Sir Douglas Quintet.

BIOGRAPHIE.

 

SIR DOUGLAS QUINTET/San Antonio (Texas-USA)

 

Sir douglas quintet 1

 

Actif entre 1964 et 1973.

Labels:Mercury,Philips,Swash.

Genre:tex-mex,roots rock,country-rock,garage rock.


L'or noir de la musique texane.

Qui mieux que Doug Sahm incarne le tex-mex ? De ce melting pot de rock & roll, de blues, de country, de jazz, de R & B, de cajun, de polka, de garage, de psychédélisme et influencé par la Bristish Invasion qu'il a accommodé à sa sauce personnelle selon sa fantaisie du moment, le natif de San Antonio a fait un art dont la popularité rejaillit sur tout le Texas depuis.

Véritable âme du Texas, celui dont on dit qu'il est le chat du Texas de tous les chats du Texas (The Texas Cat of Texas Cats) est certainement un des musiciens sudistes les plus influents ayant existé mais aussi un des premiers cosmic cow-boys, cette sorte de croisement entre hippie et redneck ayant initié la scène d'Austin des la fin des 60's, début des 70's.

Apprécié de Dylan, pote avec Grateful Dead, Rick Danko et Dr John, proche de Hank Williams avec lequel il a partagé la scène, ce prodige de la musique doté d'une mémoire encyclopédique sur la musique texane, a été un géant partout où il est passé.

Sir douglas quintet meyers morin sahm barber perez 65A. Meyers, F. Morin, D. Sahm, J. Barber, J. Perez.

Sir douglas quintet 2Plus anglais que les anglais.

Sir douglas quintet doug sahmDoug Sahm, un géant regretté aujourd'hui.

Sir douglas quintet mendocino singlePlus de 3000 pièces de Mendocino vendues en Europe.

Sir douglas quintet texas tornados sahm meyers flaco jimenezLa suite se fait sous Texas Tornados.

Plus anglais que les anglais.

Le Sir Douglas Quintet est certainement le coup le plus fumant fomenté par Doug Sahm et son producteur, l'incomparable faiseur de hits Huey Purvis Meaux (Clifton Chenier, T-Bone Walker, Dr John, Screamin' Jay Hawkins, George Jones, Freddy Fender, Jerry Lee Lewis), alias The Crazy Cajun.

Alors que la british invasion bat son plein, ils ont la géniale idée de faire passer le Sir Douglas Quintet pour un groupe issu de la déferlante britannique. En nommant ainsi le groupe, on comprend aisément qui en est la force motrice, à qui Meaux a l'intention de refiler les clés du camion.

Un groupe de Tex-mex constitué pour l'occasion autour de Sahm auquel on colle un nom anglicisé, des acteurs habillés mod, arborant coupes de cheveux à la Beatles et un label anglais pour réaliser un premier single Sugar Bee (Pacemaker/1964), il n'en faut pas plus pour que la supercherie fasse plus vraie que nature.

Si le premier titre fait un flop, le second, She's About A Mover (Tribe Records/1965), rencontre entre le Tex-mex et la Merseybeat, se classe 15ème au Royaume-Uni (1965), 13ème du Billboard et fait N°1 des chansons texanes pour le mensuel Texas Monthly.

Doug Sahm : un géant partout où il passe, dans tout ce qu'il touche.

Douglas Wayne Sahm est un musicien précoce et si doué au regard de sa jeunesse, qu'il prend part à une émission radiophonique locale alors qu'il a seulement 5 ans. Dans le cadre de Lousiana Hayride diffusée sur la radio KMAC, il chante Teardrops In My Heart. Il apprend la steel guitare et maîtrise aussi le violon, la mandoline, la basse, la batterie et le bajo sexto, utilisé dans la musique mexicaine, texane et le Tex-mex. Il n'a pas alors à peine dix ans.

Adolescent, Doug devient rapidement accompagnateur de grands artistes de country et western comme Webb Pierce, Hank Williams, Faron Young ou de vedettes texanes telles Bob Wills, Hank Thompson ou Ernest Tubb. A 13 ans, il est invité à intégrer le Grand Ole Opry, l'émission radio hebdomadaire diffusée sur les ondes depuis Nashville (WSM radio) et retransmise à la TV. Il décline cette proposition afin de ne pas perturber sa scolarité.

