The Who.

BIOGRAPHIE.

 

THE WHO/Londres (Angleterre)

 

The who 1

 

Actif entre 1964 et 1982,réunion en 1989,de199 à aujourd’hui.

Labels:Brunswick, Reaction,PolydorDecca,Virgin,MCA Warner Bros.,Universal Republic,Geffen,Atco.

Genre:rock,hard rock,power pop.

Site officiel:www.thewho.com

 

L’inamovible pilier du rock britannique.

La banlieue de Londres sert de cadre à la formation d’une des plus prestigieuses formations que le rock ait connues : les Who. Nous sommes en 1964 quand Pete Townshend, John Entwistle, Keith Moon et Roger Daltrey unissent leur destinée professionnelle. Elle est encore effective en 2015, malgré le poids des ans. Les Who tournent toujours, avec un égal succès, mais les septuagénaires qu’ils sont désormais, ont quand même pris la sage décision d’espacer leurs sorties et de mettre la pédale douce sur le rythme infernal qu’ils mènent depuis plus de 50 ans.

Les Who, c’est My Generation, I Can’t Explain, Pinball Wizard, Behind Blue Eyes, The Kids Are All Right, Substitute, Anyway Anyhow, Anywhere, I’m A Boy, autant de titres toniques qui fleurissent les best of de ce groupe. Depuis une quinzaine d’années, la musique des anglais vient en soutien des génériques de la série des Experts, une des plus regardées du petit écran : Won’t Get Fooled Again pour Miami, Who Are You pour Las Vegas, Baba O’ Riley pour Manhattan et I Can’t See For Miles pour les Experts Cyber. Le soufflé n’est donc pas prêt de retomber.

Des bêtes de scène.

Les Who, c’est également un line-up culte, composé de musiciens tous considérés, à leur poste respectif, comme parmi les meilleurs du rock. Le stoîque et discret John Entwistle est un bassiste fabuleux et Roger Daltrey, un chanteur charismatique, déchaîné et vigoureux ; Pete Townsend, un guitariste talentueux monté sur ressorts, doublé d’un songwriter hors norme ; Keith Moon, un batteur aussi technique qu’anarchique, aussi novateur qu’exubérant, aussi inspiré que puissant, que tout groupe du moment rêve d’avoir. Ou pas, au regard de ses frasques restées célèbres comme celles consistant à exploser sa batterie.

Symbole des mods à ses débuts, influencé par le R & B et le rock & roll The Who, de véritables bêtes de scène, est l’un des piliers les plus solides du rock en mode britannique. Ses origines remontent à 1961, quand le métallo banlieusard londonien de Shepherd’s Bush, Roger Daltrey (alors guitariste), à la tête du groupe de skiffle The Detours depuis 2 ans (1959), recrute le bassiste John Entwistle, rencontré par hasard, lequel suggère alors Pete Townshend, guitariste, une de ses connaissances. Le batteur est alors Doug Sandom, un maçon trentenaire, après que Harry Wilson ait occupé préalablement le poste. Colin Dawson est alors au chant.

Après deux ans d’existence, le groupe découvre qu’une autre formation porte le même nom. En février 1964, le nom des Who est retenu. Après une audition auprès de Fontana Records, le producteur du label signifie à Daltrey, Entwistle et Townshend que le batteur est le maillon faible des Who. Keith Moon, 18 ans, venu des Beachcombers, intègre une formation déjà très ambitieuse. Le tumultueux mais brillant parcours des Who s’engage alors.

The who daltrey 2

The who townshend

Who keith moon

The who entwistle

My Generation, l’hymne de la jeunesse anglaise du moment.

Un an n’est pas encore écoulé que déjà les Who se font remarquer avec des chansons comme I Can’t Explain, leur premier single (top 10), le rebelle My Generation (N°2) annonçant le punk, une décennie plus tôt, alors relayées par le bateau-radio pirate Radio Caroline, battant pavillon au large des côtes britanniques.

Le premier album des Who prend le titre de son morceau resté le plus populaire et devenu un véritable hymne (violent) pour la jeunesse de l’époque : My Generation. Publié fin décembre 1965 chez Brunswick au Royaume-Uni et par sa maison-mère Decca aux Etats-Unis avec un visuel différent, ce premier disque révèle un groupe au son beaucoup plus agressif que ce que propose le rock du moment ainsi que des musiciens déjà bien affutés techniquement. My Generation, articulé autour de l’écriture de Pete Townshend, est un immense succès international.

Il faut patienter quasiment une année pour que ne sorte A Quick One, le deuxième jet discographique des anglais. Appelé Happy Jack (mai 1967) de l’autre côté de l’Atlantique, en référence au single à succès (N° 3 en décembre 1966) absent de la version anglaise pour laquelle Happy Wave lui a été préféré, A Quick One marque un virage important dans la direction musicale des Who qui, pour la première fois et avec la chanson-titre refermant l’album, mettent le nez à la fenêtre de l’opéra-rock dans lequel ils vont exceller (Tommy, Quadrophenia).

L’autre fait d’importance à signaler, tient dans le fait que ce second LP des londoniens est alimenté par un songwriting plus collégial, chaque membre y allant de sa ou de ses contributions pour des raisons financières.

