'année 1967 : Sgt Pepper's Lonely Hearts Club Band (Beatles), The Doors, The Velvet Underground & Nico, The Piper At The Gates Of Dawn (Pink Floyd) ou Are You Experienced et Axis : Bold As Love (Jimi Hendrix Experience). Les Stones y ajouteront, cette même année, un superbe autre fleuron, Their Satanic Majesties Requiest, signe de la période favorable qu'ils traversent depuis Aftermath.

S'il n'y a pas de single fort dans ce répertoire, l'album, qui bénéficie de la présence de deux pianistes hors pair (Jack Nitzsche et Jack Nitzsche), est un concentré de belles pièces, certes moins connues des fans, comme All Sold Out, She Smiled Sweetly, Connection, My Obsession, comme Who’s Been Sleeping Here, Complicated et Something Happened To Me Yesterday (trois titres qui résument la complexité de la relation cachée de Mick Jagger avec Marianne Faithfull), comme Backstreet Girl, Yesterday’s Paper. Cette sélection s'annonce un tantinet contradictoire pour le supporter habitué aux classiques.

C'est ce qui fait l'aypicité de Between The Buttons qui sonne très “pop anglaise”. Les Stones, plus matures, y soignent leurs paroles, y ouvrent leur esprit et les arrangements y sont plus créatifs.

A noter que le sexuel Let’s Spend The Night Together (qui fit scandale sur les plateaux TV du Ed Sullivan Show) et le mélancolique Ruby Tuesday figurent sur la version américaine tandis que Backstreet Girl et Please Go Home en ont été bannis.

Dernier album managé par Andrew Oldham, ce dernier, avant de partir, se fend d’un provocateur « Laisseriez-vous votre fille épouser un Rolling Stone ? ». Un Jagger qui se prend pour Dylan, les Stones qui sonnent comme les Kinks… le surprenant et varié Between The Buttons est quand même 355 pour le Rolling Stones Magazine, donc pas à négliger (RAZOR©).

 

1. Yesterday's Papers.

2. My Obsession.

3. Back Street Girl.

4. Connection.

5. She Smiled Sweetly.

6. Cool, Calm & Collected.

7. All Sold Out.

8. Please Go Home.

9. Who's Been Sleeping Here ?

10. Complicated.

11. Miss Amanda Jones.

12. Something Happened To Me Yesterday.

 

Mick Jagger:chant,percussions.

Keith Richards:guitare rythmique,guitare électrique,basse,piano,orgue,choeurs.

Brian Jones:guitare rythmique,piano,orgue,vibraphone,saxophone,dulcimer,harmonica,choeurs.

Bill Wyman:basse,orgue,choeurs.

Charlie Watts:batterie,percussions.

Ian Stewart:piano.

Nick De Caro:accordéon.

Jack Nitzsche:piano,orgue,clavecin.

 

 

LP Studio 6 - 1967

 

Stones their satanic majesties request 1967

 

THE ROLLING STONES

THEIR SATANIC MAJESTIES REQUEST – 1967  3/5

 

Publié en décembre 1967.

Produit par les Rolling Stones.

Durée:44:06.

Label:Decca/ABKCO, London Records.

Genre:rock psychédélique.

 

Pas la tasse de thé des Stones.

 

L’année psychédélique de référence, 1967, n’a pas considéré Their Satanic Majesties Request (en écoute intégrale ici) des Stones, comme digne de figurer dans ce qui constitue son élite vinylique : Sergent Pepper’s, Disraeli Gears, Forever Changes, The Doors, Axis Bold As Love, After Bathing At Baxter’s, Velvet Underground… c’est bien mieux, y a pas photo finish !

Même les plus fanatiques des supporters abondent en ce sens. Oui au précédent Between The Buttons. Au suivant, Beggar’s Banquet, trois fois oui. Their Satanic Majesties, non !

Dans la famille Stones, on n’en pince pas vraiment pour ce que beaucoup voient comme le premier disque oubliable, à défaut d'être manqué, des Stones, ce à quoi les acteurs eux-mêmes adhèrent complètement.

Les seules références faites à ce mouton noir de leur discographie d’alors, résultent du fait que leur producteur complice, Andrew Loog Oldham, les a laissés choir et que la perte est lourde et conséquente, et que la prise d’acide ne leur réussit pas du tout.

Their Satanic Majesties Request ne ressemble pas à un disque des Stones, pas ceux avec lesquels le catalogue nous a jusque'ici confrontés. Les Stones ne sont pas psychés ou s'ils le sont, ils sont bien plus intéressants dans les petites touches apportées avec parcimonie et à bon escient dans Between The Buttons, qu'ici.

En bons opportunistes et réactifs qu'ils sont, ils ne se montrent cette fois pas prêts à s’engouffrer dans la brèche ouverte par le rock psychédélique, pour s’acoquiner avec ce qui est alors en vogue.

Enfanté dans la douleur, manquant de sérénité, avec des sessions saccadées qui traînent en longueur, hachées par les ennuis à répétition pour faits d’usage de drogues de ses auteurs, ce sixième opus ne permet pas la moindre ambigüité : c’est bien du rock psychédélique qu’ils proposent.

Mais bon, il ne figure effectivement pas dans le haut du panier du genre et surtout il ne boxe pas du tout dans la catégorie des vainqueurs de cette année 67.

Que Jagger et Richards, si prompts à l’ouvrir pour promouvoir d’ordinaire leur crémerie, la jouent présentement messe basse, c’est qu’il y a une raison.

L’excellence de la ballade 2000 Light Years From Home et She’s A Rainbow (merci Hopkins, pour ton piano sur cet album) sont les seules belles valeurs qu’il faut retenir, avec Citadel (et The Lantern), de ce désordonné, délirant, trop aventureux et immensément confus cirque sous acide.

Ce genre de trips, ce n’est pas leur tasse de thé. A cet album mineur, je leur préfère, à ce stade de leur carrière, tout ce qui précède sans exceptions. Sur ce créneau antérieur, ils sont incomparables. Pas ici et, fort heureusement ils ont en conscience. Beggar’s Banquet qui s’annonce va les remettre à leur vrai niveau (RAZOR©).

 

1. Sing This All Together.

2. Citadel.

3. In Another Land.

4. 2000 Man.

5. Sing This All Together (See What Happens).

6. She's A Rainbow.

7. The Lantern.

8. Gomper.

9. 2000 Light Years From Home.

10. On With The Show.

 

Mick Jagger:chant,choeurs,percussions.

Keith Richards:guitares,choeurs.

Brian Jones:mellotron,percussions,orgue,flute,sitar,saxophone.

Charlie Watts:batterie,percussions,tablas.

Bill Wyman:basse,percussions,choeurs,chant sur 3.

Nicky Hopkins:piano,orgue,clavecin,mellotron.

John Paul Jones:arrangements cordes sur 6.

Eddie Kramer:percussions.

Ronnie Lane:chœurs sur 3.

Steve Marriott:chœurs,guitare acoustique sur 3.

John Lennon,Paul McCartney:chœurs sur 1.

Anita Pallenberg:chœurs.

 

 

LP Studio 7 - 1968

 

Stones beggars banquet 68

 

THE ROLLING STONES

BEGGARS BANQUET – 1968  5/5

 

Publié en décembre 1968.

Produit par Jimmy Miller.

Durée:39:47.

Label:Decca/ABKCO,London Records.

Genre:blues-rock,roots rock,country-blues.

 

Quelle belle pièce les Stones ont pondue fin 1968 ! Beggars Banquet (en écoute intégrale ici) nous met à des années-lumière du confus Their Satanic Majesties Request dans lequel les Stones s'essaient, sans véritablement convaincre, au rock psychédélique ambiant et ce, malgré la désapprobation d'Andrew Oldham, provoquant le départ de ce dernier.

La page étant tournée, le groupe rebondit sur Beggars Banquet et de quelle manière ! Ce disque va changer beaucoup de choses dans la carrière du groupe. Ce qui va alors dicter son parcours prend racine ici.

En cette fin d'année 198, Brian Jones est toujours dans le coup, mais sa participation est réduite à la portion congrue (guitare slide sur No Expectations, harmonica sur Dear Doctor, Parachute Woman et Prodigal Song, tamura sur Street Fighting Man et mellotron sur Stray Cat Blues).

Keith Richards, quant à lui, assure quasiment tous les morceaux de guitare (dont de nombreux acoustiques) . Eric Clapton (guitare), Nicky Hopkins (piano) et Steve Winwood, contribuent aussi à Beggars Banquet qui prend le contrepied du psychédélisme alors en vogue.

