Tom Waits.

BIOGRAPHIE.

TOM WAITS/Pomona (Los Angeles - USA)

 

Tom waits intro

 

Né Thomas Alan Waits, le 7 décembre 1949, à Pomona (Californie).

Actif depuis 1970.

Labels:Asylum,Island,ANTI.

Genre:rock,blues,jazz-blues,expérimental.

Site officiel:www.tomwaits.com

 

Tom Waits : un cas à part dans le rock.

Sa voix abrasive et caverneuse venue d'outre-tombe est reconnaissable entre mille. Elle traduit des nuits cumulées passées à picoler et cloper. Sa gueule simiesque et sa dégaine de pochtron chancelant nous sont tout aussi familières depuis le début des années 70, date à laquelle il débute sa carrière.

Malgré une très belle discographie construite entre 1973 et 2011 (18 albums studio), le californien Tom Waits, auteur-compositeur et interprète nourri au blues, est toujours resté un artiste marginal et réservé aux passionnés.

Influence majeure pour de multiples artistes et songwriters contemporains, toutes générations confondues, ce grand professionnel est un cas à part dans le rock.

Tom waits schoolNé Thomas Alan Waits, le 7 décembre 1949...

Tom waits 1Tom Waits est le porte-parole de l'Amerique qui hurle...

Tom waits 2...et un cas à part dans le rock.

Tom waits nowToujours actif, il chante les paumés et les déjantés.

Tom waits pensifSorte de Bukowski des jazz-clubs...

Tom waits piano 77...il signe une discographie remarquable dont...

Tom waits small change lp qui revele waits... dont Small Change et Blue Valentine...

Tom waits blue valentine...sont 2 incontournables fleurons. 

Des envies de liberté.

C'est à Pomona, à l'est de Los Angeles, que Thomas Alan Waits vient au monde. Enfant d'un couple d'enseignants (il a deux sœurs), Jesse Frank Waits et Alma Johnson Fern, celui dont la légende dit qu'il serait né dans un taxi, est élevé par sa mère quand son père, alors qu'il a 10 ans, quitte le domicile familial. Le divorce prononcé, celle-ci prend sa progéniture sous le bras et part vivre du côté de San Diego deux ans plus tard.

Durant sa scolarité à Chula Vista (Hilltop High School), Tom se passionne pour le piano qu'il apprend en autodidacte, ainsi que la guitare et intègre son premier groupe, The Systems. En 1968, il obtient son diplôme de fin d'études et enchaîne les petits boulots.

Animé par des envies de liberté et par une vie sur la route comme Jack Kerouac et les poètes de la Beat Generation qu'il dévore et vénère, influencé par les Leadbelly, les Ray Charles, Frank Sinatra, James Brown et Bob Dylan, il a en tête de faire de la musique son métier.

Un monde de déjantés, de paumés, d'alcooliques, de losers...

Pour ce, il lui faut aller là où tout se passe au début des 70's : Los Angeles. Il y pose ses valises en 1971 et a bien l'intention de faire fructifier un répertoire personnel sombre construit autour d'histoires de paumés, de marginaux, d'alcooliques, de zonards, de losers et de losers. La vie de la rue et des bars, quoi !

Au cours d'une Hoot Night au Troubadour, Waits tape dans l’œil du manager de Frank Zappa, Herb Cohen (1971). Il a 21 ans et, ce soir là, il chante du Dylan et quelques chansons nées sous sa plume.

Séduit, Cohen, le joueur de caisse enregistreuse de l'album Absolutely Free (Zappa/1967), lui fait enregistrer, entre juillet et décembre 1971, ses premières démos pour le label Straight/Bizarre dans lequel il est associé à Zappa. Celles-ci constituent la matière des rétrospectives The Early Years I & II, respectivement publiées en 1991 et 1993.

Closing Time comme point de départ.

Devenu son manager (il le sera jusqu'en 1981), Herb Cohen contribue aussi à lui décrocher un contrat pour Asylum Records, le label de David Geffen (1972). Cette opportunité lui permet de signer, dans la foulée, un très bel album, Closing Time (1973).

Il réalise derrière (jusqu'à la fin des 70's) une série de 5 LP très bien accueillis par la critique : The Heart Of Saturday Night (1974), Nighthawks At The Diner (octobre 1975), Small Change (septembre 1976), Foreign Affairs (septembre 1977), Blue Valentine (septembre 1978).

