Tom Fogerty.

BIOGRAPHIE.

 

 

TOM FOGERTY/San Francisco (Californie – USA)

 

Tom fogerty 1

 

Né Thomas Richard Fogerty, le 9 novembre 1941 à Berkeley (Californie), mort à Scottsdale (Arizona), le 6 septembre 1990.

Actif entre 1958 et les 80's.

Label:Fantasy,PBR.

Genre:rock,folk,folk-rock,blues,blues-rock,country,country-rock,swamp rock,roots rock,roll and roll.

 

Une brouille tenace.

Quand, mi janvier 1971, Tom, l'aîné des Fogerty, quitte Creedence Clearwater Revival, le déclin du groupe, alors considéré comme le plus important du rock, va s'amorcer. Si rien n'est prémédité de sa part, sa décision est malgré tout prévisible. Tom, éclipsé par son jeune frère John (de trois ans et demi son cadet), en a ras la coiffe, étouffe de ne pas exprimer son talent, alors qu'il flirte avec les 30 ans.

Tom fogerty and the blue velvetsTom Fogerty And The Blue Velvets (1961/62).

Tom fogerty the golliwogsThe Golliwogs (1964/1967).

Tom fogerty creedenceCreedence Clearwater Revival.

Tom fogerty et johnTom et John : brouillés jusqu'au bout.

Tom fogerty 2Un homme merveilleux selon Doug Clifford.

A John, talent précoce et leader omnipotent du groupe, les lauriers de la gloire. Tom doit se contenter des miettes ; une seule de ses chansons (Walk On The Water) trouvera grâce auprès de son frangin lequel pousse ses propres compositions et lui souffle le chant.

Ambitieux et jaloux, ce dernier ne souhaite pas la réussite de son aîné. Entre eux va naître une des plus grandes brouilles du rock qui va durer jusqu'à la mort de Tom, en septembre 1990.

Le soutien de Stu et Doug.

Quant à Creedence Clearwater Revival, après Pendulum, sixième LP du groupe (un million d'exemplaires vendus), il poursuit en trio et met la clé sous la porte un an plus tard. Creedence, c'était aussi Tom, Doug et Stu. N'en déplaise à John.

La disparition de Tom n'a pas arrangé les choses. Stu Cook et Doug Clifford ont reproché son comportement à John qui refuse de jouer avec eux lors de l'intronisation de CCR au Rock And Roll Hall Of Fame (1993). Riposte du duo de la rythmique : il monte dans la foulée un groupe de tournée qu'il baptise Creedence Clearwater Revival Revisited...

Tom Fogerty et les Blue Velvets.

Tom Fogerty est né à Berkeley dans la région de San Francisco. Dès le lycée, il se prend de passion pour le rock and roll. Il fait ses premiers pas dans la musique comme chanteur à la tête de Spider Webb And The Insects qui, à la fin des 50's, décroche un engagement auprès du label californien Del-Fi Records, lequel abrite un certain Richie Valens.

Le groupe de Tom n'enregistre aucun titre et se sépare en 1959, date à laquelle l'aîné des Fogerty rebondit sur les Blue Velvets, un trio instrumental emmené par... John Fogerty, soutenu par Stu Cook et Doug Clifford, respectivement bassiste et batteur. Les Blue Velvets ont des ambitions et se rapprochent de Tom, chanteur, pour les réaliser. Le Blue Velvets devient même Tom Fogerty and The Blue Velvets.

Trois singles en émergent sur la période 1961/62, réalisés pour le label Oakland's Orchestra Records : Come On Baby/Oh My Love (1961), Have You Ever Feel Lucky/Bonita (1962) et Yes You Did/Now You're Not Mine (1962). Au chant principal, Tom rajoute la guitare rythmique tandis que Stu Cook glisse du piano à la basse.

Empêché par son propre frère.

A l'été 1964, Fantasy Records leur permet de signer deux autres titres qui paraissent sous le nom des Golliwogs : Don't Tell Me No Lies/Little Girl (Does Your Momma Know). John et Tom se partagent désormais l'écriture et le chant principal. Ils adoptent les pseudos de Toby Green pour John et de Rann Wild (Tom).

Aucun single majeur ne venant étayer cette période, John Fogerty prend le contrôle des Golliwogs qui deviennent Creedence Clearwater Revival en 1968. John Fogerty écrit tous les titres, les chante et joue de quasiment tous les instruments. Cerise sur le gâteau, il officie aussi comme producteur.

