The Small Faces.

BIOGRAPHIE.

 

THE SMALL FACES/Londres (Angleterre)

 

Small faces 3

 

Actif de 1965 à 1969,1975 à 1978.

Labels:Decca,Immediate,Atlantic.

Genre:rock,rhythm and blues,rock psychédélique,beat,soul,British Invasion.

Site official:Thesmallfaces.com

Fleuron des mods, symbole du psychédélisme à l’anglaise.

Les Small Faces sont un des fleurons du mouvement mod qui anime l’Angleterre du milieu des 60’s. A une époque où il fallait être mod ou rocker pour être quelqu’un, il se trouve que, alors que le rock & roll de papa devient obsolète, les jeunes du moment en pincent pour une musique plus avant-gardiste, où le rhythm & blues, le blues d’origine américaine et la soul, essentiellement cantonnée sur les labels Motown et Stax, sont désormais la norme.

Hormis la priorité qu’ils accordent à leur apparence vestimentaire très branchée et leur consommation excessive d’amphétamines, ils puisent la quintessence de ce qui les fait exister dans les groupes de l’époque ; parmi les plus cultes on retrouve les Who, les Kinks et les Small Faces, le terme de Face étant alors, dans le jargon de cette mouvance, une sorte de contemplation du Mod.  

Les Small Faces ont toutefois cette particularité d’avoir été d’abord mod, puis d’avoir souscrit aux modes du psychédélisme avant d’exploser et de donner naissance, en perdant Steve Marriott et en récupérant Rod Stewart, à deux formations anglaises mythiques : Humble Pie et les Faces.

Kenney Jones, seul survivant.

Les Small Faces sont d’ailleurs du fait de Steve Marriott, chanteur-guitariste, employé dans un magasin de musique londonien, lequel invite le bassiste Ronnie Lane, que Rod Stewart considérait comme la colonne vertébrale des Faces, à venir grossir les rangs de son groupe. Nous sommes en 1965 et Plonk, surnom donné à Ronnie Lane, accepte la proposition et rejoint les Pioneers où évolue déjà Kenney Jones, batteur. Jimmy Winston, claviériste, vient compléter ce trio. Fils du propriétaire du Ruskin Arms, bar de Londres, l’arrivée de ce dernier permet au groupe de disposer à l’étage d’une salle de répétition et d’une camionnette pour le transport du matériel. C’est en ces lieux que, pour la première fois, le 25 janvier 1965, Marriott, Winston, Lane et Jones se retrouvent à jouer ensemble. Le nom de Pioneers est abandonné au profit de celui des Small Faces : Faces pour la référence aux modes et Small en référence à leurs petites tailles respectives. Le manager Don Arden les signe au milieu de l’année et les lie à Decca.

Small faces 1

Les Small Faces enregistrent leurs premiers singles : What’cha Gonna Do About It atteint une honorable 14ème place des charts en août 65 tandis que I’ve Got Mine fait chou blanc. A la fin de 1965, Jimmy Winston est remplacé par Ian McLagan dont le jeu donne plus de profondeur à l’ensemble. Le line-up légendaire des Small Faces est là. Malheureusement de cette mouture exceptionnelle, Kenney Jones est le seul survivant. La mort en décembre 2014 de McLagan vient s’ajouter à celle de Ronnie Lane en 1997 et de Steve Marriott en 1991. Tout espoir de voir les Faces (avec Rod Stewart) à nouveau réunis est désormais évanoui.

Un groupe influent.

Les Small Faces sont donc nés en pleine british invasion. Ils en sont un des maillons les plus énergiques, ce qui les rend très populaires auprès des ados britanniques. Ses performances hypervitaminées, dans le sillage de la voix éraillée et fripouille avec son accent cockney de Marriott et de l’agressivité de son jeu de guitare, sont furibondes et n’ont d’égales que celles des groupes en vogue du moment, Stones, Who, Animals et Pretty Things.