Monterey avant Woodstock et Wight…

Stars mondiales encore en devenir, les Who prennent part au festival pop de Monterey en juin 1967 ; cet événement, dont ils ponctuent leur set en fracassant leurs instruments, les consacre auprès du public américain mais inquiète les organisateurs de concerts qui tendent le dos à chacune des apparitions du quatuor.

Les Who, avec leur troisième opus, The Who Sell Out (décembre 1967) ne récidivent pas leur bonne performance des disques précédents qui, tous deux, ont fait top 5 en Grande-Bretagne. De là à considérer The Who Sell Out comme un échec ou une déception, on en est loin.

Le troisième LP est artistiquement excellent, influencé par le psychédélisme ambiant, mais ne s’accommode pas du même succès dans les bacs ; en faisant 13, il n’y a pas de quoi être déçu, d’autant qu’il est tiré par le hit survolté qu’est I Can’t See For Miles (10 au Royaume-Uni et 9 aux States), qui réussit l’exploit d’être enregistré entre Londres, New York et Los Angeles. A l’époque, c’est une vraie prouesse. Au final, The Who Sell Out est l’album du groupe le mieux noté, la critique étant unanime à le louer comme rarement un disque le fut. Les Who impressionnent, la presse, le milieu de l’industrie du disque, le public et les fans n’ont encore rien vu.

Tommy, digne des grands disques de classique.

Arrive Tommy, l’album pop anglais certainement le plus important depuis que les Beatles ont pris les commandes de la musique planétaire. Pour la première fois, un groupe de rock se pointe avec une œuvre cohérente sur toute la ligne ; l’opéra-rock proposé est digne de figurer au côté des grands disques de la musique classique.

Tommy (mai 1969) est certainement son disque le plus connu, pas forcément son meilleur. Il aura fallu deux ans à Pete Townshend, son concepteur, pour lui donner le jour et à ses acteurs, près de 8 mois pour le boucler en studio. Pete Townshend relève ici un sacré challenge en signant un double album conceptuel. I’m Free, Pinball Wizard, les pièces de cet opéra-rock grandiose et abouti, passées depuis à la postérité, symbolisent une formation alors à son zénith. Une sublime version symphonique de Tommy est enregistrée trois ans et demi après l’original (1972), avec un casting réunissant le Who’s Who du rock et de la pop des 70’s : Maggie Bell, Steve Winwood, Sandy Denny, Ringo Starr, Rod Stewart, Richie Havens.

Les Who, alors groupe phare du rock, sont incontournables dans l’organisation du festival de Woodstock 1969. Les anglais y interprètent leur légendaire Tommy. Même si la performance ne reste pas dans les annales, la présence à Woodstock, puis celle à Wight l’année suivante n’en contribuent pas moins à assoir un peu plus la popularité du groupe et sa place dans l’histoire du rock. Cette même année 1970, en février, dans le cadre de la tournée de promotion de Tommy, les Who donne le jour à leur premier live : l’énergique Live At Leeds.

Who daltrey 3

« Je suis conscient de la vie privilégiée que j’ai eue. Etre sur scène et faire ce que vous aimez, il n’y a rien de mieux au monde. Il est donc difficile de ressortir un moment de ma carrière plus qu’un autre, j’ai pris tellement de plaisir à faire ce que j’ai fait. Par contre, la perte de Keith et de John sont des vraies douleurs. Même si pour Keith, c’était prévisible au regard de ses 9 vies, pour John, mort la veille de la première date de la tournée américaine 2002, ce fut un choc. Notre relation fut plus longue et plus profonde. » (Roger Daltrey)

Who’s Next, ancré dans la mémoire collective.

Pour beaucoup d’inconditionnels des Who, la palme de la meilleure œuvre du catalogue échoit à Who’s Next (août 1971), beaucoup plus acclamé et vendeur que Tommy. N° 1 au Royaume-Uni et 4 aux U.S.A, Who’s Next est constitué des chutes d’un opéra-rock avorté, Lifehouse, pour lequel Pete Townshend voulait aller encore plus loin, plus haut et faire plus fort que Tommy, dont la réussite insolente fut à deux doigts de le mener au suicide.

Who’s Next, 28ème des meilleurs albums de rock de tous les temps (Rolling Stone Magazine) est viscéralement ancré dans la mémoire collective avec des titres mémorables comme Won’t Get Fooled Again, Baba O’ Riley ou Behing Blue Eyes. Comme l’a dit Daltrey dans les premiers mois du succès de Who’s Next : « Après ça, on peut mourir tranquilles ».

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La suite s’appelle Quadrophenia (1973), autre très grande page du catalogue des Who. Et nouvel opéra-rock. Barré respectivement, pour la première place des charts britanniques et américains, par Pin-ups de Bowie et par Good Yellow Brick Road d’Elton John, Quadrophenia offre un voyage dans le temps à l’époque des mods du milieu des 60’s au travers d’un personnage affecté par un quadruplement de la personnalité. Chacune de ces personnalités est associée à un membre du groupe.

Si Quadrophenia s’avère une grande œuvre, bien que complexe, elle est aussi le dernier gros coup des Who qui, pour l’occasion, ne marquent pas vraiment les esprits.