Les années Creedence entrent dans les annales du rock et le mérite de cette réussite insolente en revient aussi à Tom, même si John signe tous les gros coups du groupe. Entre juillet 1968 et décembre 1970, le groupe publie 6 albums énormes (Creedence Clearwater Revival, Bayou Country, Green River, Willy And The Poor Boy, Cosmo's factory et Pendulum) et une palanquée de singles qui rencontrent tous les succès. John est élevé au rang de génie, les autres n'ont que les yeux pour pleurer. Les frictions s'invitent dans la fratrie, puis entre le cadet des Fogerty et le duo Cook/Clifford.

Tom reprend sa liberté.

Un mois après la publication de Pendulum, Tom Fogerty, lassé du rôle secondaire auquel il est cantonné et des tournées éreintantes avec CCR, reprend sa liberté et engage une carrière solo chez Fantasy Records. Celle-ci débute par un album éponyme sorti en 1972 qui lui offre, enfin, l'opportunité de faire ce que bon lui semble et de laisser libre cours à ses idées.

Tom signe un lot de 10 originaux et s'assure le soutien instrumental de pointures de la place californienne comme John Kahn, Merl Saunders, Russ Gary, Billy Mundi ou Bill Vitt.

Signe de la qualité de sa production, le disque s'installe au 78ème rang du Billboard 100, mais force est de constater que Tom échoue dans sa tentative de sortir de l'ombre de son cadet. S'il a son style, il ne convainc que peu de clients. Son talentueux frère était vraiment un faiseur de hits hors pair et Tom n'a pas à rougir ici du parallèle qu'il s'impose.

Tom fogerty clifford 2

« John a empêché Tom de chanter. C'est Tom qui nous a pris avec lui parce que son groupe du moment n'a pas pu saisir l'occasion qui lui a été offerte. Il a cru en nous, nous est toujours resté fidèle et proche. C'est lui qui payait les enregistrements. Il avait alors femme, enfants et une maison hypothéquée. Il était merveilleux. Sans Tom l'histoire de Creedence ne se serait pas écrite. Quand Tom a bien voulu laisser le chant à son jeune frère, il était loin de s'imaginer qu'il ne chanterait plus jamais pour le groupe, ni une de ses chansons. Stu et moi l'avons fait remarquer à John. Nous n'étions pas d'accord avec sa façon de faire. Je pense que John craignait que Tom ne réussisse comme chanteur. » (Doug Clifford)

Un talent mal récompensé.

Excalibur (octobre 1972), son suivant, ne fait pas mieux, malgré la présence de Jerry Garcia. Stu Cook, Doug Clifford et... John Fogerty pointent eux sur le troisième LP de Tom, Zephyr National, publié en avril 1974. Le petit frère se contente de faire une pige sur Mystic Isle Avalon et Joystic Resurrection, mais enregistre ses parties bien à l'écart des autres... ambiance, ambiance.

John ne reconduit pas l'expérience, Stu et Doug oui, qui sont à l'appel de Myopia, sorti à la fin de l'année 1974 et qui constitue son 4ème album personnel en deux ans. Hélas, ses efforts ne sont pas couronnés, les ventes ne suivant pas, d'autant que Tom refuse d'aller défendre ses travaux en tournée, au motif de préserver sa vie de famille.

Il vit alors essentiellement des droits amassés par la carrière exceptionnelle de Creedence, ne cherchant à rivaliser avec personne et se satisfaisant modestement de l'objectif de devenir un songwriter respecté. Myopia est son ultime LP personnel des années 70.

Chasser le naturel...

Il passe le reste de la décennie au sein de Ruby, un groupe de la baie de Frisco, actif entre 1976 et 1984 et auteur de trois LP : Ruby, Rock And Roll Madness et Precious Gem, crédité à Tom Fogerty + Ruby. Un quatrième opus, Sidekicks (réalisé en 1988) est publié à titre posthume (1993). Le fils de Tom y évolue à la basse.

Dans le même temps, sa discographie solo s'enrichit d'un Deal It Out (1981), mélange d'originaux et de reprises. Si son premier album personnel depuis 8 ans ne rencontre pas le succès, il n'en demeure pas moins un travail très professionnel et soigné.

Tom Fogerty continue à tracer sa route sans chercher à faire mousser, sans faire de bruits et loin de son passé de Creedence, quoi que Champagne Love, Mystery Train et The Secret ont encore du CCR dans le moteur. Chasser le naturel... Réussir semble alors être le dernier de ses soucis.