Tom Waits a 24 ans quand, en mai 73, il sort Closing Time. On pourrait prêter mille vies à ce chanteur pour fin de soirées, au regard de la profondeur de ce premier disque articulé autour de ballades douces-amères au piano et à la gratte.

Succès critique plus que commercial, l'audacieux et nostalgique Closing Time permet à son auteur de dessiner les contours de son monde artistique et de ce qui l'inspire. Si les traits sont encore grossiers ici, les promesses sont déjà là. Ils se préciseront par la suite.

Un Bukowski des jazz-clubs.

La suite, c'est The Heart Of Saturday Night, 339ème LP de tous les temps pour Rolling Stones. Sorti en 1974, la musique de Waits se décline ici autour du piano et, comme son prédécesseur, s'appuie sur un mix de blues, de jazz et de folk. De temps en temps, s'invitent quelques instruments dotant ce disque attachant et authentique d'une ambiance cabaret.

En octobre 1975 est publié Nighthawks At The Diner, double pour la circonstance et enregistré en direct en studio (Plant Records de L.A.) devant un parterre de privilégiés. L'album, placé dans une ambiance piano-bar, se place au 164ème rang du Billboard.

Il reprend des thèmes chers à Waits comme l'Amérique des laissés-pour-compte, des marginaux, des paumés. L'artiste, sorte de Bukowski de jazz-clubs, y développe un humour grinçant et livre des prestations brillantes, à l'instar de Putnam County, de Big Joe and Phantom 309 ou de Nighthawk Postcards.

Au sommet de son art.

Small Change (septembre 1976) est l'opus qui révèle Tom Waits au grand public en se positionnant à la 89ème place du Billboard dans les deux semaines qui suivent sa mise sur le marché.

Véritable joyau, le troisième volet studio (si l'on considère son prédécesseur comme un live) est une collection de titres mémorables à l'image du renversant Tom Traubert's Blues qui ouvre l'opus en question et clôture les concerts de l'artiste, de I Wish I Was In New Orleans (In The Ninth Ward), de Bad Liver And A Broken Heart (In Lowell), ou de The Piano Has Been Drinking (Not Me).

Sur fond de piano, de contrebasse et de saxo, il met en valeur la voix d'une belle raucité de Waits, un bien beau chanteur de jazz-blues. Small Change est incontestablement un sommet de sa carrière.

Plus inégal et décousu est Foreign Affairs, paru en septembre 1977, premier disque à véritablement se démarquer de la production qui précède. Il n'empêche qu'il livre encore quelques performances vocales de la meilleure trempe comme en atteste son duo avec Bette Middler (I Never Talk To Strangers) ou des titres comme A Sight For Sore Eyes, Burma-Shave, Foreign Affairs, Barber Shop ou Potter's Field. 

Waits a le blues.

Blue Valentine, son suivant édité en septembre 1978, corrige aussitôt le tir. On retrouve, dans ce qui est considéré comme un de ses pics discographiques, des réminiscences du Waits de The Heart Of Saturday Night. Waits a toujours le blues et pour le coup, il prend à nouveau aux tripes. Grand, très grand moment de musique pour ce qui constitue son dernier album des 70's.

Pour le compte d'Asylum, Waits signe un dernier disque, Heartattack And Wine (septembre 1980), avant de déménager sur New York où il est alors contacté par Francis Ford Coppola pour écrire la musique de One From The Heart (février 1982).

Tom waits portrait

« Écrire des chansons, c'est comme capturer des oiseaux sans les tuer. Parfois, vous ne vous retrouvez avec rien d'autre qu'une poignée de plumes. » (Tom Waits)

Son expérience en musique de film est maigre mais il s'y colle de bonne grâce, d'autant que sur le tournage il rencontre Kathleen Brennan, assistante, qu'il épouse aussitôt. Celle-ci va s'avérer être une influence majeure pour sa deuxième partie de carrière.

Waits signe alors un pacte avec le cinéma en travaillant avec, outre Coppola, Jim Jarmusch et Robert Altman. On le retrouve à l'affiche de Rusty James, Ousiders, Cotton Club et Dracula en qualité d'acteur.

Une discographie moderne remarquable.