La créativité développée par les Who ne se traduit pas comme il se doit dans les bacs, le format en double album et la faiblesse de certains titres étant un frein à son succès. Néanmoins, il est encore un disque majeur de la bande à Townshend.  

Premières tensions internes.

The Who By Numbers (1975) reste encore très convaincant (disque d’or chez l’Oncle Sam), mais les Who, dix ans après leurs débuts et comme les Stones, Led Zeppelin ou Pink Floyd, passent désormais pour des dinosaures du rock auprès de la branche punk du rock. Qui plus est, les relations se tendent en interne, ; les prises de drogue et les consommations abusives d’alcools ne sont pas étrangères à cette situation.

Parallèlement, Pete Townshend continue à alimenter un catalogue discographique personnel démarré en 1972 (Who Came First). Le guitariste signe l’excellent Rough Mix (1977) avec Ronnie Lane. Daltrey sort, de son côté, son troisième LP solo (One Of The Boys/1977). John Entwistle y va de son 3ème opus pour son compte (Mad Dog/1975) et Keith Moon enregistre Two Sides Of The Moon (1975).

Les membres se retrouvent sur Who Are You (1978), à un moment où le mouvement punk est très populaire. Le huitième jet des Who est réalisé chez Polydor. Il se place encore en deuxième place aux States, à la sixième en Grande-Bretagne.

Le rock pleure sa plus belle rythmique.

Trois semaines après la publication de l’étrange Who Are You, les Who ont la douleur de perdre Keith Moon (7 septembre 1978). Et les Who, sans leur batteur mythique, ça n’est plus vraiment les Who, même s’ils décident de continuer. Kenney Jones des Small Faces puis des Faces remplace Moon deux mois plus tard. La production discographique qui s’engage à la suite de Who Are You, à savoir Face Dances (1981) et It’s Hard (1983) s’avère alors moins brillante. Les Who se sont officiellement tus en 1982, même s’ils continuent à tourner sur les scènes de la planète

Les Who perdent ensuite John Entwistle. Le bassiste décède d’une crise cardiaque à Las Vegas le 27 juin 2002, la veille du premier concert d’une tournée américaine des Who. 23 ans après It’s Hard, en 2006, un 11ème album studio, Endless Wire, vient compléter la discographie d’un groupe désormais tristement amputé de sa légendaire rythmique, certainement la meilleure de tous les temps. Malgré ces lourdes pertes, les Who, reconstitués autour de Daltrey et Townshend, continuent à remplir les salles de spectacles. Les dates prévues en 2016 (tour européen et tournée nord-américaine) sont quasiment sold out. Les dinosaures se portent bien apparemment (RAZOR©).

DISCOGRAPHIE 60'S/70'S.

LP Studio 1 - 1965

 

The who my generation 1965

 

THE WHO

THE WHO SINGS MY GENERATION – 1965  5/5

 

Publié le 3 décembre 1965.

Produit par Shel Talmy.

Durée:36:13.

Label:Brunswick.

Genre:pop-rock,rock.

 

De la dynamite !

 

My Generation (en écoute intégrale ici), sorti en 1965, c’est de la dynamite, bébé. 11ème chanson de tous les temps, le titre qui donne son nom à l’album par lequel les Who ouvrent leur compteur discographique est bien évidemment la poutre maîtresse explosive d’un répertoire rarement connu comme aussi agressif dans le landernau.

Jamais tel déferlement sonore n’a été déversé jusqu’alors, jamais énergie similaire n’a été atteinte dans de telles proportions. Les Who sonnent la révolte face au Rubber Soul des Beatles et au Satisfaction des Stones. Ils montrent qu’il est hors de question que la scène musicale du moment fasse sans eux et qu’on persiste à les reléguer au rang de numéro trois, alors ils le font savoir.

Avec leurs moyens, en faisant plus fort pour se faire entendre. En haussant le ton et le son. L’agressif My Generation bat le rappel de la jeunesse frustrée du moment, il claque comme une bonne gifle bien appuyée à la face de l’Angleterre Victorienne (Daltrey chante qu’il veut mourir avant d’être vieux).

My Generation préfigure ce que sera le Heavy Metal et le mouvement Punk Rock. Sur ce disque figurent également The Kids Are Alright, The Ox, deux classiques des Who, The Good’s Gone, Anyway, Anyhow, Anywhere, dans la filière de ce qui se fait alors.

Les Who, et cet album est là pour le rappeler, c’est « la puissance d’un tremblement de terre et la finesse d’une lame de rasoir » (Source Florent Mazzoleni dans son Odyssée du Rock). Je le recommande chaudement, mais soyez prudents, ces trucs là peuvent vous péter à la tronche si c’est mal manipulé (RAZOR©).

 

1. Out In The Street.

2. I Don’t Mind.

3. The Goods Gone.

4. La-La-La-Lies.

5. Much Too Much.

6. My Generation.

7. The Kids Are Alright.

8. Please Please Please.

9. It’s Not True.

10. I’m A man.

11. A Legal Matter.

12. The Ox.

 

Roger Daltrey:chant,harmonica.