Une fin indigne de l'homme merveilleux qu'il fut.

Après avoir déménagé à Scottsdale dans les années 80, Tom est hospitalisé pour des problèmes récurrents de dos. Il doit être opéré. Au cours de l'intervention, il est contaminé par une transfusion sanguine et se retrouve infecté par le virus du sida. Il en décède, même si la raison officiellement annoncée de sa mort est la tuberculose. Il s'éteint le 6 septembre 1990.

Incinéré, ses cendres sont récupérées par son épouse qui, le jour de l'intronisation de CCR au Rock And Roll Hall Of Fame, depose l'urne au milieu d'une scène que John refuse de rejoindre. Un ange passe... (RAZOR©)

DISCOGRAPHIE THE GOLLIVOGS 60'S.

LP Compilation - 1975

 

Golliwogs pre creedence

 

THE GOLLIWOGS

PRE-CREEDENCE – 1975  3/5

 

Publié en 1975.

Produit par John Fogerty.

Durée:33:09.

Label:Fantasy Records.

Genre:rock & roll,rock garage.

 

Dernier palier avant la gloire.

 

Avant d’être les Creedence, ils ont été les Golliwogs. Mais ça, c’était avant ! Ah, les Creedence… la bande aux Fogerty qui n’en finit plus d’enfiler les hits à la fin des années 60, C.C.R pour ceux qui ne veulent pas escamoter leur nom à rallonges, Creedence Clearwater Revival, appellation née de la juxtaposition de trois mots n’ayant aucun lien entre eux.

Creedence fait, en effet, référence à Credence Nuball, un pote des Fogerty ; Clearwater renvoie à une marque de bière et à leur penchant écolo, tandis que Revival traduit leur nouvelle voie musicale comme s’ils voulaient se défaire coûte que coûte de leur passé de Golliwogs.

Les Golliwogs n’ont alors pourtant rien de méprisable. Avant de marcher, il faut déjà commencer par tenir debout avant d’enchaîner les pas. La bande aux Fog doit en passer par là, dès lors qu’elle crée le trio instrumental des Blue Velvets (1959), une mouture encore antérieure aux Golliwogs. Leur chaland du moment se concentre essentiellement sur la baie de San Francisco dont ils sont eux-mêmes des natifs (El Cerrito).

Trois modestes singles (chez Orchestra) sont rattachés aux débuts de la troupe des Fog dans les habits des Blue Velvets (plus exactement Tommy Fogerty & The Blue Velvets), mais rien de bien convaincant. Avec le passage chez Fantasy Records, les Blue Velvets deviennent les Golliwogs, sans qu’on leur demande leur avis.

Une demi-douzaine de singles ponctuent cette période du milieu des 60’s qui voit l’aîné des Fogerty tenir les rênes de la formation, partager le chant et l’écriture avec un frangin hyper doué. Mais ce dernier va progressivement le supplanter puis complètement l’étouffer au sein de CCR, le cantonnant à un rôle de faire-valoir.

Il en découle une grande animosité entre eux (un peu comme les frères Gallagher d’Oasis), au point que Tom, frustré, sera le premier membre du line-up original à émarger du mythique Creedence, pour s’orienter vers une carrière solo, tout compte fait, honorable (1971).

Le nom de Golliwogs fait référence à une poupée de chiffon noire aux allures clownesques en vogue à la fin du dix-neuvième siècle. De ces Golliwogs, la compilation baptisée Pre-Creedence (1975) réunit l’essentiel de ce qui a servi de matériel destiné à contrer l’invasion des britishs sur les terres ricaines. On devine par endroits le CCR boueux qui sommeille en son sein et ça, n’en déplaise au regretté Tom Fogerty, c’est la patte du petit frère.

Toutes les pistes ici collectées et publiées en 1975, retracent l’angle 64/67 de ce qui façonne le C. C. R. à venir et qui avait déjà splitté depuis belle lurettes (1972). A la différence près qu’il ne faut pas en attendre monts et merveilles, le répertoire, par endroits garage (Fight Fire), n’ayant pas les atouts pour une quelconque viabilité commerciale, fait dont Creedence était coutumier entre 67 et 71.