En revenant à un mélange de blues (très présent), de rock et de ballades, les Stones se retrouvent dans leur élément et évoluent autour d'un répertoire qu'ils maîtrisent parfaitement (3ème des charts UK, 5ème du Billboard). Par ailleurs, les débuts du producteur Jimmy Miller (Spencer Davis Group et Traffic) donnent un cachet supplémentaire à leur musique.

Street Fighting Man toise les Scarabées (Beatles) et leur Revolution ; les Stones incitent à se révolter (nous sommes en plein Mai 68 en France et guerre du Vietnam aux USA, c’est le calme plat à Londres) tandis que Revolution, même si le titre s’inscrit dans le contexte politico-social du moment, n’appelle pas à un soulèvement massif (le titre est trompeur) est plutôt pacifiste.

De même, Sympathy For The Devil du Beggars Banquet réfère au Diable d’une manière beaucoup plus implicite et marquée (assassinat des tsars, des Kennedy…) que dans des chansons précédentes du groupe. Avec ce titre, le groupe voit popularité relancée.

Deux mots sur la pochette : lors de la sortie de Beggars Banquet, Decca, la maison de production propose une pochette blanche du style carton d’invitation, alors que les Stones veulent imposer une photo de graffitis sur murs de chiotte. Résultat des courses : Decca gagne le bras de fer, mais le disque sort deux mois plus tard. La photo « graffiti » sortira lors de la réédition en CD.

Chef d'oeuvre, il est à écouter sans modération : Street Fighting Man, No Expectations (enregistré avec des micros ouverts), Stray Cat Blues, Factory Girl et l’hymne des Stones Sympathy for the Devil. C’est énergique, varié et convaincant. Un must stonien resté 93 semaines dans les classements français, on ne passe pas à côté (RAZOR©).

 

1. Sympathy For The Devil.

2. No Expectations.

3. Dear Doctor.

4. Parachute Woman.

5. Jigsaw Puzzle.

6. Street Fighting Man.

7. Prodigal Son.

8. Stray Cat Blues.

9. Factory Girl.

10. Salt Of The Earth.

 

Keith Richards:guitares,slide guitare,basse,chant.

Mick Jagger:chant,harmonica,choeurs.

Brian Jones:guitare,slide guitare,steel guitare,harmonica,mello.

Bill Wyman:basse,maracas.

Charlie Watts:batterie.

Nicky Hopkins:piano,orgue.

Ry Cooder:slide guitare.

Dave Mason:guitare,shehani,choeurs.

Rick Grech:violon.

Rocky Dijon:congas.

Watts Street Gospel Choir:choeurs.

Anita Pallenberg:choeurs.

Marianne Faithfull:choeurs.

Jimmy Miller:choeurs.

 

 

LP Studio 8 - 1969

 

Stones let it bleed

 

THE ROLLING STONES

LET IT BLEED – 1969  5/5

 

Publié en décembre 1969.

Produit par Jimmy Miller.

Durée:42:21.

Label:Decca/ABKCO,London Records.

Genre:rock.

 

La der de Brian.

 

Au moment des sessions d'enregistrement de Let It Bleed (16/17 novembre 68, 10 février 69), Brian Jones n'est plus qu'un défoncé observant de l'intérieur le monstre qu'il a créé. Les rènes des Stones sont depuis un moment passées entre les mains de Mick Jagger et Keith Richards.

Il doit se résoudre à se contenter des miettes, d'autant qu'il brille souvent par son absence au travail et qu'on lui a mis Mick Taylor dans les pattes. Ce qui est alors dans l'air du temps, se concrétise le 8 juin 1969 : Brian Jones n'est plus un Rolling Stones.

Dans la nuit du 2 au 3 juillet 1969, le talentueux musicien est retrouvé mort au fond de la piscine de sa propriété de Cotchford Farm (Sussex). L'autopsie révèle une prise massive d'amphés et d'alcool. Comme Brian est d'une santé précaire en raison de ces abus réguliers, son cœur ne résiste pas à un énième excès.

Le rock perd un être aimé, les Stones lui rendent hommage deux jours plus tard en programmant un concert gratuit à Hyde Park. 300 000 personnes y prennent part. Sa perte fait autant de battage médiatique que celle de Michael Jackson. Brian Jones entre dans le club maudit de 27.

Let It Bleed (en écoute intégrale ici), sorti en décembre 1969, est donc sa dernière apparition en studio. Le disque fait le lien entre la fin de l'ère Brian Jones et le début de celle dite Mick Taylor, son successeur. L’un comme l’autre ne font ici que des apparitions furtives.

Brian Jones joue un peu de percussions et ce, sur deux morceaux, tandis que Mick Taylor arrive sur la pointe des pieds (Country Rock et Live with me) ; c’est le phénoménal Keith Richards qui assure l’essentiels des guitares.

Il nous sort, le Keith, des accords de derrière les fagots et ça donne des brûlots comme le menaçant Gimme Shelter, avec lequel Let It Bleed démarre ou bien Midnight Rambler. Gimme Shelter - chacun s’en souvient – c’est le titre devenu le symbole du spectacle catastrophe des Stones (Altamont 69).

Let it Bleed est un savant cocktail de country, de blues et de rock. La rythmique est précise, solide, Jagger très bon et Keith Richards hors norme.

Personnellement, dans ce brillant répertoire, j’ai une prédilection pour Love in Vain (une reprise d’un blues de Robert Johnson dans lequel Jagger prend un putain d’accent et où Ry Cooder y plaque un magnifique solo de mandoline), Live With Me, un rock avec solo de sax, You Got the Silver, blues chanté par Keith, Monkey Man et surtout You Can’t Always Get What You Want et son chœur gospel (London Bach Choir).

N° 1 des charts UK et en France, N° 3 sur le marché américain, Let It Bleed dévoile des Stones soudés, inspirés et percutants comme jamais. De quoi passer un très bon moment (RAZOR©).

 

1. Gimme Shelter
2. Love In Vain
3. Country Honk
4. Live With Me
5. Let It Bleed
6. Midnight Rambler
7. You Got The Silver
8. Monkey Man
9. You Can’t Always Get What You Want

 

Keith Richards:guitares,basse,chant.

Mick Jagger:chant,harmonica.

Brian Jones:cithare,percussions.

Bill Wyman:bass,cithare,vibraphone.

Charlie Watts:batterie.

Mick Taylor:guitare,slide guitare.

Nicky Hopkins:piano,orgue.

Ry Cooder:mandoline.

Leon Russell:piano.

Ian Stewart:piano.

Al Kooper:piano,orgue,cor anglais.

Byron Berline:violon.

Mary Clayton:chant.

Jimmy Miller:percussions,tambourin.

Bobby Keys:saxophone ténor.

London Bach Choir:chœurs.

DISCOGRAPHIE AMÉRICAINE 60'S.

LP Studio US 1 - 1964

 

Stones englands newest hitmakers us

 

THE ROLLING STONES

ENGLAND’S NEWEST HIT MAKERS – 1964  4/5

 

Publié le 30 mai 1964.

Produit par Andrew Loog Oldham,Eric Easton.

Durée:30:48.

Label:London Records.

Genre:rock 'n' roll,R & B.

 

L'Amérique par la grande porte.

 

England’s Newest Hit Makers (mai 64/London Records) est le pendant américain de l’album The Rolling Stones, sorti au Royaume-Uni un mois plus tôt, et par lequel la bande à Jagger débute sa saga.

C’est le premier Stones du catalogue à pénétrer le marché U.S. Il diffère de son alter ego anglais par un seul titre, Not Fade Away qui ne figure pas sur la version anglaise (remplacé par I Need You Baby).

Il résume parfaitement les débuts de ce groupe de blancs interprétant de façon authentique, énergique, excitante, la musique black américaine. Pour ce, les boys anglais s’appuient, à l’instar de nombreuses autres formations du moment, sur un répertoire emprunté aux artistes de l’Oncle Sam.

Sur ses douze pièces d'England's Newest Hits Makers (en écoute intégrale ici), huit sont des reprises (Buddy Holly, Slim Harpo, Willie Dixon, Jimmy Reed, Chuck Berry, Ted Jarrett, Rufus Thomas), mais de bonnes reprises de blues (I’m A King Bee, Honest I Do, I Just Want To Make Love To You), de R&B (Walking The Dog, You Can Make It If You Try, Can I Get A Witness), de rock (Carol, Route 66) et de pop (Tell Me).

Ce dernier morceau est le seul original du tandem Richards/Jagger qui ne s’est pas encore plongé réellement dans l’écriture ; il pointe au rang 24 du Billboard US. Now I’ve Got A Witness et Little By Little paraissent sous le fard de Nanker Phelge, pseudo utilisé par le groupe pour un titre dû au collectif.

Les Stones existent depuis peu, mais déjà se profile le constat que l’on a à faire à un groupe peu banal, étrange, fascinant, provocateur, ambigu, sur et en dehors de la scène et des studios et qui n’engendre pas la sympathie.