Si les années 80 enrichissent sa discographie de 3 nouveaux LP studio pour le label Island Records (Swordfishtrombones/septembre 1983, Rain Dogs/septembre 1985 et Frank Wild Years/août 1987), la décennie suivante et le début du troisième millénaire jusqu'à aujourd'hui marquent le summum de sa carrière, Tom Waits obtenant ses meilleurs scores dans les bacs à partir de Mule Variations (1999).

Tous les albums qui s'enchaînent alors (Blood Money et Alice/2002, Real Gone/2004) s'avèrent être de grands disques de Waits. Couronnée de succès au Billboard, la discographie moderne de l'artiste se pare depuis 2017 d'un nouveau joyau : Bad As Me, N°6 aux Etats-Unis. Au regard de la qualité de ce dernier album, c'est avec grande impatience que l'on attend la suite (RAZOR©).

DISCOGRAPHIE 70'S.

LP Studio 1 - 1973

 

Tom waits closing time 73

 

TOM WAITS

CLOSING TIME – 1973  4,5/5

 

Publié en mai 1973.

Produit par Jerry Yester.

Durée:45:46.

Label:Asylum Eecords.

Genre:folk,jazz,blues.

 

Album attachant.

 

En plus d’être une gueule et une dégaine, le californien Tom Waits est l’un des derniers géants que compte encore le rock. Surgi au beau milieu des seventies, ce fils d’une catho pieuse et d’un alcoolo génial (comme il le dit) au chant gargarisé au scotch et aux clopes, hérité d’un apprentissage en chorale ecclésiale, a toutes les caractéristiques du solitaire, voire du paumé.

Son univers musical fourmille de sujets nocturnes égarés, de losers, de freaks, de marginaux, de laissés pour compte, s’attache à leur passé et leurs errances comme pour mieux remettre de l’ordre dans le sien, comme pour panser une plaie profonde insidieusement tapie au fond de lui depuis l’enfance. Ses personnages lui collent à la peau.

Auteur-compositeur et sublime interprète, cet ancien pompier ou pizzaiolo est toujours là où on ne l’attend pas, comme s’il se plaisait à créer des fausses pistes pour fuir une célébrité qui n’est pas sa tasse de thé.

Ainsi, quand les jeunes de son âge adhèrent à la culture hippie, lui s’en démarque. Quand la Californie s’enflamme pour la west-coast et le country-rock, Waits prend une voix plus jazzy. Le rock le réclame, il file vers le théâtre et le cinéma (1978). Le public le croit suspendu au goulot d’une bouteille et rampant dans le caniveau, il pouponne sagement en famille à l’écart du tumulte. Etalon de l’artiste discret et secret, ce mec est une énigme ou un cas, c’est selon.

Voix abrasive et crépusculaire de crooner, poète merveilleux obnubilé par Dylan, Tom Waits, né le jour du huitième anniversaire de Pearl Harbour, s’est constitué un catalogue discographique insolite, dont certains LP sont d’inamovibles incontournables du rock.

Dans les années 70, celles qui nous réunissent autour de l’artiste, six albums ont été réalisés, trois sont inévitables : Closing Time/1973, Small Change/1976 et Blue Valentine/1979. Les trois autres sont dignes d’intérêt. Dans les décennies suivantes, la qualité ne baissera que rarement.

Closing Time (1973) introduit une œuvre qui range cet être anachronique dans la cour des grands. Passé quasiment inaperçu, il fait suite à sa rencontre avec Herb Cohen qui lui permet de signer son premier contrat avec Asylum Records.

Cet album mélodique et affligé, influencé par le blues et le jazz, est alimenté par la vie qu’il mène à cette période. Agencé autour de subtiles et sublimes ballades à la guitare ou au piano, Closing Time y joue la carte d’un romantisme mélancolique et sombre.

Tom Waits a 22 ans et sa voix n’est pas encore caractéristique du bonhomme. Mais il a déjà déroulé du câble et ses complaintes brassent beaucoup d’émotion, d’authenticité et de grâce.

Ol’55, I Hope That I Don’t Fall In Love With You, Virginia Avenue 1, Old Shoes, Rosie, Midnight Lullaby en sont le symbole. Martha est depuis devenu un grand classique de Tom Waits.

Cet album, peut-être pas le meilleur de sa carrière, n’est est pas moins une œuvre captivante et attachante. C’est mon préféré de ce très grand poète. Cœurs endommagés, Closing Time vous arrachera forcément un larmichette (RAZOR©).