Pour rappel, six de leurs sept LP sont aujourd’hui certifiés platine et une flopée de leurs tubes comptent parmi les plus grandes chansons de l’histoire du rock. Ce Pre-Creedence a valeur historique pour les aficionados du quatuor d’El Cerrito et n’est en rien une énième compil du groupe. C’est juste la période qui précède la naissance d’un grand groupe au son identifiable à des lieues à la ronde. On en devine les prémices ici (RAZOR©).

 

Face 1.

1. Don't Tell Me No Lies.

2. Little Girl (Does Your Mama Know?).

3. Where You Been.

4. You Came Walking.

5. You Can't Be True.

6. You Got Nothin' On Me.

7. Brown-Eyed Girl.

 

Face 2.

1. You Better Be Careful.

2. Fight Fire.

3. Fragile Child.

4. Walking On The Water.

5. You Better Get It Before It Gets You.

6. Porterville.

7. Call It Pretending.

 

Stu Cook:basse.

Doug Clifford:batterie.

John Fogerty:guitare,chant.

Tom Fogerty:guitare,chant.

DISCOGRAPHIE 60 'S/70'S.

LP Studio 1 - 1968

 

Creedence lp 68

 

CREEDENCE CLEARWATER REVIVAL

CREEDENCE CLEARWATER REVIVAL  4/5

 

Publié le 5 juillet 1968.

Produit par Saul Zaentz.

Durée:33:17.

Label:Fantasy Records.

Genre:rock,roots rock,swamp rock.

 

Le meilleur est à venir.

 

Dans l’environnement psychédélique de la fin des années 60, Creedence Clearwater Revival, qui n’a jamais cédé à cette influence, sort un premier album éponyme (en écoute intégrale ici) qui mélange reprises et originaux nés sous la plume de John Fogerty, son compositeur-guitariste. Ce disque est  celui qui établit le son roots mais encore minimaliste de Creedence et qui dévoile ses influences R & B, soul et rockabilly.

Deux grandes couvertures y figurent, incontournables pour le fan du groupe, I Put A Spell On You et Suzie Q (plus de 8 minutes), reprises des années 50 ; Ninety-Nine And A Half est une autre belle reprise de Wilson Pickett tandis que le reste de l’album, auto-écrit révèle une belle qualité, de la simplicité et de l’efficacité.

Les morceaux sont solides comme Walk On The Water (qui date de l’époque des Golliwogs et cosigné avec son frère Tom). Cet album éponyme est déjà un travail superbe, mais il faut savoir que le meilleur reste à venir (RAZOR©).

 

1. I Put a Spell on You.

2. The Working Man.

3. Suzie Q.

4. Ninety-Nine and a Half (Won't Do).

5. Get Down Woman.

6. Porterville.

7. Gloomy.

8. Walk on the Water.

 

Doug Clifford:batterie,basse.

Stu Cook:basse,batterie.

John Fogerty:guitare,chant.

Tom Fogerty:guitare rythmique,chant.

 

LP Studio 2 - 1969

 

Creedence bayou

 

CREEDENCE CLEARWATER REVIVAL

BAYOU COUNTRY – 1969  5/5

 

Publié le 5 janvier 1969.

Produit par John Fogerty.

Durée:33:43.

Label:Fantasy Records.

Genre:roots rock,swamp rock,rock.

 

Une étape vers les futurs sommets.

 

Ce deuxième album de presque 34 minutes de CCR, sorti début 1969, est merveilleux de simplicité et porté par un single d’anthologie, l’universel Proud Mary, indémodable, intemporel, que l’on ne présente plus pour avoir fait moult fois le tour du monde.

Bayou Country (en écoute intégrale ici), produit par un John Fogerty dont on peut alors admirer le look bucheron et la belle coupe capillaire au bol, compte parmi les meilleurs albums d’un groupe qui navigue dans le rock du bayou, le swamp rock, cher à Tony Joe White. Ce n’est d’ailleurs pas un hasard si Stu Cook et Doug Clifford, dont on ne soulignera jamais le rôle important joué dans le son du groupe, se tournent vers le Renard des Marais (Swamp Fox) quand ils ont dans l’idée de pérenniser Creedence après 1972, date de sa rupture.

Bayou Country est l’album qui lance véritablement le groupe californien, une des plus grandes formations de l’histoire du rock de la fin des sixties et début seventies. Il faut savoir que le CCR, cette année là, va sortir trois LP, tous aussi exceptionnels les uns que les autres (Bayou Country, Green River et Willy And The Poor Boys à cheval sur décembre 69 et début janvier 70), qu’il va accroître sa popularité en participant à Woodstock, même si sa prestation du moment est loin d’être une des meilleures qu’on lui prête.