Ils créent un contexte qui va les opposer, par public interposé, aux gentils Scarabées que ce premier album au son étonnant, aux guitares âpres, déloge de la première place des charts.

Il est une des grandes réussites musicales de cette année 64, demeure à la première place douze semaines consécutives. Les amateurs de son brut y trouveront leur compte, les Stones entrent sur le territoire ricain par la grande porte et ça fait du grabuge (RAZOR©).

 

1. Not Fade Away.

2. Route 66.

3. I Just Want to Make Love to You.

4. Honest I Do.

5. Now I've Got a Witness.

6. Little by Little.

7. I'm a King Bee.

8. Carol.

9. Tell Me.

10. Can I Get a Witness.

11. You Can Make It If You Try.

12. Walking the Dog.

 

Mick Jagger:chant,harmonica,percussions.

Brian Jones:guitare,harmonica,chant,percussions.

Keith Richard:guitare,chant.

Bill Wyman:basse,chant.

Charlie Watts:batterie,percussions.

Ian Stewart:piano,orgue.

Gene Pitney:piano.

Phil Spector:maracas.

 

LP Studio US 2 - 1964

 

Stones 12 x 5 us

 

THE ROLLING STONES

12 X 5 – 1964  3/5

 

Publié le 17 octobre 1964 (USA).

Produit par Andrew Loog Oldham.

Durée:32:24.

Label:London Records.

Genre:rock 'n' roll,R & B.

 

3/5 pour 12 X 5.

 

La discographie des Stones débutants, c'est le grand bordel. Un vache n'y retrouverait pas son veau. La décortiquer rélève du parcours du combattant, tant la confusion règne entre les sorties anglaises et amerloques.

Un coup c'est l'english qui sort avant le ricain, le coup d'après, c'est le yankee qui précède le british dans les bacs ; tantôt avec une tracklist d'origine divergeant de celle de son homologue, tantôt agencé différemment, des singles-phare qui font défaut dans une version et que ne l'on retrouve pas sur son pendant, plus de reprises d'une part, moins de l'autre, des titres en commun.

Pour rajouter au trouble, les visuels sont souvent très proches, quand ils ne sont pas réutilisés d'un marché à l'autre, comme c'est le cas ici où la photo de couverture de 12 X 5 (en écoute intégrale ici) servira à illustrer, deux mois plus tard, le deuxième album britannique The Rolling Stones N°2.

Bref, c'est le bocson. Tout ça au nom des intérêts commerciaux régissant alors la carrière des Stones et pour, autant que possible, faire face à la concurrence Beatles, pionnier de la British Invasion aux USA.

Chronologiquement, 12 X 5 (octobre 1964) prend place entre le premier album américain publié plus de quatre mois auparavant, j'ai nommé England's Newest Hit Makers, et le deuxième LP britannique, The Rolling Stones N°2 sorti le 15 janvier 1965.

Second opus destiné aux Etats-Unis, 5 de ses 12 titres sont repris du maxi disque (EP) européen Five By Five (5 X 5/Decca août 1964), enregistré chez Chess à Chicago : If You Need Me, Empty Heart, 2120 South Michigan Avenue, Confessin' The Blues et Around And Around.

Constitué essentiellement de reprises (Chuck Berry, Bobby Womack, Arthur Resnick...), 12 X 5 abrite également trois titres signés du duo Jagger/Richards (Good Times Bad Times, Congratulations et Grown Up Wrong) et deux dûs au collectif et crédités au pseudo Nanker Phelge, à savoir Empty Heart et 2120 South Michigan Avenue évoqués précédemment. Ces originaux ne sont pas de la meilleure veine et situent bien les efforts que le groupe a encore à faire pour réduire le fossé entre lui et leurs rivaux de Liverpool.

Figurent aussi dans ce répertoire les deux singles envoyés au casse-pipe sur le marché d'outre-Atlantique, Time Is On My Side et It's All Over Now.

La version de Time Is On My Side retenue sur 12 X 5 et sortie en septembre 1964 est celle qui a été enregistrée à Londres en juin de la même année ; celle-ci prend une honorable 6ème place du Billboard US ; elle diffère de l'enregistrement de novembre 1964 (Chicago) que l'on retrouve sur The Rolling Stones N°2 et qui est repris dans la grande majorité des compilations.

Quant à It's All Over Now/Good Times Bad Times, il a une vie de 45t sur le marché britannique dès le 24 juin 1964, soit un mois avant d'être lancé aux States. Il fait N°1 au Royaume-Uni, 26 chez l'Oncle Sam.

Globalement, le lot proposé est assez inégal et manque d'homogénéité. Blues, rock 'n' roll et pop, 12 X 5 a surtout comme raison d'être de dévoiler les débuts d'un groupe encore hésitant et pas toujours sûr de lui, un groupe où le boss est encore brian Jones. Intérêt historique surtout (RAZOR©).

 

1. Around And Around.

2. Confessin' The Blues.

3. Empty Heart.

4. Time Is On My Side.

5. Good Times Bad Times.

6. I'ts All Over Now.

7. 2120 South Michigan Avenue.

8. Under The Boardwalk.

9. Congratulations.

10. Grown Up Wrong.

11. If You Need Me.

12. Susie Q.

 

Mick Jagger:chant,harmonica,percussions.

Brian Jones:guitare,harmonica,chant,percussions.

Keith Richard:guitare,chant.

Bill Wyman:basse,chant.

Charlie Watts:batterie,percussions.

Ian Stewart:piano,orgue.

 

LP Studio US 3 - 1965

 

Stones now us

 

THE ROLLING STONES

THE ROLLING STONES, NOW ! – 1965  4/5

 

Publié le 13 février 1965 (USA).

Produit par Andrew Loog Oldham.

Durée:35:58.

Label:London Records.

Genre:rock 'n' roll, R & B.

 

Collage ou raccolage ?

 

Troisième album destiné aux bacs américains, Now ! (ou The Rolling Stones, Now !), distribué par London Records sur ce marché, sort un mois après que les Stones aient publié, au Royaume-Uni cette fois-ci, leur Rolling Stones N°2. Nous sommes en février 1965 et il vient prendre la suite de 12 X 5.

Dans la chronologie stonienne, Now ! (en écoute intégrale ici) précède chronologiquement la version américaine de Out Of Our Heads (fin juillet 1965) qui elle-même devance son pendant anglais (septembre 1965).

De Rolling Stones N° 2, il reprend 7 des 12 titres complétés par des singles et des inédits. Les morceaux en commun sont Everybody Needs Somebody To Love, Down Home Girl, You Can't Catch Me, What A Shame, Down The Road Apiece, Off The Hook et Paint My Heart.

Le complément est constitué de singles comme Heart Of Stone, 45t américain paru aux USA en novembre 1964 (N°19 dans les charts) et que l'on retrouve sur le Out Of Our Heads en mode britannique à venir, comme le blues Little Red Rooster (Willie Dixon) que les Stones placent en tête des hits british en décembre 1964 et par lequel Brian Jones livre une de ses plus prestations sous la casaque stonienne.

Surprise Surprise, I Need You Baby (Mona), déjà présent sur le premier LP anglais, l'éponyme The Rolling Stones, et Oh baby (We Got A Good Thing Goin') qui, comme Heart Of Stone alimente le répertoire de Out Of Our Heads UK, figurent au programme de ce disque qui tient beaucoup du copié-collé.

Enregistré en 1964, entre Londres, Los Angeles et Chicago, Now ! est un album de transition, une sorte de compil’ avant l’heure (ça ne se disait pas à l’époque, mais c’est le principe de la compilation), considérée comme déterminante pour la notoriété du groupe au pays de l’Oncle Sam.

Ce disque atteint la cinquième place des charts américains et présente très peu de failles. Sorte de premier best of des Rolling Stones, il est assurément un des plus grands collages (et raccolage) du rock et l’on y passe un très bon moment (RAZOR©).
 

1. Everybody Needs Somebody To Love.

2. Down Home Girl.

3. You Can’t Catch Me.

4. Heart Of Stone.

5. What A Shame.

6. Mona (I Need You Baby).

7. Down The Road A Piece.

8. Off The Hook.

9. Paint My Heart.

10. Oh Baby (We Got A Good Thing Goin’).

11. Little red Rooster.

12. Surprise, Surprise.

 

Mick Jagger:chant,harmonica,tambourin,percussions.

Keith Richards:guitare,choeurs.

Brian Jones:guitare,slide guitare,harmonica,choeurs.

Charlie Watts:batterie,percussions.

Bill Wyman:basse,choeurs.

Jack Nitzsche:piano.

Ian Stewart:piano.

