Traffic.

BIOGRAPHIE.

TRAFFIC/BIRMINGHAM (ANGLETERRE).

 

Traffic 1

 

Actif:1967/1969,1970/74,1994.

Labels:Island,United Artists,Polydor,Virgin,Wincraft Music/Epic.

Genres:rock progressif,rock psychédélique,folk-rock,jazz-rock,jam rock,rock.

Site:www.stevewinwood.com

Né sur les cendres du Spencer Davis Group.

Le Spencer Davis Group tourne à plein régime quand son élément focal, Steve Winwood, décide de le quitter après l’avoir intégré en 1964. Gimme Some Loving est alors le gros succès du moment. Qu’importe, il a d’autres ambitions artistiques, veut passer à autre chose et c’est par l’entremise de Traffic qu’il compte aiguiser son appétit créatif. En 1967, il réunit autour de lui et de son projet des potes du coin de Birmingham avec lesquels il a l’habitude de taper le bœuf à l’Elbow Room club d’Aston High Street. A Birmingham. Jim Capaldi, batteur, Chris Wood (saxophoniste et flûtiste) ainsi que Dave Mason (guitariste) adhèrent à l’idée de Winwood.

Traffic 2

Traffic 3

Chris wood traffic

Winwood

Steve Winwood, le poisson-pilote.

Steve Winwood, compositeur, chanteur et claviériste, bien qu’il pratique de nombreux instruments, est un jeune acteur de la scène R & B de Birmingham que les sommités du blues de l’époque, les John Lee Hooker, Wowlin’ Wolf, B.B King ou autres Muddy Waters sollicitent quand leurs tournées européennes les obligent à passer par l’Angleterre. Il évolue alors dans le Rhythm And Blues Quartette qui va devenir Spencer David Group et son répertoire est jazz et blues.

N’ayant pas l’âge requis pour se produire les nuits, il est forcé de jouer dos au public. Membre du Spencer Davis Group fondé par le gallois Spencer Davis et au sein duquel jouent aussi son frère Muff (basse) et Peter York (batterie), il en est l’organiste, le guitariste, le chanteur.

Jim Capaldi, le songwriter en chef.

Batteur britannique, feu Jim Capaldi (décédé en 2005) compose, chante et joue aussi du piano. Avant d’être musicien, il est un brillant ingénieur du son. Passé par des groupes mineurs comme les Hellions (avec Dave Mason), futur Deep Feeling, The Sapphires, ce fils d’immigrés italiens a consacré plus de quatre décennies à la musique et a surtout été un grand serviteur du rock psychédélique au Royaume-Uni comme aux States. Sa rencontre avec Steve Winwood date d’août 1964 à Hambourg quand le Spencer Davis et les Hellions se retrouvent dans le même hôtel à l’occasion d’une tournée.

Chris Wood, l’esprit jazzy de Traffic.

Dave Mason compose, chante et joue de la guitare. L’anglais commence sa carrière à 15 ans au sein des Jaguars puis rejoint les Hellions de Capaldi. Devenu roadie pour le Spencer Davis Group, il a un pédigrée incroyable en terme de collaborations : Hendrix, les Stones, Clapton, Harrison, Mama Cass Elliot des Mamas & Papas. Il est un peu l’électron libre du groupe, composant à l’écart des autres et faisant l’accordéon entre sorties et retours.

Le dernier larron, le regretté Chris Wood (mort en 1983), est également originaire de Birmingham. Saxophoniste et flûtiste, il est l’esprit jazzy de Traffic et le compositeur de nombreux titres du groupe.

Un jour de printemps 67…

Traffic est formé au printemps de l'année 1967 et est signé par le label Island Records, l'entreprise de Chris Blackwell qui avait déjà sous sa coupe le Spencer Davis Group. Ce dernier devient son manager.

Un premier single, Paper Sun, sort en mai 1967. Agréablement trippy, avec Dave Mason au sitar et Chris Wood à la flûte, ce bon classique psyché est tout à fait dans l’esprit flower power du moment. Il fait N° 5 dans les hits du Royaume-Uni.

Retranché dans un manoir isolé du Berkshire, à côté d’Aston Tirrold, loué par Island Records, le quatuor écrit là la majeure partie de l’album qui paraît à la fin de cette même année 1967 : Mr Fantasy. Stephen Stills, Eric Burdon, Pete Townsend lui rendent régulièrement visite. Plus intrigant, Eric Clapton et Ginger Baker qui trouvent en cet endroit retiré un terrain favorable pour poser les jalons pour Blind Faith que rejoindra Winwood au terme de son expérience avec Traffic.

L’essentiel de la matière de Mr Fantasy est à créditer au tandem Winwood/Capaldi. Winwood pour la musique, Capaldi pour les textes : ici prend forme un des plus beaux duos de l’écriture et s’installe une association qui va produire la grande majorité des albums de Traffic.