Les Small Faces sont une formation-phare et influente de la scène britannique ambiante, portée par la pertinence et la fertilité de l’écriture du tandem Marriott/Lane qui s’est avéré quasiment aussi fructueux que les autres duos célèbres et prolifiques du songwriting, à sa voir Jagger/Richards ou Lennon/McCartney. Notamment dans la phase de l’après Decca, celle pour Immediate où se concentrent les plus belles pièces. Souvenons-nous des Itchycoo Park, Lazy Sunday, All Or Nothing, Tin Soldier…

Small faces kenney jones

« Ogdens 'Nut Gone Flake fut un tournant pour le groupe. Steve (Marriott), Ronnie (Lane), Ian (McLagan) et moi avons, chacun de notre côté, écrit des chansons différentes, dans des styles différents et le label était à 100% derrière nous. Nous ne cherchions pas un succès à tout prix, nous voulions juste enregistrer de grandes chansons. Il se trouve que certains d'entre eux ont été des hits en puissance ! Nous avions une incroyable télépathie entre nous. C’était ce qui faisait la magie des Small Faces que de pouvoir enregistrer des morceaux dans cet état d’esprit. » (Kenney Jones)

Couvé par Arden.

La période Decca a expiré en 1967 ; elle est restée mémorable pour avoir celle où le groupe a été managé par celui que l’on nomme le Parrain Yddish ou le Al Capone de la pop, Don Arden, père de Sharon Osbourne, beau-père d’Ozzy et homme derrière la gestion de Black Sabbath, mais surtout homme d’affaires aux méthodes agressives, contestées et toujours à la limite de la légalité. Manager de Gene Vincent qui met fin à leur relation en lui agitant un couteau sous le nez, Arden a signé les Small Faces en une ½ heure dans son bureau de Carnaby Street, persuadé de détenir en ces musiciens le meilleur groupe du monde. S’il est un manager pingre et discutable, il conduit le groupe là où il lui a promis de le porter ; sans lui, les Small Faces ne seraient pas.

Sous sa houlette, la bande à Marriott perçoit à ses débuts un salaire de 20 par semaine et mène un train de vie de rock stars. Cela suffit au bonheur du moment des jeunes Small Faces, mais, quand le succès les élèvera au rang de mythe, ils n’en toucheront les bénéfices que très tardivement et encore, après s’être engagés dans de très longues et âpres batailles judiciaires pour récupérer leur dû.

Small faces a

La période Decca.

N’empêche, Arden est celui par lequel les Small Faces entrent dans le métier par la grande porte, celle du label vedette Decca. Jusqu’alors interprète de reprises de standards de R & B, ils intègrent une première fois les charts en août 65 par ce biais et y restent 14 semaines (What’cha Gonna Do About It, inspiré de Everybody Needs Somebody To Love de Solomon Burke).

C’est l’un des maigres titres auxquels prend part Jimmy Winston qui quitte la formation en octobre 1965, remplacé par Ian McLagan.  

Le percutant I’ve Got Mine est le deuxième single officiel des Small Faces ; il ouvre le compteur du duo de l’écriture Marriott/Lane. Il ne rencontre pas le succès en dépit du fait qu’il ait été programmé pour coïncider avec la sortie du film musical britannique Dateline Diamonds (1966), visant à mettre en évidence, auprès d’un public d’adolescents, les jeunes talents de la scène anglaise. Le film en question étant à petit budget et un beau navet sortant en retard de surcroît, le groupe ne bénéficie pas de la moindre retombée médiatique de ce soutien cinématographique.

Dans la foulée, les Small Faces alternent entre écriture extérieure comme Sha-La-La-La-Lee et originaux, à l’instar de Hey Girl, respectivement classés aux 3ème et 10ème places des charts 66. Le troisième single du groupe, écrit par Kenny Lynch et Mort Shuman (Le Lac Majeur), sonne très (trop) commercial et s’éloigne du son jusqu’alors développé par les Small Faces, qui, pour certains, connaissent ici leur premier véritable accroc de musiciens en allant se fourvoyer dans de la zizique pour midinettes.

Cet écart, derrière lequel se profile Arden, s’il ne fait pas très sérieux, propulse les Small Faces sur le devant de la scène. Pour les fans purs et durs, le groupe, réticent mais contraint, perd de sa crédibilité, étant plus convaincant dans un registre R & B.