 

LP Studio 4 US - 1965

 

Stones out of our heads 1

 

THE ROLLING STONES

OUT OF OUR HEADS (USA) – 1965  4,5/5

 

Publié le 30 juillet 1965 (USA).

Produit par Andrew Loog Oldham.

Durée:33:38.

Label:London Records.

Genre:rock 'n' roll,R & B.

 

Une première américaine.

 

Quatrième levée pour ce qui concerne les Stones américains, Out Of Our Heads, dans la version livrée pour ce marché, diffère, jusqu'à la pochette, de son homologue anglais lequel sort quasiment deux mois plus tard au Royaume-Uni, le 23 septembre 1965, pour faire on ne peut plus précis. Par contre, le visuel de l'album anglais servira à illustrer December's Children, le prochain volet de la discographie amerloque (Décembre 1965).

Mercy Mercy, Hitch Hike, That's How Strong My Love Is, Good Times, Cry To Me et The Under Assistant West Coast Promotion Man sont les pièces communes aux deux versions.

Ce qui les distingue maintenant. Aux She Said Yeah, Gotta Get Away, Talkin''Bout You, Oh Baby (We Got A Good Thing Goin', Heart Of Stone et I'm Free présents sur la tracklist british, leur sont préférés, pour séduire les yankees, The Last Time, I'm Alright, I Can't Get No (Satisfaction), Play With Fire, The Spider And The Fly et One More Try.

Ce choix s'explique par le fait que The Last Time, troisième single à faire N° 1 au Royaume-Uni (mars/avril 1965) est un top 10 en puissance de l'autre côté de l'Atlantique. En face B du 45t, on trouve Play With Fire (96 au Billboard), signé du collectif Nanker Phelge.

Quant au suggestif I Can't Get No (Satisfaction), d'abord publié comme single américain (juin 1965), il réalise le succès qu'on lui connaît aujourd'hui. Pour la première fois, un single des Stones atteint le leadership du Billboard.

The Spider And The Fly est une face B du Satisfaction anglais tandis que It's Alright est un live enregistré entre Manchester et Liverpool, lors d'une tournée anglaise de mars 1965 et extrait de l'EP Got Live If You Want It. Il situe bien toute l'énergie déployée alors par les Stones sur scène.

Dernier titre, One More Try, par lequel on découvre le talent d'harmoniciste de Brian Jones, est un titre original jamais publié sur le marché britannique jusqu'en 1971.

Tout ce lot contribue à faire de Out Of Our Heads en mode US une grande réussite concrétisée dans les chiffres, puisqu'outre une première place dans le Billboard 200 (c'est une première), le disque se pare de platine. C'est un must have comme on dit à New York, un indispensable à Paris (RAZOR©).

 

1. Mercy Mercy.

2. Hitch Hike.

3. The Last Time.

4. That's How Strong My Love Is.

5. Good Times.

6. I'm Alright.

7. I Can't Get No (Satisfaction).

8. Cry To Me.

9. The Under Assistant West Coast Promotion Man.

10. Play With Fire.

11. The Spider And The Fly.

12. One More Try.

 

Mick Jagger:chant,harmonica,percussions.

Keith Richards:guitare électrique et acoustique,choeurs.

Brian Jones:guitare électrique et acoustique,orgue,harmonica,percussions,choeurs.

Bill Wyman:basse,choeurs.

Charlie Watts:batterie,percussions.

Jack Nitzsche:clavecin,percussions.

Ian Stewart:piano.

 

LP Studio US 5 - 1965

 

Stones december s children

 

THE ROLLING STONES

DECEMBER'S CHILDREN (AND EVERYBODY'S) – 1965  3,5/5

 

Publié le 4 décembre 1965 (USA).

Produit par Andrew Loog Oldham.

Durée:29:04.

Label:London Records.

Genre:rock 'n' roll,R & B.

 

Business is business.

 

Disque d'or et classé 4ème dans les classements d'albums US, le 5ème volume du catalogue américain, December's Children (And Everybody's) sort en décembre 1965, soit un peu plus de deux mois après Out Of Our Heads version anglaise. La même année, en juin, est paru son pendant américain.

Hétéroclite, December's Children (en écoute intégrale ici) tient plus d'une collection de chansons que d'un album tel qu'on l'entend généralement. Le Out Of Our Heads britannique l'alimente avec 4 titres : She Said Yeah, Talkin' About You, I'm Free,Gotta Get Away. La recette éprouvée depuis le démarrage de la carrière américaine ayant fait ses preuves, elle est, quoi de plus normal, reconduite.

Mais la sélection remonte plus loin dans le temps puisque le classique Route 66 est emprunté au premier LP, The Rolling Stones (1964) et qu'après l'avoir concédé à Marianne Faithfull (1964), les Stones se réapproprient leur As Tears Go By pour en faire un excellent N° 6 aux States. Il en va de même pour You Better Move On, enregistré en août 1963 pour les besoins du EP The Rolling Stones sorti en janvier 1964.

Côté valeurs sûres, l'album compile Get Off Of My Cloud, le single venant à la suite de Satisfaction et qui, dès novembre 1965, va dominer les charts internationaux : Allemagne, Royaume-uni, Etats-Unis, Australie. A noter également un inédit : Blue Turns To Grey.

Cette manière de faire flaire bien évidemment le fric. Si, à l'époque, la mayonnaie prend, pour moi, ça ne reste, malgré sa qualité, qu'un subtil ajout au catalogue. Entendez par là, un moyen facile de faire des ventes. Je ne suis pas spécialement fan de ce système (RAZOR©).


1. She Said Yeah.
2. Talkin' About You.
3. You Better Move On.
4. Look What You've Done.
5. The Singer, Not The Song.
6. Route 66.
7. Get Off Of My Cloud.
8. I'm Free.
9. As Tears Go By.
10. Gotta Get Away.
11. Blue Turns To Grey.
12. I'm Moving On.

 

Mick Jagger:chant,harmonica.
Keith Richards:guitare,choeurs.
Brian Jones:guitare,harmonica,claviers,choeurs.
Bill Wyman:basse,choeurs.
Charlie Watts:batterie.
Ian Stewart:piano.
Jack Nitzsche:claviers,percussions.

 

LP Compilation US - 1967

 

Stones flowers compil us

 

THE ROLLING STONES

FLOWERS – 1967  4/5

 

Compilation US publiée le 26 juin 1967.

Produit par Andrew Loog Oldham.

Durée:37:20.

Label:London Records/ABKCO.

Genre:rock,rock psychédélique.

 

Opération marketing.

 

Flowers (en écoute intégrale ici), sorti en juin 1967, des Rolling Stones, est une sorte de compil’ façonnée par le label américain ABKCO, installé à Londres, pour le marché U.S.

Sur le Vieux Continent, les Stones trustent tous les charts, il leur faut désormais ratisser plus large et se positionner de la même manière chez l’Oncle Sam.

Placé entre Between The Buttons et Their Satanic Majesties Request, Flowers est donc une exclusivité américaine, réunissant des singles jamais parus ailleurs et auparavant (Ruby Tuesday, Let’s Spend The Night Together), des titres comme Lady Jane ainsi que des inédits (deux compos des Stones et My Girl, reprise aux Temptations). Le produit est essentiellement commercial et destiné aux ricains.

Véhiculant une mauvaise réputation pour son côté abusivement mercantile, s’il ne veut plus dire grand-chose au vingt et unième siècle, ce disque était alors une belle collection pour tous les fans de la bande à Jagger.

Il s’écoute et n’a d’intérêt que pour le collectionneur car côté compilation plus alléchante, les Stones ont ce qu’il faut en magasin. Pas vraiment indispensable (RAZOR©).

 

1. Ruby Tuesday.
2. Have You Seen Your Mother, Baby, Standing In The Shadow ?
3. Let’s Spend The Night Together.
4. Lady Jane.
5. Out Of Time.
6. My Girl.
7. Back Street Girl.
8. Please Go Home.
9. Mother’s Little Helper.
10. Take It Or Leave It.
11. Ride On, Baby.
12. Sittin’ On A Fence.

 

Keith Richards:guitares,basse,piano,orgue,chœurs.
Mick Jagger:chant,guitare,claviers,tambourin,maracas.
Brian Jones:guitare,flûte,saxophone,accordéon,mellotron,percussions.
Bill Wyman:basse,claviers,chœurs.
Charlie Watts:batterie,percussions.
Jack Nitzsche:clavecin,piano,percussions.
Ian Stewart:piano,orgue.

DISCOGRAPHIE ANGLAISE 70'S.

LP Studio 9 - 1971

 

Stones sticky fingers

 

THE ROLLING STONES

STICKY FINGERS – 1971  5/5

 

Publié en avril 1971.

Produit par Jimmy Miller.