Steve winwood traffic 2

« Jim et moi avions passé l’accord qu’aucun d’entre nous ne quitterait Traffic sans l’autre. Il n’est plus là aujourd’hui, mais je continue à jouer certaines de ses chansons pour rendre mes spectacles aux uniques que possible ». (Steve Winwood)

 

Winwood, la tête à Blind faith.

Titillé par l’œuvre phénoménale des Beatles, Sgt Peppers, Traffic répond avec un Mr Fantasy inspiré, aux influences variées, très expérimental, mêlant pop psychédélique, blues jazz et rock. Ce disque est l’un des meilleurs disques du groupe. Dave Mason réduit à la portion congrue au niveau du songwriting, forcément écarté des lauriers tressés à Capaldi/Winwood, quitte une première fois Traffic après ce disque que produit Jimmy Miller, le producteur du Beggar’s Banquet des Stones.

Miller est également derrière le deuxième LP, paru en octobre 1968 et éponyme. Traffic fait encore mieux que son prédécesseur. Mix de soul, de rock, de psychédélisme et de jazz, il se situe toujours dans une mouvance hippie. A retenir de ce disque, Feelin’ Alright (Mason), Forty Thousand Headmen et Pearly Queen et que le partant Mason  a été repêché. A la suite de ce disque, Traffic marque un premier arrêt que Winwood met à profit en allant créer l’éphémère supergroupe Blind Faith avec Clapton et Baker. Ah, si le fameux cottage d’Aston Tirrold pouvait parler…

Traffic 4

Les absents ont toujours tort.

La dissolution de Traffic amène Chris Blackwell et Island à chercher à capitaliser encore un peu sur un groupe alors en pleine trajectoire ascendante et à faire patienter le public.

C’est l’objectif de Last Exit qui paraît en mai 1969 et qui rassemble un lot hétéroclite de titres : des singles, des faces B, des chutes, des inédits, du live… Ce raclage de fonds de tiroirs a plus valeur historique qu’artistique.

Traffic revient aux affaires en 1970, après que l’expérience de Steve Winwood avec Blind Faith (puis avec Ginger Baker’s Airforce) ait tourné court. Ce dernier a encore deux disques à honorer pour Island ; il se remet au travail et publie, à l’été 70, un nouvel album : John Barleycorn Must Die. Son frère Muff en est absent, Traffic évolue sous forme d’un trio.

Traffic à son apogée.

Ce qui est initialement prévu pour être un travail personnel de Winwood (Mad Shadows) et pour lequel il bat finalement le rappel des copains (Jim Capaldi et Chris Wood) est affecté à Traffic ; il est le meilleur LP du catalogue de Traffic. Traffic est à son apogée : il fait top 10 aux Etats-Unis et entre dans les 20 chez lui.

C’est une armada de sept musiciens qui déboule sur la scène du Fairfield Halls de Croydon, dans la banlieue londonienne, à l’occasion d’une tournée britannique, pour les enregistrements live du cinquième jet du groupe, Welcome To The Canteen (1971), jazz fusion et plus progressif, et que complète une prestation publique à Londres (The Oz Benefit Concert de juillet 1971).

Sont réunis, le quatuor légendaire de Traffic (Winwood, Capaldi, Wood et Mason), Ric Grech (bassiste de Family récupéré lors de l’épisode Blind Faith), Jim Gordon (batteur hérité de Derek & The Dominos) et le percussionniste ghanéen Rebop Kwaku Baah. Leur nom apparaît sur la pochette du disque, pas celui de Traffic, ce qui alimente les débats comme quoi il n’est pas vraiment un disque de Traffic. Peu importe, le public est content, surtout celui américain et Traffic a remis les compteurs à zéro avec sa maison de disques.

Traffic change de son.

Disque d’or et de platine chez l’Oncle Sam, The Low Spark Of High-Heeled Boys (fin 71), titre référant à la nouvelle vague glam ambiante, implique la même équipe, à la différence près que Dave Mason n’y est pas. La section rythmique étant passée entre les mains de Ric Grech et de Jim Gordon, plus l’apport de percussions, changent le son de Traffic lequel s’éloigne de la soul pour se positionner sur un mélange progressif de jazz, de funk, de rock et de pop.

A la première écoute de Shoot Out At The Fantasy Factory (1973), il apparaît d’emblée que nous tenons là le moins bon LP de Traffic. La matière est assez indigente, la performance en demie teinte, cela n’augure rien de bon. Winwood, Capaldi et Wood ont la tête à leurs projets personnels respectifs. Qui plus est, l’album est enregistré en Jamaïque, au Strawberry Hill Studios, sur une propriété paradisiaque de Blackwell vient d’acquérir ; pas vraiment le genre de cadre qui vous incite à bosser…

Winwood, seul survivant.