Le marécageux Bayou Country, à la musicalité très Louisiane, ce sont sept titres dont Proud Mary, un Born OnThe Bayou au riff inoubliable, les deux titres-jams « mahousse-costaud » de plus de huit minutes, que sont le monstrueux (mais un peu trop long) blues Keep On Chooglin’ et le boogie Graveyard Train au riff obsédant. Plus concis, Penthouse Pauper et sa guitare poisseuse, Bootleg. A noter aussi une intéressante et originale reprise de Little Richard, Good Golly Miss Molly.

Soutenu par d’excellents musiciens, Bayou Country est une petite merveille et un disque essentiel, non seulement pour le pro-Creedence mais également pour toute personne en quête d’une discothèque représentative du meilleur des 60’s (RAZOR©).


1. Born on the Bayou.

2. Bootleg.

3. Graveyard Train.

4. Good Golly Miss Molly.

5. Penthouse Pauper.

6. Proud Mary.

7. Keep on Chooglin'.

 

Doug Clifford:batterie,basse.

Stu Cook:basse,batterie.

John Fogerty:guitare,harmonica,chant.

Tom Fogerty:guitare rythmique,chœurs.

 

LP Studio 3 - 1969

 

Creedence green river

 

CREEDENCE  CLEARWATER  REVIVAL

GREEN RIVER – 1969  5/5

 

Publié le 3 août 1969.

Produit par John Fogerty,Saul Zaentz.

Durée:28:47.

Label:Fantasy Records.

Genre:rock,swamp rock,roots rock.

 

Green River, une valeur sûre du catalogue.

 

La pochette à elle seule est évocatrice de ce qu’est le Creedence Clearwater Revival de 1969 : le groupe de John Fogerty, son frère Tom, Stu Cook et Doug Clifford étant réduit à la portion congrue. Avec son leader prenant une pose assez affectée au premier plan et les trois autres faire-valoir figés à l’arrière dans un quasi garde-à-vous, les faits ne prennent à aucune équivoque : le boss, c’est le cadet des Fogerty. Point barre.

Il prend tout à son compte. L’écriture, le chant, la prod’ et ça marche. Si Creedence est une valeur sûre du rock de cette fin des 60’s, elle le doit beaucoup à son guitariste certes, mais il ne faut pas s’en tenir à ce seul constat. Le processus de fabrication, de promotion, le son surtout, impliquent autant ses partenaires, sans lesquels la sauce n’aurait pas pris.

Ces gars-là avaient une prédilection pour le bayou et en 1969, date de la sortie de Green River (en écoute intégrale ici), leur troisième dans l’ordre d’apparition au catalogue et deuxième des trois parus cette même année, Fogerty (John) est particulièrement fécond. Il signe de quoi alimenter les ondes pour des mois. Et ça il ne faut pas lui enlever.

Du rock, du country-rock ou de la ballade, pendant une trentaine de minutes, l’album épande une collection exceptionnelle de titres : Lodi, Green River, Bad Moon Rising, Commotion, Cross-Tie Walker, The Night Time Is The Right Time, Wrote A Song For Everyone. ..

Ce disque, qui synthétise bien les grands courants du groupe, est un must have de CCR à côté duquel il est impensable de passer (RAZOR©).

 

1. Green River.

2. Commotion.

3. Tombstone Shadow.

4. Wrote a Song for Everyone.

5. Bad Moon Rising.

6. Lodi.

7. Cross-Tie Walker.

8. Sinister Purpose.

9. The Night Time Is the Right Time.

 

Doug Clifford:batterie.

Stu Cook:guitare basse.

John Fogerty:guitare soliste,chant.

Tom Fogerty:guitare rythmique,chœurs.

 

LP Studio 4 - 1969

 

Creedence willy

 

CREEDENCE CLEARWATER REVIVAL

WILLY AND THE POOR BOYS – 1969  5/5

 

Publié le 2 novembre 1969.

Produit par John Fogerty.

Durée:34:31.

Label:Fantasy Records.

Genre:rock,roots rock,swamp rock.

 

Un grand album.

 

1969 est l’année fertile par excellence pour Creedence Clearwater Revival qui ne sort pas moins de trois LP coup sur coup sur la période: Bayou Country, Green River et Willy And The Poor Boys (en écoute intégrale ici).