Durée:46:25.

Label:Rolling Stones.

Genre:rock,hard rock.

 

Un coup de braguette magique.

 

Decca, c'est fini, le contrat le plus avantageux signé en 1965 par des musiciens pop-rock prend fin. Le précédent Let It Bleed (1969) est le dernier album réalisé avec le célèbre label anglais ; il est, paix à son âme, l'ultime opus créditant Brian Jones, même si sa participation est infime. Mick Taylor saute dans la brèche laissée par le départ de Brian Jones juste avant que ce dernier ne décède noyé.

Pour la petite histoire, avant de cesser définitivement la collaboration avec une maison de disques qui l'abrite depuis 1964 et le premier album éponyme, les Stones vont faire une dernière fois dans l'élégance pour régler leurs comptes avec la direction de Decca.

Le rôle du manager de l'époque, le sulfureux Allen Klein s'avère flou dans cette rupture et les Stones ont quelques raisons de l'avoir saumâtre et de ne pas vouloir renouveler l'engagement avec Decca.

Avec Klein, personne autant gonflé que véreux, c'est le loup que Andrew Oldham, co-manager mais préférant se consacrer à la production, a fait entrer dans la bergerie. Les Stones d'alors n'ont plus aucun contrôle sur leurs affaires et ne perçoivent que rarement les droits sur leur musique.

Dans ce contexte tendu et brouillé, ils sont, à leur grande surprise, encore contractuellement redevable d'un single ; le groupe, pour solde de tout compte, compose le scandaleux Cocksucker Blues (le blues du suceur), visiblement écrit dans l'idée de casser Klein qui les a spoliés et Decca dont ils font un complice du système. La chanson ne paraît pas et est finalement reléguée aux oubliettes jusqu'en 1983 où elle figure sur une compilation pour le marché allemand.

Cette année 70, la bande à Jagger rebondit sur le label Rolling Stones Records, distribué dans un premier temps par Atlantic (USA), via Atco, sa filiale. L'objectif est de publier les propres albums du groupe ainsi que les projets plus personnels des membres.

Sticky Fingers (en écoute intégrale ici), sorti au printemps 1971, ouvre le compteur de l'étiquette symbolisée par le célèbre Tongue and Lips. Le logo (de John Pasche) y apparaît pour la première fois sur un disque des Stones.

Côté musique, il est doté d'un son profond et bluesy, le jeu en slide guitare de Taylor n’y étant pas étranger (Sway et Moonlight Mile ou Wild Horses).

Ry Cooder assure la partie guitare sur Sister Morphine. Bobby Keys se brûle les poumons au saxo sur Brown Sugar, morceau à la pesanteur plus classique, sur Bitch, un des standards du groupe, autant de morceaux dans lequels les riffs de Keith Richards, complètement en adéquation, font écho.

Wild Horses (avec Jim Dickinson au piano), à mon avis, est un des plus beaux morceaux désespérés que Mick Jagger ait jamais composé et une bien belle ballade, tandis que Dead Flowers est très drôle.

Intéressant et agréable à écouter, Moonlight Mile et son jeu d’acoustique (Taylor) avec le violon de Paul Buckmaster, You Gotta Move, un blues…

Un mot sur la pochette sortie de l'esprit d'Andy Warhol : à sa publication, le neuvième LP britannique (11ème américain), un des meilleurs albums de la discographie, disposait d’une fermeture éclair s’ouvrant pour révéler les dessous de coton d’un mâle et sorti de l’esprit d’Andy Warhol. Un très grand disque de rock (RAZOR©).

 

1. Brown Sugar.

2. Sway.

3. Wild Horses.

4. Can't You Hear Me Knocking.

5. You Gotta Move Me.

6. Bitch.

7. I Got The Blues.

8. Sister Morphine.

9. Dead Flowers.

 

Mick Jagger:chant,harmonica,guitare acoustique sur 9,guitare rythmique sur 2,percussions sur 1.

Keith Richard:guitare rythmique,choeurs,guitare acoustique,guitare 12 cordes.

Mick Taylor:guitare électrique,guitare acoustique,guitare rythmique,slide guitare.

Bill Wyman:basse,piano électrique.

Charlie Watts:batterie.

Ry Cooder:slide guitare sur 8.

Jim Dickinson:piano sur 3.

Rocky Dijon:congas sur 4.

Nicky Hopkins:piano sur 4.

Bobby Keys:saxophone.

Jimmy Miller:percussions sur 4.

Jack Nitzsche:piano sur 8.

Billy Preston:orgue sur 4/7.

Jim Price:trompette.

Ian Stewart:piano sur 1/9.

 

 

LP Studio 10 - 1972

 

Stones exile 1

 

THE ROLLING STONES

EXILE ON MAIN STREET – 1972  5/5

 

Publié en mai 1972.

Produit par Jimmy Miller.

Durée:67:17.

Label:Rolling Stones/Atlantic.

Genre:rock.

 

Ultime coup de génie.

 

Exile on Main Street (en écoute intégrale ici) sort en mai 1972. Ce disque ne bénéficiant pas du meilleur accueil à sa sortie est le dernier grand coup de génie des Stones. Mais il est surtout et avant tout l'album de Keith Richards. N'en déplaise au jeune marié Mick Jagger (avec Bianca Perez Morena de Macias, le 17 mai 71 à Saint-Trop') qui, contrairement aux avis unanimes plébiscitant Exile On Main Street comme la plus grande œuvre jamais produite par le groupe et comme un des fleurons du rock des 70's, n'est pas un ardent défenseur de cet opus.

Suite de jams sauvages, torrides, passionnées, réalisées à l'arrache sous drogues et alcools, Exile On main Street est le symbole de la décadence et de la démesure d'un rock 'n' roll dont les Stones sont alors perçus comme les plus grands de tous temps.

Ils règnent sur le genre au point que, dans la foulée de l'excellente réussite commerciale que fut le précédent album à la braguette magique, Sticky Fingers, les Stones, en 1971, sont contraints de s'exiler vers la France et la Côte d'Azur au motif de problèmes avec le fisc.

Cet exil répond à une situation pour le moins grave dans laquelle Allen Klein, le manager véreux avec lequel le groupe est en conflit depuis la fin du partenariat avec Decca, a plongé les finances des Stones. Dans un pays où le taux d'imposition des très gros revenus pèse 83%, les Stones n'ont pas les moyens de s'acquitter du montant réclamé par le fisc anglais, argent déjà englouti dans leur vie rock & roll et que le gestionnaire Allen Klein aurait dû régler depuis longtemps aux impôts.

Bref, le groupe le plus grand du monde, celui qui aligne les succès discographiques et enchaîne les tournées majestueuses, est dans la mouise financièrement parlant. Il est lourdement endetté et le seul moyen d'échapper à la sanction est d'opter pour un statut de non-résident fiscal.

D'où le choix de la France pour rebondir, choix que la condamnation à une interdiction de territoire de deux ans pour détention d'héroïne affectant Keith Richards, fait tourner court. Les Stones doivent quitter l'hexagone cette même année.

En adoptant cette position de repli, les Stones, désespérés, apportent la preuve qu'ils n'ont pas besoin de l'Angleterre pour travailler, comme peuvent le penser les autorités du pays, prêtes à les dépouiller penny après penny.

La situation décuple leur motivation, surtout celle de Keith Richards, le plus virulent pour installer le studio mobile des Stones au pied de la villa Nellcôte à Villefranche-sur-Mer, louée à son nom par le mannequin et actrice Anita Pallenberg, compagne de Keith Richards (1967/80) après l'avoir été précédemment de Brian Jones (1965/67) et d'avoir une relation avec Mick Jagger (1968).

Dans les caves de cette superbe demeure faisant face à la mer et ayant servi de quartier général aux nazis pendant la deuxième guerre mondiale, vont se dérouler les séances d'enregistrement les plus sinistres et hallucinées que l'on peut alors imaginer (dixit Keith Richards) ; celles donnant le jour au double LP Exile On Main Street, joyau du rock et chef d'oeuvre du catalogue stonien par lequel les Stones reviennent aux sources du blues et du R & B.

Ils y abordent des styles musicaux aussi variés que le rock (Happy, Tumbling Dice et All Down The Line) et le blues (Black Angel), mais aussi la soul (Let It Loose), le boogie (Rip This Joint, Turd On The Run), la country (Sweet Virginia) et le gospel (Shine A Light, Just Wanna See His Face).

Durant l’enregistrement d’Exile On main Street, il s’en passe des vertes et des pas mûres, comme on dit. C’est l’époque où les Stones s’adonnent à tous les plaisirs orgiaques du sexe, ingurgitent tout ce qui leur tombe sous la main, alcools comme moyens de défonce, dépensent sans compter pour alimenter en came le défilé vertigineux permanent zonant dans la villa, invités ou pas, amis de la jet set, stars de cinéma, romanciers, musiciens à demeure, groupies, managers, célébrités locales, fans, photographes, parasites et dealers.