When The Eagle Flies (1974) confirme ce que laissait supposer le décevant Shoot Out At The Fantasy Factory : Traffic, redevenu quatuor, n’exalte plus, improvise moins ; il devient triste à écouter. L’album préfigure le travail en solo de Winwood. When The Eagle Flies est le dernier opus de la période 60/70.

Capaldi et Winwood se réunissent en 1994, mais sans Chris Wood, décédé en 1983 de problèmes hépatiques. La mort frappe également Rebop un an plus tôt. Un nouvel album est publié : Far From Home. C’est l’ultime pour Jim Capaldi, à son tour passé de vie à trépas (2005) suite à un cancer. Seul Winwood, considéré comme un des grands acteurs de la scène rock, continue à enregistrer et à promouvoir le nom de Traffic, entré au Rock ‘n’ Roll Of Fame en mars 2004. Jim Capaldi, auquel Traffic doit tant, aura au moins eu le bonheur d’y goûter (RAZOR©).

DISCOGRAPHIE 60'S/70'S.

LP Studio 1 - 1967

 

Traffic mr fantasy

 

TRAFFIC

MR FANTASY – 1967 4,5/5

 

Publié en 1967.

Produit par Jimmy Miller.

Durée:33:54.

Label:Island.

Genre:rock,rock psychédélique.

 

Un petit régal.

 

Mr Fantasy (en écoute intégrale ici) ouvre le catalogue de Traffic. Sorti en 1967, année psychédélique par excellence au cours de laquelle le groupe anglais, comme beaucoup d’autres formations, y va de son album. A année psychédélique, album psychédélique, cela tombe sous le sens. Celui que nous concocte Traffic pour tenter de faire aussi bien que la norme ambiante du genre, le Sergent Peppers des Beatles, est également un petit régal.

En pluri-instrumentistes émérites qu’ils sont, les membres de Traffic expérimentent ici une palanquée d’instruments qui dotent le LP d’une atmosphère flower power très agréable. Mr Fantasy fleure bon le patchouli et les herbes qui décoiffent.

Subtil mélange de rock, de blues et de jazz, il s’appuie essentiellement sur un répertoire issu du tandem en chef de l’écriture, Jim Capaldi et Steve Winwood. Capaldi pour les textes, Winwood pour la musique. Cependant, ce sont les titres créés par Dave Mason qui se montrent les plus psychédéliques du lot : Utterly Simple, Hope I Never Find Me There et surtout le baroque House For Everyone sont très accrocheurs.

Dear Mr Fantasy et Coloured Rain se situent dans des ambiances différentes, soul pour le premier, plus jazz-rock pour le second, comme le final Giving To You, tandis qu’Heaven Is Your Mind tire vers le pop-psychédélique, Dealer vers l’Espagne et Berkshire Poppies vers le music hall. C’est donc la variété qui prédomine sur ce disque très sympathique et pour le moins réussi, même si on a parfois l’impression d’un gros foutoir dans le répertoire. En fait, Traffic garde toujours le contrôle de la situation, aidé en cela par la production très efficace de Jimmy Miller. A noter aussi la belle ballade No Face No Name No Number avec un Steve Winwood craquant au chant. Cet album est bien de son époque. Aucun doute là-dessus (RAZOR©).

 

1. Heaven Is in Your Mind.

2. Berkshire Poppies.

3. House for Everyone.

4. No Face, No Name, No Number.

5. Dear Mr. Fantasy.

6. Dealer.

7. Utterly Simple.

8. Coloured Rain.

9. Hope I Never Find Me There.

10. Giving to You.

 

Jim Capaldi :batterie,percussions,chant.

Dave Mason:guitare,mellotron,sitar,tambura,shakkai,basse,chœurs.

Steve Winwood:orgue,guitare,basse,piano,clavecin,percussions,chant,arrangements.

Chris Wood:flûte,saxophone,orgue,percussions,choeurs.

LP Studio 2 - 1968

 

Traffic lp 1969

 

TRAFFIC

TRAFFIC – 1968  3,5/5

 

Publié en octobre 1968.

Produit par Jimmy Miller.

Durée:40:24.

Label:Island.

Genre:rock,folk rock,jazz fusion.

 

Une sensation étrange.

 

Mr Fantasy fut bon, même très bon. Pour enfoncer le clou, renforcer une crédibilité installée des deux côtés de l’Atlantique et prouver qu’il a bien fait de saborder un Spencer Davis Group au sommet de sa popularité au détriment de Traffic, pour lequel il a réuni des multi-instrumentistes avertis et sur la même longueur d’ondes artistique que lui, Steve Winwood mobilise ses partenaires autour du projet Traffic (en écoute intégrale ici), deuxième levée discographique du catalogue.