L’accrocheur Hey Girl, quatrième single libéré début mai 1966, est également à créditer à Lane et Marriott. Le duo intéresse de plus en plus dans le landerneau au point que Robert Stigwood ose indirectement une approche ayant le don de faire sortir de ses gonds Don Arden qui, accompagné de nervis peu recommandables, va donner une bonne leçon à l’australien en menaçant, faits à l’appui, de le balancer par la fenêtre du quatrième étage. Le fait est resté célèbre dans le milieu du disque.

All Or Nothing pour décoller.

La notoriété arrive par All Or Nothing qui culmine en tête des hits de l’été 1966, talonné par Yellow Submarine des Beatles. Si une chanson traduit bien l’époque et les Small Faces d’alors, c’est ce titre exceptionnel repris comme requiem lors des obsèques de Steve Marriott en 1991 et lui donnant, depuis, une profondeur supplémentaire.

Pour le compte de Decca, les Small Faces publient un seul LP studio en mai 1966, enregistré à la va-vite à des fins mercantiles et de promotion pour signer des tournées. Toujours la méthode Arden. Jimmy Winston et Ian McLagan se partagent le poste aux claviers et l’album se classe N° 3 des ventes au Royaume-Uni.

La stratégie du manager a toutefois ses limites, le groupe va l’apprendre à ses dépens qui voit son sixième single, My Mind’s Eye, sortir le 11 novembre 1966, sous forme de démo non finalisée et surtout sans le consentement des auteurs alors en tournée.

Des amphés à l’acid.

Si le disque fait N° 4 au Royaume-Uni, le procédé ne plaît pas du tout aux membres qui, furax et désormais dans l’air du temps psyché, décident d’en finir avec Arden et Decca et de répondre favorablement aux sollicitations d’Immediate Records, le label d’Andrew Oldham et Tony Calder.

Ultime coup d’Arden, la compilation From The Beginning est publiée début juin 1967 pour Decca, après leur départ (17 dans les charts). Cette collection précède de trois semaines la sortie de l’éponyme Small Faces (There Are But Four Small Faces aux States) pour Immediate qui, lui, fait 21 en Angleterre. Cette manœuvre contestable amène le groupe à réenregistrer certains titres pour cette dernière maison, complexifiant davantage un catalogue déjà confus.  

Small Faces l’album, avec Glyn Johns aux manettes, voit le groupe élargir son horizon musical vers le psychédélisme après avoir souscrit à ce qui est en vogue alors : mettre le nez dans l’herbe et le LSD, tourner le dos aux amphés. L’évolution des Small Faces vers le psychédélisme en fait l’un des groupes les plus intéressants et les plus prospères de la scène britannique et d’un Londres alors en ébullition.

Small faces itchycoo park

Une pluie de classiques…

De ce positionnement naissent les Itchycoo Park, classique flower power en mode Hyde Park, Lazy Sunday et son final rythmé par le son des cloches et les piaillements de volatils, All Or Nothing, Tin Soldier et surtout le LP de référence qu’est Ogdens 'Nut Gone Flake, album-concept publié en mai 1968. Album culte s’il en est, il creuse paradoxalement la tombe des Small Faces. Immediate Records laisse les coudées franches aux Small Faces et n’interfère pas dans leurs choix artistiques. Andrew Oldham, manager et façonneur en chef des Stones frondeurs jusqu’en 67 et cofondateur du label, est à peine plus vieux que ceux sur lesquels il mise désormais et qu’il couve.

Plus proche d’eux, même si habité par le souci de rentabiliser le coup et de faire vivre son affaire, Oldham laisse une totale liberté à Marriott And Co de combiner leur son R & B graveleux à un psychédélisme luxuriant.

Ogdens 'Nut Gone Flake, la référence.

Oldham est celui qui a vraiment compris combien il ne fallait pas brider la créativité du groupe, mais plutôt chercher à cimenter leurs dispositions du moment pour le genre. Hélas, cet état d’esprit ne permet pas aux Small Faces de prolonger l’expérience.