A ce petit jeu, le jeune Mick Taylor n'échappe pas à la spirale de l'héroïne ; il y plonge alors que Keith Richards a les deux pieds dedans. Il est complètement accro au point de cramer 2500 dollars par semaine pour sa dépendance. C’est sexe and drogue and rock & roll.

Tout cela sous l’œil de la police française qui épie les moindres faits et gestes de ce groupe à problèmes. Les plaintes fusent de partout, les musiciens n’arrivent pas à enregistrer ensemble dans ce studio monté à la hâte dans les caves humides de la villa. Quand les prises sont enfin possibles, les chansons sont bâclées ou inachevées.

Bill Wyman est à St Paul de Vence, Mick Taylor loue à Grasse, Jagger à la Bastide Du Roy. Les répétitions, quand elles peuvent avoir lieu, tirent en longueur ou se font à des heures indues. C’est le chaos total.

Charlie Watts, pourtant installé à 3 heures de route (dans les Cévennes) est toujours prêt à travailler quand le nouveau marié Jagger, convolant en justes noces, n'assure les réunions de sa présence qu'entre entre deux aéroports. Pour les autres, c'est plan Q et doping organisé.

Enregistrer leur dixième album dans de telles conditions tient donc de l’exploit. Les Stones relèvent le défi, le disque est sublime. Exile On Main Street est l’apogée d’une période, diront certains. Pas faux.

En réécoutant les bandes à Los Angeles où ils ont fui après les problèmes de drogue de keith, les Stones prennent conscience que toutes ces chutes consignées, une fois retravaillées, se révèleront efficaces. Bingo, Exile On Main Street est très bon, compte tenu de son contexte décadent et tumultueux.

C'est ce qu'il ressort, au final, de l'écoute de ce disque au son crasseux, initialement mal reçu par la critique et dans lequel l'auditeur peine à s'installer. Une fois qu'il y est, pris dans une ambiance crade et suffocante, aussi moite que les murs souterrains de Nelcôte, il en apprécie toute la vigoureuse sève et s'éprend de ces Stones à leur apogée artistique et swinguant comme jamais.

Pour la dernière fois, car après ça part en sucette cette affaire ; raison de plus pour se poser sur ce disque et ne plus en sortir (RAZOR©).

 

1. Rocks Off.
2. Rip This Joint.
3. Shake Your Hips.
4. Casino Boogie.
5. Tumbling Dice.
6. Sweet Virginia.
7. Torn And Frayed.
8. Sweet Black Angel.
9. Loving Cup.
10. Happy.
11. Turd On The Run.
12. Ventilator Blues.
13. Just Wanna See His Face.
14. Let It Loose.
15. All Down The Line.
16. Stop Breaking Down.
17. Shine A Light.
18. Soul Survivor.

 

Mick Jagger:chant,guitare,harmonica.
Keith Richards:guitares,basse,piano,chant.
Mick Taylor:guitares,basse.
Bill Wyman:basse.
Charlie Watts:batterie.
Nicky Hopkins:piano.
Bobby Keys:saxophone.
Jim Price:trompette,trombone,orgue.
Ian Stewart:piano.
Billy Preston:piano,orgue.
Bill Plummer:basse.
Al Perkins:steel guitare.
Jimmy Miller:percussions.
Clydie King,Vanetta,Jerry Kirkland,Joe Green,Kathi Mcdonald,Tammi Lynn,Shirley Goodman,Mac Rebennack:choeurs.

 

 

LP Studio 11 - 1973

 

Stones goats head soup

 

THE ROLLING STONES

GOATS HEAD SOUP – 1973  3/5

 

Publié en août 1973.

Produit par Jimmy Miller.

Durée:46:56.

Label:Rolling Stones/Atlantic.

Genre:rock.

 

Plus daube que soupe.

 

Il est difficile de remettre les mains dans le cambouis après une oeuvre aussi inspirée que peut l'être Exile On main Street. D'autant que Keith Richards, l'élément central du précédent disque cité, a le cerveau de plus en plus altéré par les prises d'héroïne et que le groupe a, depuis quelque temps et où qu'il aille, une épée de Damoclès au-dessus de la tête, à cause des ennuis judiciaires de ce dernier pour usage et trafic de drogue.

En France, les Stones sont jugées persona non grata. Il la quittent dare-dare pour échapper aux poursuites, se replient un moment sur la Suisse avant d'aller se faire oublier du côté de la Jamaïque (fin 72) alors que l'hiver tombe sur l'Europe.

En interne, tout n'est pas rose. Outre la dépendance aux drogues dures de Keith Richards, le groupe doit faire avec un Mick Jagger qui se la joue de plus en plus star et avec un Mick Taylor qui ne fait pas de gros efforts pour montrer qu'il a envie de s'imposer au sein des Stones. Il joue sa partition sans trop en faire. Wyman et Watts, comme d'habitude, suivent sans trop la ramener.

Le bouquet, depuis quelques albums, c'est de voir que les Stones sont devenus une véritable auberge espagnole où se succèdent des musiciens venus tous azimuts. Difficile d'y voir un contexte favorable ou d'espérer une suite du niveau d'Exile quand les Stones poussent la porte des studios de Dynamic Sound à Kingston. Le ver est dans le fruit et Goats Head Soup (1973), malgré Angie, fait les frais de cette situation.

S’il est un album qui, certainement pour la première fois depuis leurs débuts, divise les fans des Rolling Stones, c’est bien ce Goats Head Soup (en écoute intégrale ici) de 1973, à la pochette jaune et floutée sur le visage souriant de Mick Jagger.

Les Stones ont déjà déroulé du câble depuis une décennie et c’est long dix ans dans le rock. Sont-ils encore crédibles, plaisent-ils encore à leurs fans, en ont-ils encore sous le pied ? Est-ce le début de la fin ? Difficile d’y répondre selon que l’on se place dans la globalité de la carrière jusqu’alors proposée par le groupe ou que l’on isole ce disque.

Il est sûr que le parcours exceptionnel qui mène les Stones à ce onzième jet, plaide en faveur des fans persuadés que la bande à Jagger/Richards, abonnée désormais aux salons plus qu’aux studios, a fait son temps et qu’elle se fourvoie dans une approche plus commerciale. Il est vrai que les comparaisons avec ce qui précède ne sont pas à l’avantage de Goats Head Soup.

Cet album marque un coup d’arrêt marquant dans le haut niveau rock auquel nous étions alors habitués de leur part. Personne ne peut nier cette évidence. Le slow Angie fait le reste en trustant comme jamais les hits frenchies, mettant bien le doigt sur ce que les Stones sont dorénavant : des stars embourgeoisées et décadentes, divisées humainement et géographiquement, lassées sur le plan corporel et mental, taries dans le domaine artistique.

En réécoutant cet opus aujourd'hui, je persiste à croire que les Stones se sont arrêtés là, malgré le sursis proposé par It’s Only Rock ‘N’ Roll l’année suivante.

Fades, peu inspirés, soporifiques, tristounets, voire pitoyables et ridicules, même le meilleur de cet album est à des années-lumière du moins bon des travaux antérieurs. Le constat est édifiant : soleil, chaleur, dolce vita et substances lénitives analgésient un projet qui n’a pas grand-chose pour lui.

On écarte le titre d’entrée encore stonien, Dancing With Mr. D en lequel certains entrevoient une légère réminiscence de Sympathy For The Devil (faut oser quand même !), le Doo Doo machin chose, beau réflexe de nervosité, le curieux Winter, Star Star qui ramène aux Stones de Sticky Fingers, et oualou, on ferme.

Même Angie sur lequel j’ai frotté la crevette comme un crevard à l’époque, ne parvient plus à éveiller en moi le plus lascif des souvenirs de conquêtes.

Goats Head Soup n’est donc pas un incident de parcours, il est l’endroit par lequel un immense groupe de rock s’éteint. Compte tenu de sa durée (46 minutes et des), il en devient même pompant à écouter. Oubliez-moi ça, c’est mieux (RAZOR©).

 

1. Dancing With Mr. D.

2. 100 Years Ago.

3. Coming Down Again.

4. Doo Doo Doo Doo Doo (Heartbreaker).

5. Angie.

6. Silver Train.

7. Hide Your Love

8. Winter.

9. Can You Hear the Music.

10. Star Star.

 

Mick Jagger:chant,chœurs,guitare,harmonica,piano sur 7.

Keith Richards:chœurs,chant sur 3,guitares,basse sur 6.

Mick Taylor:guitares,slide guitare,basse sur 1/3.