 

1. Ol' 55.

2. I Hope That I Don't Fall in Love With You.

3. Virginia Avenue1.

4. Old Shoes (& Picture Postcards).

5. Midnight Lullaby.

6. Martha.

7. Rosie.

8. Lonely.

9. Ice Cream Man.

10. Little Trip to Heaven (On the Wings of Your Love).

11. Grapefruit Moon.

12. Closing Time.

 

Tom Waits:chant, piano,celesta,guitare.

Delbert Bennett,Tony Terran:trompette.

Shep Cooke:guitare,chant.

Peter Klimes:guitare.

Jesse Ehrlich:violoncelle.

Bill Plummer,Arni Egilsson:basse.

John Seiter:batterie,chœurs.

LP Studio 5 - 1978

 

Tom waits blue valentine

 

TOM WAITS

BLUE VALENTINE – 1978  5/5

 

Publié en septembre 1978.

Produit par Bones Howe.

Durée: 49:09.

Label:Asylum Records.

Genre:rock,blues,jazz.

 

Pépite !

 

C’est une pépite qu’il nous a sorti le Père Waits ! Blue Valentine est une pépite ! Ce disque sorti en 1978 est ce que Tom Waits a certainement fait de mieux (avec Heartattack And Wine, Closing Time et Small Change).

Quelle voix rocailleuse et grave, si caractéristique des organes attaqués par le tabac et l’alcool ! Une voix qui pue la déprime, le coup de cafard. Mais quelle émotion dans cette voix.

Dès l’entame de ce disque (Somewhere, reprise superbe de West Side Story), cinquième levée studio pour le zigoto, la voix te pénètre partout, éraillée, cassée, déglinguée. Le blues s’installe dans ta carcasse. Tom Waits donne le ton de la nuit que tu vas passer.

Car Blue Valentine, c’est un disque de nuit sans petit jour, alcoolisée et enfumée, de nuit noire pour seule lueur le réverbère de la rue qui crache une lumière intermittente, une nuit froide et noire qui déverse sa flotte sur les vitres d’une chambre sous les toits luisants. Ou ça passe ou ça casse.

Moi, je prends, j’aime le gus et sa façon de nous retourner en faisant virevolter sa musique. Tu ne sais pas d’où elle peut venir, cette putain de voix, mais elle est là, plus rythmée et elle te ballotte à gauche, à droite, dans le bluesy-jazzy-rock Red Shoes By The Drugstore.

Elle ne te quitte plus, cette voix, te traverse dans le long blues $29.00, ne te lâche pas dans le blues plus classique qu'est Romeo Is Bleeding. Elle te plaque, belle et glauque ; obsédante et attirante, elle t’envoûte, profonde et grave, elle te scotche à ta bouteille de scotch dans Christmas Cards From A Hooker In Minneapolis (qui révèle une très belle plume).

Tragique dans son blues à pleurer, elle te fait frissonner dans Blue Valentine. T’as qu’une envie avec Tom Waits et Blue Valentine, c’est de monter le son. T’en n’as jamais assez de cette voix en pleine liberté, ironique et malicieuse. J’ai été complètement bluffé par cet album à l’atmosphère bizarre et inquiétant, qui se déguste en continu. Autrement dit comme un mort de faim (RAZOR©).

 

1. Somewhere.

2. Red Shoes By The Drugstore.

3. Christmas Card From A Hooker In Minneapolis.

4. Romeo Is Bleeding.

5. $29.00.

6. Wrong Side Of The Road.

7. Whistlin' Past The Graveyard.

8. Kentucky Avenue.

9. A Sweet Little Bullet From A Pretty Blue Gun.

10. Blue Valentine.

 

Tom Waits:chant,piano,guitare électrique.

Ray Crawford,Roland Bautista,Alvin Robinson:guitares électriques.

Scott Edwards,Jim Hughart,Byron Miller:basse.

Da Willie Gonga (George Duke),Harold Battiste:piano.

Charles Kynard:orgue.

Herbert Hardesty,Frank Vicari:saxophone ténor.

Rick Lawson,Earl Palmer,Chip White:batterie.

Bobby Hall Porter:congas sur 4.

Bob Alcivar:orchestre.

1 vote. Moyenne 5.00 sur 5.

×