La révélation qu’est Ogdens 'Nut Gone Flake est le dernier disque avec Steve Marriott, le seul pour Immediate, en terme d’albums studio s’entend ; c’est l’heure de gloire du groupe qui, derrière, va se faire enfumer une nouvelle fois, Don Arden ayant visiblement fait des émules. Il va surtout signer la fin du line-up mythique des Small Faces, Steve Marriott préférant personnellement aller goûter au hard rock qui pointe son nez et fonder Humble Pie. Il acte son départ le 1er janvier 1969, après avoir quand même traîné des pieds les dernières semaines et montré peu de motivation à expédier les affaires courantes.

Sucés jusqu’à la moelle.

Il faut croire qu’Andrew Oldham a été à bonne école, qui rechigne à payer ses protégés et qui publie, après le départ d’Immediate des Small Faces, sans leur accord, une compilation pour fructifier une dernière fois sur leur dos. The Autumn Stone (novembre 1969) concentre, dans un format double, l’essentiel du catalogue sous Immediate, ainsi que certains singles de l’ère Decca, des enregistrements live, des versions alternatives, des reprises et des morceaux inédits prévu pour l’album qui était en préparation avant la rupture. Elle offre un panorama très intéressant du groupe, d’autant qu’elle est de bonne qualité.

Cette compilation constitue une manne financière intéressante pour Oldham qui peut ainsi maintenir un temps la tête d’Immediate hors de l’eau ; il fait faillite en 1970.

Place aux Faces.

Les membres restants, Ronnie Lane, Ian McLagan et Kenney Jones hésitent sur la marche à suivre jusqu’au moment où ce dernier présente aux deux autres deux pointures de l’échiquier londonien, Rod Stewart et Ron Wood, partis du Jeff Beck Group. Les Small Faces tombent le qualificatif de « Small » en deviennent les Faces. Une autre belle histoire débute alors avec Warner Bros, toute aussi influente que la précédente, et ce n'est pas la réunion manquée du groupe, sans Ronnie Lane, dans la seconde partie des 70's qui la ternira (RAZOR©).

DISCOGRAPHIE 60'S/70'S.

LP Studio 1 - 1966

 

Small faces lp 66

 

THE SMALL FACES

SMALL FACES – 1966  5/5

 

Publié le 11 mai 1966.

Produit par Ian Samwell,Kenny Lynch,Don Arden.

Durée:32:47.

Label:Decca.

Genre:mod,Rhythm & blues,British Invasion.

 

Trips à la mode Decca.

 

Les Small Faces, groupe de mod très populaire, est indissociable de la British Invasion. Formé en 1965 et réuni autour du quatuor composé du futur Humble Pie, Steve Marriott (chant et guitare), de Ronnie Lane (basse), Kenney Jones (batterie) et Jimmy Winston (organiste vite remplacé par Ian McLagan), on le considère trop souvent et à tort comme faisant partie des seconds couteaux du genre, au même titre que les Kinks, voire les Pretty Things, tous passés à côté de la notoriété mais tellement influents dans l’épopée du rock.

L’histoire ne retient généralement que les premiers et dans ce domaine, Beatles, Stones et Who ont fait de l’ombre à bon nombre de formations qui, dans des registres différents, ont eu leur mot à dire dans le concert musical britannique du moment.

C’est pourquoi je vous propose de rouvrir les pages du catalogue des Small faces, en commençant, chronologiquement  considéré, par leur premier album studio, au titre éponyme, et daté de 1966. Ce disque a reçu un accueil chaleureux de la critique musicale ; c’est un signe qui ne trompe pas. Conforté par les fans, il prend place parmi les historiquement indispensables et les musicalement incontournables.

Enregistré à Londres (IBC Studios), ce LP révèle un groupe fortement influencé par l’American Rythm & Blues, par Sam Cooke et Marvin Gaye notamment.  Doté d’une satanée rythmique, électriquement brutal, percutant, énergique, ce selftitled révèle surtout la voix soul de Steve Marriott ainsi que des pistes très accrocheuses, saisissantes et fraîches parmi lesquelles les singles immanquables que sont Whatcha Gonna Do About It et Sha-La-La-La-Lee (coécrite par Mort Shuman). Le tandem de l’écriture Lane/Marriott se met progressivement en place et bénéficie de l’apport des autres membres au niveau du songwriting, mais il a encore dans les pattes Kenny Lynch qu’Arden a sollicité pour booster le lancement. Disque culte qui traduit le démarrage d’un groupe légendaire, il est inéluctable pour sa double valeur historique et artistique (RAZOR©).