Sa voie étant toute tracée, on retrouve Doug dans des formations locales de la région de San Antonio où il grandit. Dans cet environnement aussi mexicanisé qu'afro-américain, il est influencé par le blues, notamment par le texan T-Bone Walker, précurseur du jump blues, Bobby Bland (soul blues), Howlin' Wolf (blues électrique) et par le rock dont Fats Domino est l'un des plus grands acteurs.

Dans les années 50/60, le texan se retrouve à la tête de diverses formations comme The Dell-Kings, The Knights, The Mar-Kays, The Pharaohs, The Twisters ; en 1956, il signe un premier disque sous l'identité de Little Doug, A Real American Joe. C'est sur cette scène de San Antonio qu'il fait la rencontre de Huey P. Meaux avec lequel va prendre forme l'aventure Sir Douglas Quintet.

Un recrutement de qualité.

Ce groupe vendu comme étant un pur produit de la british invasion se tisse dans l'entourage proche de Sahm. Augie Meyers, organiste, est un ami de longue date. En fait, Sahm et lui se connaissent depuis leur adolescence, à l'époque où ils échangent des images de joueurs de base-ball. A cette époque, l'un et l'autre sont loin de se douter qu'ils allaient contribuer à façonner le San Antonio Sound et à influencer l'histoire de la musique texane.

Meyers est celui qui dote le Sir Douglas Quintet de ce son de Vox si particulier. Il est de tous les bons coups de la discographie solo de Sahm et de la belle aventure tejano des Texas Tornados à la fin des 80's.

Les autres membres d'origine sont Jack Barber (bassiste) et Johnny Perez (batteur) que Sahm avait auprès de lui dans certaines des formations antérieures, ainsi que l'hispanique Frank Morin (saxophoniste). Le line-up évoluera au fil du temps.

Après la réussite de She's About A Mover, le groupe y va d'un second single, The Rains Came. Sorti en 1966, ce titre écrit par Huey P. Meaux loupe de peu le top 30. Le producteur sentant qu'il faut capitaliser sur son coup de bluff de 1965 assemble alors un album de leurs singles et sessions et le met sur le marché sous le titre emberlificoteur de Best of the Sir Douglas Quintet.

Le groupe part ensuite en tournée aux Etats-Unis et en Europe. A son retour, Doug Sahm est pincé à l'aéroport de Corpus Christi (Texas) avec une petite quantité de marijuana sur lui. Il est arrêté, mis en prison. Le Sir Douglas Quintet est mis en sommeil. A sa sortie, Douglas déménage sur San Francisco au début de l'année 66.

La belle récompense Mendocino.

En Californie, le leader active une nouvelle mouture du Sir Douglas Quintet qui va beaucoup tourner dans la baie. En font partie Frank Morin, le claviériste Wayne Talbert (Peter Ferst fait un passage furtif), le bassiste John York (puis Whitney Freeman) et le batteur George Rains.

Aucun de ces nouveaux n'est texan ; par ailleurs, Augie Meyers n'est pas là et son absence se remarque dès l'album Honkey Blues (Smash/1968) lequel ne porte pas la signature sonore (le Vox) que l'on connaît. Comme ne passe pas inaperçu le bataillon de session-men et de cuivres s'invitant ici et mise à disposition par le chef d'orchestre de l'Area Bay, Mel Martin.

Partant de là, il est difficile de s'imaginer un seul instant que cet album de jazz expérimental à porter au crédit de Sir Douglas Quintet + 2 est l'oeuvre du Sir Douglas Quintet. Le résultat n'est pas à la hauteur des attentes des fans.

Rains et Talbert se retirent alors et Doug Sahm bat le rappel des troupes : Meyers, Perez reviennent et Harvey Kagan intègre la formation en lieu et place de Barber. Sham, Perez, Meyers, Morin et Kagan constituent la mouture dite classique du Sir Douglas Quintet. Elle se met en place dès 1969 ; c'est celle que l'on retrouve sur Mendocino (avril 1969).