Sorti à la fin de l’année 1968, le rock psychédélique de Mr Fantasy s’efface au profit d’un mélange de rock, de soul, de psyché et de jazz, une sorte d’acid-jazz en fait. Si Winwood, son orgue et sa voix, tiennent le haut du pavé ici, il n’en limite pas pour autant l’implication de ses collaborateurs parmi lesquels Dave Mason, pourtant parti juste après Mr Fantasy au motif que la balance de l’écriture penche trop en faveur du duo Capaldi/Winwood. Il s’estime un peu le laissé-pour-compte de Traffic, ce à quoi le tandem lui accorde la priorité scripturale de cet album.

5 des 10 titres sont de Mason : l’ouvreur pop-rock effervescent et groovy You Can All Join In, la ballade Don’t Be Sad, Feelin’ Alright, Vagabond Virgin en collaboration avec Capaldi et Cryin’ To Be Heard. En alternance avec ses titres, le répertoire privilégie dans la même proportion les morceaux du tandem maison Capadi/Winwood. Un coup toi, un coup nous.

J’avoue que ces sautes me gênent et je reconnais avoir une préférence pour la dot de Mason qui donnent plus de profondeur au disque, trouvant l’apport du duo moins inspiré et surtout moins entraînant, ce qui ne veut pas dire mauvais. Rien ne l’est ici dans un album qui dont une bonne moitié des titres alimente généralement les best of ou compil’ de Traffic : You Can All Join In, le bluesy Pearly Queen, le soul Who Knows What Tomorrow May Bring, Feelin’ Alright popularisé pat Joe Cocker et Cryin’ To Be Heard.

Mais cette alternance entre Mason, d’un côté, Capaldi/Winwood, de l’autre, empêche de s’installer vraiment dans le disque et nuit à son rendement. Chez moi, en tout cas, il suscite une impression étrange. Ni rééllement convaincant, ni franchement détestable.

Quoi qu’il en soit et c’est suffisamment rare à cette époque pour ne pas mettre le doigt dessus, Traffic, l’album, ne recense que des titres originaux. Encore dans l’esprit du flower power, ce deuxième LP n’est pas mon préféré, pour les raisons évoquées précédemment. D’autres y trouvent leur compte. C’est donc selon ; chacun voit midi à sa porte (RAZOR©).

 

1. You Can All Join In.

2. Pearly Queen.

3. Don't Be Sad.

4. Who Knows What Tomorrow May Bring.

5. Feelin' Alright.

6. Vagabond Virgin.

7. Forty Thousand Headmen.

8. Cryin' to Be Heard.

9. No Time to Live.

10. Means to an End.

 

Jim Capaldi:batterie,percussions,chœurs.

Dave Mason:guitare,basse,sitar,orgue,chant.

Steve Winwood:claviers,guitare,basse,chant.

Chris Wood:flûte,saxophone,percussions.

LP hybride Studio 3/live - 1969

 

Traffic last exit

 

TRAFFIC

LAST EXIT – 1969  2/5

 

Publié en mai 1969.

Produit par Jimmy Miller.

Durée:34:28.

Label:Island,United Artists.

Genre:rock,rock progressif.

 

Du bricolage mercantile.

 

Steve Winwood a dissous Traffic pour rejoindre ce qui sera l’éphémère Blind Faith, partagé avec Eric Clapton. Pour des raisons contractuelles et commerciales, Island, la maison de disques, cherche à rentabiliser le phénomène Traffic par la sortie de ce Last Exit (en écoute intégrale ici) de mai 1969, Traffic étant, avant sa mise en sommeil, sur une trajectoire ascendante, fort de deux albums très appréciés des fans : les flower power Mr Fantasy et l’éponyme Traffic.

Pour ce, la maison Blackwell assemble, dans la hâte, une suite de titres, piochés à gauche et à droite pour un résultat médiocre et largement en deçà des attentes des fans.

La collecte se concentre essentiellement sur des morceaux tirés de la production originale de Traffic, des singles de 1968, de faces B. Bref, l’album racle les fonds de tiroirs et n’est, en aucun cas, révélateur de qualité de Traffic et de son début de parcours tonitruant.

Très inégal, il se limite, à mon sens, aux seuls Noodle Factory Shangai et à Medicated Goo, placés dans sa première partie. La deuxième est accordée à deux morceaux live (enregistrés au Fillmore West de Frisco), chiants, aux impros interminables et au son détestable. Qui plus est, Mason n’étant pas présent (il avait déjà quitté le groupe), ça sonne vachement le creux.

Voilà, rien d’autre à rajouter sinon que les fans se rueront dessus, comme c’est de coutume, car il n’a d’intérêt que son aspect historique. Pas les autres, car c’est vraiment à court de munitions. D’autant plus que les deux faits saillants se retrouvent sur les best of et meilleures compils du groupe. Ce disque est insignifiant ; c’est vous qui voyez, vous êtes prévenus (RAZOR©).