 

1. Shake.

2. Come on Children.

3. You'd Better Believe It.

4. It's Too Late.

5. One Night Stand.

6. Whatcha Gonna Do About It.

7. Sorry She's Mine.

8. Own Up Time.

9. You Need Loving.

10. Don't Stop What You're Doing.

11. E To D.

12. Sha-La-La-La-Lee.

 

Steve Marriott:chant,guitare.

Ronnie Lane:chœurs,basse.

Kenney Jones:batterie.

Ian McLagan:claviers.

Jimmy Winston:claviers,chant.

 

LP Compilation 1 - 1967

 

Small faces from the beginning 1967

 

THE SMALL FACES

FROM THE BEGINNING – 1967  3/5

 

Publié le 2 juin 1967.

Produit par Ian Samwell,Kenny Lynch,Don Arden,Steve Marriott,Ronnie Lane.

Durée:43:47.

Label:Decca.

Genre:rock,rhythm & blues,pop psychédélique,beat.

 

Coup de pute.

 

Ce disque est un coup de pute de Don Arden. Plantons le décor pour mieux se rendre compte de l’avidité du manager des Small Faces, ou plutôt de l’ex-manager puisque ceux-ci ont déjà signé chez Immediate, le nouveau label d’Andrew Oldham. Il met la main sur ce qu’il a de disponible en stock et publie une sorte de rétrospective du groupe qu’il avait jusqu’alors en gestion. Furax de s’être fait soufflé l’affaire par la concurrence, Arden montre jusqu’à quel point il peut être horrible et peu scrupuleux dans les affaires.

Il nous compile pour l’occasion du Runaway que Dave a popularisé auprès des francophones dans sa version Vanina, les singles historiques figurant sur l’album précédent Sha-La-La-La Lee et Whatcha Gonna Do About Me, les singles suivants Hey Girl et My Mind’s Eye, celui qui a fait accéder les anglais à la notoriété, All Or Nothing ainsi que des pistes R & B et mods sorties des placards.

Voilà ce qui constitue la substance de cet album à polémique (de 1967), sorti après le départ des Smalls Faces de Decca. Les Small faces ont même incité le public à ne pas acheter ce disque pour ne pas donner d’eau au moulin de Decca.

Je dois dire que le procédé me paraît tout à fait crapuleux et, dans ce contexte, je n’y adhère pas du tout ; à côté de ces manigances mercantiles, il reste une œuvre dont la matière est à mon sens insuffisante pour en faire un disque recommandable.

Yesterday Today & Tomorrow, That Man, l’inénarrable All Or Nothing, Baby Don’t You Do It sauvent les apparences. Il y a mieux pour faire connaissance avec les Small Faces (RAZOR©).

 

1. Runaway.

2. My Mind's Eye.

3. Yesterday, Today & Tomorrow.

4. That Man.

5. My Way of Giving.

6. Hey Girl.

7. (Tell Me) Have You Ever Seen Me.

8. Come Back And Take This Hurt Off Me.

9. All or Nothing.

10. Baby Don't You Do It.

11. Plum Nellie.

12. Sha-La-La-La-Lee.

13. You've Really Got a Hold on Me.

14. Whatcha Gonna Do About It.

 

Steve Marriott:chant,guitare.

Ian McLagan:chant,guitare,orgue.

Ronnie Lane:chant,basse.

Jimmy Winston:orgue.

Kenney Jones:batterie.

 

LP Studio 2 - 1968

 

Small faces odgen s nut gone flake

 

THE SMALL FACES

OGDENS’ NUT GONE FLAKE – 1968  5/5

 

Publié le 24 mai 1968.

Produit par Steve Marriott,Ronnie Lane.

Durée:38:27.

Label:Immediate.

Genre:rock psychédélique.

 

Un album très prisé !