Willy And The Poor Boys est leur quatrième et l’un des sommets de la carrière du groupe californien. Très abouti et cohérent, dans un rock frais,  simple et carré, décontracté, sans chichis, il révèle d’entrée une perle impétueuse, Down On The Corner, accouchée par un John Fogerty toujours aussi inspiré et faiseur de hits.

La preuve de la fertilité de son leader concerne aussi l’hymne pacifiste Fortunate Son qui fustige la guerre du Vietnam et les fils fortunés des élites américaines, dénonce les inégalités dans la société et que l’on retrouve sur la bande-son de Forrest Gump et de Die Hard 4. Ce titre deviendra le symbole de l’Amérique des sixties-seventies.  

Outre ces deux tubes, le groupe, solide et sans chichis, à la rythmique efficace et qui n’en fait jamais trop, nous gratifie d’un délicieux country-rock collectif, Cotton Fields. A relever également la petite perle qu’est It Came Out Of The Sky et qui évoque les années 50 et le sublime Feelin’ Blue.

Parmi les autres titres, la chanson traditionnelle The Midnight Special réarrangée pour l’occasion, le blues paresseux Poor Boy Shuffle. Willy And The Poor Boys se termine sur Effigy, un titre long de 6 minutes très efficace.

Simple, carré, énergique, décidément le rock-boogie-country du CCR marque une avancée supplémentaire dans la trajectoire des californiens. Il est une véritable merveille qui s’écoute, plus de 40 ans après, avec toujours autant de plaisir. A l’instar des deux autres jets de la trilogie 69 dans laquelle il s’inscrit et de celui qui suit, Cosmo's Factory (1970), Willy And The Poor Boys est un indispensable de CCR (RAZOR©).

 

1. Down on the Corner.

2. It Came Out of the Sky.

3. Cotton Fields.

4. Poorboy Shuffle.

5. Feelin' Blue.

6. Fortunate Son.

7. Don't Look Now.

8. The Midnight Special.

9. Side O' the Road.

10. Effigy.

 

Doug Clifford:batterie.

Stu Cook:basse.

John Fogerty:guitare,harmonica,chant.

Tom Fogerty:guitare rythmique,chœurs.

 

LP Studio 5 - 1970

 

Creedence cosmo s

 

CREEDENCE CLEARWATER REVIVAL

COSMO’S FACTORY – 1970  5/5

 

Publié le 25 juillet 1970.

Produit par John Fogerty.

Durée:42:28.

Label:Fantasy Records.

Genre:roots rock,swamp rock,rock.

 

Meilleur que le Cialis ou le Viagra.

 

Incroyable comme ça sonne ! Dylan catalogue Cosmo's Factory (en écoute intégrale ici) comme le meilleur du rock ; je n’irai pas jusque là, mais le Zim, faisons lui confiance, il sait de quoi il parle.

Le Creedence , dans les années 60/70, c’est des tubes, encore des tubes, toujours des tubes. Tout ce que le groupe touche, se transforme en or, sous la plume de John Fogerty essentiellement, relayé par un line-up mature et très affuté.

Ce cinquième album n’échappe pas à la règle et reconduit les bonnes habitudes à pondre de la matière à F.M. Personnellement, je suis un inconditionnel de ce CCR (5 albums sur les deux dernières années) qui a animés mes premières boums et de Cosmo’s Factory notamment, sorti en 1970, de la meilleure veine, comme tout ce qui précède.

Cet album est très accompli. Mélange de folk-rock, de blues et de passages progressifs, il nous régale d’entrée avec le morceau à la guitare hallucinante qu’est Ramble Tamble et sur les 11 minutes du hit de Marvin Gaye, I Heard It Through The Grapewine.

Des hits à la pelle, il n’en manque pas. Who’ll Stop The Rain, une ballade, Travelin Band, Up Around The Bend, que j’ai découvert quelques heures avant l’oral de rattrapage du BEPC sur le juke-box du café du coin, et Run Through The Jungle.