 

1. Just for You.

2. Shanghai Noodle Factory.

3. Something's Got a Hold of My Toe.

4. Withering Tree.

5. Medicated Goo.

6. Feelin' Good (live).

7. Blind Man (live).

 

Steve Winwood:guitare,claviers,chant.

Dave Mason:guitare,chant.

Jim Capaldi:batterie,percussions,chant.

Chris Wood:flûte,claviers.

LP Studio 4 - 1970

 

Traffic john barleycorn

 

TRAFFIC

JOHN BARLEYCORN MUST DIE – 1970  5/5

 

Publié en juillet 1970.

Produit par Chris Blackwell,Steve Winwood,Guy Stevens.

Durée:35:06.

Label:Island (U.K),United Artists (U.S.A).

 

A la hauteur du talent de son homme-orchestre.

 

C’est l’album de Traffic qui a figuré le plus haut dans les charts (N°5 Bilboard). Disque d’or, John Barleycorn Must Die (en écoute intégrale ici) est, à l’origine, un album solo de Steve Winwood (Mad Shadows), de retour de sa très courte implication dans Blind Faith, projet avec Eric Clapton qui a vite capoté (un seul album mais un indispensable).

Depuis plus d’un an, et avant le départ de Winwood avec le God, Traffic a bel et bien cessé d’exister. Pour ce projet en solitaire, Winwood, revenu aux affaires, veut tout assumer seul de A à Z. Il déchante bien vite et bat le rappel des anciens de Traffic, Jim Capaldi et Chris Wood. Pas de Mason, resté aux Etats-Unis.

Un 3ème LP studio apparaît en juillet 1970 au crédit de Traffic et fait suite chronologiquement, à Last Exit n’entrant pas dans la catégorie studio pour n’être qu’une arnaque d’Island pour thésauriser sur le nom pendant le break.

L’approche voulue pour John Barleycorn Must Die est toute autre que les disques précédents. Traffic étire ses titres et pas moins de quatre morceaux dépassent les 6 minutes, les quatre minutes pour les deux autres. Le style est cantonné dans des influences de blues et de jazz et bénéficie d’une touche folk.

Très grand disque, il est une référence musicale de la formation britannique et caractéristique de ce qu’elle aurait toujours dû faire. Doté d’un son superbe, John Barleycorn Must Die ne présente aucune faille et c’est tout à l’honneur de son initiateur et catalyseur, le touche à tout instrumental Steve Winwood qui, rappelons le à 22 ans à l’époque des faits. C’est ahurissant, d’autant plus d’être inspiré, il signe des prestations exceptionnelles derrières ses touches et au chant (Stranger To Himself).

L’enjoué Glad, par exemple, instrumental jazzy d’ouverture, met le clavier glorieux de Winwood sur le devant de la scène, aidé en cela par les apports délicieux de Wood au sax et à la flûte. La flûte et le piano sont au registre du délicieux Freedom Rider tandis qu’Empty Pages, un bon rock soutenu par les claviers de Steve, révèle un style d’écriture proche du Winwood façon Blind Faith.

Les introspectifs Stranger To Himself (pop/soul) et le bluesy Every Mother’s Son sont les deux titres préalables à la réunion du groupe pour cet album. Si j’aime le premier, j’ai moins d’affinités avec le second, en raison de son solo d’orgue un peu fade.

J’ai gardé pour la fin le must de cet opus : sa chanson titre, très beau moment, puisée dans le folk traditionnel médiéval écossais et portée avec bonheur par la flûte et la guitare acoustique, soutenue par de belles harmonies de voix (le duo Capaldi/Winwood). Cette ballade est simple mais redoutable de délicatesse. Tout comme l’est son homologue, la triste John Barleycorn, ancienne chanson traditionnelle celte du XVème siècle.

Vous tenez là un des meilleurs disques de l’année 70 ; assurément le meilleur que le groupe ait réalisé. Dire que je vous le recommande est un euphémisme, vous vous en seriez douté… (RAZOR©).

 

1. Glad.

2. Freedom Rider.

3. Empty Pages.

4. Stranger To Himself.

5. John Barleycorn.

6. Every Mother's Son.

 

Chris Wood:flûte,saxophone,saxophone électrique,orgue,percussions.

Steve Winwood:chant,guitare acoustique,piano,piano électrique,orgue, guitare basse,percussions.

Jim Capaldi:chant,batterie,tambourin,percussions.

LP Live - 1971

 

Traffic welcome to the canteen

 

TRAFFIC

WELCOME TO THE CANTEEN – 1971  3/5

 

Publié en septembre 1971.

Durée:39:21.

Label:Island,United Artists.

Genre:rock progressif,jazz-fusion.

 

Un ersatz de live.