 

Ogden’s Nut Gone Flake (en écoute intégrale ici) est une réussite et s’il fait premier dans le classement des albums du Royaume-Uni, ça n’est pas en claquant des doigts. C’est tout simplement parce la bande à Marriott est au sommet de sa créativité et qu’elle a enfin compris que les singles, ça va un temps. Depuis qu’on promet le jackpot aux Small Faces, le moment est enfin arrivé, il a fallu pour cela passer chez le concurrent Immediate, nouveau label placé entre les mains d’Andrew Oldham et enfin raisonner dans l’esprit album.

Le groupe a tourné les dos aux mods et aux amphés pour aller fureter comme la majorité de la scène de l’époque, dans le psychédélisme et passer à d’autres psychotropes comme l’herbe et l’acid. Dans le même temps, le nouveau manager les laisse s’exprimer, ne les bride pas. Tout le collectif des Small Faces s’y colle, la magie opère : le disque est géant.

Quiconque en pince pour le bon rock psyché à l’anglaise, se doit d’être de ce Odgens’ Nut Gone Flake (titre parodiant une enseigne de tabac à rouler de l’époque). Album original, sorti en mai 1968 et scindé en deux parties, une pop classique où les claviers de McLagan s’en donnent à cœur-joie et une autre, plus conceptuelle, relatant l’histoire de Stan, histoire dont la trame plutôt loufoque et délirante trahit la prise indéniable de substances prohibées au moment de sa création.

Pour la face initiale, Marriott et Lane, sont les commanditaires des pistes proposées. Cette partie pop est très hétéroclite et particulièrement mélodique. La chanson titre constitue une délicatesse apéritive (instrumental) pour le nanan qui se décline ensuite : Afterglow, une douceur que n’aurait pas renié les Beatles, un nonchalant et agréable Long Agos And Worlds Apart, Rene, jovial et rythmé qui revisite les docks St Katharine d’East End, Song Of A Baker, l’insolent, succulent  et menfoutiste Lazy Sunday (inspiré par les rapports de voisinage de Steve Marriott).

La deuxième face est affectée au concept et à cette aventure-conte de fée mettant en avant Stan. Six titres racontent cette historiette originale, illuminée, amusante, pleine de poésie, aussi puérile qu’angoissante.

Cet album, fusionnant R&B avec psychédélisme, est tout bonnement fantastique. Dans la lignée des produits de référence psychédéliques anglais : Sgt Pepper’s, Tommy, Arthur Or The Decline And Fall Of The British Empire, S.F Sorrow…

Ses 38 minutes vous raviront autant qu’elles ont pu séduire la critique du moment et les fans dont je suis ; l’album…fera un tabac, restant six semaines au top des charts. Ce sera le dernier de ce line-up anthologique (RAZOR©).

 

1. Ogdens' Nut Gone Flake.

2. Afterglow (Of Your Love).

3. Long Agos And Worlds Apart.

4. Rene.

5. Song Of A Baker.

6. Lazy Sunday.

7. Happiness Stan.

8. Rollin' Over.

9. The Hungry Intruder.

10. The Journey.

11. Mad John.

12. Happy Days Toy Town.

 

Steve Marriott:guitare,chant.

Ronnie Lane:basse.

Kenney Jones:batterie.

Ian McLagan:claviers,guitare,chant.

LP Compilation 2 - 1969

 

Small faces the autumn stone 1969

 

THE SMALL FACES

THE AUTUMN STONE – 1969  3,5/5

 

Publié en novembre 1969.

Produit par Kenny Lynch.

Durée:65:59.

Label:Immediate.

Genre:rock,rhythm & blues,rock psychédélique,beat.

 

Un peu trop pléthorique.

 

Décidément, les maisons de disques usent de tous les artifices pour rentabiliser leur cheptel. From The Beginning, avait révélé l’avidité commerciale de Decca et de Don Arden, en étant publié alors que le groupe avait quitté ce label pour Immediate ; pour The Autumn Stone, le cadavre de la bête Small Faces fume encore, Marriott ayant quitté le groupe début 1969 pour former le projet Humble Pie avec Peter Frampton, que la maison dirigée par Andrew Oldham utilise le même modus operandi que celui de Decca. Ce choix de carrière précipite la fin des Small Faces, qui, dans le même temps, vont devenir les Faces.  