Charlie Watts:batterie.

Bill Wyman:basse.

Nicky Hopkins:piano sur 1/3/5/8/9.

Billy Preston:piano,orgue,clavinet sur 2/4,percussions.

Ian Stewart:piano sur 6/10.

Bobby Keys,Jim Price:saxophones.

Jim Horn:flûte.

Chuck Findley:trompette.

Rebop Kwaku Baah,Pascal Raicevic,Jimmy Miller:percussions.

 

 

LP Studio 12 - 1974

 

Stones it s only rock n roll

 

THE ROLLING STONES

IT’S ONLY ROCK ‘N’ ROLL – 1974  3/5

 

Publié en octobre 1974.

produit par The Glimmer Twins.

Durée:48:26.

Label:Rolling Stones/Atlantic.

Genre:rock.

 

L'usure du pouvoir.

 

On connaissait le tandem de l'écriture Jagger/Richards. Désormais il faut faire avec les Glimmer Twins, pseudo impliquant les mêmes personnalités, mais cette fois à la production. It's Only Rock 'n' Roll (en écoute intégrale ici) est leur première apparition sous cette identité, née d'une anecdote arrivée au cours d'une croisière vers Rio, quelques années auparavant. En termes de première, signalons aussi celle de Ronnie Wood qui fait une petite pige sur le morceau-titre (guitare acoustique 12 cordes et choeurs).

Et à part ça, me direz-vous ? Pas grand-chose. Peu d'arguments à son crédit. Rien de bien probant qui puisse me faire revenir sur ma décision du moment d'en rester là avec ce groupe. Ma relation avec les Rolling Stones s’est achevée sur l’extraordinaire Exile On Main Street paru en 1972. Point barre. Derrière, ça craint. Les Stones s'essoufflent ; ils sont usés et n'ont plus beaucoup de carburant dans le moteur.

Depuis Goats Head Soup, les Stones sont redevenus un groupe comme les autres, mais ils restent les Stones avec toute l’aura qui entoure encore le nom.

Sauf que moi, je ne marche plus dans la combine, je n’en croque plus de ce grand Magic Circus animé par des stars embourgeoisées et décadentes. Tout cela en devient pitoyable.

Il est clair, dès lors, qu’il ne faut pas compter sur moi pour plaidoyer en faveur de ce qui est, il me semble, le douzième LP des Pierres, dont il faut surtout retenir la magnifique pochette du dessinateur d’Outre-Quiévrain, Guy Pellaert, à qui l’on doit aussi le Diamond Dog de Bowie (74) et côté musique, Fingerprint Pile, Time Waits For No More, If You Can’t Rock Me.

Trop inégal, trop moyen, dépourvu de la magie qui animait les seuls Stones que je connaisse, ceux d'Exile et de ce qui précède, It’s Only Rock ‘n’ Roll est un piteux cadeau d’adieu fait au grandiose mais isolé Mick Taylor.

Après 5 ans de bons et loyaux services, il était en droit d’attendre beaucoup mieux. Pour cela, il aurait fallu des munitions… Les Stones ne sont plus le plus grand groupe du monde, il faut s’y résoudre et dire que le pire s’annonce (RAZOR©).

 

1. If You Can't Rock Me.

2. Ain't Too Proud to Beg.

3. It's Only Rock'n'roll (But I Like It).

4. Till the Next Goodbye.

5. Time Waits for No One.

6. Luxury.

7. Dance Little Sister.

8. If You Really Want to Be My Friend.

9. Short and Curlies.

10. Fingerprint File.

 

Keith Richards:guitares,choeurs,basse.

Mick Taylor:guitares,choeurs,synthétiseur.

Charlie Watts:batterie.

Mick Jagger:chant,guitare.

Bill Wyman:basse,synthétiseur.

 

LP Studio 13 - 1976

 

Stones black and blue

 

THE ROLLING STONES

BLACK AND BLUE – 1976  3,5/5

 

Publié en avril 1976.

Produit par The Glimmer Twins.

Durée:41:24.

Label:Rolling Stones.

Genre:hard rock,blues-rock,reggae,funk.

 

Pas le mouton noir annoncé.

 

Si les Stones ont perdu de leur superbe auprès des fans de la première heure depuis Exile On Main Street, force est de constater que, commercialement, ils sont toujours autant vendeurs, à l'image de Black And Blue (en écoute intégrale ici). Le précédent et peu intéressant It's Only Rock 'n' Roll, sorti plus d'un an et demi auparavant (octobre 74) a le mérite, avec peu d'arguments pouvant plaider en sa faveur, de figurer au 2ème rang des classements d'albums britanniques et d'occuper la tête du Bilboard 200. Signe que les anglais ont encore de quoi fidéliser un panel conséquent de supporters.

Personnellement, comme je m'en suis expliqué dans une précédente rubrique, j'ai décroché avec les Stones après Exile On My Street. C'est par le plus grand des hasards que j'ai repiqué au truc et ainsi pu passer de longues et festives heures à écouter en boucle celui qui, fraîchement débarqué dans les bacs printaniers de la caniculaire année 76, est le 13ème volet discographique du catalogue british (+ 2 pour le marché ricain).

Mea culpa. Ces Stones de 1976 ne veulent pas lâcher l'affaire comme les arrogants punks les y poussent, voyant en eux un des derniers auroraceratops encore en acticité. La réplique par Black And Blue me plaît bien d'autant que le groupe n'est pas passé loin de l'implosion.

Jagger et Richards se regardent en chien de faïence tandis que le torchon brûle entre les Glimmer Twins et Mick Taylor, les premiers tenant pour responsable le second de chercher à trop briller individuellement au détriment du collectif.

Le duo n’a jamais vraiment admis que le talentueux Taylor puisse lui voler la vedette et a toujours cherché à le canaliser, voire l’étouffer en le marginalisant ou en l’évinçant des décisions du groupe. Pourtant, les Stones de la période dite Taylor, débarqué en 1969, n’ont jamais été aussi bons. Petite piqûre de rappel : Sticky Fingers en 1971 et Exile On Main Street en 72 comptent parmi les meilleurs albums du rock.

Seulement voilà, la suite laisse quelque peu à désirer Goats Head Soup (1973) est un peu bâclé et divise les fans, tandis que son suivant, It’s Only Rock ‘N Roll (1974) marque un net recul d’un groupe pourtant débarrassé depuis belle lurette de la pression engendrée par la rivalité avec les Beatles.

C’est le moment que choisit Mick Taylor pour tourner le dos aux Stones. Après avoir fait une pige sur l'album précédent, l’ex-Faces Ron Wood saute sur l’occasion pour intégrer la formation anglaise.

Black And Blue (1976) arrive à point nommé pour redorer un blason sérieusement terni. Ce nouvel opus, venu après une compilation (Made In The Shade/1975) pour faire patienter, est longuement préparé durant l’année 75 ; il marque une regain d'intérêt et traduit un des derniers, si ce n'est l'ultime sursaut des Stones.

Il n’est pas le mauvais coucheur que certains décrivent. Il n'est pas non plus un sommet de leur discographie. La discrétion de Richards affecte l’album, c’est vrai. Son légendaire touche fait défaut, la faute à l’héro. Le guitariste n'y est plus ou peu.

A ce sujet, je me suis toujours interrogé sur le pourquoi de ce casting de guitaristes ayant auditionné pour l'album (Rory Gallagher, Steve Marriott, Harvey Mandel, Wayne Perkins, Peter Frampton, Jeff Beck), pas seulement déplacé, à mon sens, pour pourvoir à la vacance du poste et sur le fait que Black And Blue ait été repoussé quasiment d'un an au profit de Made In The Shade). Héroïnomane notoire, Keith Richards allait-il si mal que ça ?

Black And Blue nous confronte avec d'autres Stones. On est loin de ce qui faisait leur esprit mais l'album n'en souffre pas trop. A défaut d'être inspirés comme du temps de leur apogée, ils sauvent les meubles et respirent encore en reservant du Angie avec Fool To Cry. Et ça gagne : 6 au Royaume-Uni, 10 aux States.

Fool To Cry occulte le répertoire de l'album qu'on a tendance à sous-estimer et à en faire payer le prix à Black And Blue. Ce succès est un peu l'arbre qui cache une forêt...de beaux spécimen.

En prenant la peine d’écouter cet album, on s’apercevra rétrospectivement que le public vindicatif de l'époque a enterré un peu rapidement un Stones que personnellement j'aime bien, celui des 7 autres titres. 8 chansons, j'en conviens : le chat est maigre. Signe d'une difficulté ou d'un problème à l'écriture ?

Le chat est maigre ; raison de plus pour en apprécier les influences reggae (Cherry Oh Baby), jazz (Melody), funky (Hot Stuff, Hey Negrita) et ce qui n'est pas nouveau chez les Stones, les racines puisées dans la musique black.