 

Welcome To The Canteen (en écoute intégrale ici), enregistré à Londres en 1971, s’inscrit dans la continuité chronologique de John Barleycorn Must Die. Parti en tournée pour promouvoir ce très bon album, Traffic ne puise pas pour autant dans la substantifique moelle du LP de la réunion pour alimenter Welcome To The Canteen de 1971. Pour des raisons contractuelles, bien évidemment.

Welcome To The Canteen est un live, mais un live pas très emballant, même s’il demeure un des disques les plus populaires de Traffic qui, pour l’occasion, voit ses rangs se grossir avec les arrivées de Rick Grech, ramené de l’expérience Blind Faith avec Clapton, de Jim Gordon, également de l’entourage du guitariste pour avoir été de Derek And The Dominos. Jim Gordon est, rappelons-le, co-auteur de Layla avec Slowhand. Derniers larrons à venir gonfler l’effectif : le percussionniste Rebop Kwaku Baah (Dizzy Gillespie) et… Dave Mason qui fait l’accordéon entre l’Angleterre et les Etats-Unis, entre Traffic et ses projets personnels.

Quelle est la finalité première de ce disque ? D’abord mettre à jour son compteur discographique vis-à-vis de l’éditeur. Comme Traffic n’a pas de live à son crédit, Welcome To The Canteen se pose là pour satisfaire les fans.

Deuxièmement, le choix des titres s’avère surprenant et ne répond pas à un disque supposé faire la promotion de John Barleycorn Must Die puisqu’il ne reprend aucune chanson de cet album. Il s’appuie pour 50% sur deux titres de Dave Mason, Sad And Deep As You et Shouldn’t Have Took More Than You Gave, et sur un morceau datant de l’époque du Spencer Davis Group, Gimme Some Lovin’. Le reste consiste en des reprises d’albums antérieurs de Traffic. Certains tirent même abusivement en longueur (Fory Thousand Headmen) et en deviennent d’une monotonie crasse quand la cacophonie s’invite (Gimme Some Lovin’). Même Dear Mr Fantasy boite bas.

Tirent leur épingle du jeu, le sympathique et léger titre pop Medicated Goo et les titres joués par, et de, Dave Mason comme la ballade triste Sad And Deep As You et Shouldn’t Have Took More Than You Gave.

Il ne ressort pas grand-chose de cet opus attribué à la collégialité active de Welcome To The Canteen. Sa non affectation officielle au catalogue de Traffic (la pochette reprend les individualités présentes mais ne mentionne pas Traffic) est un signe supplémentaire que quelque chose cloche ici. Quelque chose qui m’échappe et qui ont nourri jusqu’ici mon désintérêt total pour cet album décousu, passable, faible sur le plan sonore. Un live pour faire suite au travail très concluant de John Barleycorn eut été plus judicieux, mais pas cet ersatz (RAZOR©).

 

1. Medicated Goo.

2. Sad and Deep as You.

3. Forty Thousand Headmen.

4. Shouldn't Have Took More Than You Gave.

5. Dear Mr. Fantasy.

6. Gimme Some Lovin'.

 

Steve Winwood:chant,orgue,piano électrique,guitare.

Chris Wood:saxophone,flûte,piano électrique,orgue.

Jim Capaldi:batterie,choeurs.

Dave Mason:chœurs,lead guitare,guitare acoustique.

Jim Gordon:batterie.

Rebop Kwaku Baah:congas,timbales,bongos.

Ric Grech:basse.

LP Studio 5 - 1971

 

Traffic the low spark

 

TRAFFIC

THE LOW SPARK OF HIGH HEELED BOYS – 1971  5/5 

 

Publié en novembre 1971.

Produit par Steve Winwood.

Durée:41:05.

Label:Island.

Genre:rock progressif,jazz-fusion.

 

Fluidité et subtilité. 

 

Nickel-chrome ! Autorisez-moi le vocabulaire de la contemporanéité pour dire tout le bien que je pense de ce disque d’hier. Nous, on disait bat’ mais sur le fond, ça ne change absolument rien : The Low Spark Of High Heeled Boys (en écoute intégrale ici) de la fin de l’année 1971, est une petite régalade confondue de rock prog, de jazz, de funky et de pop.

Dans le genre studio, ce LP est le deuxième à créditer au groupe de la reformation, après le monumental John Barleycorn Must Die. Au trio nouvellement reformé (Winwood, Capaldi et Wood) viennent se greffer Ric Grech, un vrai bassiste de formation (Family, Blind Faith) assurant désormais les parties jusqu’alors jouées par Winwood depuis son clavier, un percussionniste sud-africain virtuose, Rebop Kwaku Baah, et un batteur de métier, Jim Gordon (Derek & The Dominos), amenant Capaldi à lâcher la batterie pour mieux se consacrer au chant. Ces arrivées et cette redistribution des rôles influent sur le son du groupe qui, pour le coup, dispose d’une rythmique exceptionnelle et se détourne de la soul pour laquelle il est également apprécié.