John Entwistle:basse,choeurs.

Keith Moon:batterie,percussions.

Pete Townshend:guitare acoustique,guitare 12 cordes,guitare électrique,choeurs.

LP Studio 2 - 1966

 

The who a quick one

 

THE WHO

A QUICK ONE - 1966  3/5

 

Publié en 1966.

Produit par Kit Lambert.

Durée:31:48.

Label:Reaction/Polydor (U.K), Decca,MCA (U.S.A).

Genre:pop-rock,rock.

 

Le Who n’amphé pas trop.

 

Après avoir étalé de réelles dispositions dans leur album précédent, le survitaminé My Generation (1965), on se dit que si les Who avaient la bonne idée de renouveler leur performance avec un deuxième album de rang de ce calibre, alors on tiendrait là le futur occupant du trône rock anglais.

Malheureusement A Quick One (en écoute intégrale ici), publié à la fin de l’année suivante, n’a pas la force explosive ni la matière adéquate pour que l’on puisse parler de confirmation pour le groupe londonien. Via ce présent disque, digne d’intérêt – ne me faites pas dire ce que je n’ai pas dit -, on peut comprendre pourquoi les Who sont sur la troisième marche du podium britannique.

En pleine rivalité avec les Beatles de Revolver et Sgt Peppers et avec les Stones, alors auteurs de deux LP restés légendaires, Aftermath et Between The Buttons, les Who d’A Quick One sont très à la traine. Rares sont les fans de la bande à Townshend à avoir imaginé un tel scénario après le grand disque qui précède.

Il faut toutefois s’y résoudre, mais il y a une explication à cela. Les Who, après le succès de My Generation, single et LP confondus, passent l’année 1966 entre concerts et séances studio pour pouvoir être prêts à lancer rapidement sur le marché des singles comme l’acide Substitute. A trop se disperser, fric oblige, les Who en arrivent à négliger la préparation de leur second LP au son totalement différent de son prédécesseur.

Townshend y pose ses premières banderilles opéra-rock. Le morceau titre, une belle curiosité, annonce les Tommy ou autres Quadrophenia. Tous les Who relèvent les manches pour alimenter une écriture qui, pour le coup, manque de cohérence. C’était dans le contrat et, à partir de là, Townshend n’avait pas à se fouler plus pour redorer le blason d’un disque au final insuffisant et manquant de force.

Cela étant dit, les trois lascars, Daltrey, Moon et Entwistle s’en sortent assez bien. En dépit de leur manque d’expérience au songwriting, A Quick One révèle deux encourageants Whiskey Man et Boris The Spider (le meilleur titre de cet album), signés du bassiste, ainsi que le prometteur Cobwebs and Strange de Keith Moon. Pour moi, c’est big ratage ou je ne m’y connais pas (RAZOR©).

 

1. Run Run Run.

2. Boris the Spider.

3. I Need You.

4. Whiskey Man.

5. Heat Wave.

6. Cobwebs and Strange.

7. Don't Look Away.

8. See My Way.

9. So Sad About Us.

10. A Quick One, While He's Away.

- Her Man's Been Gone.

- Crying Town.

- We Have a Remedy.

- Ivor the Engine Drive.

- Soon Be Home.

- You Are Forgiven.

 

Roger Daltrey:chant,trombone.

John Entwistle:basse,chœurs,chant,claviers,cor français,trompette.

Pete Townshend:chant,chœurs,guitares,claviers,sifflet

Keith Moon:batterie,chœurs,percussion,tuba.

LP Studio 3 - 1967

 

The who sell out

 

THE WHO

THE WHO SELL OUT – 1967  5/5

 

Publié en décembre 1967.

Produit par Kit Lambert.

Durée:38:46.

Label:Track,Decca.

Genre:pop psychédéliques,power pop.

 

Des Monty Python avant l’heure.

 

Quand les Who emboitent le pas à la tendance psychédélique ambiante, ça donne ça: The Who Sell Out (en écoute intégrale ici) de 1967. Les londoniens, imaginatifs, inspirés, drôles, osés, nous entraînent dans un univers publicitaire décalé, qui s’il ne sensibilise pas les adeptes de My Generation et du rock agressif qui l’accompagne, emportent l’adhésion de la critique dans son ensemble, des américains qui piquent au truc pour la première fois et des fans qui ont intégré que le groupe a amorcé un virage musical dans l’album précédent.

En dépit de sa tendance à cliver les fans, The Who Sell Out prend place à un très honorable 113ème rang des meilleurs albums de tous les temps, au 13ème dans les classements britanniques et au 48ème sur le sol américain. Laissons à ceux à qui il hérisse le poil le libre arbitre de ne pas mordre aux bizarreries ambiantes, moi je suis preneur. J’aime cette atmosphère déphasée et ludique mise en place par une formation qui, pour le coup, ne se prend pas au sérieux.

13 chansons alternent avec autant de jingles et d’annonces commerciales, de quoi donner l’impression de se retrouver en pleine émission dans les studios radiophoniques de la BBC. Ce concept album tombe à un moment où les Who commencent à saoûler leur monde à fracasser leur matos en fin de concerts.