John Fogerty qui sillonne toujours les routes, a signé la quasi-totalité des titres, le reste étant des reprises judicieuses comme celle de Roy Orbison (Ooby Dooby). Ca respire la vie avec un son amerloque, le « Deep South » comme on l’aime. Bravo les bouseux ! N’oubliez pas mes pépères, qu’en 1970, le CCR, dans les lycées, les cafés et surtout dans les charts, c’était le Number One. Mais bon, le père Dylan, il n’est pas loin de la vérité quand il fait de ce disque le meilleur du rock. Inoubliable ! Ce disque parvient encore à me filer la gaule à la porte de mes 60 balais. Meilleur que le Cialis ou le Viagra, c’est dire (RAZOR©)

 

1. Ramble Tamble.

2. Before You Accuse Me.

3. Travelin' Band.

4. Ooby Dooby.

5. Lookin' out My Back Door.

6. Run Through the Jungle.

7. Up Around the Bend.

8. My Baby Left Me.

9. Who'll Stop the Rain.

10. I Heard It Through the Grapevine.

11. Long as I Can See the Light.

 

Doug Clifford:batterie.

Stu Cook:basse.

John Fogerty:guitare,piano,saxophone,harmonica,chant.

Tom Fogerty:guitare rythmique.

 

LP Studio 6 - 1970

 

Creedence pendulum

 

CREEDENCE CLEARWATER REVIVAL

PENDULUM – 1970  4/5

 

Publié le 15 décembre 1970.

Produit par John Fogerty.

Durée:40:56.

Label:Fantasy Records.

Genre:roots rock,swamp rock, rock.

 

Le début de la fin.

 

Pendulum (en écoute intégrale ici) appartient à la catégorie des bons albums de Creedence, autrement dit ceux qui n’entrent pas dans le carré magique allant de Bayou Country. Il y rejoint l’album éponyme qui ouvre le catalogue du groupe.  

John Fogerty est encore là à régenter tout ce qui bouge, à écrire tout ce qui lui passe par la tête et à l’imposer aux autres… Normal, le gars tombe les succès les uns derrière les autres depuis les débuts de CCR. Seulement, les trois autres en ont raz-la-casquette, veulent que le cadet des Fog délègue  et les laisse s’exprimer un tantinet. Ce à quoi le leader des CCR répond qu’il reste le seul maître à bord.

Son frère Tom, ne le supportant plus, quitte le groupe dès la fin de l’enregistrement de Pendulum. Il en découle un sixième album dans lequel Creedence entre dans une forte zone de turbulences. L’ambiance est spéciale et contraste avec celles que l’on a pu connaître dans les disques précédents.

Le groupe commence à se déchirer amenant à un déclin pas encore complètement perceptible ici mais depuis établi ; les californiens sauvent la face avec un disque un peu moins flamboyant que ses prédécesseurs mais encore très bon ; certains groupes en phase plus ou moins terminale auraient aimé sortir un album de cette qualité.

Moins de guitare, mais un orgue qui se fait plus présent, ajout de cuivres… c’est un CCR atypique que nous révèle ce LP de 1970. John Fogerty, s’il reste fidèle au rock simple, carré, au swing qui fait la marque de fabrique sonore et rythmique du CCR (Molina, Hey Tonight), s’il nous ravit toujours autant avec les ballades folk (Have You Ever Seen The Rain ?), part dans des directions rhythm & blues, soul (Chameleon) avec des titres comme Born To Move ou la complainte  déchirante Hideway. J’aime malgré tout ce disque particulier, que je trouve homogène, et notamment Pagan Baby, violent, au riff percutant, Sailor’s Lament.

Si Pagan Baby, Hey Tonight, Molina ou Have You Ever Seen The Rain demeurent des vrais CCR, Born To Move et, par exemple, It’s Just A Thought explorent agréablement d’autres horizons. Terminé par un instrumental nommé Rude Awakening No. 2, pièce rare  dans la carrière musicale du groupe californien, Pendulum, malgré sa qualité, annonce le début de la fin pour le CCR et l’insipide Mardi Gras qui suit (RAZOR©).

 

1. Pagan Baby.

2. Sailor's Lament.

3. Chameleon.

4. Have You Ever Seen the Rain?.

5. (Wish I Could) Hideaway.

6. Born to Move.

7. Hey Tonight.

8. It's Just a Thought.

9. Molina.

10. Rude Awakening, No. 2.

 

Doug Clifford:batterie.

Stu Cook:basse.

John Fogerty:guitare,piano,saxophone,harmonica,chant.

Tom Fogerty:guitare rythmique.

DISCOGRAPHIE SOLO 70'S.

LP Studio 1 - 1972

 

Tom fogerty lp

 

TOM FOGERTY

TOM FOGERTY – 1972  3,5/5

 

Publié en 1972.

Produit par Brian Gardner,Tom Fogerty.

Durée:27:50.

Label:Fantasy Records.

Genre:blues-rock,country-rock,rock.