Immediate va mal, l’entreprise ne peut pas attendre, elle doit capitaliser rapidement sur ses artistes vedettes pour renflouer au plus vite la trésorerie. Moins d’un an après le dépôt de bilan du groupe, sort cet album que d’aucuns qualifient de posthume.

Il s’agit donc de faire attention où l’on met les pieds dans ce genre de produits, prompts à amasser à la hâte et pour faire du fric, un maximum de choses, en rassemblant d’un côté, le meilleur (leurs succès et singles), de l’autre, l’inédit (généralement des faces B ou des titres n’ayant pas la qualité adéquate pour figurer sur les albums studio de l’artiste), puis les démos et, enfin, les lives.

C’est le cas de cette rétrospective qui racle certains fonds de commode, qui oublie les tensions passées avec Decca et intègre des morceaux de cette époque. Pour dire vrai, ce genre de montage n’est pas ma tasse de thé, ce qui n’enlève rien à la respectabilité de cette compil’.

Ce disque de 1969 est en quelque sorte une vision panoramique de la carrière historique de Small Faces. Dans cet état d’esprit, il a, sans discussion possible, un réel intérêt (même s’il m’ennuie par moments par son côté pléthorique) et constitue une bonne introduction à cette formation essentielle du rock. Son côté un peu fourre-tout ne m’incite pas à le considérer comme une acquisition incontournable, mais il conviendra tout à fait aux profanes, du fait de sa couverture élargie (RAZOR©).

 

Disque 1

1. Here Comes the Nice.

2. The Autumn Stone.

3. Collibosher.

4. All or Nothing.

5. Red Balloon.

6. Call It Something Nice.

7. Lazy Sunday.

8. I Can't Make It.

9. Afterglow (Of Your Love).

10. Sha-La-La-La-Lee.

11. The Universal.

 

Disque 2

12. Rollin' Over.

13. If I Were A Carpenter.

14. Every Little Bit Hurts.

15. My Mind's Eye.

16. Tin Soldier.

17. Just Passing.

18. Itchycoo Park.

19. Hey Girl.

20. Wide Eyed Girl On The Wall.

21. Whatcha Gonna Do About It.

22. Wham Bam Thank You Mam.

 

Steve Marriott:chant,guitare.

Ian McLagan:chant,guitare,orgue.

Ronnie Lane:chant,basse.

Jimmy Winston:orgue.

Kenney Jones:batterie.

LP Studio 3 - 1977

 

Small faces playmates 1977

 

THE SMALL FACES

PLAYMATES – 1977  3/5

 

Publié en 1977.

Produit par Kemastri (Kenney Jones/Ian McLagan,Steve Marriott,Rick Wills),Shel Talmy sur 6.

Durée:41:28.

Label:Atlantic.

Genre:rock,rhythm & blues,mod.

 

Retour manqué.

 

Les Small Faces, en 1969, ont passé la main. Marriott est parti fonder Humble Pie. Les trois autres (Jones, Lane et McLagan), orphelins de leur leader, se tournent vers Rod Stewart et Ron Wood pour former les Faces.

Humble Pie jette l’éponge en 1975. Aussitôt Steve Marriott saisit cette opportunité pour reformer Small Faces avec les anciens, Jones et McLagan, Ronnie Lane quittant ses partenaires juste avant les enregistrements liés à ces retrouvailles et qui débouchent sur deux LP pour Atlantic : Playmates (en écoute intégrale ici) en 1977 et In The Shade en 1978.

Ricky Wills, qui a tenu la basse pour Roxy Music et Peter Frampton, supplée Ronnie Lane qui, arraché à la vie par une sclérose en plaque en 1997, commence à ressentir à cette époque les premiers effets de cette terrible maladie. Marriott et ses partenaires ne comprennent pas vraiment l’attitude de Lane qui préfère arrêter les frais, se contentant de se joindre aux choristes ici. Pour être complet, signalons que Joe Brown prête son concours à la guitare sur Playmates.