Partis comme ils le sont alors, les Who voient leur public attendre autre chose d’eux. Ce qu’ils proposent ici est donc radicalement nouveau. Et bon, musique comme concept. On ne le sait pas encore, mais ce disque va s’avérer être une pierre angulaire du catalogue et avoir la même importance que My Generation, Tommy ou Who’s Next auquel il dispute le titre de meilleur travail des Who.

Odorono, Tattoo, Mary Ann with the Shaky Hand … le songwriting est énorme et délirant, d’autant qu’il inclut aussi I Can’t See For Miles, le single le plus vendu de toute l’histoire des Who. De par son aspect décalé, The Who Sell Out est la traduction musicale de ce que les Monty Python vont relayer sur les écrans deux ans plus tard (RAZOR©).

 

1. Armenia City in the Sky.

2. Heinz Baked Beans.

3. Mary Anne with the Shaky Hand.

4. Odorono.

5. Tattoo.

6. Our Love Was.

7. I Can See for Miles.

8. Can't Reach You.

9. Medac.

10. Relax.

11. Silas Stingy.

12. Sunrise.

13. Rael (1 and 2).

 

Roger Daltrey:chant,chœurs,percussions.

Pete Townshend:guitare,chant,claviers,pennywhistle,banjo,orgue,chœurs.

John Entwistle:basse,chant,cors,chœurs.

Keith Moon:batterie,chant,chœurs,percussions.

Al Kooper:claviers,orgue.

LP Studio 4 - 1969

 

The who tommy

 

THE WHO

TOMMY – 1969  4,5/5

 

Publié le 23 mai 1969.

Produit par Kit Lambert.

Durée:75:15.

Label:Track.

Genre:opéra-rock,hard rock,rock,pop-rock.

 

Tommy or not Tommy ?

 

Tommy (en écoute intégrale ici) est un grand disque de rock, mais son auteur, les Who, n’a pas choisi la voie de la facilité pour entrer dans la légende. Car c’est bien de cela dont il s’agit avec ce double LP conceptuel : de disque légendaire, anthologique. Pensez donc, le premier opéra-rock de l’histoire de la musique…

Pete Townshend a précédemment anticipé cette démarche ambitieuse en alimentant A Quick One d’un mini opéra-rock, via sa chanson titre, puis en faisant de l’album qui précède Tommy, à savoir The Who Sel Out, une sorte de concept disque psychédélique.

On sent bien, depuis quelque temps, qu’il tourne autour du pot, qu’il a en tête un projet et qu’il est à deux doigts de le finaliser. Celui-ci tombe en 1969 à un moment où les Who passionnent moins la masse, où ils sont même dans la mouise pour ne pas avoir su conquérir suffisamment tôt le marché américain, et ce, même si la critique et les fans ont bien aimé le récréatif et décalé The Who Sell Out. Hélas, les ventes ne suivent pas pour la deuxième fois de rang. Il n’est donc que leurs singles pour leur sauver la mise.

Le projet en question s’appelle Tommy ; Townshend a le nez creux, son œuvre, depuis entrée dans le Gotha du rock, est éclatante. Son auteur est glorifié pour ne pas dire divinisé, ses acteurs élevés au statut de stars internationales.   

Autour de chansons-fictions et d’un mélange de pop, rock et d’un soupçon de psychédélisme, Townshend relève le challenge, tissant l’histoire d’un enfant traumatisé par la vision de sa mère dans les bras de son amant et qui lui intiment le silence. Celui-ci devient sourd, muet et non-voyant et évolue vers un leader spirituel. L’acide et les substances hallucinogènes s’invitent en filigrane de cette œuvre qui révèle les sublimes Pinball Wizard, I’m Free, The Acid Queen, 1921, Cousin Kevin, Christmas, Sally Simpson, We’re Not Gonna Take It, Amazing Journey/Sparks, Overture/It’s a Boy.

Au final, Tommy, victime de son succès, occulte un peu la carrière des Who qui derrière signent un Who’s Next exceptionnel, pour moi leur meilleur LP. Et ça on a tendance à l’oublier. Alors, pour le meilleur disque des Who, Tommy ou or Tommy ? (RAZOR©).  

 

1. Overture.

2. It's a Boy.

3. 1921.

4. Amazing Journey.

5. Sparks.

6. Eyesight to the Blind (The Hawker).

7. Christmas.

8. Cousin Kevin.

9. Acid Queen.

10. Underture.

11. Do You Think It's Alright ?

12. Fiddle About.

13. Pinball Wizard.

14. There's a Doctor.

15. Go to the Mirror !

16. Tommy, Can You Hear Me ?

17. Smash the Mirror.

18. Sensation.

19. Miracle Cure.

20. Sally Simpson.

21. I'm Free.

22. Welcome.

23. Tommy's Holiday Camp.

24. We're Not Gonna Take It.

 

Roger Daltrey:chant.

Pete Townshen :guitares,chant.

John Entwistle:basse.

Keith Moon:batterie,percussions.

Paul Townshend,Simon Townshend:chœurs.

LP Live 1 - 1970

 

Who live at leeds

 

THE WHO

LIVE AT LEEDS – 1970  5/5

 

Publié en Mai 1970.

Produit par The Who,Kit Lambert,Jon Astley.