 

Dans l’ombre du frangin.

 

Pour de maudites transfusions sanguines effectuées dans le cadre d’un traitement pour mal de dos récurent, Tom Fogerty, contaminé par un virus, en a malheureusement perdu la vie en 1990. L’aîné des Fogerty, membre d’un mythique et populaire Creedence Clearwater Revival dont il fut complètement mis sous l’éteignoir par son brillant frangin John, hitmaker notoire, est le premier à quitter le groupe californien (72).

Frustré, celui qui est fidèle au poste depuis les Blue Velvets, puis les Golliwogs et que la mainmise de son frérot cadet sur les choix artistiques de CCR irrite au plus haut point, se retrouve cantonné à un rôle de comparse entre guitare rythmique et chœurs. C’est le moment qu’il choisit pour emboîter une carrière solo, lui qui a été impliqué dans les belles pages de Creedence Clearwater Revival.

L’opportunité de faire ce que bon lui semble se concrétise par un premier LP éponyme qui sort assez rapidement pour Fantasy Records. Tiens, tiens, il semblerait que ce soit l’étiquette de ceux auxquels il tourne le dos… Pas vilain ce disque auto-produit de 10 titres et tous, sans exception, des originaux...

Pas vilain aussi que de pouvoir compter sur le soutien instrumental de John Kahn, bassiste et principal collaborateur, pendant un quart de siècle, du Jerry Garcia sorti du Dead, Merl Saunders, pianiste-organiste et autre proche du même Garcia, le guitariste-ingénieur-mixeur virginien qui a façonné le son CCR, Russ Gary, l’ex-Hell’s Angel, Mothers Of Invention et batteur percussionniste Billy Mundi, ainsi que Bill Vitt, batteur de l’entourage de Grateful Dead.

L’album mérite crédit pour sa variété intéressante. Mais ce qui frappe et qui amène à regretter que Tom ait été bridé par John, c’est qu’il y a un air de famille sympatoche entre ce travail et l’œuvre de Creedence placée sous la direction artistique de son frère. Les chiens ne font pas des chats et similitude, il y a par endroits, c’est évident comme le nase au niveau de la tronche.

Ce disque a culminé au rang 78 du top 100 Bilboard de son temps et c’est tout, sauf une surprise. Creedence est encore très présent dans l’esprit de Tom Fogerty, sans parvenir toutefois à développer la même énergie.

Surtout son frérot avec lequel il en est encore à rendre des comptes par chansons interposées (The Me Song et Cast The First Stone). Tom aurait certainement gagné à rester concentré sur son sujet et à ne pas trop chercher à prouver à tout prix qu’il en avait dans la culotte.

Le potentiel est là ; personne ne s’en offusquera, mais il ne se traduit pas comme il aurait du le faire si l’artiste avait fait abstraction de ses querelles fratricides et de sa grande frustration. Au regard de l’affaire qui nous concerne et de ses débuts en solitaire, Tom possédait d’évidentes dispositions pour le songwriting.

Au final, les faits parlent d’eux-mêmes, Tom Fogerty échoue dans sa tentative de sortir de l’ombre de son cadet et de CCR. En retour, il installe son propre style. Peu de clients se bousculent au portillon pour en faire l’acquisition.

Cependant, ce prometteur disque de blues, country et rock, sympa à écouter, qui n’évite pas les immanquables parallèles (et en cherchant bien, on en trouve), révèle certains passages de qualité comme Beauty Is Under The Skin, Train To Nowhere, Lady Of Fatima, The Me Song, My Pretty Baby ou Everyman.

Il serait bon de plus insister sur son talent et ne pas accepter benoîtement l’idée que le plus vieux des Fog n’avait pas les épaules suffisamment larges pour faire mieux. Un fait est depuis longtemps établi, l’autre Fogerty était vraiment exceptionnel. Point barre : 3,5/5 (RAZOR©).



1. The Legend of Alcatraz.

2. Lady of Fatima.

3. Beauty is Under the Skin.

4. Wondering.

5. My Pretty Baby.

6. Train to Nowhere.

7. Everyman.

8. The Me Song.

9. Cast the First Stone.

10. Here Stand the Clown.

 

Tom Fogerty:guitare,harmonica,chant.

Rodger Collins:chant sur 6.

Russ Gary:guitare.

John Kahn:basse.

Billy Mundi:percussions.

Merl Saunders:claviers,chant.

Bill Vitt:batterie,congas.

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