Partant de là, l’album en question divise les fans. Ceux de la première heure vont casser du Low Spark ; la nouvelle vague arrivée dans le sillage de Barleycorn applaudit des deux mains et rejoint en cela les admirateurs qui l’ont porté aux disques d’or et de platine, essentiellement américains terre sur laquelle Traffic a toujours été en odeur de sainteté.

J’éprouve énormément de sympathie pour ce travail raffiné, fluide, subtil et dynamique, aux belles et solides impros et au son délicieux. Les arguments à verser en sa faveur se situent principalement au niveau de Rainmaker, merveille de musique pastorale signée Capaldi/Wood, d’Hidden Treasure, un petit bijou d’acoustique sur lequel serpente la flûte de Wood (c’est le morceau le plus court), du morceau titre de près de 12 minutes, rock jazzy au riff de piano caractéristique, de l’humoristique Light Up Or Leave Me Alone de, et chanté par Capaldi, passé et repassé sur les ondes et dans les clubs dans les années 80, de l’effervescent Rock & Roll Stew (Grech/Gordon), de Many A Mile To Freedom qui possède une douceur merveilleuse.

Lentement mais sûrement, ce disque opère sur l’auditeur et notamment ses splendides lignes de flûte et de sax. C’est très agréable, d’où ma grande sympathie pour ce travail subtilement lissé, délicieusement lancinant, presque paresseux, un des meilleurs que Traffic ait fourni (RAZOR©).

 

1. Hidden Treasure.

2. The Low Spark of High Heeled Boys.

3. Light Up or Leave Me Alone.

4. Rock & Roll Stew.

5. Many a Mile to Freedom.

6. Rainmaker.

 

Steve Winwood:chant,guitare,piano,orgue.

Chris Wood:saxophone,flûte.

Jim Capaldi:chant,percussions.

Ric Grech:basse,violon.

Jim Gordon:batterie.

Rebop Kwaku Baah:percussions.

LP Studio 6 - 1973

 

Traffic shoot out

 

TRAFFIC

SHOOT OUT AT THE FANTASY FACTORY – 1973  2,5/5

 

Publié en février 1973.

Produit par Steve Winwood.

Durée:39:18.

Label:Island.

Genre:rock progressif,jazz-fusion.

 

Faiblard, à court d’idées, et digne de peu d’intérêt.

 

Pour Grech et Gordon, le binôme de la belle rythmique de l’album précédent The Low Spark Of High Heeled Boys (1971), la collaboration avec Traffic a pris fin. Traffic se resserre autour de sa base légendaire, Steve Winwood, Jim Capaldi et Chris Wood et oriente son recrutement vers deux américains et pas des moindres, le bassiste David Hood pour remplacer Grech, et Roger Hawkins pour suppléer Gordon.

Les nouveaux venus, que Jim Capaldi a préalablement sollicités pour l’enregistrement de son premier album solo (Oh How We Dance/1972), ont pour eux d’avoir fondé et donc pris part à la célèbre Muscle Shoals Rhythm Section alabamienne, les célèbres Swampers (Barry Beckett, Roger Hawkins, David Hood et Jimmy Johnson) ; ce backing band est à l’origine créé pour travailler pour le compte des studios Fame de Rick Hall.

Traffic a le privilège en 1972 et pour la sortie de Shoot Out At The Fantasy Factory (en écoute intégrale ici), de pouvoir disposer, à temps plein, de 50% de cette mythique unité, qui a transformé le son du rock et qu’une flopée d’artistes a sollicitée durant toute la décennie. A y regarder de plus près, le 50% restant n’est pas très loin puisqu’il apparaît, ponctuellement lui, à titre de musiciens additionnels de Shoot Out At The Fantasy Factory. J’entends par là Barry Beckett et Jimmy Johnson. 

Enregistré en Jamaïque (Strawberry Hill Studios) et publié au début de l’année 1973, l’album réunit donc un groupe de 6 acteurs à l’esprit désormais carrément tourné vers les Etats-Unis.

Le sixième LP studio de Traffic se place dans un registre jazzy boudé par les britanniques mais apprécié des ricains ; les titres s’allongent, pas toujours avec bonheur, la faute à une écriture moins inspirée, le duo en charge de ce poste s’y montrant moins à l’aise ici. Traffic est sur le reculoir mais continue à séduire. Commercialement considéré, la bande à Winwood s’offre un petit supplément de popularité, sans toutefois révéler ici beaucoup d’originalité, de force et d’intérêt, hormis cet apport des Swampers.