Malgré ce retrait inattendu et mal interprété, d’autant que Ronnie va s’acoquiner avec Pete Townshend sur un de ses projets, la démarche est pourtant alléchante de retrouver les trois quart du line-up d’une formation historiquement influente comme a pu l’être les Small faces, avant la rupture. Hélas, Playmates dévoile au grand jour une évidence : Ronnie Lane tenait une place si importante que le rendu est erratique, sans âme.

High And Happy, Find It, Never Too Late et Lookin For A Love rehaussent un niveau général bien faible. Ce disque, passé à la moulinette par la critique et commercialement boudé, fera le bonheur des collectionneurs, pas des autres (RAZOR©).

 

1. High and Happy.

2. Never Too Late.

3. Tonight.

4. Saylarvee.

5. Find It.

6. Lookin' for a Love.

7. Playmates.

8. This Song's Just for You.

9. Drive-In Romance.

10. Smilin' in Tune.

 

Ian McLagan:orgue,guitare,guitare acoustique,claviers,chant.

Steve Marriott:chant,guitare,harmonica,piano.

Joe Brown:chant,guitare.

Kenney Jones:batterie,chant.

Vicki Brown,Victoria "Vicky B" Brown,Greg Ridley,Dave Hynes,Tony Williams,Jon Brown,P.P. Arnold,Rick Wills,Ronnie Lane:choeurs.

Joe "Bledsoe" Brown:guitare acoustique,mandoline.

Mel Collins:cuivres.

LP Studio 4 - 1978

 

Small faces in the shade 1978

 

THE SMALL FACES

78 IN THE SHADE – 1978  3/5

 

Publié en 1978.

Produit par Kemastri (Jones,McLagan,Marriott,Wills).

Durée:32:54.

Label:Atlantic.

Genre:rock,rhythm & blues,mod.

 

C’est mieux ainsi.

 

Comme il n’y a pas grand-chose à se mettre sous la dent dans 78 In The Shade (en écoute intégrale ici), quatrième LP studio des Small Faces, profitons de cette fin de cycle entamée avec le précédent Playmates pour apporter quelques petites précisions sur la fiche technique de ce disque.

Kemastri, l’acronyme qui apparaît à la production de 78 In The Shade et qui était déjà de Playmates, cache en fait les noms des membres actifs du groupe, Ke comme Kenney Jones, Ma comme Mc Lagan, St comme Steve Marriott et Ri comme Rick Wills, le dernier entrant. Ce dernier, rappelons-le remplace, Ronnie Lane à la basse dans ce qui est le line-up de la réunion des Small Faces, suite aux cessations d’activité des Faces (Jones et McLagan) et d’Humble Pie (Marriott). Ronnie Lane était quand même le bassiste légendaire du groupe, une partie du binôme du songwriting et il est difficile de se relever de ces pertes.

Playmates, l’album antérieur, sorti en 1977, et 78 In The Shade, c’est du pareil au même. Vous secouez : vous obtenez 78 In The Shade, ni pire, ni meilleur que celui auquel il succède dans l’indifférence totale des fans.  

La matière est pauvre, l’album est exécuté dans un chaos total. Qui fait quoi ? Il y a des mecs dont on ne sait rien. Ce disque n’apporte strictement rien à la notoriété du groupe, ne laisse pas entrevoir la moindre promesse quant à un quelconque avenir de cette reformation. Il sent plutôt la fin, le long râle final. C’est d’ailleurs ce qu’il adviendra de l’après 78 In The Shade. Franchement, vue la tournure prise par les événements, c’est mieux ainsi. Voir une bête crever, très peu pour moi  (RAZOR©).

 

1. Over Too Soon.

2. Too Many Crossroads.

3. Let Me Down Gently.

4. Thinkin' About Love.

5. Stand by Me (Stand by You).

6. Brown Man Do.

7. Real Sour.

8. Soldier Boy.

9. You Ain't Seen Nothing Yet.

10. Filthy Rich.

 

Steve Marriott:guitare,chant.

Ian McLagan:claviers,chant.

Rick Wills:basse,chant.

Kenney Jones:batterie,chant.

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