Sir douglas quintet jerry wexler

« Doug est le plus grand musicien avec lequel j'ai jamais travaillé. Il est le plus polyvalent que je connaisse : western swing, country, jazz, rock, norteno, blues...De tous les artistes avec lesquels j'ai collaboré, il est un des seuls avec lequel j'ai gardé un contact. » (Jerry Wexler)

Dès la première écoute, il apparaît que tout rentre dans l'ordre : Douglas sert un lot de belles ballades dans lesquelles il excelle ; sa voix et les claviers d'Augie reprennent leurs droits. Mélange de rock, de country, de cajun, Medocino atteint le 81ème rang du Billboard, ce qui, compte tenu qu'il évolue dans un courant musical marginal et méconnu, est fort honorable.

La chanson-titre accélère le succès de l'album en faisant top 30. Ce disque, qui rencontre un beau succès en Europe (plus de 3 millions d'exemplaires vendus), constitue une excellente introduction au catalogue du groupe ; il n'est pas meilleur endroit pour se familiariser avec son son.

En 1969 et 1970 sortent deux LP très accrocheurs, Together After Five et 1+1+1=4, lesquels révèlent encore une fois le talent exceptionnel qu'avait Sahm pour construire des mélodies mémorables.

Les albums Sir Douglas Quintet +2/Honkey Blues, Mendocino, Together After Five, 1+1+1+1=4, The Return Of Doug Saldana (1971) et Rough Edges (1973), figurent dans l'incontournable box set de 5 pièces publiée sous le nom de The Complete Mercury Recordings de 2005. En est exclus l'album Future Sense de 1971 (United Artists), crédité à The Quintet et auquel Doug Sahm n'a pas pris part.

Le fleuron Doug Saldana.

The Return Of Doug Saldana est un grand album. Doug Saldana est un des alias sous lequel il se produit alors. Les mexicains, considérant que Sahm est un de leurs chicanos, l'affublent du surnom de Doug Saldana.

Cet album, le meilleur du groupe, est réalisé alors que Doug Sahm est revenu dans son San Antonio natal au printemps 1971, soit 5 ans après son exil sur la west coast. Il s'installe alors dans la partie mexicaine de la ville et s'imprègne beaucoup de cette culture, au point de s'identifier à Doug Saldana pour identifier ce nouveau disque traduisant tout l'esprit du Douglas Quintet. Autour de lui, on retrouve les fidèles Meyers, Perez, Barber et le nouveau venu, Jim Stallings, ce qui ne surprendra personne.

Après avoir dissous le Sir Douglas Quintet fin 1972, Doug Sahm choisit de se poser sur Austin et sa florissante scène cosmic-cow boy où habite désormais un certain Willie Nelson. Une nouvelle ère solo s'ouvre pour lui. Quant à Meyers, Perez, Morin, Stallings et Sonny Farlow, en remplacement de Sahm, ils signent ce qui est le dernier LP du Quintet, jusqu'à ce qu'il ne se reforme dans les 80's : Rough Edges (1973).

Sahm et Meyers (Rains et Barber plus épisodiquement) continuent à travailler ensemble durant les 70's au sein du Doug Sahm & Band (Atlantic). Perez (ainsi que Speedy Sparks et Alvin Crow) rejoint le duo en 1980 pour une tournée (sans Crow, remplacé par Louie Ortega) et un album supplémentaire (Border Wave/Charisma 1983).

Le monde de la musique le pleure aujourd'hui.

Le groupe se sépare à nouveau mais se reforme à la fin des années 80, sous le nom de Texas Tornados (Freddy Fender, Doug Sahm, Augie Meyers et Flaco Jimenez). En 1994, Sahm s'offre le luxe de donner le jour à une incarnation familiale du Quintet, avec ses fils Shandon et Shawn.

Mort en novembre 1999, le chicano est pleuré partout depuis. Tout le monde a perdu un frère. Il était grand : à San Antonio, à San Francisco, à Austin, dans le Quintet, le Texas Tornados ou sous tous les noms d'emprunt qui ont jalonnés son immense carrière. Adios Chicano (RAZOR©).

DISCOGRAPHIE 70'S.

LP Studio 6 - 1971

 

Sir douglas quintet return saldana 71

 

THE SIR DOUGLAS QUINTET

THE RETURN OF DOUG SALDANA – 1971  5/5

 

Publié en 1971.

Produit par Doyle Jones,Doug Sahm,Huey P. Meaux.