Durée:36:24.

Label:Track Records.

Genre:rock.

 

Les Who en sont encore à assurer la promotion de leur opéra-rock Tommy (sorti en mai 1969), dans des tournées qui les mènent aux quatre coins du monde, que le jour de la Saint Valentin 1970 les fixe à Leeds. A l’Université de Leeds et plus précisément au réfectoire. C’est là que les concepteurs de ce disque ont l’heureuse initiative de capter la performance du jour. Mémorable.

Live At Leeds, (version deluxe en écoute intégrale ici), le vinyle qui en découle, publié en mai 1970, est inoubliable. Il dégage une telle force, une énergie inhabituelle, une brutalité phénoménale. Même s’il bénéficie de retouches en studio, l’essentiel est sauvegardé : la puissance, avec des amplis montés comme jamais, et le collectif, car un Who détourné de sa meute, c’est un groupe qui barre en couilles.

Fait dans la simplicité côté pochette avec un visuel aussi dénudé que Brigitte Lahaie dans Les Infirmières N’ont Pas De Culotte, réalisé dans la plus grande concision avec 6 titres à se mettre sous la dent, effectué sans chichis mais efficacement et avec explosivité, côté scène, Live At Leeds ne traîne pas en longueur. Résultat : 36 minutes et des.

Les Who font le métier et remballent les gaules. Non sans avoir livré une performance extraordinaire au passage, histoire de chambrer le Led Zep voisin et de lui montrer que les caïds de la place, ce sont eux, les Who.

Pour décoiffer les mises en plis les plus soignées, les Who ont le répertoire qu’il faut : Summertime Blues, Shakin’ All Over et Young Man Blues, les incontournables reprises qu’ils se sont appropriées. P

Pour faire s’envolerr les moumoutes, Substitute, My Generation et Magic Bus. Rien que ça ! Autant dire que c’est hargneux, rageur et que ça fait énormément de bien les jours sans. Une discothèque représentative du rock des années 60/70 sans ce disque n’est pas envisageable une seule seconde. Donc…(RAZOR©)

 

1. Young Man Blues.

2. Substitute.

3. Summertime Blues.

4. Shakin’ All Over.

5. My Generation.

6. Magic Bus.

 

Roger Daltrey:chant,harmonica,tambourin.

Pete Townshend:guitare,chant.

John Entwistle:basse,chant.

Keith Moon:batterie,chant.

LP Studio 5 - 1971

 

The who who s next

 

THE WHO

WHO’S NEXT – 1971  5/5

 

Publié en Août 1971.

Produit par Glyn Johns.

Durée:43:35.

Label:Track,Decca,Polydor.

Genre:rock.

 

Le pinacle du catalogue des Who.

 

Je ne vais quand même pas passer par le 49/3 pour imposer le principe que Who’s Next est ce que les Who ont fait de mieux. Ce disque, publié en 1971 mais d’abord aux Etat-Unis, le démontre dans les chiffres : N°1 au Royaume-Uni, N°4 au Billboard américain et 28ème dans le classement Rolling Stone des 500 meilleurs albums de tous les temps. Un C.V de cet acabit, renforcé par la présence en son sein de Baba O’Riley, Behind Blue Eyes et de l’épique Won’t Get Fooled Again, plaide indiscutablement en ce sens.

Indépendamment de ces données, l’écoute de Who’s Next amène à reconnaître l’intelligence de sa conception, la perfection de sa réalisation, l’habileté de sa production et là on sent la touche de Glyn Johns, ainsi que la puissance d’une performance rehaussée par un son dynamique lui-même marqué par une utilisation subtile et efficace des synthés.

Il fallait bien faire converger tous ces éléments pour sortir du rang après Tommy et à un moment où le rock inonde le marché britannique de disques à très fort potentiel comme Sticky Fingers (Rolling Stones), le IV de Led Zep ou encore Meddle d’un Pink Floyd qui a alors le vent en poupe.

Dans la mesure où Who’s Next aurait pu ne pas être, on peut se réjouir doublement de cette publication classifiée aujourd’hui comme anthologique. Who’s Next prend, en effet, sa source dans une idée avortée, le fameux projet d’opéra-rock bis, le maudit Lifehouse qui, dans l’esprit de Pete Townshend a vocation à donner une suite à Tommy, toujours sous forme de double album.

La démarche, assez complexe et démesurément ambitieuse, convenons-en, est enterrée au profit d’un disque de rock plus conventionnel. Les pièces héritées de ce concept sont retravaillées, puis reversées vers ce qui va être le 5ème LP des Who, ainsi que sur les opus suivants The Who By Numbers et Who Are You et les singles.

De double, Who’s Next, moins contraignant, devient simple et, dans le même temps, se positionne comme le pinacle de la discographie des anglais. Critiques et public convergent vers ce constat. Tout est dit ; point n’est besoin d’en faire des tonnes (RAZOR©).

 

1. Baba O'Riley.

2. Bargain.

3. Love Ain't for Keeping.

4. My Wife.

5. The Song Is Over.

6. Getting in Tune.

7. Going Mobile.

8. Behind Blue Eyes.

9. Won't Get Fooled Again.

 

Roger Daltrey:chant.