Traffic devient moins attrayant ; ceux qui ont embarqué à bord du train à la station de départ peuvent soupeser à quel point Traffic se liquéfie. Les autres, ceux qui ont pris le train en marche, jugeront cela décent et pourront, à la rigueur, mais je ne vois pas où et quoi, apprécier un contenu très limité de seulement 5 titres, étirés pour masquer leurs insuffisances et le manque d’inspiration flagrant qui les affecte. Le morceau final (Sometimes I Feel So) Uninspired est en ce sens révélateur de tout ce qui précède. Ne tournons pas autour du pot, c’est un Traffic faiblard qu’il nous est donné d’entendre ici.

En ce qui me concerne, cet album s’écoute uniquement pour la chanson titre (et encore) et, à un degré moindre, pour Evening Blue. Parce que en ce qui concerne le reste, mon Dieu que c’est pauvre. Avec When The Eagle Flies de 1974, c’est certainement la plus catastrophique des galettes de Traffic. Le déclin est annoncé (RAZOR©).

 

1. Shoot Out at the Fantasy Factory.

2. Roll Right Stones.

3. Evening Blue.

4. Tragic Magic.

5. (Sometimes I Feel So) Uninspired.

 

Steve Winwood:chant,guitare,piano,orgue.

Chris Wood:saxophone,flûte.

Jim Capaldi:percussions,choeurs sur 2.

David Hood:basse.

Roger Hawkins:batterie.

Rebop:percussions.

Barry Beckett:claviers sur 4.

Jimmy Johnson:clarinette sur 4.

LP Studio 7 - 1974

 

Traffic when the eagle flies

 

TRAFFIC

WHEN THE EAGLE FLIES – 1974  2,5/5

 

Publié en septembre 1974.

Produit par Chris Blackwell.

Durée:39:45.

Label:Island.

Genre:rock,rock progressif.

 

Sortie ratée.

 

Traffic a beau être le groupe ayant révélé à la face du monde tout le talent et l’originalité de Steve Winwood, son initiateur, il n’en traine pas moins derrière lui quelques belles casseroles dispensables dont When The Eagle Flies (en écoute intégrale ici) est la démonstration tangible.

Dernier jalon des 70’s, tombant dans les bacs en septembre 1974 après le déjà insignifiant et peu inspiré Shoot Out At The Factory Fantasy (1973), When The Eagles Flies est le genre de disques qui n’incite pas à fédérer autour du nom de Traffic, pourtant une référence de la place rock. Avouez que c’est ballot au regard de la richesse de son catalogue.

Ce disque très décevant, s’il n’est pas le dernier du groupe puisque Traffic se reforme en 1994 pour un neuvième LP studio, il est celui qui achève l’ère dite dorée des anglais, l’ultime des 70’s. Pour ce que la formation a apporté au rock, il est désolant que l’atterrissage se fasse hors piste. J’ai beau l’écouter, le réécouter, c’est globalement passable. A peine moyen, voire indécent. En tous cas, indigne de son statut.

A part l’épique Dream Gerrard qui offre 11 belles minutes d’impros et Walking In The Wind, le reste de l’album est fait au frein à main. De surcroît, c’est hyper mal produit. When The Eagle Flies compte parmi les disques sur lesquels je me suis le plus fait chier. Qu’on ne vienne pas me dire que la matière est riche et inspirée. Quant à certains qui voient en ce LP une œuvre d’art… Si, si, je n’invente rien : une œuvre d’art. J’invite ces personnes à passer chez Afflelou, la deuxième paire est à 1 euros ou chez Phonak, leur sonotone doit être débranché ou niqué. Ca, une œuvre d’art ? Où place-t-on l’art, je me le demande ?

Honnêtement, j’attendais autre chose de ce disque, quoi que la faiblesse déjà criarde de son prédécesseur et la baisse de régime constatée depuis The Low Spark Of High Heeled Boys sont d’excellents  indicateurs de l’état des troupes de la reformation.

Dire que leur carrière si enrichissante s’arrête sur ce raté, c’est regrettable. Difficile dans ce contexte d’y voir un seul grand titre, alors pour l’œuvre d’art, vous repasserez mon cher, même si je vous laisse l’entière responsabilité de votre jugement. Quand ce n’est pas bon, il ne faut pas chercher à édulcorer le tableau sous prétexte que l’on est fan. Il faut le dire ; il n’est que ceux qui ne font rien qui ne se trompent jamais. Et des belles choses, Traffic en a réalisées. (RAZOR©).

 

1. Something New.

2. Dream Gerrard.

3. Graveyard People.

4. Walking in the Wind.

5. Memories of a Rock N' Rolla.

6. Love.

7. When the Eagle Flies.

 

Steve Winwood :chant,orgue,guitare,piano,Mellotron.

Chris Wood:flûte,saxophone.

Jim Capaldi :batterie,percussions,claviers,chant.

Rosko Gee:basse.

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