Durée:44:10.

Label:Philips.

Genre:tex-mex,country-rock.

 

Grand, très grand…

 

On élève généralement les personnages influents comme le texan Doug Wayne Sahm (natif de San Antonio) au rang de légendes. Ce grand contributeur au développement du rock a plutôt privilégié l’ombre à la lumière, le plaisir à l’argent.

Son influence sur la musique est pourtant énorme. Peu de gens ont retenu le nom de ce Tejano, né entre américains, blacks, mexicains, ayant a contribué à intégrer le genre Tex Mex dans le rock et qui, sous divers pseudos ou formations a marqué son histoire et celle du Texas.

Enfant-artiste précoce (il se retrouve sur scène à 11 ans avec Hank Williams), ado prodige qui forme à 16 ans les Knights (1957), ce multi-instrumentiste talentueux (steel guitare, mandoline, violon à 5 ans) est installé par Huey P. Meaux, son renégat de producteur (initiateur d’un subterfuge plutôt gonflé), comme réponse américaine à la vague British Invasion menée par l’omniprésent Beatles.

Le tour de passe-passe échafaudé par Meaux consiste à mettre dans les pattes des britanniques, notamment des encombrants Scarabées, et afin d’en tirer avantages, un groupe qui sonne anglais jusqu’aux socquettes : le Sir Douglas Quintet est né (1965), mais il est amerloque et 2 membres sur 5 sont espagnols.

Difficile de le cacher, d’autant plus que Doug chante avec un putain d’accent texan. Chassez le naturel, il revient au galop… Fort de ses racines texanes très marquées et malgré la réussite des plans du producteur, Sir Douglas Quintet revient à ses origines tex-mex et adopte un style distinctif qui lui est propre.

Hormis un intermède psychédélique sous le nom de Honkey Blues, Doug Sahm poursuit son aventure SDQ en Californie, l’excellent Mendocino (1969) voit alors le jour qui fera dire à Dylan que, pour lui, il y a à cette époque trois grands groupes : Paul Butterfield, les Byrds et le Sir Douglas Quintet, reconstitué pour l’occasion sous un line-up quasi d’origine (Sahm, Morin, Meyers et Perez, Harvey Kagan ayant remplacé Jack Barber).

Sir Douglas Quintet connaît une baisse de régime au cours de l’année 1970 ce qui amène Doug Sahm à rentrer au pays et à réfléchir sur la poursuite de sa carrière en solo. Ce fait alimente le titre du sixième album du SDQ : The Return Of Doug Saldana, paru en 1971 (Saldana est un surnom que lui ont donné les Chicanos). C’est sur celui-ci que j’ai préféré me poser car il me semble oublié à l’heure des comptes, coincé entre la période post Mendocino (la moins favorable) et ses premiers pas en solitaire (les années Atlantic).

Mélange de country, de rock, de cajun, de blues et de Tex-Mex, il n’a pas l’aura de Mendocino, du fait de son profil anti-commercial. The Return Of Doug Saldana est un LP de plaisir, varié et riche, certes parfois excentrique et qui ne sonne pas comme du SDQ classique.

Il peut être vu comme quelque peu plus complexe, laissant à Mendocino le privilège d'être le meilleur accès possible à la discographie de SDQ. Pour moi, cest un grand album, les enfants. Stoned Faces Don’t Lie, Wasted Days Wasted Nights, Preach What You Live, Live What You Preach, Me And My Destiny, le blues Papa Ain’t Salty, The Gipsy, le country Keep Your Soul… un grand album (RAZOR©).

 

Face 1.

1. Preach What You Live, Live What You Preach.
2. She's Huggin' You, But She's Lookin' At Me.
3. Keep Your Soul.
4.
Papa Ain't Salty.
5. Stoned Faces Don't Lie.

 

Face 2.

6. Me And My Destiny.
7.
Wasted Days, Wasted Nights.
8. The Railpak Dun Done In Del Monte.
9.
Oh Lord, Please Let It Rain In Texas.
10. The Gypsy.

 

Doug Sahm:guitare,chant.

Augie Meyers:claviers.

Johnny Perez:batterie.

Jim Stallings:basse.

Allen Atwood:chant.

Rocky Morales,Leonidas Beatty:saxophone.

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