John Entwistle:basse,cuivres,chant,piano.

Keith Moon:batterie,percussions.

Pete Townshend:guitares,orgue,VCS3,synthétiseur ARP,chant,piano.

Nicky Hopkins:piano sur 5/6.

Dave Arbus:violon sur 1.

LP Studio 6 - 1973

 

The who quadrophenia

 

THE WHO

QUADROPHENIA – 1973  3/5

 

Publié en octobre 1973.

Produit par The Who,Kit Lambert,Glyn Johns.

Durée:81:36.

Label:Track,MCA.

Genre:rock,hard rock,opéra-rock.

 

Il est clair que les supporters des Who en mode opéra-rock trouveront, en Quadrophenia (en écoute intégrale ici) de 1973, chaussure à leur pied. Quatre ans après Tommy, dans la foulée d’un projet ambitieux avorté et dispatché entre Who’s Next, singles et albums à venir (The Who By Numbers et Who Are You ?), Pete Townshend montre qu’il se s’est pas remis de l’échec de Life House.

Il insiste et si passe auprès des fondus évoqués ci-dessus, j’avoue que pour moi, c’est stop. Je mets les pouces. L’opéra-rock, j’en ai bouffé plus que de raison à passer en boucle Tommy et, pour le coup, le genre me les brise menues.

Quand on sort d’un Who’s Next exceptionnel, on attend une suite du même tonneau, pas un retour à un mini-opéra qui, à la longue et à force d’éculer le genre, fut-il présentement consacré à couvrir deux jours de la vie d’un dénommé Jimmy dans l’Angleterre Mod du milieu des 60’s, devient franchement rabat-joie. Enfin, moi je vois les choses comme ça.

On pourrait me rétorquer que les Who, tu les aimes ou tu les quittes. Mouais, on pourrait. Mais avant de lever le siège, permettez-moi de dire que ce que je pense, à ce stade de la carrière du groupe, c’est un peu beaucoup le reflet de l’opinion générale.

Quadrophenia a beau être une réussite dans les bacs, en faisant 2 et 2 au Royaume-Uni comme chez Tonton Sam, j’ai rarement été au bout du format double hormis l’écoute initiale pour savoir de quoi il retourne exactement.

Sa langueur me pompe royalement, malgré quelques très bons titres que je me contente d’aller piocher au gré de mes envies et de mes humeurs comme le diabolique The Real Me (et la basse terrible d’Entwistle), le hit mélancolique 5:15, The Punk Meets The Godfather, cynique, le puissant Love O’er Me, The Dirty Boy, la ballade acoustique I’m One ou Sea And Sand.

Il n’est pas mauvais disque, il est le disque ambitieux et complexe de trop. Le moins accessible du catalogue et le temps n’a pas arrangé les choses. Je préfère de loin mon Who’s Next (RAZOR©).  

 

 

1. I Am the Sea.

2. The Real Me.

3. Quadrophenia.

4. Cut My Hair.

5. The Punk and the Godfather.

6. I'm One.

7. The Dirty Jobs.

8. Helpless Dancer.

9. Is It in My Head ?

10. I've Had Enough.

11. 5:15.

12. Sea and Sand.

13. Drowned.

14. Bell Boy.

15. Doctor Jimmy.

16. The Rock.

17. Love, Reign o'er Me.

 

Roger Daltrey:chant.

Pete Townshend:guitares,piano,synthétiseurs,chant.

John Entwistle:basse,cuivres,chant.

Keith Moon:batterie,percussions,chant.

LP Studio 7 - 1975

 

The who by numbers 75

 

THE WHO

THE WHO BY NUMBERS – 1975  3/5

 

Publié en Octobre 1975.

Produit par Chris Charlesworth,Bill Curbishley,Robert Rosenberg,Glyn Johns.

Durée:37:10.

Label:Polydor Records (U.K),MCA Records (U.S.A)

Genre:rock.

 

Une réussite qui cache son indigence.

 

Avant d’être les Who, ils furent les High Numbers. Le titre du septième volet discographique du catalogue, The Who By Numbers (en écoute intégrale ici), réfère à ce passé. Suite à des tensions internes opposant les Who et à leur encadrement, il est publié chez Polydor au lieu de sortir, comme ce fut le cas lors des derniers albums, sur l’étiquette Track fondée, rappelons-le, par le groupe, par leurs managers Chris Stamp et Kit Lambert, producteur maison, pour aider à la promotion d’artistes de leur choix.

7 au Royaume-Uni, 8 aux States où il paraît sous MCA, même s’il n’est pas le meilleur album des anglais, The Who By Numbers trouve un écho favorable auprès du public. Après avoir touché l’or deux mois après sa publication, il se pare de platine au fil du temps (début des 90’s), signe de l’intérêt que les dernières heures auprès de Keith Moon suscite.

Pourtant, The Who By Numbers n’a rien de mirobolant, souffrant par trop du manque d’inspiration de son songwriter attitré, lequel semble s’être trop consommé dans ses obsessionnels projets d’opéra-rock et souffrir de ne pas pouvoir offrir plus.