Black And Blue a donc encore de la matière dans la besace, mais on sent qu'elle se tarit sérieusement, au point que les années 80 seront insignifiantes.

Si Ron Wood fait une entrée remarquée sur quelques titres et annonce un tandem prometteur avec Richards, ce dernier a ici le soutien efficace des guitaristes Harvey Mandel de Canned Heat et Wayne Perkins, un redoutable requin de studio.

En à peine plus de 40 minutes, ce LP enregistré à Munich propose quelques passages mémorables comme l’extraordinaire Hot Stuff, Melody (signé Preston, le sixième Stones), le sublime Memory Hotel, le funky Hey Negrita ou les rocks efficaces que sont Hand Of Fate et Crazy Mama, lesquels ramènent au véritable esprit des Stones.

Fool To Cry et Cherry Oh Baby ont le triste privilège d’être les deux pièces que j’écarte de ma sélection. Le premier, pour nous avoir littéralement tanné le cerveau sur les ondes à sa sortie… je ne le supporte plus.

Le second, reggae, parce qu’il n’est pas franchement réussi. A mon sens, Black And Blue les traîne comme un poids mort. Black And Blue plaît encore, à défaut de fasciner, malgré un effritement sous-jacent. Il souffre de la comparaison avec le haut niveau du catalogue stonien, mais n’est pas non plus le mouton noir annoncé (RAZOR©).

 

1. Hot Stuff.

2. Hand Of Fate.

3. Cherry Oh Baby.

4. Memory Motel.

5. Hey Negrita.

6. Melody.

7. Fool To Cry.

8. Crazy Mama.

 

Keith Richards:guitares,basse,chant,chœurs.

Mick Jagger:chant,guitare,pianos.

Charlie Watts:batterie.

Bill Wyman:basse.

Ron Wood:guitare,chœurs.

Harvey Mandel,Wayne Perkins :guitare.

Billy Preston:claviers,synthétiseurs,chœurs.

Nicky Hopkins:claviers,synthétiseurs.

Ollie E. Brown:percussions.

 

LP Studio 14 - 1978

 

Stones some girls

 

THE ROLLING STONES

SOME GIRLS – 1978  3/5

 

Publié en juin 1978.

Produit par The Glimmer Twins.

Durée:40:45.

Label:Rolling Stones.

Genre:rock,R & B,country.

 

On ferme !

 

On a coutume de dire que Some Girls (en écoute intégrale ici) est le dernier grand disque des Stones. Mouais... j'veux bien. Avec ce qui s'annonce dans les 80's, ce statut n'est pas usurpé et là, comme dirait le gymnaste, j'agrée. Je signe même des deux mains, j'abonde illico en ce sens. Mis en parallèle avec ce qui suit, je suis sur la même longueur d'ondes que les on, mais bon, sorti de ça, faut pas pousser mémère dans les orties, elle est en short, on ne tient pas l'album du renouveau, de la renaissance ou de je ne sais quoi.

Some Girls (1978) est un LP de rock moyen réalisé sur un canevas de déjà entendu, sans schéma musical vraiment établi, oscillant entre blues, mid -tempo, rock, country et disco. Car quoi qu'on puisse en dire, Miss You, s'il a fait un carton dans les bacs, a été un pilier des dancefloors l'année de sa sortie.

Non, ce disque nerveux a le mérite de voir des Stones se tortiller une dernière fois comme le poisson frétille au bout de la ligne avant le passage dans l'épuisette. L'issue est proche, ça sent grave une fin dans la friture. Et c'est nous, français, dont le rock des 70's est comparé au niveau d'un vin anglais, qui avons le privilège d'assister à ce dernier tour de piste encore respectable, mais surtout à cette mort annoncée, rabâchée depuis un moment.

Ce moment, c'est un peu notre crunch à nous face aux anglais qui nous tannent régulièrement et y ajoutent l'arrogance. N'ayons pas peur des mots, en effet, c'est la fin des Stones. Ce qui se profile derrière, ça va faire danser la planète, sourire les anciens, remplir les caisses du cupide Rolling Stones Circus mais faire avancer le schmilblick, ça non. Plus jamais. Terminus, tout le monde descend ! Circulez, y a plus rien à voir ! Some Girls ? Mouais, j'veux bien, mais ça sent trop le sapin (RAZOR©).

 

1. Miss You.
2. When The Whip Comes Down.
3. Just My Imagination.
4. Some Girls.
5. Lies.
6. Far Away Eyes.
7. Respectable.
8. Before They Make Me Run.
9. Beast Of Burden.
10. Shattered.

 

Keith Richards:guitares,basse,piano,chant,chœurs.
Mick Jagger:chant,guitare,piano,chœurs.
Charlie Watts:batterie.
Bill Wyman:basse,synthétiseur.
Ron Wood:guitare électrique,slide et pedal steel guitare,basse,choeurs.
Ian Mclagan:piano électrique,orgue hammond.
Sugar Blue:harmonica.
Mel Collins:saxophone.

DISCOGRAPHIE ÈRE MODERNE.

LP Studio 23 - 2016

 

Stones blue lonesome

 

THE ROLLING STONES

BLUE AND LONESOME – 2016  3,5/5

 

Publié le 2 décembre 2016.

Produit par Don Was,The Rolling Stones.

Durée:42:36.

Label:Polydor.

Genre:rock 'n' roll,blues,R & B.

 

Le blues, ils savent encore faire.

 

On ne pourra jamais reprocher aux Rolling Stones d'avoir négligé le blues. Bien au contraire, le blues est si généreusement greffé dans les gènes de nos papies du rock que l'essentiel de ce qu'ils ont réalisé dans leur carrière, gravite autour de la petite note bleue. Le blues est la source même de tout ce qu'ils entreprennent.

Qu'ils reviennent en studio plus de 10 ans après A Bigger Band (2005), avec un 23ème LP qui pue le blues à plein nez, se surprendra pas ceux qui les suivent depuis le début. Et c'est justement les Stones des débuts que l'on a plaisir à retrouver sur cette galette dont le nom ne trompe pas sur ses intentions : Blue and Lonesome (en écoute intégrale ici).

Enregistré en 3 jours de décembre 2015 au British Grove Studios, c'est aux racines des Rolling Stones que nous renvoie cet album illustré d'un symbole, la légendaire langue tirée de John Pasche, ici d'un bleu soutenu, qui, elle aussi, ne bluffe personne, ni sur son origine, ni sur sa cible. Pas de nom de groupe, simplement trois mots qui viennent appuyer le visuel : Blue And Lonesome. On sait, sans se torturer les méninges, quel en est l'auteur et à qui il se destine. Vous pensez bien que depuis 1971, cette langue, on connaît...

Comme les Stones ont un mal fou à mettre à jour de nouvelles compositions et que celles-ci se font désespérément attendre, pour parerau syndrome de la page blanche, préférence est accordée à un disque de détente, récréatif. Et ça, ils savent faire les vieux briscards. Depuis le temps qu'ils déroulent du cable, ce n'est pas à eux qu'on va la faire.

En 12 reprises blues, Mick Jagger, Keith Richards, Ron Wood et Charlie Watts (assistés de Darryl Jones à la basse, des claviéristes Chuck Leavell et Matt Clifford et rejoints, sur deux titres, par Eric Clapton) mettent tout le monde d'accord, exhumant un répertoire bâti pour l'essentiel entre 1950 et 1960 par les Little Walter, Howlin' Wolf, Samuel Maghett, Jimmy Reed,Lightnin' Slim ou Willie Dixon, se l'appropriant de droit pour bons services déjà rendus au genre.

Ils s'offrent une récré blues spontanée, sincère, sans tralalas et restituée dans les conditions du direct. Les vrais Stones, quoi ! Ceux de la tierce discographique initiale (1964/65) quand ils vouaient une fidélité et une dévotion sans bornes aux héros blacks qui les ont inspirés. J'adhère  même si ça sent le réchauffé (RAZOR©).

 

1. Just Your Fool.

2. Commit A Crime.

3. Blue And Lonesome.

4. All Of Your Love.

5. I Gotta Go.

6. Everybody Knows About My Good Thing.

7. Ride 'Em On Down.

8. Hate To See You Go.

9. Hoo Doo Blues.

10. Little Rain.

11. Like I Treat You.

12. I Can't Quit You Baby.

 

Mick Jagger:chant,harmonica.

Keith Richards:guitare.

Ron Wood:guitare.

Charlie Watts:batterie.

Darryl Jones:basse.

Chuck Leavell,Matt Clifford:claviers.

Eric Clapton:guitare slide sur 6,guitare solo sur 12.

Jim Keltner:percussions sur 9.

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