Ajoutez-y une situation personnelle fragilisée, une propension à avoir la tête un peu trop près du goulot, des tendances suicidaires. Il est mal, chef. Il est mal. Et ça se ressent au point que John Entwistle, pas réputé pour être une sommité de l’écriture, même s’il a déjà réussi quelques bons coups, signe ici le meilleur titre (Success Story) d’un lot moyen.

Le jeu de ses acteurs sauve un disque en mal de grands titres, donc loin de pouvoir prétendre boxer dans la catégorie de Who’s Next. Sa réussite commerciale est flatteuse, usurpée même. Artistiquement, c’est le néant. (RAZOR©).

 

1. Slip Kid.

2. However Much I Booze.

3. Squeeze Box.

4. Dreaming From the Waist.

5. Imagine a Man.

6. Success Story.

7. They Are All in Love.

8. Blue, Red and Grey.

9. How Many Friends.

10. In a Hand or a Face.

 

Roger Daltrey:chant.

Pete Townshend:guitare,chant,claviers.

John Entwistle:basse,chant.

Keith Moon:batterie.

Nicky Hopkins:piano sur 7/10.

LP Studio 8 - 1978

 

The who who are you

 

THE WHO

WHO ARE YOU – 1978  3/5  

 

Publié le 18 août 1978.

Produit par The Who,Glyn Johns,Jon Astley.

Durée:42:43.

Label:Polydor (U.K.),MCA (U.S.A).

Genre:rock.

 

Salut Moon The Loon.

 

Who Are You (en écoute intégrale ici) étant le dernier LP des Who avec Keith Moon, son intérêt est plus historique qu’artistique. Il sort mi-août 1978, trois semaines avant que le légendaire batteur ait été déclaré mort d’overdose.

L’occasion de lui accorder ici la vedette, plus qu’au disque, est ici justifiée par le fait que Keith Moon est un personnage incontournable du rock, dans ce qu’il compte comme grands techniciens de l’instrument d’une part, mais aussi dans ce qu’il a engendré comme rock stars emportées par un processus d’autodestruction.

Si Ozzy Osbourne décapite les chauve-souris avec les dents, Keith Richards se balade quotidiennement avec un calibre, Alice Cooper poignarde des poupées, le trip de Keith Moon est double. Sur scène, il finit les concerts en fracassant sa batterie et ça en devient son label ; en dehors, son passe-temps favori consiste à faire péter les cuvettes de chiottes. Ceux des endroits chics plus particulièrement. Il avait toujours à portée de lui des explosifs.

A défaut, il balance par la fenêtre tout ce qui lui passe sous la main. De quoi plomber les tournées du groupe, gonfler les budgets judiciaires et dédommagements et alimenter la réputation de mauvais garçons du rock du groupe anglais.

Au début, ce fut drôle, à la longue moins. Les frasques de son batteur n’ont pourtant jamais désuni le collectif et, au moment où les Who abordent leur huitième album, les Stones sont surpris à faire des œillades au disco (Miss You), tandis que les Beatles sont de l’histoire ancienne, ayant déjà rendu l’âme depuis 8 ans. De là à dire que tout fut beau et rose…

Les Who étaient de bons clients en matière d’amphés, de coke, et de bibines et les tensions étaient légion surtout sur la fin de leur cycle. Mais ils tiennent.

Incontrôlable au point d’apparaître en public déguisé en Rommel, rock & roll comme il se qualifiait, timbré quoi qu’on puisse en penser, irresponsable, Keith Moon, alias Moon The Loon (le givré), avait choisi de brûler son existence par les deux bouts, de vivre dangereusement et de faire de son quotidien un mode de vie autodestructeur et chaotique. La seule issue possible était la mort, elle intervient paisiblement, dans son sommeil, un 7 septembre 1978. A 32 ans.

A côté de ça, il était un batteur incomparable, l’un des plus grands que le rock ait connu, mais à ce stade de sa carrière, sa santé, salement mise à mal par les abus de drogue et d'alcool, ne lui permet plus d'honorer toutes les dates de la tournée de 1978. Il ne prend part qu'aux dernières séances d'enregistrement de l'album, mais ne parvient quasiment plus à jouer de la batterie avec le même entrain, la même explosivité, la même puissance et la même technique.

Comme il n’est pas un seul Who pour racheter l’autre, j’entends par là qui n’ait pas le nez dans la dope, le dernier disque des 70’s des anglais finit par être un de leurs travaux les moins probants, ce que ne traduit pas son succès dans les bacs (2 aux Etats-Unis et 6 en Grande-Bretagne). Mais ça c’est une autre histoire : les Who resteront toujours les Who, quoi qu’il advienne (RAZOR©).

 

1. New Song.

2. Had Enough.

3. 905.

4. Sister Disco.

5. Music Must Change.

6. Rick of the Light.

7. Guitar and Pen.

8. Love Is Coming Down.

9. Who Are You.

 

Roger Daltrey:chant.

Pete Townshend:guitare,piano,synthétiseur,chant.

John Entwistle:basse,synthétiseurs,chant.

Keith Moon:batterie,percussion.

Andy Fairweather-Low:chœurs.

Rod Argent:synthétiseur,piano.

Ted Astley:arrangements de cordes.

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